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Posts Tagged ‘roman graphique’

Une version graphique de la nouvelle éponyme de Neil Gaiman, adaptée par Fábio Moon et Gabriel Ba.
L’édition reliée, dont il est question ici, a été publiée simultanément chez Headline (UK) et Dark Horse (USA).

 

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Présentation de l’éditeur :

How to Talk to Girls at Parties by Sunday Times bestselling writer Neil Gaiman is a graphic novel with extraordinary artwork by the Eisner Award-winning duo Fábio Moon and Gabriel Bá. Soon to be a feature film starring Nicole Kidman, this adaptation is ‘a quirky delight’ (Audrey Niffenegger) and will appeal to fans of Alan Moore, Dave McKean and beyond.

ENN is a fifteen-year-old boy who just doesn’t understand girls, while his friend Vic seems to have them all figured out. Both teenagers are in for the shock of their young lives, however, when they crash a local party only to discover that the girls there are far, far more than they appear!

From the Locus Award-winning short story by Neil Gaiman, one of the most celebrated authors of our time, and adapted in vibrant ink-and-watercolour illustrations by the Daytripper duo of brothers Fábio Moon and Gabriel Bá, this original graphic novel is not to be missed!

Vous pouvez lire ou écouter la nouvelle en V.O. sur le blog de Neil Gaiman. Si vous préférez la version papier, elle est disponible dans le recueil Fragile Things et en français dans sa traduction : Des Choses fragiles paru aux éditions Au Diable Vauvert (chez J’ai lu pour le poche).
Qu’il s’agisse de la nouvelle ou de la BD, le vocabulaire de la version originale est facilement accessible, mais c’est un récit tout en nuances et doubles sens, donc à vous de voir.
J’aime énormément ce texte, c’est du très bon fantastique. L’altérité, la difficulté de grandir et de se confronter aux autres ainsi que l’accomplissement personnel, entre autres thèmes, y sont évoqués avec sensibilité et poésie. Les propos sibyllins des jeunes filles constituent une grande partie de la grâce fragile qui émane de cette histoire.
Ce récit possède plusieurs niveaux de lecture, tout aussi subtiles les uns que les autres. On peut lui trouver une explication tout à fait rationnelle, ou pas… C’est ce qui fait sa magie.
Dans cette nouvelle, on rencontre deux ados de quinze ans, Vic le séducteur et son copain Enn, plus timide, qui est également le narrateur. Ils sont censés se rendre à une fête, mais Vic a oublié le plan. Ils entendent de la musique et sonnent à une porte, mais sont-ils vraiment au bon endroit ?
Pendant que Vic jette son dévolu sur la plus belle fille de la soirée, Enn cherche à résoudre ce mystère qu’est pour lui la gent féminine et va de rencontre en surprise…
La BD m’a autant séduite que la nouvelle. Brillamment adaptée, elle est restée très fidèle au texte d’origine. L’ambiance m’a beaucoup plu. Tout était tel que je l’avais imaginé lors de ma première lecture. Le style graphique est cohérent, coloré, très agréable à regarder. Seul bémol à mon sens, les deux garçons ont l’air plus âgé qu’ils ne le devraient.
J’ai redécouvert cette histoire avec grand plaisir. Les illustrations sont un vrai plus alors, même si vous connaissez déjà la nouvelle, ne vous en privez pas. Cette adaptation est une très belle réussite !

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Une BD d’Olivia Vieweg publiée chez EP média.

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Présentation de l’éditeur :

Un roman graphique sarcastique et surprenant sur le harcèlement à l’école. La révélation de la jeune artiste allemande Olivia Vieweg et de son style naturel et dépouillé.

Antoinette doit y retourner une fois encore.
Retourner dans son village natal.
Retourner dans l’ombre des forêts et des maisons à colombages.
Retourner sur les lieux de ses tourments et humiliations.
Une dernière fois…
Retourner en enfer.

Antoinette semble avoir bien réussi sa vie. Elle habite à Los Angeles, travaille pour une agence de publicité en vogue, a épousé un acteur populaire… Alors pourquoi ment-elle à tout le monde sur sa nationalité ? Et surtout pourquoi sa manie de regarder sur le net les images de son village natal vire-t-elle à l’obsession ?
Elle s’est juré de ne jamais retourner en Allemagne, cependant il est temps pour elle d’affronter son passé et d’exorciser de vieux fantômes.
Cette bande-dessinée traite d’un sujet délicat et d’actualité : le harcèlement scolaire. Des années après les faits, et malgré sa réussite sociale, les blessures d’Antoinette ne sont pas cicatrisées. Elle revient sur son parcours et les souvenirs se superposent au présent pour raviver le dérangeant contraste entre les deux. Les anciens bourreaux de la jeune femme semblent des gens tout à fait banals, ils ont à peine conscience de ce qu’ils lui ont fait. Depuis longtemps, les faits se sont atténués dans leur esprit et ils se sont trouvé des excuses. Comme si de rien n’était, ils l’accueillent à bras ouverts, comme une vieille amie. Après tout, n’est-elle pas devenue quelqu’un qu’on pavoise de connaître ? Leur attitude est glaçante et Antoinette semble pétrifiée par ce contraste…
Cela crée une atmosphère des plus bizarres. On ressent le malaise de la jeune femme, on voit combien elle a souffert. On voudrait qu’elle se rebelle… Mais plus les pages défilent, plus on se rend compte qu’elle est quand même un peu louche… Je ne savais plus trop où j’allais alors que je découvrais, stupéfaite, l’étendue des dégâts et leurs conséquences.
Il y a une large part de fantasme dans ce récit. Qui, ayant été malmené durant l’enfance par ses camarades, n’a pas rêvé d’une réussite éclatante qui leur clouerait le bec ? Qui n’a pas rêvé de se venger également… Et jusqu’où peut-on aller pour se sauver et oublier ? On peut interpréter les choses de manières très différentes et la façon de traiter le sujet n’y est pas étrangère. Je n’ai pu m’empêcher de songer à une légende allemande très connue et de voir un peu de fantastique dans cette histoire. Mais rien n’est certain et j’avoue que cela me plaît.
J’ai aussi été séduite par le graphisme. Au départ, c’est la couverture qui m’a attirée. Une belle illustration, très colorée, avec des coquelicots et cette vision, comme un reflet sépia, superposé devant les yeux du personnage… Par contre, j’ai été surprise quand j’ai zieuté les planches. La colorisation est très différente. Du noir, du blanc, du jaune et des myriades de tons ocrés. Cela rappelle parfois cet aspect sépia que j’aime bien, propre aux souvenirs, mais les couleurs sont vraiment très particulières, un peu nauséeuses en fait. Elles évoquent autant le passé que le mal-être.
Le retour d’Antonette se lit très vite. La BD fait environ 80 pages et il y a peu de texte. Ceci dit, j’ai passé un excellent moment avec cet album. Outre la façon dont l’auteur a travaillé son sujet, j’ai apprécié l’ambiance, bien qu’elle soit un peu glauque. L’ambiguïté des dernières planches a achevé de me convaincre. Cette BD est vraiment particulière, dans le fond comme la forme, cela la rend fascinante.

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