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Posts Tagged ‘Cécile Guillot’

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Willow Hall… Les murs semblent me chuchoter des prières que je ne comprends pas… Les ombres s’allongent, chaque coin paraissant cacher quelque monstre à l’affut… Tout ici n’est que ténèbres et désespoir. La fillette dont je dois m’occuper reste plongée dans un silence indifférent. Elle est parfois entourée d’étranges papillons sortis de je ne sais où… créatures magnifiques mais qui m’arrachent à chaque fois un frisson involontaire.

Willow Hall est un superbe ouvrage relié, avec jaquette, issu de la collaboration de Cécile Guillot pour le texte et Mina M pour les illustrations.
Le récit nous est conté par le biais de lettres rédigées par Emily, jeune gouvernante fraîchement entrée au service de la famille Andrews. J’ai beaucoup apprécié cette narration épistolaire. La jeune femme écrit à son fiancé, agrémentant parfois son courrier de coupures de presse découvertes dans le grenier. En tâchant d’apprivoiser Lorena, l’enfant dont elle a la charge, elle découvre petit à petit le passé troublé de cette famille et n’a personne avec qui en discuter. Découvrir ses pensées au travers de sa correspondance permet de s’imprégner de l’intrigue, mais à distance, comme si on observait les événements du coin de l’œil. La subjectivité du personnage n’est pas dérangeante, au contraire elle prend part à l’atmosphère, lui conférant davantage de mystère. Pourtant l’étrangeté de Lorena pourrait facilement s’expliquer. Les tourments dans lesquels Emily se débat paraissent nimbés d’une certaine poésie quand elle s’égare à les conter.
La gouvernante, seule dans cette maison auprès d’une enfant qui ne communique pas, aurait-elle les nerfs qui lâchent ? Y a-t-il une malédiction qui pèse sur le manoir au saule pleureur ?
Les illustrations sont vraiment magnifiques. Elles apportent beaucoup au texte, complétant à merveille la brièveté des lettres. Elles happent le lecteur, lui font ressentir la froide épaisseur du brouillard, l’atmosphère oppressante du manoir, et entrevoir les personnages éthérés qui évoluent parmi les ombres.
Cet ouvrage m’a beaucoup plu et je le recommande à tous les amateurs de Gothique et de Fantastique à l’ancienne.

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Un fix-up rose bonbon de Cécile Guillot, publié aux éditions du chat noir.

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Présentation de l’éditeur :
Lottie est une jeune Londonienne bien sous tous rapports, même si elle préfère s’informer des dernières modes plutôt que d’apprendre les convenances d’une future femme à marier. Cependant, lorsque des engeances monstrueuses sorties tout droit d’une dimension parallèle s’attaquent à elle au cours d’une promenade, la lady saute sur l’occasion de chambouler son quotidien. Mise au parfum par Mr Rabbit, un jeune horloger garant de la fermeture de ces portails, Lottie décide de partir à l’aventure. Dans son empressement passionné, elle embrigade sa sœur et sa meilleure amie avec lesquelles elle forme désormais le Pink Tea Time Club. Un groupe de lecture, en apparences, où l’on parle monstres, créatures fantastiques, royaumes féériques et autres mondes. Pour la soif de découverte, pour sauver Londres mais surtout, pour passer le temps. En toute bienséance, cela va de soi…

Préalablement publiées sous forme de feuilleton numérique, les nouvelles composant The Pink Tea Time Club ont été regroupées dans une version papier. Les liens entre les intrigues placent ainsi l’ouvrage à la lisière entre le recueil et le roman. Je pense que le plaisir de lecture et la perception de la continuité ne sont pas les mêmes quand on lit tout à la suite, d’où cette précision. Cela est d’autant plus frappant que l’ouvrage et très court et se lit en quelques heures. J’aurais probablement eu plus de patience avec l’un des personnages si j’avais découvert ces aventures petit à petit.
Cécile Guillot nous entraîne cette fois à l’ère victorienne, sur les traces d’une troupe des plus improbables. Elijah Rabbit, héros un peu tiède et hésitant chargé d’empêcher l’intrusion de créatures venant d’autres dimensions, se trouve affublé bien malgré lui d’assistantes pour le moins inattendues. Sous l’égide de l’inconséquente Lottie, trois demoiselles de bonne famille vont s’immiscer dans ses activités ésotériques, pour le pire et le meilleur… L’horloger est facilement débordé par cette bande de jeunes filles, mais les uns vont évoluer au contact des autres et s’affirmer dans leurs choix de vie. C’est ce qu’il y a de plaisant dans ces histoires qui, cela mis à part, manquent un peu de profondeur.
Les personnages eux-mêmes, s’ils sont pour la plupart sympathiques, ne sont pas particulièrement développés. La pragmatique Vivian, qui a ma préférence, assure la bonne marche de l’équipe et sa cohésion, mais c’est sans nul doute Lottie, capricieuse bien que dotée d’un grand cœur, qui évolue le plus. Pour autant, j’avoue avoir eu un peu de mal à supporter les gamineries de cette dernière, mais les histoires sont sympathiques. On plonge dans une ambiance girly, rubans roses et tasses de thé qui n’est pas déplaisante. Les clins d’œil à de grands classiques de la littérature sont nombreux et amusants. Cette lecture est idéale pour mettre un peu de légèreté dans votre vie au cours d’un après-midi pluvieux.

