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Posts Tagged ‘BD’

Une BD de Marguerite Abouet et Singeon, publiée chez Gallimard jeunesse, collection Bayou.

Mon avis sur le tome 1 est ici.

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Présentation de l’éditeur :
Bienvenue, étudiante aux Beaux-Arts, collectionne les galères : elle est sans-le-sou, sa garde d’enfants tourne court, son prof la harcèle pour qu’elle rende un devoir, son père revient dans sa vie… Mais c’est finalement les problèmes de ses voisins qui lui donnent le plus de fil à retordre car, en bonne samaritaine, elle se retrouve toujours au cœur de leurs histoires. Quand aura-t-elle le temps de s’occuper de sa vie amoureuse ? !

Bienvenue, du nom du personnage principal, est une série de BD contemporaine destinée aux adolescents, mais qui peut tout aussi bien être lue par des adultes. Elle raconte le quotidien d’une étudiante en arts et des gens hauts en couleur qui gravitent autour d’elle.
Je ne m’explique pas que près de quatre années se soient écoulées entre ma lecture du premier tome, qui m’avait beaucoup plu, et cette suite. Je pensais bien me souvenir de tous les personnages et événements, mais j’étais loin du compte… À ma grande honte, j’avais complètement zappé Pénélope et Jojo… Si c’est vite revenu pour le second, j’ai dû zieuter le premier tome pour la première (c’est un comble quand on connaît l’oiseau).
À la fin du précédent tome, on quittait Bienvenue alors qu’elle se rendait à un rencard. C’était très frustrant ! On la retrouve ici quand elle en revient, mais sa cousine ne réussit qu’à grand peine à lui tirer les vers du nez. Concrètement, la vie amoureuse de Bienvenue ne sera qu’en arrière-plan dans ce tome. Cette jeune fille un brin revêche commence presque malgré elle à s’ouvrir aux autres et se trouve mêlée à toutes les petites histoires de ses voisins et amis… Elle devient plus altruiste, mais ne se rend pas compte à quel point cela va empiéter sur sa vie personnelle. Par certains côtés, elle rappelle beaucoup Aya, héroïne d’une autre série de Marguerite Abouet.
Le principe de la série, avec ses séquences courtes – des tranches de vie taillées à la serpe – est très chouette. Mais c’est un peu plus haché que dans mon souvenir et j’ai été un peu déçue par la tournure des événements. Ce que j’avais aimé dans le premier tome, à savoir le récit très actuel, tend beaucoup plus vers la caricature dans cette suite. C’est plus cliché et moins adulte, pas toujours très crédible. Le fait que la cible soit un public plus jeune n’est pas une excuse selon moi. Malgré tout, les personnages étant attachants, je me suis remise dans le bain et j’ai fini par me prendre au jeu, même si ça fait un peu Plus belle la vie.
Les intrigues, il y en a beaucoup, n’avancent que très peu dans ce tome. Ça reste sympathique, cependant, si le troisième est le dernier, je me demande bien comment il va se terminer. Je n’attends pas qu’il mette un point final aux vies des personnages. Comme dans Aya de Yopougon, je pense que Marguerite Abouet va vouloir montrer que la vie est un flux tendu d’événements, on ne peut pas tout clore dans un dernier tome, mais il faudrait quand même une avancée conséquente pour ne pas frustrer le lecteur.
C’est une chouette BD, même si elle manque un peu de rythme, et j’aimerais bien avoir un éclaircissement sur certains secrets qui flottent en périphérie de l’intrigue (même si j’ai probablement déjà tout compris toute seule).

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Une version graphique de la nouvelle éponyme de Neil Gaiman, adaptée par Fábio Moon et Gabriel Ba.
L’édition reliée, dont il est question ici, a été publiée simultanément chez Headline (UK) et Dark Horse (USA).

 

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Présentation de l’éditeur :

How to Talk to Girls at Parties by Sunday Times bestselling writer Neil Gaiman is a graphic novel with extraordinary artwork by the Eisner Award-winning duo Fábio Moon and Gabriel Bá. Soon to be a feature film starring Nicole Kidman, this adaptation is ‘a quirky delight’ (Audrey Niffenegger) and will appeal to fans of Alan Moore, Dave McKean and beyond.

