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Un « roman-recueil » de Jacques Fuentealba, publié chez Malpertuis en version papier et chez Walrus en numérique.

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le cortege des fous - jacques fuentealba

Entre amnésie salvatrice et quête de l’identité et du pouvoir, des dieux déchus traversent les siècles, menant une guerre larvée contre le Ciel et l’Enfer. Certains ont choisi de faire cavalier seul, quelques-uns comme les Juges des Morts se sont aménagé des domaines à leur convenance, d’autres enfin dissimulent leurs activités au sein d’un cirque pour le moins étrange.
Des collines de la Grèce antique aux envoûtantes ruelles de Prague, de la Ville Lumière aux projecteurs d’Hollywood en passant par le cœur d’une tornade, une église reconvertie en boîte de nuit et une station de métro pas si désaffectée que ça, le cycle du Sunset Circus vous invite à suivre la décadence, les vicissitudes et hauts faits de ces survivants d’un autre âge.

Un roman flamboyant qui développe un univers de fantasy moderne habité par un panthéon baroque, et dont l’imagination mythologique évoque Neil Gaiman et Roger Zelazny.

Sommaire :

  • Étoile du matin, sombre destin
  • Sur les traces d’Arcimboldo
  • L’Avaleur de sabres
  • Être de taille
  • Rise and fall of Bianca Nera
  • Le cortège des fous
  • Araf
  • Dimanche, jour du Seigneur

