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Posts Tagged ‘espionnage’

Un roman de Mark Gatiss publié chez Bragelonne.

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Présentation de l’éditeur :
Une immersion étourdissante dans le monde fascinant de la haute société edwardienne – et de ses bas-fonds. Plongez dans cette aventure de Lucifer Box, portraitiste de talent, dandy, bel esprit, mauvais garçon… et le plus irrésistible des agents secrets de Sa Majesté. Où il découvre qui s’amuse à assassiner les meilleurs scientifiques du royaume – tout en déterminant la façon la plus seyante de porter un œillet blanc à sa boutonnière.

Un roman d’espionnage dans un univers steampunk, comment aurais-je pu manquer cela ? Étant de surcroît fan de Sherlock, série dans laquelle Mark Gatiss officie en tant qu’acteur mais également scénariste, j’étais très curieuse de découvrir les aventures de Lucifer Box. Mais j’en attendais peut-être trop et le bilan est plus que mitigé…
Ce roman est avant tout l’incessant verbiage d’un dandy narcissique au dernier degré… Lucifer se trouve beaucoup de charme, néanmoins, si celui-ci opère relativement bien sur les autres personnages, il n’a jamais eu d’effet sur moi. Malheureusement, ce n’est pas non plus le genre de personnage imbu de lui-même qu’on adore détester, il est juste agaçant. Il peut faire parfois preuve de bons sentiments (qui ne suffisent pas à le rendre sympathique), mais il est la plupart du temps odieux, égocentrique, indélicat et caractériel. C’est très pénible à force, d’autant que l’intrigue est à la fois poussive et simpliste. Tout est lié, tout lui tombe tout cuit dans le bec. Il suit le flot des événements bien tranquillement et le hasard faisant tellement bien les choses, la piste se déroule seule sous ses pas comme un vaste tapis rouge.
Il n’est pas non plus aidé par les seconds rôles, tous plutôt fades et caricaturaux.
On nous promet de l’humour et il y en a, heureusement d’ailleurs. Cabotin, un peu grinçant et répétitif, mais ça fait passer le temps. Par contre, les jeux avec les noms deviennent assez vite lassants. Le tout manque de finesse, mais c’est surtout une question de goût.
Je sais qu’il y a pire et que le fait d’avoir lu beaucoup trop de romans de ce genre me rend peut-être plus exigeante que je ne le devrais. Cependant, j’en attendais beaucoup mieux et au final me suis ennuyé ferme. Si j’avais apprécié le narrateur, j’aurais mieux supporté de tout voir venir avant lui.
C’est dommage, il y avait de l’idée. Pour autant, je vais en rester là avec cette série. Ça ferait un peu cher la seconde chance…
J’en profite également pour glisser un mot sur la collection steampunk de Bragelonne dont le design est superbe. Les couvertures sont belles, la mise en page soignée, cependant… les matériaux se révèlent décevants. Ces livres vieillissent mal, mais encore faut-il qu’ils en aient le temps. Les dorures se font la malle, les pages ne sont pas toujours bien massicotées et le collage montre vite ses limites… Quand on achète un grand format, ce n’est pas pour que les pages se détachent à la première lecture.

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Pour d’autres avis, vous pouvez consulter Le Bibliocosme ainsi qu’Un Papillon dans la Lune.

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Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Lire une œuvre de SFFF écrite par une personne issue ou militant pour la communauté LGBTQIA.

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Un roman de Julien Pinson, publié chez Voy’El.

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la plume de Quetzalcoatl - Julien Pinson

Présentation de l’éditeur :
Après sept années passées au Nouveau Monde, le Pacifieur Impérial Arthorius revient à Rome avec, dans ses bagages, un colis bien embarrassant : une plume étrange qui jette le discrédit sur une des figures majeures de l’Empire Romain Millénaire : La Déesse Athéna, elle même.
Arthorius se trouve alors plongé, malgré lui, au centre des intrigues olympiennes dans une enquête qui le conduira jusqu’à la Frontière, au cœur des Montagnes Rocheuses.
Au fil de son voyage rien ne lui sera épargné, ni les courses poursuites avec les gangs de Néo Rhodes, ni les fusillades avec les tribus indiennes, pas même la compagnie de Dom, un faune vétéran de la légion, adepte du sarcasme à outrance.


