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Cinq pas sous terre est un feuilleton numérique en cinq épisodes (un par mois depuis avril,) écrit par Vanessa Terral et publié par les éditions du Petit Caveau.

La présentation de l’éditeur et mon billet sur le premier chapitre sont par-là.
Le billet sur le deuxième chapitre suit ici
Le billet sur le troisième chapitre est quant à lui par-là.

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La bonne nouvelle, c’est que Cinq pas sous terre va sortir en version papier vers la fin de l’année. C’est bien pour ceux qui sont réfractaires au numérique, mais aussi parce que c’est une chouette histoire et qu’elle le mérite. Pour fêter ça, l’auteur vous invite à voter pour choisir le sujet de la nouvelle bonus qui accompagnera la version papier. C’est sympa, n’est-ce pas ?
Vous pouvez voter jusqu’au 7 juillet et c’est par ici.

Enfin, en attendant, revenons à l’épisode 4.

Alors que l’épisode précédent a vu une partie de l’histoire de Jabirah s’éclaircir, pour le plus grand plaisir de la lectrice frustrée que je suis, le quatrième, quant à lui, change de cible pour rééquilibrer un peu la donne.
Ce chapitre est centré sur Muriel qui, à son tour, se dévoile, mais tout en gardant un peu de distance avec le lecteur grâce à une écriture à la troisième personne. Jabirah, quant à elle, nous contait les événements de manière plus intime dans les épisodes précédents, en s’exprimant à la première personne, en ne nous cachant rien de ses angoisses et coups de colère. Ce que nous ne savions pas, elle l’ignorait de même, alors que Muriel dissimule volontairement sa personnalité, ses motivations et ses buts. Pour quelle raison ? Vous le saurez en lisant ce chapitre.
Le récit est ici empreint de pudeur, il distille de quoi générer de l’empathie sans trop en faire et c’est ce que j’ai apprécié. La novella, qui plus est sous forme de feuilleton, tend toujours à grossir le trait quant au caractère des personnages et si on ne peut nier que ceux de Cinq pas sous terre n’échappent pas à la règle, l’auteur essaie au moins de colorer leur personnalité d’un peu de nuance. Ainsi le lecteur découvre, ou refuse de comprendre, une autre Muriel qui, tout en étant tellement opposée à Jabirah par certains points, lui ressemble aussi. Le parallèle entre les deux jeunes femmes est frappant, mais lui aussi nuancé. Il donne à réfléchir.
Depuis le premier épisode, je me demande ce qui se cache vraiment sous la froideur de cette très antipathique jeune femme. Celle-ci peut en effet se montrer adorable avec les esprits de son jardin, mais détestable avec… n’importe qui d’autre. En plus d’avoir un sens des priorités plus que personnel, elle est plutôt fuyante et n’a clairement pas la force de caractère de Jabirah. Ses maladresses n’ont eu de cesse de m’étonner, mais elles se comprennent aisément par la suite. Évidemment, on a tous deviné que Muriel a une histoire, qu’elle n’est pas simplement un mur d’indifférence et de détermination, et je n’ai pas été plus surprise que cela de l’apprendre. Découvrir ce qui a amené l’engeôleuse à ce qu’elle est à ce jour faisait clairement partie des promesses de ce récit et ça ne manque pas d’intérêt. Néanmoins, je suis restée un peu à l’écart.
Ce n’est pas un secret, ma préférence va malgré tout à Jabirah, son acolyte ne m’étant pas le moins du monde sympathique, malgré toutes les justifications qui peuvent être fournies à ses actes. Et de Jabirah il n’est que peu question dans ce chapitre, malheureusement. Ne reste plus qu’à attendre la fin, qui se devine prometteuse.

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De Vanessa Terral, uniquement paru au format numérique dans la toute nouvelle collection e-courts des éditions Voy’[El]
Il s’agit d’un petit ouvrage constitué de deux nouvelles, Les vagues de Clamatlice et Saison de pluie sur Clamatlice.

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Clamatlice, un monde bien loin de notre Terre, surprend les voyageurs par ses plages de sable vert, ses deux lunes, sa végétation singulière et son surnom : la Planète aux Mille Pensées. Les premiers colons évoquent parfois, à mi-voix, des créatures gigantesques et une nature guidée par une forme de conscience. Bien entendu, les nouveaux arrivés – tel Noota, un jeune surfeur – ne croient pas à ces superstitions…
Jusqu’à ce que Clamatlice murmure à leur esprit.

