Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘ouvrages illustrés’

Un livre jeunesse écrit par Clémentine Ferry et illustré par Sanoe, publié aux éditions du Lumignon.

Vous pouvez consulter un extrait sur le site de l’éditeur.

*

Le-Bois-Sans-Dessus-Dessous

Présentation de l’éditeur :

À travers dix contes, les héros du Bois Sans Dessus Dessous nous emmènent dans des aventures gourmandes. Loirs, hérissons, grenouilles, chauve-souris : tous ont en commun le thé, qui sert de fil rouge à travers leurs différentes histoires.Ces petites contes initiatiques bien ciselés abordent des thèmes aussi variés que le vivre ensemble, la timidité ou encore l’acceptation de soi.

 

Le Bois sans dessus dessous est un très joli recueil d’histoires pour enfants en grand format, abondamment illustré.
Les contes animaliers ont toujours la côte. Cette ambiance campagnarde, fleurant la douceur de vivre, prônant des valeurs telles que l’amitié et la solidarité, a bercé mon enfance et sans doute la vôtre aussi. Le Bois sans dessus dessous est l’héritier de tous ces récits intemporels. Si vous avez grandi avec Pierre Lapin ou les personnages du Vent dans les saules, vous serez ravis de partager avec vos enfants cette délicieuse lecture qui les inspirera et éveillera en vous de bons souvenirs.
Plus que le lieu — aussi magique et charmant soit-il — c’est le thé qui se trouve au centre de tous ces contes et cela de façon plus ou moins directe. J’ai apprécié ce lien si improbable et l’inventivité dont a fait preuve l’autrice pour garder ce thème tout en se renouvelant à chaque fois. Qu’il s’agisse de la culture des théiers ou de l’heure du goûter, il y a toujours une bonne raison d‘aimer le thé.
Au fil des pages vous trouverez entre autres : un loir qui a le mal de l’air, une petite chouette qui veut devenir créatrice de thés, une chauve-souris timide et un blaireau à la vue déclinante. Si la plupart de ces histoires sont légères, comme celle de la petite souris cherchant le plus beau cadeau de mariage, d’autres sont douces-amères, comme celle des lapereaux perdant leur papa. Cela dit, le sujet est traité avec une grande délicatesse et passe un peu de baume sur les peines qu’il dépeint.
Les récits sont courts, juste la bonne longueur pour une histoire du soir. Cependant, ils seront tout autant appréciés par les enfants qui commencent à bien lire tous seuls. La police et le contraste sont parfaits pour eux.
Les illustrations sont magnifiques. Elles sont en noir et nuancées, façon crayonnés, ce qui ajoute à leur charme un peu old school. Elles fourmillent de détails et les enfants y passeront du temps avant d’en faire le tour. Le papier épais et de qualité leur rend parfaitement justice. J’apprécie qu’un tel soin soit apporté à un livre pour enfants.
La plupart des animaux présents dans ces contes ont des noms de plantes ou d’arbres que l’on retrouve en fin d’ouvrage sous forme d’herbier avec des dessins et une description. C’est une excellente idée, aussi ludique qu’instructive, et qui peut encourager les enfants un peu récalcitrants à la découverte de la botanique.
Le Bois sans dessus dessous est vraiment un très bel ouvrage à l’univers un peu fantasque et aux histoires pleines de douceur que je vous conseille chaleureusement.

*

Publicités

Read Full Post »

willow_hall_cecile_guillot_mina_m

Willow Hall… Les murs semblent me chuchoter des prières que je ne comprends pas… Les ombres s’allongent, chaque coin paraissant cacher quelque monstre à l’affut… Tout ici n’est que ténèbres et désespoir. La fillette dont je dois m’occuper reste plongée dans un silence indifférent. Elle est parfois entourée d’étranges papillons sortis de je ne sais où… créatures magnifiques mais qui m’arrachent à chaque fois un frisson involontaire.