ENN is a fifteen-year-old boy who just doesn’t understand girls, while his friend Vic seems to have them all figured out. Both teenagers are in for the shock of their young lives, however, when they crash a local party only to discover that the girls there are far, far more than they appear!

From the Locus Award-winning short story by Neil Gaiman, one of the most celebrated authors of our time, and adapted in vibrant ink-and-watercolour illustrations by the Daytripper duo of brothers Fábio Moon and Gabriel Bá, this original graphic novel is not to be missed!

Vous pouvez lire ou écouter la nouvelle en V.O. sur le blog de Neil Gaiman. Si vous préférez la version papier, elle est disponible dans le recueil Fragile Things et en français dans sa traduction : Des Choses fragiles paru aux éditions Au Diable Vauvert (chez J’ai lu pour le poche).
Qu’il s’agisse de la nouvelle ou de la BD, le vocabulaire de la version originale est facilement accessible, mais c’est un récit tout en nuances et doubles sens, donc à vous de voir.
J’aime énormément ce texte, c’est du très bon fantastique. L’altérité, la difficulté de grandir et de se confronter aux autres ainsi que l’accomplissement personnel, entre autres thèmes, y sont évoqués avec sensibilité et poésie. Les propos sibyllins des jeunes filles constituent une grande partie de la grâce fragile qui émane de cette histoire.
Ce récit possède plusieurs niveaux de lecture, tout aussi subtiles les uns que les autres. On peut lui trouver une explication tout à fait rationnelle, ou pas… C’est ce qui fait sa magie.
Dans cette nouvelle, on rencontre deux ados de quinze ans, Vic le séducteur et son copain Enn, plus timide, qui est également le narrateur. Ils sont censés se rendre à une fête, mais Vic a oublié le plan. Ils entendent de la musique et sonnent à une porte, mais sont-ils vraiment au bon endroit ?
Pendant que Vic jette son dévolu sur la plus belle fille de la soirée, Enn cherche à résoudre ce mystère qu’est pour lui la gent féminine et va de rencontre en surprise…
La BD m’a autant séduite que la nouvelle. Brillamment adaptée, elle est restée très fidèle au texte d’origine. L’ambiance m’a beaucoup plu. Tout était tel que je l’avais imaginé lors de ma première lecture. Le style graphique est cohérent, coloré, très agréable à regarder. Seul bémol à mon sens, les deux garçons ont l’air plus âgé qu’ils ne le devraient.
J’ai redécouvert cette histoire avec grand plaisir. Les illustrations sont un vrai plus alors, même si vous connaissez déjà la nouvelle, ne vous en privez pas. Cette adaptation est une très belle réussite !

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Une BD scénarisée par Toldac et Pierre Makyo, illustrée par Frédéric Bihel et publiée chez Futuropolis.

 

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Présentation de l’éditeur :

Nina de Beaumont est anhédonique, c’est-à-dire qu’elle ne prend de plaisir à rien depuis la mort accidentelle de sa mère lors d’une avalanche. Elle avait six ans. À ce jour, elle a essayé toutes sortes de thérapies, mais aucune n’a réellement produit de mieux-être. Et pour elle, désormais, le bonheur c’est de ne pas avoir de bonheur. Son père, Antoine de Beaumont, est désespéré : Nina est tout pour lui. Il fait appel à une agence matrimoniale d’un type nouveau, «révolutionnaire», pour s’occuper de sa fille, car il se rend compte qu’il a tout essayé pour améliorer le sort de Nina… Tout sauf l’amour.