Ce sont donc deux textes de planet opera qui inaugurent la collection e-court. Pour ceux qui ne sauraient pas de quoi il s’agit, le planet op est un sous-genre de la science-fiction dans lequel l’auteur nous emmène à la découverte d’une planète via le regard et l’expérience de personnages qui l’explorent. Clamatlice, la planète aux mille pensées, ne nous est pas entièrement dévoilée pour autant. Il s’agit de nouvelles, après tout, et elles sont plus axées sur la quête identitaire de leurs personnages ; même si celle-ci est, plus qu’ailleurs, liée à leur environnement et à la découverte de celui-ci, de ce qui, en lui, leur ressemble.
Dans le premier récit, Noota, un adolescent qui vient tout juste d’arriver sur la planète aux mille pensées, cherche sa place dans ce nouveau monde. Sur cette planète qu’il n’a pas encore apprivoisée, ses habitudes se voient en quelque sorte décalées par un environnement qui est familier sans l’être. Lui qui est un surfeur voit ses techniques complètement inutiles sur les mers de Clamatlice. En essayant de s’intégrer, il va trouver bien plus que ce qu’il cherchait au départ…
Dans le second texte, Luccine, une petite fille malmenée par les autres enfants et délaissée par les adultes, est amenée à faire un choix, peut-être encore plus difficile que celui de Noota. Ce texte-ci est doux-amer comparé au premier, mais également plus poignant.
Sur Clamatlice, votre nature pourrait vous apparaître d’une bien étrange façon… Je ne vous dévoilerai pas le principe, mais il m’a vraiment plu, d’autant qu’il est traité avec sensibilité et poésie. Si le style de l’auteur est toujours aussi plaisant que ce à quoi elle nous a habitués, sa façon de raconter s’adapte néanmoins aux événements. Dans la première nouvelle, la fluidité du récit dépend de la façon dont Noota parvient ou non à s’adapter aux caprices de l’océan. Dans le second, le récit se fait plus hésitant, comme Luccine, tournoyant en spirale il revient sur certains points, s’éloigne encore, revient toujours… C’est fait avec délicatesse, si bien qu’on pourrait presque passer à côté de ces détails. Cependant, si on n’en prend pas forcément conscience, on le ressent à la lecture. Cela fait partie de l’harmonie qui se dégage de ces textes, dans le fond comme dans la forme.
Ces nouvelles évoquent la différence, mais aussi l’appartenance à un groupe, à un monde, elles parlent de ce qui est en soi et que l’on choisit d’écouter ou de réprimer, pour soi-même ou pour les autres. J’ai aimé ces deux histoires pour ce qu’elles ont de terriblement humain. Et si la cynique que je suis est un peu dubitative face à tant de bienveillance, je me dis quand même : pourquoi pas ? C’est, après tout, la meilleure manière qu’a pu trouver la nature de cette planète pour éduquer l’humain. Et même si je trouve que ces deux jeunes gens s’en sortent plutôt bien au final, il ne leur en a pas fallu moins de courage. C’est bien aussi de montrer qu’il est parfois récompensé. L’ambiance est douce, mais tout n’est pas forcément rose et les choix des personnages ne sont pas aisés ni une fin en soi.
Ce sont deux très beaux textes, qui, à leur manière, sont plus riches en émotions qu’en action. C’est le second récit qui m’a le plus touchée car, émotionnellement parlant, c’est une histoire qui sonne terriblement vrai.
Je vous invite donc à découvrir ce qui se cache sur Clamatlice, au-delà de ses plages de sable vert et de ses routes pavées.

Pour finir, j’aimerais vous parler de l’initiative de l’auteur que je trouve particulièrement intéressante. En effet, Vanessa Terral propose à ses lecteurs d’écrire des textes portant sur l’univers de Clamatlice, de partager avec elle cette planète riche de possibilités. Les éditions Voy’[El] lancent donc un appel à textes permanent dans leur collection e-courts.
Mais, au-delà de la possibilité de publication elle-même, c’est cette notion de partage qui me touche car je la trouve aussi généreuse qu’enthousiasmante.

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Cinq pas sous terre est un feuilleton numérique en cinq épisodes (un par mois depuis avril,) écrit par Vanessa Terral et publié par les éditions du Petit Caveau.