Willow Hall est un superbe ouvrage relié, avec jaquette, issu de la collaboration de Cécile Guillot pour le texte et Mina M pour les illustrations.
Le récit nous est conté par le biais de lettres rédigées par Emily, jeune gouvernante fraîchement entrée au service de la famille Andrews. J’ai beaucoup apprécié cette narration épistolaire. La jeune femme écrit à son fiancé, agrémentant parfois son courrier de coupures de presse découvertes dans le grenier. En tâchant d’apprivoiser Lorena, l’enfant dont elle a la charge, elle découvre petit à petit le passé troublé de cette famille et n’a personne avec qui en discuter. Découvrir ses pensées au travers de sa correspondance permet de s’imprégner de l’intrigue, mais à distance, comme si on observait les événements du coin de l’œil. La subjectivité du personnage n’est pas dérangeante, au contraire elle prend part à l’atmosphère, lui conférant davantage de mystère. Pourtant l’étrangeté de Lorena pourrait facilement s’expliquer. Les tourments dans lesquels Emily se débat paraissent nimbés d’une certaine poésie quand elle s’égare à les conter.
La gouvernante, seule dans cette maison auprès d’une enfant qui ne communique pas, aurait-elle les nerfs qui lâchent ? Y a-t-il une malédiction qui pèse sur le manoir au saule pleureur ?
Les illustrations sont vraiment magnifiques. Elles apportent beaucoup au texte, complétant à merveille la brièveté des lettres. Elles happent le lecteur, lui font ressentir la froide épaisseur du brouillard, l’atmosphère oppressante du manoir, et entrevoir les personnages éthérés qui évoluent parmi les ombres.
Cet ouvrage m’a beaucoup plu et je le recommande à tous les amateurs de Gothique et de Fantastique à l’ancienne.

*

challenge-bulles-vignettes

Read Full Post »

Roman graphique.
Textes de Tiphaine Zanutto et illustrations de Diane Ozdamar.
Publié aux éditions du Chat Noir dans la collection Graphicat.

*

abyssia

Présentation de l’éditeur :
À une époque dominée par les technologies et les industries polluantes, les hommes détruisirent ce qu’il restait de la couche d‘ozone, gage de leur vie sur Terre. Contraints de coloniser un autre monde les abritant du rayonnement solaire meurtrier, ils trouvèrent leur salut dans les profondeurs marines.

Abyssia, cité encerclée par l’étrangeté aquatique, dernier bastion de l’humanité, se heurta à un peuple doué de conscience : les Nouveaux Atlantes.
Lui, presque homme, n’aurait, dans un monde normal, jamais dû ouvrir les yeux.
Il n’en fut pas ainsi.
Elle, si humaine, promise à une vie superlative, fut hélas condamnée à errer dans les abysses.
Comment Ernestine, créatrice funeste, scientifique funambule oscillant entre devoir et moralité, scellera-t-elle son destin et celui de Grim ?

Ce sont les illustrations qui m’ont décidée à m’offrir ce livre. J’achète rarement des ouvrages graphiques sans les voir auparavant, mais les éditions du Chat Noir ont mis en ligne une vidéo durant la période de précommandes. C’est comme cela que j’ai été ferrée et je ne le regrette pas, d’autant que j’ai eu une sublime dédicace.
L’ouvrage est superbe et toutes les illustrations magnifiques, à la hauteur de ce que j’en attendais (et je suis assez difficile). J’ai adoré les parcourir, en apprécier les détails et les couleurs… L’ambiance un brin steampunk m’a particulièrement plu. J’aurais pu craindre que l’histoire soit en reste face à un si bel écrin, mais il n’en est rien.
Les premières pages m’ont semblé un peu hésitantes, j’ai l’habitude que les scénarios de ce genre d’ouvrages soient plus concis et aillent droit au but. Je ne comprenais pas l’intérêt d’autant de personnages. Cela est venu petit à petit, créant une harmonie douce-amère dans ce reliquat de civilisation humaine, sous les eaux, en proie à une guerre qui affaiblit ses dernières ressources.
Il est étrange de découvrir une forme d’harmonie dans le désastre, mais ce fut le cas. J’ai trouvé de la beauté dans les mots, fragile et parfois effrayante.
L’histoire est belle et tragique, assez différente de ce que le résumé de l’éditeur m’en avait laissé supposer, mais je m’attarde en général peu sur les résumés, préférant garder la magie de la découverte. Je vous encourage à faire de même, au moins pour ce livre-ci.
Le personnage d’Ernestine, complexe et torturé, m’a émue. J’ai accompagné durant quelques pages son évolution dans ce monde hostile, j’ai vu croître l’opposition entre sa conscience et ce qu’elle pensait être nécessaire pour sauver son peuple. J’ai vu poindre l’issue inévitable et pourtant je m’interrogeais toujours.
Abyssia est un très bel ouvrage, dans le fond comme la forme, ce fut un plaisir de le lire et l’admirer.

