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Un recueil d’illustrations de Chas Addams, publié par Huginn & Muninn.

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Présentation de l’éditeur :
Charles Addams a créé la Famille Addams dans les pages du New Yorker dans les années 1930, et elle est aujourd’hui devenue la famille la plus étrange de la pop culture. Retrouvez dans ce livre plus de 200 dessins au trait ou en couleurs, portraits d’une famille absolument anormale, ou scènes d’une vie gothique quotidienne – dont certains inédits à ce jour. Et régalez vous de ces chefs d’œuvres d’humour tranchant comme un couteau bien affûté.

Une fois de plus, les éditions Huginn & Muninn nous gratifient d’un ouvrage magnifique. La couverture cartonnée très travaillée, texturée et douce au toucher donne le ton. L’objet est luxueux, conçu pour ravir les collectionneurs et étoffer les bibliothèques. Il serait cependant idiot de s’arrêter à cette considération.
Mise en page soignée, papier épais, tout est fait pour rendre l’objet esthétique, mais également pour mettre en valeur la richesse de son contenu. Les illustrations sont présentées en pleine page, accompagnées de leur légende quand il y a lieu, et l’on peut ainsi apprécier à loisir la grande qualité du dessin et des encrages. Suivre l’évolution des personnages comme celle de la technique de l’illustrateur est très intéressant.
De sa naissance entre les colonnes du New Yorker jusqu’au décès de Chas Addams, cet ouvrage retrace l’histoire de cette famille si délicieusement macabre qui a su, au grand étonnement de son créateur lui-même, s’enraciner dans notre imaginaire collectif. L’humour noir se marie aux scènes d’un quotidien à la bizarrerie douce ou grinçante. Les dessins sont splendides.
Si les films et séries dérivés sont évoqués, ici ce n’est pas vraiment le propos. Avant toute chose, cet ouvrage se consacre aux illustrations de Chas Addams. Dessins connus ou inédits, raretés et notes de l’auteur sur le processus créatif qui a donné vie aux Addams, tout y est. Les fans seront comblés.
Les personnages donnent le rythme. On commence avec Morticia, la première née, la matriarche, mais chacun d’entre eux est mis en valeur non seulement grâce aux illustrations qui le mettent en scène, mais aussi grâce aux notes de son créateur, très détaillées, qui avaient été rédigées dans les contrats de la série télé des années soixante. À cela s’ajoute une analyse, plus ou moins fine, de leurs incarnations et évolution individuelle dans les différents supports médiatiques.
Au gré des feuilletages, vous ferez de belles, ou déconcertantes, découvertes dans cet album. C’est une intéressante rétrospective, un superbe cadeau pour tous les fans ainsi que les amateurs de beaux livres.

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Un artbook d’Olivier Ledroit, publié chez Glénat.

 

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Présentation de l’éditeur :

Une ode au beau sexe, par le flamboyant dessinateur de Wika

Connu pour son talent à réaliser d incroyables planches épiques fourmillant de détails, Olivier Ledroit sait aussi se montrer délicat pour évoquer le corps et la sensualité. Il nous le montre ici de la plus belle des manières ! Pour le plaisir des yeux : fées, geishas, démones, et autres sorcières se succèdent, toutes plus somptueuses les unes que les autres, le tout avec ce soupçon de steampunk si cher au dessinateur de Wika.
Variant les techniques, en couleur ou en noir et blanc, sans jamais basculer dans la pornographie, cet auteur à nul autre pareil met à l honneur le beau sexe dans un splendide recueil d illustrations, sobrement intitulé Fées et Amazones.

Fées et Amazones est un artbook en grand format d’environ 180 pages. De fait, on y trouve peu de texte. Quelques paragraphes, apparemment signés de Thomas Day, si j’en crois les remerciements, sont disséminés de-ci de-là. Il y a juste de quoi expliquer le contexte en évoquant les idées qui ont nourri l’imaginaire de l’illustrateur. Le postulat est classique, mais a le mérite de réveiller l’imagination de chacun et de servir à merveille les dessins. Ils sont sublimes et c’est cela le plus important.
Olivier Ledroit nous entraîne une nouvelle fois dans un univers féerique, uchronique et steampunk. On y parcourt des capitales, au rythme de l’évolution du monde, qui est soumise à celle de l’æther, et des tocades qu’il prête à ses fées. De Londres à Tokyo, en passant par la Nouvelle-Orléans, on rencontre des fées aux grandes ailes, magnifiques et sexy. Tenues steampunk, souvent légères, seins nus ou corselets, guêpières et chapeaux hauts-de-forme sont au programme…
Les illustrations sont, comme toujours, très travaillées et l’ouvrage superbe. Qui aime le style d’Olivier Ledroit ne peut manquer ce très bel album.