La présentation de l’éditeur et mon billet sur le premier chapitre sont par-là.
Le billet sur le deuxième chapitre suit ici.

Pas de spoiler en vue, vous pouvez y aller.

Nous voici enfin arrivés au troisième chapitre, le pivot de cette histoire qui en contiendra cinq. J’attendais donc beaucoup de cet épisode-clé à propos duquel je n’ai cessé de conjecturer durant ce dernier mois. J’avais d’autant plus hâte de le lire que le deuxième se terminait dans un suspense de folie et, autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas été déçue.
Si le récit prend, à ma grande joie, des tours plus surprenants que tous ceux que j’avais pu imaginer, nous n’en obtenons pas moins notre lot de réponses, en même temps que Jabirah. Il faut dire que la pauvre commençait sûrement à saturer à force de tâtonner à l’aveugle dans son nouvel univers et de se ramasser de violentes remises à niveau sur le coin de la gueule dès qu’elle pensait se dépatouiller un peu de ses soucis.
Le plus gros de la trame est posé, donc, mais le lecteur, à l’égal de la narratrice, a bien conscience qu’il va encore au-devant de quelques révélations et au moins autant de rebondissements. C’est ce qui fait un bon roman-feuilleton, n’est-ce pas ? Mais c’est aussi ce qui rend interminable l’attente entre les parutions…
J’ai beaucoup apprécié cet épisode un peu plus calme, mais plus riche en informations. Et puis j’ai été séduite par cette incursion dans le monde des esprits qui parle forcément à quelqu’un qui a grandi au pays des mazzeri ou, plus largement, qui s’intéresse au chamanisme. C’est à ce genre de choses qu’on voit qu’une histoire n’a pas été écrite par hasard et que l’auteur accorde vraiment beaucoup d’importance au fond mythologique et culturel qu’elle utilise. C’est un trait que je recherche dans mes lectures, pas uniquement parce qu’il apporte de la vraisemblance bien que ce soit un plus non négligeable, mais parce qu’il amène aussi à l’intrigue ce petit quelque chose de particulier, à moitié part de la personnalité de l’auteur, à moitié écho mythique, qui en fait un récit que l’on perçoit à plusieurs niveaux et qui a quelque chose à nous enseigner.
Encore une fois, la fin est frustrante et je n’ai réalisé qu’aux dernières lignes que j’étais en train de l’atteindre…

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Un recueil de dix nouvelles et un poème de Vanessa Terral.

Vous pouvez vous le procurer sur le site The Book Edition en version papier ou en numérique version epub, soit auprès de l’auteur (voir les modalités sur son site), soit sur lulu.com. Il est également disponible en version kindle chez qui vous savez…

Je vous invite également à vous rendre sur cette page pour admirer certaines des illustrations qui se trouvent dans l’ouvrage et lire la présentation qu’en fait son auteur.

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On les appelle parfois les « habitants de la Nuit ». Ils errent dans ces heures incertaines où l’humain n’est plus très sûr de ce qu’il voit. À la lisière de notre monde et de nos perceptions, leurs pas claquent sur le bitume en écho aux légendes urbaines et aux puissances oubliées.

À travers onze nouvelles, Vanessa Terral nous emmène sur la piste nocturne de ces créatures funestes et fascinantes. Puissiez-vous approcher vampires, fantômes et gardien des morts sans que votre âme ne soit assombrie par leurs tourments…

* Chaque nouvelle est accompagnée d’une ou plusieurs illustrations en noir et blanc. *

Sommaire

Nouvelles disparates

  • Mystères
  • Cet homme dans l’ombre du cyprès…
  • La Fontaine des Innocents
  • Red Cloud
  • Et si un chat…

Manu Sarmans, chroniques vampiriques

  • Dans un bar, récit d’une trahison
  • Ecce Homo
  • Juste un essai…
  • L’Ultime Tour de la Sainte
  • Les Aventuriers de l’Ordre du Temple, en collaboration avec Arnaud Terral

Poème

  • La Morsure froide

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Mon avis :

Ainsi commence la nuit est un recueil de nouvelles d’environ 160 pages qu’on peut diviser en deux parties. La première est composée de nouvelles indépendantes qui oscillent entre le fantastique et la fantasy urbaine. La seconde, quant à elle, regroupe les nouvelles constituant le cycle consacré à Manu Sarmans, vampire de son état. A cela s’ajoute un poème narratif qui peut être rattaché à la seconde partie.
Vanessa Terral a choisi de rééditer elle-même dans cet ouvrage des nouvelles qui avaient été au préalable publiées dans des fanzines et n’étaient à ce jour plus disponibles. Une seule, Red Cloud, est inédite.
L’objet-livre en lui-même est superbe. La texture de la couverture, ses illustrations et leurs couleurs m’ont séduite. Cependant, les illustrations qui jalonnent le texte sont aussi une part non négligeable du charme qui se dégage de cet ouvrage et apportent un vrai plus aux histoires qui y sont consignées.
C’est un très beau recueil, dans le fond comme dans la forme.