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Dernier tome de la trilogie Fille d’Hécate, écrite par Cécile Guillot et publiée aux éditions du Chat Noir.

Vous pouvez également consulter mes articles sur le premier volume et le deuxième.

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Présentation de l’éditeur :
« Je pensais que découvrir d’où je viens serait une sorte d’accomplissement… Hélas, les choses se passent rarement comme prévu et me voilà au milieu d’une histoire mêlant malédiction, prophétie et déesse oubliée. Suis-je assez forte pour jouer les héroïnes ? Rien n’est moins sûr ! »

Maëlys et ses amies sorcières vont devoir plonger au cœur des Ardennes et de ses troubles légendes. Terre de féerie mais aussi de sombres dangers, car si retrouver ses racines est source de joie, c’est aussi la plus grande épreuve que la jeune femme ait jamais eu à affronter.

En ouvrant ce troisième volume de Fille d’Hécate, j’avais un peu l’impression de partir retrouver une vieille amie. En quelque sorte, j’éprouve une certaine affection envers Maëlys. Elle est pour moi l’image même de la petite sœur de laquelle on se sentirait presque responsable. Pourtant, la timide jeune fille qu’elle était a fait du chemin depuis le premier tome, même si elle reste fragile parfois et manque encore de confiance.
Dans Le Chant de la Lune, notre petite sorcière va enfin se réconcilier avec son passé et découvrir le secret de ses origines. Cela la taraude depuis longtemps et c’est un moment que j’attendais impatiemment. J’ai obtenu toutes les réponses que j’espérais. Cependant, j’ai été ravie que Maëlys soit accompagnée de ses proches dans sa quête. Ils amènent davantage de relief à cette histoire qui reste quand même un peu rapide, comme ce fut le cas pour les volumes précédents.
J’ai apprécié le clin d’œil que glisse l’auteur dans les pensées de Maëlys, quand cette dernière revient sur l’évolution de sa vie durant les derniers mois et a conscience qu’elle a été très prompte à croire en son don. Cette remarque est souvent revenue dans les chroniques du premier tome, je l’avais moi-même faite, sans pour autant m’en formaliser trop car je trouvais que Maëlys était dans le genre de situation où l’on se trouve prêt à croire car on en a besoin. C’est de l’ordre de la sensation plus que de la réflexion. Cela m’a néanmoins fait sourire de voir la jeune fille s’étonner de sa propre crédulité et la rationaliser.
Le Chant de la Lune est dans la lignée de ses prédécesseurs, si vous les avez aimés, il en sera de même pour celui-ci. C’est un joli, bien que trop court, roman pour les amateurs d’histoires de sorcières et surtout de Wicca. J’ai particulièrement apprécié que l’intrigue se situe dans les Ardennes et se serve d’un folklore qui finalement est très peu présent dans le fantastique moderne alors qu’il est extrêmement riche.
Ce roman se lit d’autant plus vite que l’écriture est très fluide, néanmoins, j’ai relevé beaucoup de coquilles. La plus mémorable étant une inversion de prénoms. Cela demeure toutefois une belle conclusion pour cette trilogie.
Et pour ceux qui sont nostalgiques en songeant que l’histoire de Maëlys s’arrête ici, sachez qu’un recueil de nouvelles numérique concernant les personnages secondaires est prévu pour 2016. Pour ma part, je serai ravie de retrouver les sœurs de coven de Maëlys dans des histoires où elles seront à leur tour au premier plan.

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Challenge Winter Mythic Fiction

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Une nouvelle de Cécile Guillot, disponible sur The book edition.