 
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Willow Hall… Les murs semblent me chuchoter des prières que je ne comprends pas… Les ombres s’allongent, chaque coin paraissant cacher quelque monstre à l’affut… Tout ici n’est que ténèbres et désespoir. La fillette dont je dois m’occuper reste plongée dans un silence indifférent. Elle est parfois entourée d’étranges papillons sortis de je ne sais où… créatures magnifiques mais qui m’arrachent à chaque fois un frisson involontaire.

Willow Hall est un superbe ouvrage relié, avec jaquette, issu de la collaboration de Cécile Guillot pour le texte et Mina M pour les illustrations.
Le récit nous est conté par le biais de lettres rédigées par Emily, jeune gouvernante fraîchement entrée au service de la famille Andrews. J’ai beaucoup apprécié cette narration épistolaire. La jeune femme écrit à son fiancé, agrémentant parfois son courrier de coupures de presse découvertes dans le grenier. En tâchant d’apprivoiser Lorena, l’enfant dont elle a la charge, elle découvre petit à petit le passé troublé de cette famille et n’a personne avec qui en discuter. Découvrir ses pensées au travers de sa correspondance permet de s’imprégner de l’intrigue, mais à distance, comme si on observait les événements du coin de l’œil. La subjectivité du personnage n’est pas dérangeante, au contraire elle prend part à l’atmosphère, lui conférant davantage de mystère. Pourtant l’étrangeté de Lorena pourrait facilement s’expliquer. Les tourments dans lesquels Emily se débat paraissent nimbés d’une certaine poésie quand elle s’égare à les conter.
La gouvernante, seule dans cette maison auprès d’une enfant qui ne communique pas, aurait-elle les nerfs qui lâchent ? Y a-t-il une malédiction qui pèse sur le manoir au saule pleureur ?
Les illustrations sont vraiment magnifiques. Elles apportent beaucoup au texte, complétant à merveille la brièveté des lettres. Elles happent le lecteur, lui font ressentir la froide épaisseur du brouillard, l’atmosphère oppressante du manoir, et entrevoir les personnages éthérés qui évoluent parmi les ombres.
Cet ouvrage m’a beaucoup plu et je le recommande à tous les amateurs de Gothique et de Fantastique à l’ancienne.

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Un très bel album de 146 pages, écrit et illustré par Hélène Larbaigt et publié chez Mnémos dans la collection Ourobores.

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Présentation de l’éditeur :

Préface de Claudine Glot, postface de Pierre Dubois

Grouillant et grinçant, tel un concert de voix dissonantes, il s’avance.
L’Étrange Cabaret, le cirque des curiosités, le spectacle de monstres chimériques, le music-hall des fées désenchantées.

Oserez-vous franchir ses lourdes tentures pourpres pour assister au plus dangereux et déli­cieux des spectacles ?
Voyagez avec les fées de la Belle Époque, dans les cités du Vieux et du Nouveau Monde, mais méfiez-vous, le Cabaret recèle des secrets qui vous envoûteront… Que s’est-il passé dans la loge 633 que l’on dit hantée, où une fée fut assassinée ? Que cherche réellement Morte Vanité, elle qui fait errer le Cabaret à travers le monde entier ?

Dans une ambiance steampunk, Art nouveau et burlesque, Hélène Larbaigt nous livre une œuvre étonnante entre Lewis Caroll et Tim Burton.
À la fois récits, portraits et contes, ce livre dévoile 12 fées sombres et mystérieuses au travers de plus de 80 magnifiques illustrations, affiches, menus et documents facsimilés.

Helène Larbaigt nous montre son immense talent dans ce très beau livre enchanteur. Une prouesse et la révélation d’une artiste complète qu’ont immédiatement salués dans leurs préface et postface, Claudine Glot et Pierre Dubois, les deux grands spécialistes des fées.

L’Étrange cabaret est un magnifique livre illustré, cartonné.


