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Posts Tagged ‘challenge Halloween’

Un roman de Neil Gaiman, publié chez HarperCollins pour les versions imprimée et audio.
Disponible en français en édition de poche chez J’ai lu sous le titre L’étrange vie de Nobody Owens.

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Échappant de justesse à un meurtrier venu exécuter toute sa famille, un petit garçon aventureux qui ne sait pas du tout quel danger le guette se réfugie dans un cimetière et va, contre toute attente, y trouver un foyer en plus d’une protection bienvenue. Ça paraît simple, peut-être un peu sombre aussi, mais ce n’est pas le cas. Si les ressorts du récit sont on ne peut plus classiques, il est indubitablement magique et vous enchantera, que vous choisissiez la V.O. ou la V.F., que vous le lisiez ou l’écoutiez. Ce récit est tendre, un peu mélancolique parfois, mais surtout beau et inspirant. C’est le genre d’histoires qui, personnellement, me réconforte.
J’ai tout d’abord lu ce roman en français au moment de sa sortie chez Albin Michel. J’ai l’impression que c’était hier et pourtant un peu plus de cinq ans se sont écoulés depuis. Pour son grand format, l’éditeur français avait doté cet ouvrage d’une très belle couverture, avait eu en outre le bon goût de garder les illustrations intérieures, mais m’avait terriblement déçue en changeant le titre, jugeant sans doute l’original peu vendeur dans sa traduction. « Le livre du cimetière », ça fait tout de suite très glauque… Et pourtant il me parle ce titre… Ce roman, un de ceux de Gaiman que je préfère, ce qui n’est pas peu dire, le porte tellement bien ! Il y a une magie qui s’en dégage, qui me ramène à celle que j’étais enfant, alors que j’apprécie aussi d’être adulte pour le lire, car cela me permet de saisir d’autres nuances que je n’aurais pas perçues plus jeune.
J’aime cette histoire car elle nourrit la rêveuse qui est en moi en m’offrant quelque chose de délicieusement confortable car familier, avec plein de références à des contes, comptines ou lectures qui me parlent et me font sourire, mais aussi un récit résolument original. C’est un des grands talents de Gaiman que de puiser dans ce chaudron qu’est notre imaginaire pour remodeler à sa guise des histoires bien connues, sans faire du déjà-vu.
Avant toute autre source, l’auteur nous le dit dans la postface, ce récit s’inspire du Livre de la Jungle. Ce n’est pas forcément flagrant quand on ne lit pas les deux à peu de temps d’intervalle, pourtant le titre à lui seul nous renseigne à l’avance. Le parallèle entre les deux ouvrages m’a toujours fascinée.
Le livre de la Jungle, (qui en fait devrait s’appeler la bible de la Jungle étant donné l’influence religieuse indéniable qui sourd de ses pages) est un recueil de nouvelles qui, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, ne porte pas que sur Mowgli. The Graveyard Book est construit comme un roman et un recueil de nouvelles en même temps, il y a un arc principal qui s’étend sur tout le récit, mais chaque chapitre offre une histoire à part entière dans la vie de Bod. Les deux gamins grandissent un peu de la même façon, subissent des épreuves qui se font écho, la portée religieuse sous-jacente en moins chez Gaiman. La ressemblance entre les deux livres est notamment flagrante dans le chapitre qui traite de la porte des goules, un de mes préférés, qui fait aussi référence à Lovecraft. Mais je ne vais pas vous abrutir de comparaisons, même si je trouve cela passionnant… Ce roman est tout aussi merveilleux qu’on repère les clins d’œil de l’auteur ou non.
Le chapitre de la sorcière, dont le nom de famille vous rappellera quelque chose si vous vous êtes intéressés de près ou de loin à L’océan au bout du chemin, est aussi parmi mes préférés. Peut-être avez-vous déjà lu cette histoire d’ailleurs, car on peut la trouver sous forme de nouvelle dans certains recueils de l’auteur dont M is for magic.
Mais parlons un peu de la version audio elle-même, c’était le but après tout. Elle se compose de 7 CD, ce qui nous donne dans les 8h30 d’écoute. J’ai acheté le pack qui coûte 18€ et des poussières, mais on peut aussi le télécharger. Les pistes durent à peu près 12 minutes, on trouve cela pratique ou pas. C’est le format CD qui veut ça. Pour ma part, je préfère quand une piste équivaut à un chapitre.
Il s’agit de la version intégrale, une précédente ayant été éditée en 2008 est, semble-t-il, abrégée. Je ne connais pas la première, mais cette nouvelle mouture est vraiment sympa et nantie d’un large panel de comédiens pour nous la narrer. La postface est, de surcroît, lue par l’auteur. Cette version audio est très agréable à écouter et emporte facilement le lecteur dans ce roman initiatique, un brin gothique, terriblement fantasque et onirique. Je me suis sentie transportée dans le cimetière brumeux et fantomatique, j’ai redécouvert avec plaisir l’histoire de Bod et je ne regrette pas mon achat.
Il existe également des comics adaptés du roman, eux aussi en anglais, peut-être me laisserai-je tenter un de ces jours… En attendant je vous conseille chaleureusement la version audio de ce roman et, si votre niveau d’anglais ne le permet pas, il est toujours temps de profiter de la version imprimée française qui reste disponible en poche.

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Cette écoute entre dans le Challenge Halloween de Lullaby.

