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Posts Tagged ‘Challenge Bulles et Vignettes’

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Willow Hall… Les murs semblent me chuchoter des prières que je ne comprends pas… Les ombres s’allongent, chaque coin paraissant cacher quelque monstre à l’affut… Tout ici n’est que ténèbres et désespoir. La fillette dont je dois m’occuper reste plongée dans un silence indifférent. Elle est parfois entourée d’étranges papillons sortis de je ne sais où… créatures magnifiques mais qui m’arrachent à chaque fois un frisson involontaire.

Willow Hall est un superbe ouvrage relié, avec jaquette, issu de la collaboration de Cécile Guillot pour le texte et Mina M pour les illustrations.
Le récit nous est conté par le biais de lettres rédigées par Emily, jeune gouvernante fraîchement entrée au service de la famille Andrews. J’ai beaucoup apprécié cette narration épistolaire. La jeune femme écrit à son fiancé, agrémentant parfois son courrier de coupures de presse découvertes dans le grenier. En tâchant d’apprivoiser Lorena, l’enfant dont elle a la charge, elle découvre petit à petit le passé troublé de cette famille et n’a personne avec qui en discuter. Découvrir ses pensées au travers de sa correspondance permet de s’imprégner de l’intrigue, mais à distance, comme si on observait les événements du coin de l’œil. La subjectivité du personnage n’est pas dérangeante, au contraire elle prend part à l’atmosphère, lui conférant davantage de mystère. Pourtant l’étrangeté de Lorena pourrait facilement s’expliquer. Les tourments dans lesquels Emily se débat paraissent nimbés d’une certaine poésie quand elle s’égare à les conter.
La gouvernante, seule dans cette maison auprès d’une enfant qui ne communique pas, aurait-elle les nerfs qui lâchent ? Y a-t-il une malédiction qui pèse sur le manoir au saule pleureur ?
Les illustrations sont vraiment magnifiques. Elles apportent beaucoup au texte, complétant à merveille la brièveté des lettres. Elles happent le lecteur, lui font ressentir la froide épaisseur du brouillard, l’atmosphère oppressante du manoir, et entrevoir les personnages éthérés qui évoluent parmi les ombres.
Cet ouvrage m’a beaucoup plu et je le recommande à tous les amateurs de Gothique et de Fantastique à l’ancienne.

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Scénario de Charlotte Bousquet, illustrations de Stéphanie Rubini. BD publiée chez Gulf stream.

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Présentation de l’éditeur :
Elle était dans ma classe. Quatrième D. D comme déconne, délire, débile, dévergondé, début, douleur, douceur aussi. Il y avait tout ça, chez nous. Des pimbêches qui riaient trop fort, des timides, des bébés sages, des filles toutes fières de se comporter en femmes et des garçons qui ne savaient plus comment fonctionnaient leurs mains ni leurs pieds. Il y avait aussi les Jade et les Benjamin, les bons copains toujours là en cas de coup de blues à la récré, toujours prêts à refaire le monde et jouer aux cancres au lieu d’aller en perm.

Mais il n’y avait qu’une Layla.

Rouge Tagada est le premier volume d’une série de BD sur l’adolescence. Au fil des tomes, on suit différents élèves d’une classe de quatrième qui nous confient leurs maux et leurs espoirs avec sensibilité et intelligence. Cela fait du bien de découvrir une série d’histoires réalistes pour une fois, sans clichés ni niaiserie.