« Mortels, entendez-vous cet écho lointain ? C’est la maléficiante mélopée d’un mélancolique cabaret. »

Magnifiques, envoûtants, sombres, déliquescents, marqués du sceau de la fatalité à tous les égards, ainsi se présentent à vos yeux ébahis l’Étrange Cabaret et ses fées désenchantées ! Morte Vanité, la sublime, avec sa troupe de fées écorchées, ses insolites serviteurs et son Cabaret qui change de forme et de lieu à l’envi, vient pour enchanter les humains ou les perdre, allez savoir…
Dans notre monde désenchanté, où la magie se fait rare et se paie au prix fort, le Cabaret apparaît comme l’un des derniers vestiges, à la fois désuet et résistant, d’une autre époque, plus féerique, plus vivante. Il est le refuge des fées perdues, malmenées, désavouées autant que désabusées et les âmes humaines viennent s’y brûler comme de fragiles papillons attirés par la lumière.
Le goût du détail d’Hélène Larbaigt, dans le dessin comme dans le texte, est acéré et ravira le lecteur exigeant. Le vocabulaire est recherché, précis et précieux à la fois, tout en finesse, pour affermir l’aspect suranné des histoires qui nous sont ici contées et rehausser leur écrin de couleurs.
Élégant, raffiné, l’Étrange Cabaret a été poli avec soin par son auteur qui en a fait une vraie merveille, délicieuse à feuilleter, mais également à lire. Suçant la moelle des légendes qui sont elles-mêmes des mythes tronqués, le cabaret se nourrit de notre imaginaire et nous le restitue de manière forte et évocatrice, faisant ainsi revivre à sa façon de vieilles histoires, éveillant des échos dans nos mémoires de rêveurs engourdis.
Des affiches, programmes, menus jalonnent les pages et renforcent l’ambiance ainsi que la cohérence de cet univers, tout en lui ajoutant une esthétique élégante. L’auteur nous présente certaines des fées, les têtes d’affiche pourrait-on dire, nous raconte leur naissance, ce qui les a amenées au cabaret ou d’autres mésaventures qui leurs sont arrivées en cours de route. Toutefois, prenez garde, aucun détail n’est laissé au hasard, il y a des strates dans ces récits et il ne tient qu’à vous de les explorer.
J’ai particulièrement aimé le conte de Noël et la magie, si bien retranscrite, de la ville de Prague qui y est dépeinte. Cependant, toutes ces histoires, ces belles et tristes vies de fées, sont magnifiques et émouvantes. Toutes m’ont séduite et passionnée. Vous aussi, venez à la rencontre d’Ona Oknata et de sa destinée aussi remarquable que cruelle, de Bast la rugissante, de Morte Vanité et du fantôme aux mains rouges qui hante le blanc d’entre les lignes, compatissez aux peines de cœur de Rosie la veuve noire et aux amours maudites de Sa’di… Venez réchauffer votre imagination au brasier de leur féerie !
Je me suis attachée à toutes ces fées bigarrées, abîmées et néanmoins fortes, victimes autant que nous du désenchantement, mais qui se battent pour rester vivantes. En outre se trouve, caché entre les pages, un magnifique hommage à un auteur que j’adore et qui m’a exquisément ravie. Je ne saurais dire quel conte a ma préférence, car tous sont liés et tissent la mélopée, aussi mélancolique soit-elle, de ce fabuleux cabaret.
Petit à petit, entre ces portraits et ces histoires pleines de cachettes et de recoins l’on découvre en filigrane le cabaret lui-même, personnage à part entière, se mouvant comme le château de Hurle pour paraître dans le lieu qui sied à son humeur — ou serait-ce à celle de la mystérieuse fée aux bottines parfumées ? Fantasque, burlesque, peuplé de créatures singulières et fascinantes, il donne envie au lecteur de se perdre dans son univers inquiétant, de suivre la cohorte des Jack pour explorer ses corridors et rencontrer ses fatales pensionnaires.
Comme une enseigne qui brille à l’attention des amateurs qui se reconnaîtront immédiatement, l’ouvrage est préfacé par Claudine Glot, qui donne le ton, et postfacé par Pierre Dubois qui nous reconduit gentiment vers la porte, bien qu’avec une gouaille un peu grimaçante pour la forme.
Une fois la dernière page tournée, l’histoire bue jusqu’à la lie, je me suis sentie bien seule et nostalgique, loin des lumières de ce cabaret brinquebalant et de ses fées tant aimées. Alors dans la nuit je vais guetter l’écho lointain, la maléficiante mélopée d’un mélancolique cabaret et j’invite tous les rêveurs à faire de même.

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Je vous présente Morte Vanité. N’est-elle pas magnifique ?

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Cet ouvrage, hybride d’artbook et d’une novella fantastique est le fruit de la collaboration entre Philippe Ward pour le texte et Mickaël Laguerre pour les photos.
Il compte 60 pages et coûte 10€, ce qui, je tiens à le signaler, est un prix tout à fait raisonnable pour un ouvrage qui comporte autant de photos en couleur.
Si vous avez des difficultés à vous le procurer, vous pouvez passer par le site de Rivière Blanche ou alors contacter l’auteur.