Depuis qu’elle a perdu sa mère, Nina s’interdit le bonheur ainsi que le moindre plaisir. Elle va jusqu’à faire des choses qu’elle déteste pour ne jamais perdre de vue le drame qui a mis un terme à son enfance et à son insouciance. C’est sa façon de porter le deuil. Toutefois, son père s’inquiète et il est désespéré. Il a presque tout essayé pour sauver sa fille d’elle-même, cependant la vie va lui faire entrevoir l’opportunité d’une dernière tentative.
Tout sauf l’amour est une sympathique BD d’une petite centaine de pages, qui évoque les traumatismes, qui nous détruisent et nous reconstruisent pour le meilleur et le pire, ainsi que l’étrange alchimie de l’amour.
À la lecture des premières pages, je n’étais pas du tout convaincue. Pourtant, je me suis laissé aller à apprécier l’histoire petit à petit. Ce n’est pas le scénario du siècle, il est aussi capillotracté que prévisible, néanmoins il fonctionne.
José est un personnage arrogant, plutôt antipathique de prime abord. C’est un jeune homme très axé sur lui-même. Il a des tas de théories scientifiques sur l’amour et ne voit pas plus loin que cette petite part de vérité. Si les hormones jouent sans nul doute un rôle dans le ballet des sentiments humains, n’y a-t-il pas autre chose d’impossible à expliquer ?
Nina est plus touchante. On ressent sa grande tristesse, mais aussi une forme de fatalisme qui donne envie de la secouer, même si on la comprend.
Leur histoire est certes évidente, mais tout de même agréable à découvrir. Je regrette cependant la fin, un peu bâclée à mon goût. Ceci dit, je reconnais qu’il est difficile de développer un récit complexe en si peu de pages, c’est dommage.
Tout sauf l’amour est une jolie BD. Ce n’est pas vraiment le type d’illustrations que j’apprécie, surtout à cause de la colorisation très « granuleuse », cependant c’est une question de goût, non de qualité. Le dessin lui-même est très minutieux. Le soin apporté aux détails, ainsi que les expressions faciales de Nina m’ont plu.
Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment de lecture, même si le scénario reste trop superficiel.

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Une BD de Joris Chamblain et Aurelie Neyret, publiée chez Soleil.

 

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Présentation de l’éditeur :

Cerise est une petite fille âgée de 11 ans, qui vit seule avec sa mère. Elle rêve de devenir romancière, et a même déjà commencé à écrire ses carnets ! Son sujet favori : les gens, et plus particulièrement, les adultes. Ils sont si compliqués qu’elle souhaiterait mieux les comprendre. Elle adore les observer pour tenter de deviner quels secrets ils dissimulent au fond d’eux. Prenez Michel… Tous les dimanches, ce vieil homme s’engouffre dans la forêt avec de gros pots de peinture à la main. Qu’y fait-il donc toute la journée ? Repeint-il une vieille maison ? Décore-t-il des arbres ? Et pourquoi a-t-il l’air si triste quand il rentre le soir ? Suivez Cerise, pas à pas, dans sa première enquête qui vous mènera au cœur de la forêt, à la découverte d’un lieu fabuleux !…

Comme le titre l’indique, cette BD nous présente les carnets d’une petite fille, aussi vive qu’adorable, qui bien entendu se prénomme Cerise. Celle-ci veut devenir romancière et elle aime bien observer les gens, mener de petites enquêtes sur eux. Dans ses carnets, qu’elle commence tout juste, elle prend des notes pour s’exercer à son futur métier. Ce tome sert également à présenter son entourage, plein de personnages qu’on a vite envie de mieux connaître.
Cerise est intelligente et sensible, même si elle se montre aussi maladroite avec sa maman. Et le moins qu’on puisse dire est qu’elle a aussi beaucoup d’imagination… Sa curiosité naïve et bienveillante est rafraichissante. Elle s’intéresse à un vieux monsieur, qu’elle voit toutes les semaines transporter des pots de peinture en forêt. Elle va percer cette énigme à jour et c’est vraiment une très jolie histoire.
La présentation de l’album m’a beaucoup plu. C’est très régressif, dans le bon sens du terme, avec les chutes de crayons dans les marges, les petits dessins, les photos épinglées sur des feuilles de classeur, des images de ce que Cerise aurait scotché, des taches d’encre… Un vrai carnet de petite fille. Rien n’est laissé au hasard, on a même droit à l’écriture qui change de texture, comme si la petite avait changé de stylo. C’est tout une ambiance !
Cependant, tout n’est pas extrait du journal intime de Cerise et cela donne lieu à de très belles balades en forêt, puis plus tard dans l’endroit magnifique que l’enfant va découvrir. Les illustrations sont parfaites. Il s’en dégage à la fois de la douceur et de la joie de vivre, tout cela vivifié par les couleurs acidulées de l’enfance.
Ce premier tome m’a littéralement enchantée ! C’est une petite merveille et je vais m’empresser de découvrir la suite. Si vous hésitez à commencer une série de plus, sachez néanmoins qu’il peut se lire indépendamment, il a une vraie fin et le récit, bien que court, est suffisamment développé. On passe un excellent moment de lecture avec Cerise et ses amis.
C’est une BD géniale et attendrissante, pleine de poésie et de douceur, sans niaiserie. Si un jour vous avez besoin de réconfort, lisez Les Carnets de Cerise.