Le Cortège des fous est un recueil de nouvelles que son auteur qualifie lui-même de « roman éclaté ». On ne saurait trouver meilleure façon de décrire cet ouvrage. Ces nouvelles, parmi lesquelles se trouve une novella, sont toutes liées entre elles et se suivent chronologiquement (il est important de le préciser car cela a une incidence sur la façon dont elles sont perçues). Elles s’inscrivent dans le cycle du Sunset Circus, univers cher à l’auteur et qu’il polit avec passion depuis longtemps.
Les histoires dans lesquelles il nous plonge sont pétries de mythologie. Ce monde est proche du nôtre, donc les récits oscillent entre fantastique et fantasy urbaine, dans une ambiance inimitable, à la fois trouble et poétique.
J’avais déjà lu ce recueil il y a quelques années et c’est avec un certain plaisir que j’ai retrouvé son atmosphère sombre et ses personnages que leurs origines mythiques et la vision qu’en donne l’auteur rendent à la fois très familiers et originaux. Pourtant, malgré une seconde lecture, je ne sais toujours pas comment faire passer toute la complexité de l’univers mis en place par Jacques Fuentealba.
Avant tout, il nous conte par touches plus ou moins sibyllines l’histoire d’un affrontement séculaire entre les religions polythéistes et la chrétienté. La première nouvelle Étoile du matin, sombre destin est en quelque sorte la genèse de tout le cycle du Sunset Circus, comment cette guerre s’est déclarée, ses enjeux, les implications de certains personnages et leurs allégeances.
Fuentealba nous offre un regard neuf sur toutes ces histoires que nous connaissons déjà et les bases qu’il pose ne sont pas dues au hasard mais à une savante construction, très logique et argumentée.
Ce que les anciens dieux, surtout ceux de la mythologie grecque mais aussi certains autres issus de divers panthéons, sont devenus est également un des enjeux importants de ce cycle. Ce recueil met en scène, de façon imagée, ce qu’on étudie en littérature comme étant l’opposition du mythos et du logos, mais je ne vais pas vous embêter avec ça. Retenons juste que les mythes étaient une expression de la vérité, pas en tant que récits s’étant déroulés, mais en tant que vision symbolique de cette vérité, d’où la naissance d’archétypes.
Ces dieux dont nous parle Fuentealba sont à la fois la résurgence de leurs propres mythologies, mais en outre de ces archétypes, de ce que l’on sait d’eux ainsi que de nos propres croyances. Ils sont figés dans l’expression de leur nature, mais s’y opposent parfois, et cela fait partie de toute la richesse de cet univers.
Les factions en présence se combattent rarement de front, cette croisade est menée en toute subtilité, avec ruse et sans manichéisme. En effet, les choses ne sont pas aussi simples qu’une opposition entre une ancienne religion et une nouvelle, les choix, allégeances et parfois trahisons des uns et des autres alimentent le conflit comme ils peuvent le freiner. C’est un combat tout en tensions, parfois figé dans le statu quo, mais toujours voué à reprendre.
Pour ce qui est de chaque texte plus précisément, il serait difficile de développer sans trop en dire, si ce n’est que tous mettent en scène des personnages très intéressants. Je suis moins sensible aux textes liés à Eurydice et Orphée, notamment Araf que l’on peut aussi lire dans la très bonne anthologie des Sombres romantiques produite par les éditions du Riez. Par contre, j’aurais peine à choisir ma préférée parmi les autres.
La novella Le cortège des fous est vraiment excellente car elle fait le pari de nous attacher à un personnage monstrueux par nature. On l’apprécie, on se range à son côté et on le soutient malgré tout. On approche sa nature monstrueuse et néfaste d’une autre manière et c’est sans doute au final le plus humain de tous ces anciens dieux. Cependant, au-delà de ça, ce texte réussit surtout le tour de force d’élever le paradoxe au rang de Mystère divin. C’est une histoire tourbillonnante, comme le Typhon. Le style s’adapte parfaitement au personnage. C’est le cas pour toutes les nouvelles du recueil, mais c’est particulièrement évident pour celle-ci.
De par sa construction même, Sur les traces d’Arcimboldo est un excellent texte, très prenant. On y retrouve les prémices de la série d’Émile Delcroix. Les mythes y croisent des légendes et des motifs littéraires, mais également l’Histoire. L’ambiance, surtout, a su me charmer.
Être de taille est une histoire aussi émouvante qu’intelligemment menée. Elle met en scène un Loki superbement réussi. Le personnage est fascinant en soi et l’interprétation qu’en fait Fuentealba est tout à fait digne de dieu rusé, elle montre qu’il peut se révéler plus nuancé qu’on le croit. Et le récit lui-même est passionnant.
L’avaleur de sabres est une nouvelle fort sympathique et celle-ci vous présentera mon personnage préféré, quoique j’aime aussi énormément son frère que vous rencontrerez plus tard dans le recueil. En tant que l’un des premiers textes de l’ouvrage, elle revient sur la naissance du Sunset Circus et la façon dont les dieux ont évolué.
Enfin le dernier récit et pas des moindres, Dimanche, jour du Seigneur, est très drôle et vous donnera envie de vous procurer très vite l’Antre du diable, où vous retrouverez l’un des personnages présents dans ce texte.
Le cortège des fous est un excellent recueil, atypique et pas forcément toujours facile d’accès, mais d’une grande qualité dans son fond comme sa forme. Fuentealba fait une utilisation très intéressante de la mythologie. Ces histoires recherchées, à l’ambiance floue et un peu désenchantée, sont contées avec finesse et poésie. Elles plairont aux lecteurs exigeants, amoureux de fantastique (bien que cela n’en soit pas vraiment) et surtout de mythologie.

D’autres lectures dans l’univers du Sunset Circus :
– Un roman : L’Antre du diable, également disponible chez Malpertuis.
Il existe aussi des nouvelles, je ne les connais sans doute pas toutes, cependant je peux toujours vous en conseiller deux :
Chien de garde, en numérique chez Walrus et en papier dans l’anthologie Malpertuis I.
En attendant… elle aussi disponible en numérique chez Walrus dans l’anthologie La boîte de Schrödinger – spéciale Halloween.
– Puis un peu à part, mais dans le même esprit, je vous conseille chaleureusement Émile Delcroix et l’ombre sur Paris.

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Encore quatre nouvelles de chez Walrus pour ce billet.
J’ai eu les deux premières dans le cadre du JLNN qui finit tout bientôt, donc merci Lune et les éditions Walrus.