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Résumé de l’éditeur :
Elle attendit que son cœur reprenne un rythme normal avant de se décider à gagner le bar. Elle allait être en retard maintenant. – Bonjour Lisa. La jeune femme se retourna brusquement, surprise d’être ainsi abordée dans ce quartier. – Peter, mais que fais-tu ici ? Elle s’arrêta soudain, consciente de l’incongruité de sa question. Peter Monoghan était décédé trois ans plus tôt d’un cancer généralisé dû au surmenage, à l’alcool et surtout à l’abus de cigarettes. Et il se trouvait face à elle, vêtu du costume bleu que Lisa lui avait toujours connu. Ses épaules étaient plus voûtées, son visage plus pâle que dans ses souvenirs. Il lui souriait. – Tu es resplendissante, comme toujours. Lisa Kilpatrick, une pure New-Yorkaise, travaille dans la police, mais sa véritable passion demeure la musique. Un soir par semaine, après son service, elle joue du piano et chante dans un club new-yorkais. Un jour, elle assiste au Manhattanedge. Un soir par an, le soleil couchant se retrouve juste au milieu de la 14th Rue, dans un alignement parfait vers l’Ouest. Et là, elle va basculer dans un autre monde, celui des Fantômes de Manhattan. Manhattan Ghosts est un hymne à New York. À travers des photos et un texte, c’est toute la grosse pomme que vous dévoilent Mickaël LAGUERRE et Philippe WARD.

Manhattan Ghost est un artbook en grand format qui allie à merveille texte et photographies. Aucun des deux ne prévaut ou ne sert de prétexte à l’autre, ils s’harmonisent et se complètent, se mettent en valeur l’un l’autre en renforçant l’atmosphère fantastique mise en place par l’auteur et le photographe.
Les photos, en pleines pages mises en alternance avec le texte, illustrent très bien le parcours de l’héroïne, et font montre d’une grande richesse de détails. Elles nous plongent dans ce voyage que l’on pourrait presque qualifier d’initiatique. J’ai pris plaisir à les parcourir.
Le récit lui-même est un petit bijou de fantastique moderne, à la construction classique mais efficace. L’auteur réussit à capter l’attention de son lecteur en peu de mots et à le happer dans cette belle novella. L’héroïne, qui au départ rappelle un peu la Kate Beckett de Castle, est sympathique et son histoire très émouvante. On ne la suit que plus volontiers dans son périple à travers la ville. Tout en menant son enquête, Lisa tend vers la reconstruction de soi et c’est vraiment beau à lire comme à voir.
Cette novella est aussi entraînante qu’écrite avec talent et finesse. On s’y implique, on la ressent. Vous y trouverez de l’émotion, mais aussi une pointe d’humour très bienvenue. L’atmosphère fantastique est délicieusement trouble, presque onirique, mais toujours plaisante, jamais pesante. Le texte est émaillé de paroles de chansons qui participent grandement à l’ambiance du récit. On pourrait presque les entendre… En bien peu de pages, l’histoire est fort bien développée, même si je n’ai pu m’empêcher de regretter, en tournant la dernière page, qu’elle soit déjà terminée. L’ensemble, novella comme photos, a été un petit coup de cœur pour moi.
Manhattan Ghost est un ouvrage vivant dans lequel la musique, les références littéraires ou encore culturelles se croisent et se mêlent à l’essence même de la ville pour nous offrir un fabuleux voyage dans un New York intemporel, quasi mythique et fascinant.

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Un artbook d’Alexandra V. Bach (illustrations) et Arnaud Armant (textes), publié aux éditions du Chat Noir.

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Requiem

Dans son paradisiaque Elyseum, la Princesse Céleste vit un amour passionné avec le Seigneur des Lumières. Mais la déesse de la Discorde, jalouse de leur félicité, vient semer le chaos et la destruction, allant jusqu’à tuer le monarque de ce paisible royaume.
Céleste décide alors de se rendre dans l’Outremonde pour ramener son bien-aimé à la vie, sans la moindre idée des épreuves qu’elle devra traverser.
La puissance des liens qui les unit sera-t-il plus fort que le Destin ?
Découvrez une variation de la romance orphéenne dont les accents mythologiques se marient à un univers gothique sublimé par les illustrations d’Alexandra V. Bach.