La plume de Quetzalcoatl
est à la fois une uchronie mâtinée de steampunk, une fantasy mythique aux inspirations largement détournées, mais aussi un roman d’aventures, voire d’espionnage, un peu à la mode feuilletoniste. Et le mélange fonctionne plutôt bien.
Il semble impossible de déterminer avec certitude à quelle époque se passe cette histoire tant se mêlent des références très diverses. On rencontre par exemple un vieil homme qui porte la toge, mais également un chapeau melon, certains moyens de transport sont très modernes, parfois même futuristes, cependant ils en côtoient d’autres pour le moins archaïques. Le fait que la magie, d’une certaine façon, soit encore présente, concourt sûrement à retarder l’avancée dans certains domaines, alors qu’elle permet de faire un bond en avant dans d’autres.
Dans ce roman, les dieux, de toutes mythologies confondues, prennent part à la vie politique ou commerciale et les créatures mythiques et légendaires vivent parmi les humains. On se rend compte au fur et à mesure que plusieurs faits divergent dans les récits mythiques que l’on connaît qui sont évoqués, mais aussi dans tout ce qui concerne la partie historique qui n’est pas, comme on aurait pu le penser, complètement occultée. Cela va du petit détail comme un caducée à un seul serpent à la guerre de Troie elle-même. Ce sont ces divergences qui expliquent, avec plus ou moins de subtilité selon les cas, comment le monde a dévié.
Même si les dieux intervenaient auparavant dans les affaires humaines, il semblerait que c’est avec la guerre de Troie, à la fois fait historique et mythe fondateur dans ce roman, que l’uchronie a véritablement commencé. Cette guerre apparaît fort différente de celle que nous conte l’Iliade, ce qui peut laisser le lecteur perplexe. Je ne suis pas particulièrement enthousiaste face à cette version de l’histoire, c’est la partie de la réécriture mythologique qui m’a le plus gênée, mais elle sert réellement le roman. On ne nous explique pas tout non plus, néanmoins il est évident que c’est à la guerre de Troie qu’on doit la Convergence qui a fait s’incarner dans le monde des humains les créatures mythiques. Ce n’est pas vraiment un spoiler, ce n’est pas le fait le plus important du roman, mais je trouve que l’explication, aussi bien amenée soit-elle, intervient un peu tard dans le récit et aurait permis de mieux l’apprécier en étant dévoilée un peu avant.
Tout ce qui est mythique dans ce roman a vraiment été détourné, n’attendez pas de retrouver vos repères. La réécriture est harmonieuse, les différentes mythologies qui prennent part au récit se mêlent plutôt bien. Cependant, j’ai pour ma part préféré me concentrer sur l’intrigue elle-même que sur le background, même si je reconnais volontiers que l’auteur a fait preuve de beaucoup d’inventivité.
Dans ce roman, l’Empire romain a perduré et continué de s’étendre, malgré une résistance parfois tenace et de nombreux ennemis. Arthorius, le personnage principal, est un Pacifieur impérial, en d’autres termes un médiateur neutre, bien que mandaté par l’Empire. Son travail est de désamorcer les conflits entre les Natifs du Nouveau Monde et l’Empire ou les négociants du Comptoir international. Par un concours de circonstances, il se retrouve chargé d’une mission périlleuse, autant dans son exécution que dans ses implications politiques et comprend vite qu’il est pris au piège dans un vrai panier de crabes et qu’il aura du mal à en sortir vivant.
C’est le point de départ de notre histoire, mais celle-ci est sous-tendue par de nombreuses ramifications. L’ensemble est cohérent, inventif et très plaisant à découvrir malgré quelques petits bémols, comme par exemple de trop nombreuses coquilles.
Les personnages sont de loin le point fort de ce récit. Si le trait est un peu forcé parfois, ils sont néanmoins attachants, intéressants à voir évoluer et dynamiques. Le duo Arthorius et Dom fonctionne bien. Si le Pacifieur apparaît comme pondéré et rusé, son comparse Satyre apporte quant à lui un peu de piquant, avec son caractère bien particulier.
La plume de Quetzalcoatl est un peu dans l’esprit de la série Jean-Philippe Lasser, détective des dieux pour ceux qui connaissent, mais en moins barré.
C’est drôle, entraînant, plein de retournements de situations, et s’ils sont quelquefois un peu faciles ils marchent quand même étrangement bien. On se demande parfois où on va et pourquoi tant de détours, mais c’est divertissant, comme devrait l’être tout bon roman d’aventures et ça reste aussi bien mené et savoureux que logique. Bien qu’il s’agisse d’un one-shot, la fin reste ouverte et j’ai trouvé ça très bien.
A la fin de l’ouvrage, vous trouverez en plus d’un lexique et d’une table de conversion de mesures, un petit texte dans lequel l’auteur explique ses choix toponymiques, ce qui en soi est une très bonne initiative.