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Beef de Joey Burger

La narratrice, Joey, a un peu traîné les pieds, mais s’est finalement laissé embringuer par ses potes dans une soirée qui promet d’être ennuyeuse à souhait. Un vernissage et pas une seule œuvre d’art en vue, c’est curieux… Serait-ce un nouveau concept artistique foireux ?
Les personnages ne vont pas avoir le temps de trop de s’interroger sur le sujet et le lecteur non plus. Quelque chose cloche, Joey ne s’en rend pas compte tout de suite, occupée qu’elle est à tenter de convaincre ses amis de partir. Les situations étranges se multiplient et les réactions des gens présents laissent notre narratrice perplexe. Finalement, la soirée s’annonce moins soporifique que prévu. Quant à savoir si c’est une bonne nouvelle, on a de sérieux doutes…
J’ai bien aimé l’évolution de l’histoire qui ne verse pas tout de suite dans le délire. On la sent lentement glisser vers le surnaturel en même temps que s’affine la perception des personnages sur ce qui les entoure. La façon dont les situations s’enchaînent m’a plu. C’est visuel, un peu gore et fouillis (mais un fouillis cohérent) et surtout assez barré pour capter mon intérêt.
A un moment l’auteur évoque Shaun of the dead et j’avoue que le récit m’y a fait penser dès le début. C’est une affaire d’ambiance plus que d’histoire, un petit côté à la fois complètement déjanté et détaché de la réalité qui m’a rappelé ce film. Le mélange d’humour et de gore passe plutôt bien.
Joey, la narratrice, nous raconte les événements tels qu’elle les vit, sans charger le texte avec des descriptions superflues. Le style parlé peut gêner, mais je le trouve cohérent avec le personnage et la situation. On entre facilement dans l’histoire grâce à cela.
J’ai trouvé la chute un peu rapide, mais bien gérée, ce qui m’a laissé ma bonne impression de départ.
Ce n’est pas forcément un genre de lecture vers lequel je me serais tournée, mais ce texte plein d’action m’a « bizarrement » amusée.

Vous pourrez trouver l’avis de Lune par-là.

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Trois coups contre ma porte de Michael Roch

Ce récit nous emmène à la rencontre d’un personnage qui, de prime abord, est particulièrement détestable. Charles, le narrateur, est pourri jusqu’à la moelle, blindé de fric autant que d’idées stupides et pas tout seul dans sa tête, c’est le moins qu’on puisse dire… Il va s’employer à nous conforter dans cette impression.
Trois coups contre ma porte est une nouvelle assez glauque, violente, mais particulièrement bien écrite. J’étais persuadée de connaître le fin mot de l’histoire, j’avais raison, mais mon intérêt est demeuré le même du début à la fin alors que ce n’est pourtant pas mon genre de lecture. Le fait est que la façon dont l’histoire est scénarisée attrape le lecteur et l’empêche de lâcher sa liseuse.
Le texte est prévisible, tout en ne l’étant pas, car si on a des doutes sur ce qui arrive à Charles, ses visions, ses pertes de mémoire et qu’on pense deviner, avec raison ou non, l’origine de ses troubles, une question demeure. Que va-t-il choisir ?
Cette nouvelle est choquante, à vous glacer le sang, mais ce fut une découverte intéressante.

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Louie de Lou Wagram

Des quatre textes présentés dans ce billet, celui-ci est mon préféré.

Une pute, un camé et un barge sont dans un bateau.

C’est le titre d’un des chapitres et je trouve qu’il résume assez bien cette histoire particulièrement déjantée. Ça commence comme une mauvaise blague et d’un coup ça part dans tous les sens.
Louie, chauffeur poids-lourd et drogué notoire a hérité de deux choses de son père : son prénom et un don inné pour les embrouilles. Au début du récit, ce cher Louie complètement défoncé est en plein arrêt sur image et se décide, pendant que le temps prend sa pause syndicale, à nous raconter comment il a atterri dans le bar paumé où il se trouve, avec des ennuis à la pelle, notamment une nana qui parle sans arrêt…
Tout a commencé à cause de Lily, une tarée avec un flingue qui, pas de chance pour Louie, était aussi bien roulée que casse-pieds. Dès lors, le lecteur se trouve propulsé dans une fuite en avant pleine d’énergie, d’humour et de situations aussi dingues que désespérées. C’est le rythme du récit qui fait en partie son charme, avec son action non-stop, mais aussi le langage gouailleur employé par l’auteur qui rend le personnage très vivant et apporte une dose comique supplémentaire.
Ce texte court est aussi vif que dense tant il se passe de choses et on se surprend à vouloir la suite quand il se termine un peu brusquement, alors qu’on en revient à Louie, toujours défoncé dans son bar sordide.
Ce fut vraiment une très plaisante lecture.