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Un roman de Ray Bradbury, publié chez Seuil, en version poche et grand format.

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Résumé de l’éditeur :
Lorsqu’ils frappent à la porte de Montsuaire pour réclamer des bonbons, Tom et ses copains déguisés en zombies ne savent rien de ce qui les attend… Commence alors un fabuleux voyage dans l’espace et le temps… Une quête fantastique et poétique des origines d’Halloween…

Ray Bradbury était un conteur hors pair et il a montré la mesure de son talent dans ce court roman entre fantasmagorie lyrique et poésie baroque. D’aucuns diront pourtant que ce n’est pas le meilleur qu’il ait écrit, que celui-ci recèle quelques faiblesses, c’est exact, mais j’ai, pour ma part, une tendresse particulière pour cette petite histoire qui est idéale à lire à l’époque d’Halloween. Et puis j’adore le personnage de Montsuaire, alors je ne suis sans doute pas tout à fait objective…
L’automne est une saison à part dans l’univers de Bradbury, fascinante, c’est-à-dire à la fois attirante et répugnante dans l’effroi qu’elle suscite. Le mois d’octobre, plus particulièrement, et la fête d’Halloween, hantent ses récits, des nouvelles de À l’Ouest d’octobre à La Foire des ténèbres, en passant par Le Pays d’Octobre. C’est toujours un plaisir de voir comment il exploitait ces thèmes et la façon dont ceux-ci évoluent dans son œuvre. Celle-ci, comme vous le savez sûrement, fut prolifique.
L’arbre d’Halloween est malgré tout un peu insolite en y regardant de plus près. Sous prétexte d’une bonne soirée entre copains et d’une quête improvisée à mener, l’auteur nous entraîne dans un récit prenant, à la découverte des origines d’Halloween. Il s’agit avant tout d’une ode à cette fête et à notre nature humaine telle que Bradbury la percevait. Le tout ne manque pas d’action, malgré les envolées lyriques coutumières de l’auteur, mais se veut aussi didactique.
Durant leur veillée d’Halloween, huit enfants se trouvent embringués dans une aventure étrange pour avoir suivi le conseil de leur ami Pipkin (eh oui, les noms ont leur importance chez Bradbury). Montsuaire, personnage énigmatique et véritablement génial, qui rappelle un peu le Jack de L’étrange Noël de Mr Jack, va les emmener à travers le temps et les différentes strates qui composent la fête d’Halloween que nous connaissons aujourd’hui. Mais est-ce un voyage si amusant et innocent que cela ? Les enfants ne courent-ils aucun danger ? Et qu’est devenu Pipkin alors qu’il tentait de les rejoindre ? Chez Bradbury, tout a un prix, surtout en octobre…
Huit enfants en quête de connaissance, mais également à la recherche d’un neuvième qui représente l’esprit d’Halloween tel que le concevait l’auteur, c’est très allégorique et cela donne à réfléchir. C’est sans doute cela qui me séduit le plus dans cette histoire.
La vision de Bradbury se fait parfois très chrétienne, mais n’omet pas de rappeler que, tout en évoluant, tout n’est qu’un éternel recommencement. Rien ne se perd, tout se transforme. Je ne suis pas toujours d’accord avec les affirmations de l’auteur et sa compréhension des différentes époques et cultures qu’il présente, mais cela incite à chercher plus loin et donne des bases intéressantes à ceux qui ne connaissent pas les traditions évoquées.
Bien que les personnages principaux soient des enfants, que le récit soit court et enlevé, en plus d’être riche d’informations diverses, ce n’est pas vraiment une lecture pour un jeune public. Les adultes et adolescents en percevront mieux toutes les dimensions, alors que de plus jeunes s’ennuieraient ou seraient peut-être un peu perturbés par certains aspects de ce récit.
Il faut aussi que je mentionne la traduction, que je juge discutable et qui ne m’a pas laissée grande impression. J’ai vu pire, mais elle est néanmoins, à mon sens, le gros point faible de cette édition.
Enfin, si vous cherchez un bon livre de saison, pas vraiment effrayant, juste un peu sombre, et surtout dans l’esprit de la fête, tout en appréciant d’apprendre quelques anecdotes au passage, L’arbre d’Halloween, avec ses allures de conte fantastique, pourrait se révéler un choix intéressant.

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Livre lu dans le cadre du Challenge Halloween de Lullaby.

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Un petit challenge pour célébrer l’entrée dans la saison sombre, ça vous dit ?
C’est une idée de Lullaby et ça va se dérouler du 23 septembre au 3 novembre ! Vous pouvez encore nous rejoindre !

Les règles sont simples : lire des ouvrages reliés à la thématique. Vous avez plusieurs possibilités :

– les ouvrages traitant de la fête en question (Halloween ou Samhain), par ex. Halloween de J.-B. Monge, E. Ferronnière et P. Jézéquel

– les ouvrages dont l’intrigue est liée à la fête ou se déroule pendant, par ex. Halloween : les citrouilles de l’horreur, anthologie dirigée par S. Bourgoin ou Le crime d’Halloween d’Agatha Christie

– les ouvrages qui font la part belle au folklore terrifique moderne lié à Halloween (fantômes, sorcières, etc) et/ou qui appartiennent au genre horrifique

Le choix est large, alors tous à vos lectures d’Halloween !

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