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Le boudoir aux souvenirs -Cécile Guillot

Passez les portes du Boudoir…
Rencontrez sa singulière vendeuse et laissez-vous conter l’histoire de ces robes fabuleuses…

Le boudoir aux souvenirs est un petit livret dont la jolie couverture aux teintes roses et beiges, à l’image de la boutique dont il est question dans la nouvelle, fait délicieusement vintage et met tout de suite le lecteur dans l’ambiance.
La nouvelle est assez courte, une trentaine de pages, mais c’est un très beau texte. Elle est auto-éditée et vous trouverez peut-être le prix un peu élevé, mais cela vaut le coût aussi bien que le coup.
Il s’agit de fantastique, un genre que j’affectionne tout particulièrement. C’est un texte d’ambiance, dont le rendu est excellent, cependant l’histoire elle-même est consistante. La littérature se mêle à la mode et aux souvenirs d’un personnage qui semble froid de prime abord et qui se révèle attachant, voire fascinant, en pourtant peu de pages. Les robes présentes dans la boutique et les anecdotes qui leurs sont liées à travers les époques sont le fil rouge du récit. J’ai beaucoup apprécié cela, d’autant que l’auteur a eu la bonne idée d’ajouter en bonus des images de ces robes à la fin du livret, ce qui permet de les visualiser au mieux.
S’attacher à ce qui peut sembler de l’ordre du détail est une excellente façon de voyager à travers les souvenirs du personnage et surtout de suivre son évolution personnelle en même temps que celle de la mode ou de la pensée humaine. Je ne vous dirai pas quels sont les éléments fantastiques de cette nouvelle, mais le choix n’est pas étonnant quand on connaît les écrits de l’auteur et j’en ai été ravie.
Le boudoir aux souvenirs est avant tout le récit d’une émancipation, une très belle histoire douce-amère, très féminine et, pour moi, un petit coup de cœur.

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Tome 2 de la trilogie Fille d’Hécate, écrit par Cécile Guillot et publié aux éditions du Chat Noir.

Mon avis sur le tome 1, La voie de la sorcière, est par-là.

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Le parfum du mal. Fille d'Hécate T2

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« Il parait que je suis devenue une femme et une sorcière accomplie… pourtant j’ai besoin plus que jamais qu’Hécate guide mes pas. Me voilà au service de la police, à tenter d’élucider des meurtres grâce à mes pouvoirs naissants. Ajoutez à cela ma recherche de boulot et mon ex qui refait surface… Voilà de quoi être déboussolée ! »

Ce deuxième tome de la trilogie Fille d’Hécate commence exactement où le précédent se terminait. Maëlys et Dorine doivent se rendre sur une scène de crime à la demande de leur amie Patricia. Cette dernière met ses dons de voyance au service de la police et le commissaire Martin, contrairement à ses collègues, pense que les sorcières peuvent l’aider dans son enquête. Le don d’empathie de Maëlys et les connaissances en sorcellerie de Dorine sont d’ailleurs mis aussitôt à contribution car les meurtres sont liés à un rituel. On entre donc très vite dans le vif du sujet.
J’avoue avoir eu un peu de mal au début à dégripper ma mémoire, surtout en ce qui concerne les personnages secondaires. Ces derniers ne m’avaient laissé qu’un souvenir flou, contrairement à Maëlys qui était vraiment au centre du précédent tome et avait donc plus de consistance.
En plus de l’enquête, nous suivons toujours son parcours personnel de sorcière et de femme. Elle décroche un remplacement dans un service psychiatrique qui s’occupe d’adolescents, elle essaie d’aller de l’avant dans sa vie sentimentale et cherche toujours sa mère. Il est plaisant de la voir grandir. Si notre narratrice a pris de l’assurance dans La voie de la sorcière, elle a encore des progrès à faire en ce qui concerne la confiance et l’affirmation de soi, sans compter ce qu’elle doit apprendre sur sa nature de sorcière. Elle me semblait quand même plus mâture qu’elle ne l’est dans Le parfum du mal. Cela a sans doute contribué à rendre mon avis assez mitigé concernant ce tome.
Le cheminement spirituel de Maëlys est amené avec intelligence et délicatesse, mais le reste de l’histoire se révèle un peu décevant. Les défauts du premier tome sont toujours là, à savoir que l’intrigue est un peu expéditive et la façon dont elle évolue ainsi que les réactions des personnages manquent aussi de naturel parfois. C’est un récit qui se laisse lire, mais n’est pas vraiment prenant.
C’est dommage, mais il faut dire que le roman en lui-même est court et les chapitres assez brefs. Ce n’est pas un reproche en soi, au contraire même, mais j’aurais préféré une histoire plus développée.
Je pense en fait que ce qui m’a le plus gênée est le manichéisme qui se dégage de ce roman, le bien et le mal sont parfaitement définis, les méchants d’un côté, les gentils de l’autre et tout cela est évident dès le départ… J’ai vraiment du mal avec ça.
Je lirai le troisième volume car j’espère une histoire plus aboutie pour clore la trilogie. Le parfum du mal ayant surtout fait office de transition dans la vie de Maëlys.