Je me dois de préciser qu’il manque une page de texte à cette première édition. Elle a été ajoutée sous forme de feuillet, avec une jolie mise en page pour compenser.

Read Full Post »

Un artbook d’Alexandra V. Bach (illustrations) et Arnaud Armant (textes), publié aux éditions du Chat Noir.

*

Requiem

Dans son paradisiaque Elyseum, la Princesse Céleste vit un amour passionné avec le Seigneur des Lumières. Mais la déesse de la Discorde, jalouse de leur félicité, vient semer le chaos et la destruction, allant jusqu’à tuer le monarque de ce paisible royaume.
Céleste décide alors de se rendre dans l’Outremonde pour ramener son bien-aimé à la vie, sans la moindre idée des épreuves qu’elle devra traverser.
La puissance des liens qui les unit sera-t-il plus fort que le Destin ?
Découvrez une variation de la romance orphéenne dont les accents mythologiques se marient à un univers gothique sublimé par les illustrations d’Alexandra V. Bach.

On a tous nos thèmes fétiches, nos petites fixations littéraires, et parmi les miennes, il y a la descente, ou plus simplement le voyage, aux pays des morts. Quelle que soit la raison initiale, mais également le résultat de l’aventure, c’est le cheminement lui-même et ses multiples implications qui m’intéressent. Pour cela et pour sa très belle couverture, j’ai été attirée par Requiem.
Les illustrations, à base de photos retouchées, ne sont finalement pas du tout mon genre et ne m’ont donc pas emballée plus que ça, mais elles sont toutefois harmonieuses, réalisées avec soin et finesse. Aimer ou pas est plus une question de goût que de qualité. La balade esthétique fut agréable, mais ne me marquera pas.
J’ai apprécié le soin apporté à la lisibilité de l’ouvrage, détail souvent négligé dans les artbooks. L’écriture blanche ressort bien, avec suffisamment de contraste. Elle ne se fond jamais dans le décor au point de devenir indéchiffrable. Quand on a des soucis de vision, c’est quelque chose qu’on remarque et apprécie.
Un artbook est en général plus une collection d’illustrations qu’autre chose et, si histoire il y a pour l’accompagner, elle n’est souvent qu’un prétexte pour montrer des images. Ce n’est pas le cas pour Requiem qui allie parfaitement textes et illustrations, afin de créer un équilibre entre les deux.
C’est le récit qui a le plus retenu mon attention, toujours une affaire de goûts. Je l’ai trouvé très manichéen au départ et l’écriture, un brin affectée, m’a laissée un peu perplexe. J’appréciais, cependant sa dimension courtoise qui rappelle, bien qu’en léger écho, les textes médiévaux.
A ma grande joie, l’histoire gagne en subtilité à mesure que l’on s’enfonce dans l’Outremonde avec Céleste, à la recherche de son bonheur enfui. Les choix de l’auteur m’ont parlé et j’ai finalement aimé cette lecture.
Requiem est un bel objet, illustrations travaillées assorties d’une histoire sombre mais qui ne manque pas de profondeur, malgré un petit côté manichéen.

Read Full Post »

Un ouvrage de Jean-Jacques Andreani, publié chez Albiana.