Pour commencer, parlons un peu des nouvelles qui composent la première partie.
Je les évoquerai une à une en tâchant de ne pas spoiler.

Mystère.
Celle-ci avait de quoi me mettre mal à l’aise. La mention seule d’un asile suffit à m’oppresser. Je suis un rien claustrophobe et c’est pour moi le summum de l’enfermement. Pour augmenter le malaise, ajoutons à cela les violences que subit le personnage principal et le compte est bon. Même si j’ai lu pire, je ne me ferai jamais à ce genre de choses, ce qui est pour moi un signe de bonne santé mentale.
C’est une nouvelle assez courte et Carmilla, oui c’est bien le nom de notre personnage central, prend toute la place, amenant cette sensation de malaise sur un autre plan. Cette femme elle-même suinte la « glauquitude », même si elle est, à sa façon, assez impressionnante. Bizarrement cela rééquilibre le tout.
Cette Carmilla est un archétype, voire plusieurs à la fois, mais présenté de la bonne manière, avec une symbolique riche. Il y a plusieurs pistes à explorer. Son nom est évocateur, bien sûr, et cela fait partie des pistes en question. Je n’ai pu m’empêcher de songer tout du long à l’autre Carmilla, la « vraie, la seule, l’unique ». Il faut dire que j’ai une affection particulière pour cette dernière. Que je choisisse de voir la nouvelle de Le Fanu sous l’angle réaliste ou fantastique, je ressens envers elle une certaine empathie.
Ce n’est pas forcément le cas pour la Carmilla de Mystère, mais c’est un personnage indéniablement fascinant, surtout quand on considère tout ce qui la rapproche d’antiques déesses.

Cet homme dans l’ombre du cyprès…
Ce texte nous plonge dans une ambiance un peu particulière, mélange de tiédeur crépusculaire et d’insouciance juvénile. La narratrice, dans son envie de croire au surnaturel et la confiance qu’elle accorde si facilement aux autres en est même touchante.
Dans cette nouvelle, une bande de jeunes gens est en vacances en Grèce, plus précisément dans l’île de Cythère. Bien que je sois passionnée de mythologie, c’est à Brassens, qui l’a beaucoup chantée, que je dois d’avoir appris l’histoire mythique de l’île. Vous connaissez sûrement le mythe de Gaïa et Ouranos, pas besoin de vous le répéter. Mais quand Cronos émascula son père, les organes génitaux de celui-ci tombèrent dans la mer et se transformèrent en île. Ainsi naquit Cythère selon la cartographie mythique.
Brassens en faisait une métaphore du sexe et Cythère est restée pour moi l’image d’un lieu propice aux passions, comme c’est le cas dans cette nouvelle. Or, que serait Eros sans Thanatos ?
Je me vois mal en dire plus sans spoiler davantage. C’est une nouvelle à découvrir, agréable à lire, bien écrite et surtout originale, mais, seul bémol, les événements sont un peu rapides pour moi.

La Fontaine des Innocents.
C’est peu de dire que ce récit m’a plu. Je l’ai adoré. Peut-être en grande partie parce que j’aime le fantastique et les ambiances un peu oniriques, mais aussi parce que j’ai apprécié le personnage d’Isabelle. Une jeune fille qui n’aime pas se mêler aux gens de son âge et qui préfère lire dans son coin ça me parle, évidemment. Elle n’est cependant pas si asociale que ça, il suffit de l’apprivoiser.
J’ai surtout apprécié la morale de l’histoire, si tant est que l’on puisse appeler cela une morale. J’aime les textes qui nous poussent à voir au-delà des apparences, à découvrir ce qui est caché, comme le fait celui-ci.
Il m’a laissé un excellent souvenir de lecture qui, je pense, sera durable.