On a tous nos thèmes fétiches, nos petites fixations littéraires, et parmi les miennes, il y a la descente, ou plus simplement le voyage, aux pays des morts. Quelle que soit la raison initiale, mais également le résultat de l’aventure, c’est le cheminement lui-même et ses multiples implications qui m’intéressent. Pour cela et pour sa très belle couverture, j’ai été attirée par Requiem.
Les illustrations, à base de photos retouchées, ne sont finalement pas du tout mon genre et ne m’ont donc pas emballée plus que ça, mais elles sont toutefois harmonieuses, réalisées avec soin et finesse. Aimer ou pas est plus une question de goût que de qualité. La balade esthétique fut agréable, mais ne me marquera pas.
J’ai apprécié le soin apporté à la lisibilité de l’ouvrage, détail souvent négligé dans les artbooks. L’écriture blanche ressort bien, avec suffisamment de contraste. Elle ne se fond jamais dans le décor au point de devenir indéchiffrable. Quand on a des soucis de vision, c’est quelque chose qu’on remarque et apprécie.
Un artbook est en général plus une collection d’illustrations qu’autre chose et, si histoire il y a pour l’accompagner, elle n’est souvent qu’un prétexte pour montrer des images. Ce n’est pas le cas pour Requiem qui allie parfaitement textes et illustrations, afin de créer un équilibre entre les deux.
C’est le récit qui a le plus retenu mon attention, toujours une affaire de goûts. Je l’ai trouvé très manichéen au départ et l’écriture, un brin affectée, m’a laissée un peu perplexe. J’appréciais, cependant sa dimension courtoise qui rappelle, bien qu’en léger écho, les textes médiévaux.
A ma grande joie, l’histoire gagne en subtilité à mesure que l’on s’enfonce dans l’Outremonde avec Céleste, à la recherche de son bonheur enfui. Les choix de l’auteur m’ont parlé et j’ai finalement aimé cette lecture.
Requiem est un bel objet, illustrations travaillées assorties d’une histoire sombre mais qui ne manque pas de profondeur, malgré un petit côté manichéen.

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Un recueil de nouvelles écrit par Cécile Guillot et illustré par Anna Marine, Zindy S.D. Nielsen, Michele Ann et Georgia Caldera.

Là où s’élèvent les sorcières est un bel ouvrage d’une quarantaine de pages au format A4, abondamment illustré.
Je dois admettre qu’en règle générale je n’aime pas trop les très grands formats. Je ne sais jamais comment les prendre et mon confort de lecture s’en ressent. Ceci dit, en l’occurrence, ce format met en valeur les illustrations et celles-ci le méritent amplement car elles sont toutes magnifiques. J’aime particulièrement celles consacrées à Alice, Keiko, Jahlia et Camélia.
La qualité des textes n’est néanmoins pas en reste et donne une grande part de son charme à ce beau livre.
Il est composé de sept nouvelles et un haïku, chaque texte ayant pour titre le prénom de la sorcière à laquelle il est dévolu. Je m’attache parfois beaucoup aux détails et celui-ci m’a vraiment plu.
Les histoires de ces jeunes femmes (oui, elles sont toutes jeunes, la plupart cherchant leur voie) sont racontées avec une certaine grâce et beaucoup de sensibilité. Le style de Cécile Guillot est toujours aussi élégant, je n’ai à déplorer que quelques coquilles par-ci par-là.
En écrivant cette chronique, je me suis rendu compte que ces textes se concentrent vraiment sur l’archétype de la jeune fille. Ce n’est pas un mal en soi, il est riche de possibilités, comme toutes ces sorcières nous le démontrent. La diversité est bien présente au niveau des personnalités de ces jeunes femmes, de leurs époques, leurs lieux de résidence ou leur choix de vie, ne manque que l’âge.
Si les premiers textes, tout en étant plaisants, m’ont semblé un peu stéréotypés (sans doute parce que j’ai lu beaucoup d’ouvrages sur les sorcières) j’ai été séduite par les suivants, surtout ceux de Camélia et Alice qui me parlent sans doute à cause de leur modernité.
On sent dans ces écrits l’influence de certains ouvrages bien connus dans le milieu païen, comme Sorcières d’Erica Jong ou les textes de Marie des Bois, mais sans que cela empiète vraiment sur l’apport personnel de l’auteur et ce recueil, bien que fort court, tient tout à fait la comparaison avec ses prédécesseurs.

Je vous invite donc à découvrir en mots et en images Maïa, Mary, Elisabeth, Camélia, Raven, Alice, Jahlia et Keiko.
Vous pouvez vous procurer ce livre sur The book edition.

Et en ce jour d’équinoxe, je vous souhaite un bel automne. Qu’il soit reposant et vous permette de prendre des forces pour l’hiver.

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