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Dans ce volume on rencontre Alex, une jeune fille attachante qui a du mal à gérer ses sentiments naissants. L’auteur et l’illustratrice ont su rendre à la perfection ce passage délicat qu’est l’adolescence, ces années de fragilité, où le vacillement est constant alors que l’on se construit tant bien que mal. En peu de pages, l’histoire d’Alex prend corps ; j’ai trouvé cette jeune fille vraiment touchante.
C’est un récit sur l’identité, l’amour et l’amitié, la difficulté que l’on éprouve parfois à grandir, à s’affirmer, à accepter l’autre et à s’accepter soi-même. Cela nous est conté avec intelligence et délicatesse.
Les illustrations sont une dimension importante de l’ouvrage. Elles contribuent à la façon dont on perçoit l’histoire. Les coups de crayon, tout en rondeur et plénitude, apportent de la douceur, tandis que les couleurs vives donnent de la chaleur à une histoire qui n’est pas toujours joyeuse.
Cette BD m’a beaucoup plu. Je ne déplore que la fin un peu abrupte. Elle m’a désappointée, mais n’est pas pour autant injustifiée. C’est souvent comme ça dans la vie et surtout à l’adolescence, on tranche net, sans s’expliquer, et qui dit que les personnages ne se parleront pas dans les prochains volumes ? Je l’espère en tout cas.
C’était trop court pour moi, mais néanmoins une excellente lecture. Cette BD est destinée aux ados, mais plaira tout autant à un public plus adulte. Je vous encourage chaleureusement à la découvrir.

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Présentation de l’éditeur :
Il était une fois un petit photographe… Le récit de Makyo, mis en images par Vicomte, débute comme un conte de fées moderne. Mais, soudain, il dérape… L’œuvre vire au noir, plongeant le lecteur dans les délires d’un cauchemar souterrain et carcéral. Sous la réalité, l’abîme du fantastique… Cette œuvre, promue au rang de best-seller de la BD moderne, a été récompensée par la plus haute distinction du Festival d’Hyères et par le Grand prix de la Ville de Paris.

La série de bandes dessinées Balade au bout du monde est composée de 17 volumes dont la parution s’est étendue de 1982 à 2012. Elle a reçu de nombreux prix.
Les 16 premiers tomes sont divisés en cycles de quatre, chacun dessiné par un artiste différent. Ils ont été regroupés en quatre intégrales à la sortie de l’épilogue en 2012.

La première intégrale, dont je vais vous parler, est donc composée de :
La Prison (1982)
Le Grand Pays (1984)
Le Bâtard (1985)
La Pierre de folie (1988)

Le scénario est de Pierre Makyo, les dessins de Laurent Vicomte.

Ces quatre volumes comptent une cinquantaine de pages chacun et, même si on entre très vite dans le vif du sujet, les lire séparément me semble trop bref pour s’immerger dans l’histoire. Qui plus est l’intrigue, se décousant à mesure, n’aide pas le lecteur. Je n’ose imaginer combien de fois les lecteurs de la première heure ont dû relire le cycle en 30 ans pour se remettre dans le bain à chaque nouvelle parution…
L’histoire démarre plutôt bien. Arthis, un jeune photographe, est fasciné par ces marais que l’on surnomme Le bout du monde. Il y erre, prenant des photos, épiant du coin de l’œil cette belle brune qui comme lui semble attirée par l’endroit. De nombreuses personnes ont disparu au fil des siècles dans ces marais et il va lui-même subir leur sort.
Le premier épisode, nimbé de mystère, ne manque pas d’intérêt. On plonge avec Arthis dans un univers aussi déconcertant que violent. On a le temps de se sentir piégé, comme lui. Pourtant, le scénario ne stagne pas et la situation évolue sans cesse jusqu’à ce que l’on découvre enfin pourquoi toutes ces personnes sont emprisonnées et surtout où elles se trouvent.
J’ai trouvé les deux premiers volumes prenants, malgré quelques couacs. Puis, au fur et à mesure que l’intrigue s’emberlificotait, mon intérêt est retombé. L’idée de départ était pourtant très bonne, mais tout part en vrille de manière vraiment exaspérante. On ajoute des choses, de plus en plus farfelues, sans exploiter les bases de l’histoire. Chaque rebondissement est cousu de fil blanc, plus ils s’accumulent et plus le tout paraît inepte. Pour ne citer qu’un exemple, on se remet très facilement d’une flèche en plein cœur… Et je ne vous parle pas des intrigues familiales…
Les personnages ne sont pas des plus attachants. D’ailleurs toutes les femmes de l’histoire sont puériles, égoïstes, précieuses et pas très futées ; elles devraient sérieusement revoir leurs priorités. Ceci dit, elles ne sont pas là pour ça. Tout est bon pour montrer une nana à poil (il n’y en a pas tant que ça, mais franchement la plupart du temps ce n’est pas justifié).
Filles nues qui s’étirent mises à part, les dessins sont vraiment le point fort de cette BD. On aime ou pas ce style à la fois flou et très détaillé. C’est une explosion permanente d’informations. Les dessins sont, au final, tout ce que je retiendrai sur le long terme.
Cette série m’avait été recommandée chaleureusement par une amie il y a quelques années déjà et je ne l’ai sûrement pas découverte au bon moment. Je suis devenue trop exigeante en matière de scénarios. Les volumes 3 et 4 m’ont terriblement ennuyée, je n’en voyais plus la fin et j’en resterai là de ma balade au bout du monde.