Red Cloud.
Les écrits de Vanessa Terral sont souvent liés à des légendes ou des mythes. C’est un des aspects que j’apprécie le plus dans son inspiration. Néanmoins, je n’en ai pas vus dans Red Cloud, ce qui ne signifie pas forcément non plus qu’il n’y en a pas. D’une certaine façon, ça m’a surprise, mais ça ne m’a pas empêchée d’apprécier cette nouvelle pleinement ancrée dans la fantasy urbaine. Il est très plaisant de découvrir une autre facette de l’inspiration d’un auteur qu’on apprécie.
Dans Red Cloud, un vampire qui s’est conformé toute sa vie à l’image que l’on a de lui à cause de son apparence commence à voir les choses autrement grâce à son don et ses… fréquentations.
C’est une nouvelle très bien écrite. Le style s’adaptant au personnage, j’ai particulièrement apprécié la gouaille de son narrateur. L’histoire est également surprenante par les tours particuliers qu’elle prend. Je n’ai regretté qu’une chose : sa fin un peu abrupte. Je voulais en savoir plus ! Mais c’est le cas pour toute bonne nouvelle qui se respecte…
Celle-ci est définitivement l’une de mes préférées.

Et si un chat…
Chasse nocturne à travers les rues de Paris. Un chat, mais est-ce vraiment un chat ? Et sa proie, mais quelle proie ? Se livrent un duel acharné. L’un pour se sauver et l’autre pour… vous verrez bien.
Sur le moment j’ai pensé que cette nouvelle ne me laisserait pas un souvenir impérissable. Bien écrite, suspense maintenu jusqu’à la fin, mais bon, je n’y trouvais pas vraiment de quoi éveiller et maintenir mon intérêt, même si j’aime les chats et que la traque est parfaitement rendue, jusqu’à devenir oppressante.
C’est dans la seconde partie que s’est révélé toute l’importance de ce texte, car il se déroule dans le même univers que les aventures de Manu. Le fait de le voir s’inscrire dans la continuité plus complexe d’un cycle de nouvelles, même s’il est un peu à part, me l’a fait percevoir autrement et apprécier à sa juste valeur.

Emmanuelle Sarmans.

Après les nouvelles indépendantes, Vanessa Terral nous propose un cycle, ce qui n’est pas pour me déplaire. Je ne sais pas si les nouvelles auraient eu la même portée individuellement, je n’ai pas réussi à les envisager autrement que comme un roman fragmenté et c’est tout aussi bien. J’ai adoré cette seconde partie. Il a été très frustrant de ne pas pouvoir lire toutes les textes à la suite, car nous avions décidé avec Nairo, ma co-lectrice, de ne lire qu’une nouvelle par jour.

Cette seconde partie débute par une courte présentation, avec un lexique et un arbre généalogique comportant des portraits des membres de la lignée de Manu. Le tout nous permet de nous immerger tout de suite dans son univers, ce qui est très appréciable.
Pour ceux qui détestent interrompre leur lecture, il n’y a guère besoin de se référer sans cesse au lexique tant les termes sont habituels pour qui est amateur de lectures vampiriques. Je pense qu’il est surtout là pour la forme, les néophytes et pour nous faire entrer plus vite dans le bain.