A noter qu’il y a, à la fin de cet ouvrage, un carnet de croquis représentants les personnages. Il est réalisé par Anna Marine et c’est un bonus plutôt sympa.
Cécile Guillot prend aussi la peine de signaler quelques livres intéressants au lecteur qui voudrait en apprendre plus sur Lughnasad, les croyances païennes et les notions abordées dans ce roman. Or, il se trouve qu’il y en a un dans la liste que j’apprécie particulièrement et que j’aimerais vous recommander aussi : La Déesse sauvage de Joëlle de Gravelaine. C’est un ouvrage très riche et vraiment passionnant.

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Un recueil de nouvelles écrit par Cécile Guillot et illustré par Anna Marine, Zindy S.D. Nielsen, Michele Ann et Georgia Caldera.

Là où s’élèvent les sorcières est un bel ouvrage d’une quarantaine de pages au format A4, abondamment illustré.
Je dois admettre qu’en règle générale je n’aime pas trop les très grands formats. Je ne sais jamais comment les prendre et mon confort de lecture s’en ressent. Ceci dit, en l’occurrence, ce format met en valeur les illustrations et celles-ci le méritent amplement car elles sont toutes magnifiques. J’aime particulièrement celles consacrées à Alice, Keiko, Jahlia et Camélia.
La qualité des textes n’est néanmoins pas en reste et donne une grande part de son charme à ce beau livre.
Il est composé de sept nouvelles et un haïku, chaque texte ayant pour titre le prénom de la sorcière à laquelle il est dévolu. Je m’attache parfois beaucoup aux détails et celui-ci m’a vraiment plu.
Les histoires de ces jeunes femmes (oui, elles sont toutes jeunes, la plupart cherchant leur voie) sont racontées avec une certaine grâce et beaucoup de sensibilité. Le style de Cécile Guillot est toujours aussi élégant, je n’ai à déplorer que quelques coquilles par-ci par-là.
En écrivant cette chronique, je me suis rendu compte que ces textes se concentrent vraiment sur l’archétype de la jeune fille. Ce n’est pas un mal en soi, il est riche de possibilités, comme toutes ces sorcières nous le démontrent. La diversité est bien présente au niveau des personnalités de ces jeunes femmes, de leurs époques, leurs lieux de résidence ou leur choix de vie, ne manque que l’âge.
Si les premiers textes, tout en étant plaisants, m’ont semblé un peu stéréotypés (sans doute parce que j’ai lu beaucoup d’ouvrages sur les sorcières) j’ai été séduite par les suivants, surtout ceux de Camélia et Alice qui me parlent sans doute à cause de leur modernité.
On sent dans ces écrits l’influence de certains ouvrages bien connus dans le milieu païen, comme Sorcières d’Erica Jong ou les textes de Marie des Bois, mais sans que cela empiète vraiment sur l’apport personnel de l’auteur et ce recueil, bien que fort court, tient tout à fait la comparaison avec ses prédécesseurs.

Je vous invite donc à découvrir en mots et en images Maïa, Mary, Elisabeth, Camélia, Raven, Alice, Jahlia et Keiko.
Vous pouvez vous procurer ce livre sur The book edition.

Et en ce jour d’équinoxe, je vous souhaite un bel automne. Qu’il soit reposant et vous permette de prendre des forces pour l’hiver.

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Premier tome de la trilogie Fille d’Hécate.
Écrit par Cécile Guillot.
Publié aux éditions du Chat Noir.

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Présentation de l’éditeur :
« Je croyais n’être qu’une étudiante ordinaire et sans doute trop renfermée. Et puis, il a eu cette expérience étrange, la découverte de mon don… Maintenant je dois apprendre à m’accomplir en tant que sorcière, développer mes pouvoirs et trouver ma place en ce monde. Tout aurait-été parfait s’il n’y avait pas eu ces cauchemars et ces malaises. Quelqu’un cherche à me nuire ! Mais qui pourrait bien me harceler ainsi ?
Et, pour ne rien arranger, j’ai aussi un mémoire à écrire pour valider ma dernière année de psycho. Ma vie n’est vraiment plus de tout repos ! »

Maëlys nous ouvre les portes d’un univers étrange et déroutant, celui de la Wicca. La quête spirituelle qui est sienne va l’exposer à des menaces insoupçonnées. Surtout que le destin pourrait bien placer sur son chemin, les clés qui l’aideront à résoudre les mystères d’une existence parsemée d’ombres… Car, une sorcière peut-elle s’épanouir coupée de ses racines, ignorante d’un passé dont pourrait dépendre l’avenir ?