Corse, l'île des fées

Quatrième de couverture :
De la fée d’Ulmetu à l’enchantement de l’aigle… Elles sont douze les gracieuses fées de Corse qui invitent chacun à écouter leur histoire, souvent mystérieuse, aujourd’hui presque oubliée. Elles enchantent les rivières, les forêts, les montagnes et sont les gardiennes multiséculaires de la Nature. Rares sont ceux qui ont pu les rencontrer et connaître les bienfaits de leurs pouvoirs. Il ne faut pourtant pas grand-chose pour les voir… ouvrir grand ses yeux et ses oreilles et marcher à pas de loup. Elles en auront, alors, des histoires à vous raconter ! L’île et les territoires de l’imaginaire… La Corse est le berceau de traditions orales vivaces mettant en scène fées, ogres et autres personnages fantastiques. Originellement destinés à approcher par la parabole littéraire les secrets du monde, ces contes et légendes ouvrent les yeux sur l’indicible et le caché. Le présent ouvrage se propose de réinstaller ces personnages (les fées en l’occurrence) dans leurs lieux d’origines (vallée, rivière, etc.) et d’inviter les lecteurs à découvrir grâce à eux une Corse intime, vivante, réenchantée. Chaque conte est ainsi accompagné d’une description de la région et d’une carte. Il est donc en définitive un guide dont le fil rouge est la vie des fées de l’île.

Corse, l’île des fées est un recueil de contes au format un peu atypique. Il est aussi haut qu’une bande dessinée, mais sa largeur est à peu près équivalente à celle d’un grand format classique. Cela en fait un livre étroit et ne facilite pas la lecture. C’est toutefois un bel ouvrage, richement illustré par des photos, des dessins, des peintures, que ce soit en pleine page ou dans les marges.
Cet album d’une centaine de pages commence par un texte introductif qui nous présente les fées et la manière dont elles sont perçues en Corse. Agrémenté de citations issues de textes de référence, ce chapitre ne manque pas d’intérêt et éveille la curiosité du lecteur.
Viennent ensuite les contes. Enfin, je devrais plutôt dire les légendes, car elles sont rattachées à des lieux particuliers. Toutes sont écrites en français, sauf le premier texte qui est présent dans les deux langues. J’imagine que c’est parce que ce récit provient de la région de l’auteur et qu’il a dû vouloir l’inclure tel qu’on le lui racontait enfant.
Comme l’explique l’introduction, les légendes naissent souvent dans des lieux remarquables, aussi les fées leurs sont souvent associées. Sources, lacs, grottes ou fontaines font partie intégrante de ces histoires. Pour enrichir cet aspect, chaque conte est suivi d’un chapitre intitulé Promenade, nous présentant le décor de chaque histoire et ce qu’il y a à voir alentour, pour les rêveurs qui ont envie de partir sur les traces des fées corses ou simplement les curieux qui voudraient mieux connaître quelques lieux insolites et de beaux paysages, avec un peu d’histoire et de culture distillés au passage.
L’auteur y évoque par exemple la façon dont la glace était conservée et vendue, les eaux thermales, les chauves-souris, la récolte du liège et tant d’autres anecdotes ou spécificités relatives à la Corse. Evidemment celui qui s’intéresse à ces sujets devra chercher plus loin, mais l’entrée en matière, par le biais de la légende, est plutôt bonne.
Certains contes ont des traits communs. La fée étant associée à l’eau, on retrouve souvent une problématique liée à la sècheresse, mais ça n’empêche pas ces récits d’avoir leur part d’originalité et d’être plaisants à lire. J’en connaissais déjà une bonne partie, mais j’en ai découverts certains avec plaisir.
C’est un ouvrage fort bien construit, en plus d’être beau, et j’attends avec impatience celui qui portera sur les ogres.
A conseiller ou offrir aux amateurs de contes et de voyages, puis, évidemment, aux enfants qui apprécient toujours les contes.

Vous pouvez voir quelques pages pour vous faire une idée.

Read Full Post »