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RVLFC

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D’après le roman de Neil Gaiman. Adapté et illustré par P. Craig Russell. Publié par les éditions Au diable vauvert.

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Coraline-BD*

Coraline est à la base un roman pour la jeunesse, ou plutôt une sorte de conte effrayant, écrit par Neil Gaiman, l’un de mes auteurs préférés. Il existe une adaptation animée superbe que je vous conseille chaleureusement, même si je n’ai pas apprécié tous les aménagements qui ont été fait par rapport au texte d’origine (dégage de là Wibby !). Cependant, pour cette fois, c’est de l’adaptation BD que je vais vous parler.
Je dois avouer que je n’étais pas très enthousiaste dès le départ et ma mauvaise impression n’a fait que se renforcer en cours de lecture. Je n’ai pas du tout aimé les dessins. Je les ai trouvés bien trop plats. Ils se veulent réalistes, ce qui enlève de sa dimension magique à l’histoire, mais restent assez grossiers. L’usage de traits épais pour figurer les ombres ou la profondeur est le signe le plus marquant de ce manque de finesse. Ce n’est pas un style qui me parle et je n’ai pas plus apprécié les couleurs, mais j’admets que c’est une affaire de goûts plus que de technique.
Je ne sais pas si des enfants, qui sont quand même censés être le public cible, apprécieront ces illustrations plus que moi. Par contre, je suis assez perplexe quant à la représentation de Coraline elle-même qui est une très jeune enfant dans le roman et me semble un peu grande dans la BD, alors que ses réactions demeurent celles d’une fillette.
Une adaptation est censée apporter une dimension nouvelle à une histoire. Je ne voulais pas forcément quelque chose de gothique ou de fantasque, néanmoins si le dessin ne se révèle guère convaincant et que le scénario est simplifié, autant en rester au roman. La BD se concentre sur l’essentiel, mais le texte d’origine est lui-même assez court. Malgré cela, il y a quelques ajouts, des détails, qui n’ont pas éveillé mon intérêt, alors que des choses plus importantes sont passées sous silence.
Quand on lit cette BD, on se dit que l’intrigue est particulièrement pauvre alors que ce n’est pas le cas. Tout ce qui fait la beauté du texte est aplati. Le roman est de ceux qui donnent des frissons et qu’on aime lire enfant quand il fait mauvais temps, juste pour s’offrir une petite frayeur. Dans la BD, on ne ressent pas l’exaltation de Coraline quand elle passe de l’autre côté ni sa tentation de rester. On s’ennuie, tout simplement. L’autre mère est affreuse, mais pas effrayante. On ne tremble pas avec Coraline, on ne s’attache pas à elle et, de fait, on se fiche un peu ce qui va lui arriver. Les illustrations brident l’imagination au lieu de la nourrir. C’est très décevant.
Lisez le roman, regardez l’anime, mais oubliez la BD.

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Ce challenge est organisé par Vampires et Sorcières et comme le titre l’indique il nous invite à lire des BD, des comics, des mangas, mais aussi des livres illustrés.
Il a commencé le 1er septembre (oui, je suis en retard) et se terminera le 31 décembre 2015. On peut encore s’inscrire.

Chaque lecture rapporte des points, avec un bonus quand les ouvrages abordent certains thèmes et il y a des goodies à gagner.
Toutes les modalités et les lots sont sur la page du challenge.

Venez buller avec nous !

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