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Cosmic Karma de Jérémy Semet

Sid a été engagé pour mener à bon port un convoi spécial. Il ne sait pas vraiment ce qu’il transporte, il a du mal à se rappeler de son entretien d’embauche, mais ce dont il est sûr, par contre, c’est qu’il est seul à bord.
Est-ce cette solitude qui lui fait perdre la tête ou le vieux cargo rouillé qui débloque et joue ainsi avec ses nerfs ?
L’intrigue se déroule lentement, Sid semble résigné, tout en ne sachant pas vraiment à quoi ni pour quelles raisons. Cette histoire, assez introspective, est un huis-clos qui ne devient jamais vraiment étouffant, mais dans lequel s’instillent petit à petit des hallucinations ou des souvenirs. On ne connaît pas vraiment leur nature exacte sur le moment, même si chacun aura forcément son opinion et que le choix me semble assez évident.
Les deux histoires se mêlent, mais pas au point de faire douter le lecteur sur ce qui arrive réellement au personnage. C’est un texte agréable à lire, même si l’issue est particulièrement prévisible. J’ai toutefois beaucoup aimé la « morale » finale, si on peut la qualifier ainsi.

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Je vais cette fois vous parler de quatre nouvelles, toujours dans la collection micro des éditions Walrus.
Elles m’ont été envoyées dans le cadre du JLNN, je remercie donc les éditions Walrus et Lune.
D’ailleurs, vous pouvez lire l’avis de cette dernière sur 1888 et En Adon je puise mes forces sur son blog.

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1888 de Céline Etcheberry

1888

1888 nous entraîne dans le sillage de Jack l’éventreur. Présenté ici comme un dandy glacial, Jack n’a qu’une seule obsession : le temps. Rythmés par sa précieuse montre à gousset, ses crimes semblent lui apporter plus que la satisfaction de ses instincts de tueur.
La montre est, dans cette nouvelle, une entité à part entière, menaçante, intéressante dans ses tic-tacs comme dans ses silences inquiétants. Jack est-il tout simplement fou ou cette montre a-t-elle un réel pouvoir ?
On est ici dans le fantastique, car le doute demeure pour qui le souhaite. Cependant, si ambiguïté il y a, l’auteur exploite néanmoins très bien son idée et les meurtres, ici à rebours, de ce célèbre tueur. En peu de mots, elle nous plonge dans son récit. Sa façon de traiter le sujet est originale et j’ai beaucoup aimé son style.
Ce fut pour moi une excellente lecture, riche en suspense et émotions. La chute m’a laissée un peu perplexe et je ne l’ai pas trop appréciée, mais c’est bien mon seul regret.

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En Adon je puise mes forces de Dominique Lémuri