Ce cycle de fantasy urbaine m’a réellement emballée. Le fait que je me sois très vite attachée à Manu y est sans doute pour beaucoup. C’est un personnage très intéressant et plus j’ai appris à la connaitre, plus je me suis rendue compte de la richesse de son histoire personnelle. J’aime beaucoup les personnages si travaillés qu’ils en paraissent vivants et c’est le cas pour elle. J’ai apprécié de découvrir sa vie petit à petit et pas forcément de façon linéaire, même s’il reste encore beaucoup à découvrir.
Pour une vampire, Manu est très humaine. Elle cherche sa place dans le monde, une façon de vivre qui serait en accord avec ses principes et qui lui offrirait une certaine stabilité. Elle a son petit caractère, est un peu peste sur les bords, une éternelle gamine qui ne vieillira ni ne changera plus, mais elle a ce côté protecteur et tendre de la grande sœur qui la rend très attachante.
Manu a besoin des autres, de sa meute, mais ses liens avec elle sont brisés d’une certaine façon et elle en souffre. Il vous faudra lire son histoire pour en savoir plus, mais si vous obtiendrez ainsi la grande majorité des réponses, il se pourrait que, comme moi, vous regrettiez de n’avoir pas passé plus de temps avec elle. J’aurais aussi aimé connaître mieux ses ascendants et descendants.
Sur toutes les nouvelles qui composent son histoire, une seule est écrite à la première personne, dans un style qui s’adapte parfaitement à Manu et nous permet de mieux cerner le personnage, sa façon de penser et sa personnalité, mais aussi sa quête personnelle, ses envies et ses angoisses. Ce n’est pourtant pas ma nouvelle préférée, même si c’est un pivot du cycle.
Comme je l’ai déjà précisé, l’histoire n’est pas linéaire et nous balade selon les désirs de l’auteur. On entre dans l’univers de Manu par un récit qui effleure à peine sa vie et on termine avec une nouvelle qui nous la montre plus forte, même si elle n’est pas tant assurée qu’elle voudrait le faire croire, et enfin entrée sur la voie de celle qu’elle souhaite devenir. Toutefois, mon texte préféré est celui qui nous la fait découvrir, jeune vampire encore un peu naïve, et nous conte une part de ses origines, tout en nous révélant d’où vient l’une des grandes brisures de son être.
J’étais chagrine de quitter Manu et si j’espère lire un jour d’autres nouvelles concernant sa lignée et elle-même, je dois tout de même avouer que ce cycle est très complet.

Morsure Froide.
Je ne suis pas particulièrement amatrice de poésie, je me contenterai donc d’évoquer le récit plus que la forme que l’auteur lui a donné, même si celle-ci a son importance. Au moyen-âge, la prose était très secondaire, pour ne pas dire insignifiante, et cela renforce l’idée que ce poème vient de cette époque. Dans sa forme, dans les événements qu’il décrit, il est vraiment lié à cette période, à son mode de pensée et son imagerie. J’aime l’idée de vouloir en faire une légende que se transmettraient les vampires en lui donnant la forme qui la rendrait crédible. Il s’agit en effet du récit de leurs origines et celui-ci est vraiment original. J’ai lu beaucoup d’histoires de vampires et n’ai jamais rien trouvé de semblable.
Derrière ce texte qui, à ce qu’il pourrait sembler de prime abord, ne paie pas de mine, il y a beaucoup de travail.

Ainsi commence la nuit est un excellent recueil qui saura enchanter les lecteurs qui connaissent déjà Vanessa Terral, mais aussi ceux qui souhaitent découvrir son écriture et son univers. Je ne peux que vous le conseiller chaleureusement.

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Cinq pas sous terre est un feuilleton numérique en cinq épisodes (un par mois depuis avril,) écrit par Vanessa Terral et publié par les éditions du Petit Caveau.

La présentation de l’éditeur et mon billet sur le premier chapitre sont par-là.

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J’avais vraiment très hâte de lire cette suite qui se révèle au final assez déstabilisante. Je m’imaginais que l’affrontement entre les deux engeôleurs serait au cœur de l’histoire et finalement ce n’est pas si simple. De nouvelles questions, pas vraiment de réponses… De quoi me donner encore plus envie de connaître le fin mot de cette histoire. C’est fait pour, me direz-vous…
J’aime bien Jabirah. C’est une jeune fille attachante malgré son côté « ouechouech » qui lui donne des airs de sale gamine. Aussi teigneuse puisse-t-elle paraître, on sent qu’elle cherche juste à se protéger. Je ne peux m’empêcher d’avoir envie que les choses se passent bien pour elle. Ce qui n’est pas forcément le cas en ce qui concerne son acolyte qui est vraiment difficile à cerner. Bonne ou mauvaise ? A vous de juger. Mais est-ce si simple que ça ? Pour ma part, j’en doute fort.
Ce deuxième épisode est résolument placé sous le signe de l’action. Remontée à bloc, notre Jabirah est toute prête à dézinguer de l’engeôleur. Enfin, c’est ce dont elle aimerait bien se persuader…
Pas de temps mort dans ce chapitre. Bagarres, esprits en goguette et duel dans les ténèbres… Des informations nous sont distillées au compte-goutte et si l’intrigue n’avance que d’un minuscule pas, je dois reconnaître qu’on ne s’ennuie guère. J’ai suivi les événements de ce chapitre avec un vif intérêt, on peut dire que je l’ai dévoré et ce bien trop vite, me retrouvant très frustrée à la fin car l’auteur ne se prive pas de nous laisser en plein suspense.
Et maintenant il faut attendre la suite…

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