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Une novella steampunk d’Olivier Gechter, publiée chez Céléphaïs.

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Le Baron Noir T1 - L'ombre du maître espion

Présentation de l’éditeur :
Paris, 1864. La vieille Seconde République est toujours dirigée par le Président Bonaparte. La France domine l’industrie dans tous les domaines : depuis le début du siècle, ses dirigeables sillonnent les cieux, ses transports ferroviaires véhiculent les marchandises de ses usines et de ses colonies dans toute l’Europe. Antoine Lefort, jeune magnat des transports et fabriquant d’armes, est un des artisans de cette puissance. Lorsqu’un de ses plans ultra-secrets est volé au nez et à la barbe des autorités, il décide de tendre un piège à ces espions, à la solde d’une puissance étrangère. L’aide d’Albert le majordome, du jeune Clément Ader et surtout celle du Baron Noir, un mystérieux justicier en armure, ne sera pas de trop.

L’ombre du maître espion est une novella plutôt courte, moins de 100 pages, néanmoins le texte est extrêmement dense. L’auteur parvient à développer ses personnages et à mettre en place son contexte historique tout en nous offrant un texte vraiment porté sur l’action. L’exercice est délicat et d’autant plus appréciable qu’il est réussi.
Cette uchronie steampunk se révèle parfaitement ciselée. On sent qu’elle a demandé un important travail de fond alors même que l’auteur n’abuse pas de cela dans l’écriture. Très souvent, quand un texte a demandé beaucoup de recherches, l’auteur se sent obligé d’en faire profiter le lecteur. Ce n’est pas toujours désagréable, mais ça alourdit le récit. Ce n’est pas le cas ici, tout cela reste en arrière-plan mais on sent vraiment que l’uchronie se développe sur des bases solides.
L’auteur s’est documenté, notamment sur l’aéronautique, sur l’évolution des avancées scientifiques, et il a réellement réfléchi ses choix. Il nous les explique brièvement dans sa très intéressante postface et j’ai vraiment hâte de lire la suite des aventures du Baron Noir pour voir se développer les possibilités de cette uchronie qui est une des meilleures que j’ai lues dernièrement.
Dans ce monde décalé Napoléon est mort à Austerlitz, certaines inventions sont en avance sur leur temps grâce à une manœuvre assez habile de l’auteur. Toutefois l’électricité et la chimie suivent leur développement normal. Le Baron Noir apparaît dans cette époque tel un super-héros qui rappelle un peu Batman et Iron Man, tout en étant, Dieu merci, moins torturé que ces deux-là… Le personnage est intéressant et l’idée d’un super-héros qui tient ses « pouvoirs » de la science dans ce contexte historique est pour le moins prometteuse.
Les personnages secondaires ne sont pas pour autant relégués dans l’ombre du Baron. Albert le majordome apporte une note d’humour à l’histoire et j’ai adoré voir Clément Ader, le « père de l’aviation, » être un personnage actif de cette novella et non un simple faire-valoir. Le méchant de l’histoire, véritable génie du crime, se révèle également plein de ressources, à la mesure de son adversaire. J’aurais vraiment aimé en apprendre plus à son sujet, mais j’espère bien qu’il aura sa place dans la suite.
J’ai passé un très agréable moment avec cette novella dont le seul défaut est qu’elle est trop courte. La fin est quelque peu frustrante car elle apporte son lot de questions qui seront autant de pistes prometteuses pour la suite de la série. Une chose est sûre, je me jetterai dessus dès sa sortie.

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