En Adon je puise mes forces

Dans la quiétude d’une tombe, Elthya, une jeune prêtresse, veille aux derniers sacrements qui aideront son défunt roi à passer de l’autre côté. Cependant, son rituel est sur le point d’être perturbé par deux créatures pour le moins étranges.
C’est la rencontre de deux mondes en total décalage, celui d’Elthya et de ses dieux avec celui de Vjlir, policier extraterrestre à la poursuite d’un prisonnier évadé. Or, ce chef de la pègre interstellaire ne compte pas se laisser attraper aussi facilement. Ce n’est toutefois pas vraiment le contraste entre les deux civilisations ou le potentiel comique de la situation que l’auteur a choisi d’exploiter. Cependant, le récit n’en est que plus original selon moi.
Ce mélange de SF et de mythologie m’a plu et si je suis restée un peu en-dehors de la réflexion philosophique qui l’accompagne (surtout à cause de l’aspect religieux de l’affaire en fait, même s’il y a moult façons de voir les choses), j’ai néanmoins apprécié l’idée et elle m’a donné du grain à moudre.
C’est un très bon texte, bien pensé, agréable à lire. Les débuts rocambolesques y amènent un peu d’humour pour contrebalancer la réflexion et l’équilibre entre les deux se fait.
J’ai beaucoup aimé cette lecture.

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Hérésie minérale de Stéphane Desienne

Hérésie minérale

Des quatre textes présentés dans ce billet, celui-ci est mon préféré.

Je me suis vraiment passionnée pour cette histoire qui mêle science et religion afin de poser d’intéressantes questions sur la notion d’intelligence, de vie et de communauté. La problématique, ainsi que la façon dont elle est traitée, m’a beaucoup plu et est évidemment la raison majeure qui m’a fait aimer ce texte. Cependant, je l’ai de surcroît trouvé très bien écrit. J’ai apprécié la façon dont sont amenées les révélations au fur et à mesure, ce suspense maintenu sans pour autant frustrer le lecteur, et le rythme que cela apporte au récit.
Dès les premières lignes, nous comprenons que nous nous trouvons au cœur d’un procès, mais un procès ecclésiastique et même inquisitorial, ce qui a son importance. Le père Franck comparait et c’est son témoignage que nous invite à suivre l’auteur. Or, il semblerait que ce procès soit bien plus important pour l’humanité tout entière qu’une simple affaire d’église.
La prégnance de la religion, mais aussi l’aspect mercantile du voyage spatial et de notre société de consommation sont au centre de cette réflexion.
Le père Franck évoque un voyage dans l’espace et surtout une découverte importante, d’un point de vue scientifique, mais aussi humain. Les responsabilités qui pèsent sur lui m’ont touchée, son combat m’a émue. J’ai lu ce texte avec une certaine fébrilité et c’est au final un vrai coup de cœur.
J’ai tout aimé dans cette nouvelle, l’intrigue en elle-même, qui est prenante, la problématique abordée, le style… J’ai juste le regret de ne pouvoir qu’extrapoler sur ce que va engendrer la décision qui est prise à la fin.
Je vous invite de tout cœur à découvrir cette nouvelle.

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Anastasis d’Aude Cenga

Anastasis

Laisse-moi entrer, murmure la voix à l’oreille de Lodrick alors que celui-ci se trouve dans une situation désespérée. C’est là le début de l’histoire et de ce qui va, à jamais, changer cet homme, mais aussi son entourage.
En lisant le résumé de l’éditeur, j’ai tout de suite deviné de quelle créature il s’agissait, cependant, même si ça me paraît évident et que l’auteur nous le dévoile dans les premières lignes, je préfère vous en laisser la surprise.
Pour autant, c’est dans les ambitions de ladite créature que tient toute la singularité du récit. On ne la croise pas souvent, il faut le dire, et jamais, en tout cas, je ne l’avais vue traitée de la sorte. Ça ne pouvait qu’éveiller mon intérêt.
C’est original, prenant, mais également assez gore, potentiellement perturbant et très malsain. Âmes sensibles s’abstenir, même si le sujet justifie toute cette violence. J’avoue que je ne suis pas cliente, mais ça ne m’a pas non plus traumatisée.
Cette nouvelle est taillée dans le vif (si j’ose dire avec une telle intrigue) et s’il y a bien un début, la fin reste très ouverte. Ça ne me dérange pas, j’aime bien la façon abrupte dont elle se termine, mais certains, qui apprécient les nouvelles plus structurées, pourront se sentir frustrés.
Ça reste un texte à lire pour les amateurs du genre. Les férus de zombies, même s’il ne s’agit pas de ces créatures-ci, pourront aussi y trouver leur compte.