Je commencerai par dire que si j’ai beaucoup apprécié la lecture du prologue écrit par Vanessa Terral, je crains qu’il puisse paraître quelque peu obscur au lecteur qui n’est pas familier de cette pensée païenne dont il est question.
J’invite donc ce lecteur à ne pas s’en tenir à cela et à commencer par le roman, pour ensuite revenir au prologue s’il le souhaite. Peut-être que celui-ci lui paraîtra alors plus accessible et l’incitera de surcroît à la découverte.

C’est toujours avec enthousiasme que je me plonge dans les romans qui s’inspirent du paganisme. Celui-ci, à la fois roman fantastique et initiatique avait tout pour m’intéresser et ne s’est pas montré décevant. Même si quelques petites choses m’ont gênée, j’ai globalement bien apprécié cette histoire.
La voie de la sorcière nous conte avec une grande sensibilité l’histoire de Maëlys, jeune fille très solitaire qui se découvre par le plus grand des hasards un don d’empathie. Ce don sera pour elle un déclencheur lui permettant de se trouver elle-même, d’accepter de grandir et de faire face à des choses qu’elle a toujours préféré occulter.
J’ai apprécié que pour une fois l’histoire se déroule en France, même si c’est moins rare en fantastique que dans l’urban fantasy. L’univers de l’héroïne m’étant connu, j’ai plus facilement trouvé mes marques dans son histoire.
S’il est vrai que le début du roman est un peu abrupt, ce qu’on peut regretter pour un texte aussi court, l’écriture délicate de Cécile Guillot rattrape bien le coup. Elle a indubitablement bien travaillé son personnage et sait nous rendre Maëlys très sympathique. On s’attache à elle, on s’inquiète, on expérimente même, en un certain sens, l’empathie que Maëlys développe, mais envers elle-même.
On voit la jeune fille changer tout au long du roman, devenir plus assurée et moins puérile, gagnant au passage en crédibilité. En cela, La voie de la sorcière est une belle réussite. J’ai beaucoup aimé voir ainsi évoluer le personnage.
Pourtant, j’ai vraiment cru que ce roman serait trop court, qu’il manquerait un peu de substance. Mais au final ce ne fut pas le cas. Il est vrai que c’est un texte sans prétention, qui ne donne pas dans la surenchère au niveau de l’action comme de la magie elle-même, mais rien n’y est laissé au hasard. C’est du bon fantastique et une quête initiatique très bien construite.
L’histoire est très plaisante, même si l’intrigue est sans réelle surprise. C’est la très forte influence de la réalité dans l’appréhension de la magie qui m’a plu le plus. J’ai apprécié de retrouver dans ce roman un univers connu. Il est bourré de références qui parleront aux personnes qui connaissent déjà un peu le paganisme et surtout la Wicca, mais qui peuvent rendre le symbolisme l’histoire un peu difficile à pénétrer pour le néophyte. Certes, le tout est pourtant très didactique, Cécile Guillot explique bien, sans surcharger le texte et l’histoire est tout à fait compréhensible, mais il manquera peut-être un petit quelque chose au lecteur à qui ces concepts sont étrangers.
La seule chose que je déplore vraiment c’est qu’on nous refasse le coup de l’orpheline qui découvre ses origines. Un personnage ignorant est toujours bien pratique, il permet au lecteur d’apprendre en même temps que lui, mais pourquoi toujours s’accrocher à cette fichue histoire d’hérédité ? C’est bien simple, c’est soit l’orpheline qui découvre ses origines, soit la brebis galeuse de la famille qui met au jour un terrible secret. Dans le cas présent, ce n’est pas mal raconté et ça ne sombre pas non plus dans la sensiblerie, mais j’admets ressentir une certaine lassitude vis-à-vis de ce ressort scénaristique qui revient tellement souvent en littérature, surtout quand il s’agit de sorciers et sorcières…
C’est un détail et ça ne dérange peut-être que moi, qui plus est l’histoire de Maëlys ne manque ni de cohérence ni d’intérêt et je vous invite chaleureusement à la découvrir, d’autant plus que Cécile Guillot a vraiment un très beau style.

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