 

Découvrez également l’avis d’Acr0 sur ce premier tome.

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Une BD d’Olivia Vieweg publiée chez EP média.

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Présentation de l’éditeur :

Un roman graphique sarcastique et surprenant sur le harcèlement à l’école. La révélation de la jeune artiste allemande Olivia Vieweg et de son style naturel et dépouillé.

Antoinette doit y retourner une fois encore.
Retourner dans son village natal.
Retourner dans l’ombre des forêts et des maisons à colombages.
Retourner sur les lieux de ses tourments et humiliations.
Une dernière fois…
Retourner en enfer.

Antoinette semble avoir bien réussi sa vie. Elle habite à Los Angeles, travaille pour une agence de publicité en vogue, a épousé un acteur populaire… Alors pourquoi ment-elle à tout le monde sur sa nationalité ? Et surtout pourquoi sa manie de regarder sur le net les images de son village natal vire-t-elle à l’obsession ?
Elle s’est juré de ne jamais retourner en Allemagne, cependant il est temps pour elle d’affronter son passé et d’exorciser de vieux fantômes.
Cette bande-dessinée traite d’un sujet délicat et d’actualité : le harcèlement scolaire. Des années après les faits, et malgré sa réussite sociale, les blessures d’Antoinette ne sont pas cicatrisées. Elle revient sur son parcours et les souvenirs se superposent au présent pour raviver le dérangeant contraste entre les deux. Les anciens bourreaux de la jeune femme semblent des gens tout à fait banals, ils ont à peine conscience de ce qu’ils lui ont fait. Depuis longtemps, les faits se sont atténués dans leur esprit et ils se sont trouvé des excuses. Comme si de rien n’était, ils l’accueillent à bras ouverts, comme une vieille amie. Après tout, n’est-elle pas devenue quelqu’un qu’on pavoise de connaître ? Leur attitude est glaçante et Antoinette semble pétrifiée par ce contraste…
Cela crée une atmosphère des plus bizarres. On ressent le malaise de la jeune femme, on voit combien elle a souffert. On voudrait qu’elle se rebelle… Mais plus les pages défilent, plus on se rend compte qu’elle est quand même un peu louche… Je ne savais plus trop où j’allais alors que je découvrais, stupéfaite, l’étendue des dégâts et leurs conséquences.
Il y a une large part de fantasme dans ce récit. Qui, ayant été malmené durant l’enfance par ses camarades, n’a pas rêvé d’une réussite éclatante qui leur clouerait le bec ? Qui n’a pas rêvé de se venger également… Et jusqu’où peut-on aller pour se sauver et oublier ? On peut interpréter les choses de manières très différentes et la façon de traiter le sujet n’y est pas étrangère. Je n’ai pu m’empêcher de songer à une légende allemande très connue et de voir un peu de fantastique dans cette histoire. Mais rien n’est certain et j’avoue que cela me plaît.
J’ai aussi été séduite par le graphisme. Au départ, c’est la couverture qui m’a attirée. Une belle illustration, très colorée, avec des coquelicots et cette vision, comme un reflet sépia, superposé devant les yeux du personnage… Par contre, j’ai été surprise quand j’ai zieuté les planches. La colorisation est très différente. Du noir, du blanc, du jaune et des myriades de tons ocrés. Cela rappelle parfois cet aspect sépia que j’aime bien, propre aux souvenirs, mais les couleurs sont vraiment très particulières, un peu nauséeuses en fait. Elles évoquent autant le passé que le mal-être.
Le retour d’Antonette se lit très vite. La BD fait environ 80 pages et il y a peu de texte. Ceci dit, j’ai passé un excellent moment avec cet album. Outre la façon dont l’auteur a travaillé son sujet, j’ai apprécié l’ambiance, bien qu’elle soit un peu glauque. L’ambiguïté des dernières planches a achevé de me convaincre. Cette BD est vraiment particulière, dans le fond comme la forme, cela la rend fascinante.

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