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Une anthologie de saison (oui quand je l’ai lue c’était encore la saison, vous n’allez pas chipoter !) publiée chez Walrus et uniquement disponible au format numérique.

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La boîte de Schrödinger - spéciale Halloween

Halloween est de retour !

Comme chaque année, monstres, vampires, goules, fantômes et momies vont venir perturber votre nuit du 31 octobre. Attention aux mauvais sorts ! Pour vous mettre dans l’ambiance, Walrus vous propose une « Boîte de Schrödinger » spéciale Halloween. Au programme, des fantômes amoureux, des rencontres impromptues, des souvenirs perdus, des cimetières habités et… de la soupe à la citrouille. Aux manettes de cet épisode de mi-saison un peu spécial, une ribambelle d’auteurs prêts à vous faire frissonner : Jacques Fuentealba, Anthony Boulanger, Benoit Giuseppin, Vanessa Terral, Laurent Riatto et avec la participation exceptionnelle et gracieuse de George Sand, spécialement revenue d’entre les morts le temps d’une nuit de terreurs délicieuses.

De quoi faire hurler de frayeur les enfants comme les plus grands, et passer une nuit d’Halloween riche en émotions !

Cette petite anthologie est, comme son titre l’indique, composée de nouvelles s’articulant autour du thème d’Halloween. C’est vraiment une lecture sympa pour la saison. Les textes sont variés, offrant au lecteur diverses ambiances. On passe ainsi de textes sombres, à faire frissonner, ou de récits plus glauques qui mettent mal à l’aise, à des histoires plus légères, jouant d’un humour assez noir, mais toujours savoureux. C’est tout ce dont on pourrait rêver (ou cauchemarder) pour Halloween.
C’est une nouvelle de Jacques Fuentealba qui ouvre l’anthologie. Elle nous permet, grâce à un début assez lent, très évocateur de ces mois de novembre enveloppés de brouillard, de nous glisser lentement dans l’ambiance avant de nous emmener beaucoup plus loin qu’on l’aurait imaginé.
Ce récit fantastique oscille entre réel et imaginaire d’une façon très subtile. Il ramènera le lecteur averti vers l’univers habituel de l’auteur, mais pourra tout autant plaire à celui qui ne le connaît pas.
J’ai beaucoup apprécié ce texte.
Ensuite, Anthony Boulanger nous offre de très courtes nouvelles à chute, distillant l’effroi ou l’humour selon l’envie. On se laisse facilement piéger et, si j’en ai préféré certaines, je les ai toutes lues avec plaisir.
La ronde des morts de Benoît Giuseppin m’a vraiment plu. Ce texte court, un rien grinçant, est parfaitement dans l’esprit de la saison et j’ai beaucoup aimé la chute.
Si j’ai également apprécié la nouvelle de Vanessa Terral, je trouve tout de même que c’est la plus glauque du recueil, bien que pas du tout horrifique, contrairement à celles de certains de ses petits camarades. Cette nouvelle est par contre très originale car elle nous parle de la fête des morts mexicaine ce qui, en soi, est vraiment un excellent choix, d’autant que l’auteur a bien développé ce thème.
L’esprit de l’eau de Laurent Riatto est un texte plus classique, un tantinet mélancolique, qui aurait manqué à cette anthologie s’il ne s’y était pas trouvé. Il explore à sa façon un thème récurrent des histoires de fantômes et c’est un agréable moment de lecture. Il commence dans la légèreté, mais ce sera à vous de voir s’il continue sur sa lancée ou pas.
Enfin le texte George Sand clôt cette excellente anthologie. Vous connaissez peut-être déjà ce « récit d’un récit » très typique de son époque et qui est surtout appréciable pour son ambiance de fantastique un peu suranné.
La boîte de Schrödinger spéciale Halloween est une bonne lecture automnale, pour se faire un peu peur, se rappeler que notre imagination n’a que les limites que nous lui imposons, pour rire de nos fantômes en s’amusant à les craindre, tout en avivant un peu cette part de nous qui a envie de croire, même si c’est un jeu.

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