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Archive for the ‘Feuilles froissées’ Category

Un roman de Ludovic Roubaudi, publié chez Serge Safran éditeur.

 
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Présentation de l’éditeur :
Quand il ne vend pas des couteaux à huître sur des foires, et qu’il ne discute pas avec Nadège, la vendeuse d’égouttoirs, Camille cherche à réconcilier ses deux voisins qui se haïssent : Mme Fillolit, vieille dame acariâtre, et Dlahba, le maçon slave et bougon. Lorsqu’il rencontre Merveille devant leur porte, son coeur chavire, sa vie bascule. Qui est vraiment cette jeune femme ? Un épais mystère l’entoure. Camille et Nadège enquêtent. Les voilà soudain accusés des pires crimes et menacés. Le mystère sera-t-il levé ? Les secrets de famille déterrés ? Seules conditions pour que Camille et Merveille puissent enfin s’aimer.

Camille et Merveille ou l’amour n’a pas de cœur est le récit d’un amour inattendu, un roman moderne plein de promesses qui démarre au quart de tour. Le narrateur, loquace, un rien gouailleur, ferre le chaland dès le premier chapitre. C’est son boulot, faut dire, il est démonstrateur dans les foires. Les mots sont ses amis, la littérature et le cinéma aussi, et s’il aime bien parfois jouer sur les registres langagiers, on sent que le gars a de la culture.
Il nous dépeint son quotidien, son boulot, ses voisins hauts en couleur et son associée, la belle Nadège qui a oublié d’être bête. Jusqu’au jour où, dans un coin de porte, il rencontre une femme qui va totalement chambouler son existence.
Cela commençait bien, le ton était plaisant, les personnages prometteurs, mais j’ai très vite déchanté. Il y a d’abord eu une remarque, de celles qui me mettent les nerfs en pelote :

« Je ne sais pas si les femmes subodorent la puissance de notre désir et le risque qu’elles prennent à compter sur notre retenue.
C’est à ce moment-là du désir que l’on prend conscience de la finesse du vernis de civilisation posé sur notre peau humaine. Un rien. Un souffle suffirait à nous plonger dans la barbarie et à nous pousser à prendre sans question ce que nous désirons. »

C’est avec ce genre de conneries qu’on justifie n’importe quoi… Je ne vais pas lancer un débat, mais le charme s’est brisé net et les défauts du texte autant que de l’intrigue sont devenus bien plus aigus.
Camille et Merveille, c’est l’histoire d’un coup de foudre et, comme chacun sait, on se lasse prestement de l’hébétude amoureuse. Des pages et des pages de Camille se pâmant devant une femme dont il n’est même pas pressé de connaître le prénom… C’était trop pour moi.
Cette poésie de la parole que l‘auteur tente d’insuffler à son texte finit par sonner creux. Entre références cinématographiques pêle-mêle et psychologie de comptoir, on se dit que la littérature de bobo ça va cinq minutes…
Il y a de jolis passages, mais rien qui sauve vraiment l’ensemble. J’ai en outre les incohérences en horreur, alors quand une conversation commence au téléphone et se termine de visu, forcément je grince des dents.
L’avantage de ce texte est qu’il se laisse lire ; les chapitres sont courts, les dialogues nombreux. C’est bien sa plus grande qualité. Pour le reste, ça n’a pas pris. Avec son ton patelin et sa prétendue sincérité, c’est un récit plein de prétendues vérités sur les hommes, les femmes, la maternité, assenées avec juste ce qu’il faut de prétention pour clore tout débat.
Ce qui m’a fait continuer ma lecture, outre le fait qu’il s’agissait d’un service presse, c’est que l’on se demande quand même un bout de temps qui ment dans cette affaire. Pourtant, même cela traîne en longueur et retombe comme un soufflé à la fin.
Ce fut une lecture décevante a bien des égards.

*

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Phoebus Mortel

Un roman de Thomas Andrew, publié chez Sidh Press.

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Phoebus Mortel est une romance paranormale M/M, axée sur le personnage de Glen Landsbury, jeune homme de bonne famille qui vient d’entrer à Harvard.
N’ayant pas aimé le premier tome de Drek Carter (pour cause de héros aussi misogyne que bourrin), j’ai néanmoins tenté la lecture du spin off en me disant qu’un autre personnage me serait peut-être plus sympathique. Et puis on me promettait une belle histoire d’amour et de l’humour… Depuis le temps, je devrais savoir que les promesses de certains auteurs sont aussi fiables que celles des candidats à la présidentielle.
En ce qui concerne le capital sympathie du personnage, là aussi faudra faire avec. Vous vous souvenez des bijoux fantaisie qui changeaient de couleur selon la température du corps ? Eh bien, la personnalité de Glen, c’est un peu pareil… Quand le vent souffle, il tourne la tête. Il fait preuve de la même constance dans ses amours, notamment quand il s’excuse d’avoir trop longtemps pleuré son soi-disant grand amour ou qu’il est attiré par tous les mecs qui passent alors que la seconde d’avant il se morfondait encore, mais à propos de son séduisant colocataire cette fois. Et comme dans toute romance (ça devient de plus en plus lassant) Glen est irrésistible. S’il y a un gay dans le périmètre, il est pour lui. Qu’est-ce que ce serait si Killian, le fameux coloc’ source de tous ses fantasmes, n’était pas tout le temps sur son chemin pour l’empêcher de céder à ses pulsions…
La relation qui se construit petit à petit entre Glen et Killian est d’un ennui mortel (voilà au moins une partie du titre qui se justifie). Deux vraies girouettes… Les événements semblent se répéter inlassablement, comme si l’auteur avait voulu transformer une nouvelle en roman et peinait à meubler.
Le style n’arrange rien. J’ai décidément beaucoup de mal avec l’humour bien lourd de Thomas Andrew, mais aussi avec son usage du vocabulaire. Il y a une nuance dans l’usage des synonymes qui semble lui passer au-dessus de la tête.
Entre la cohérence qui avait décidé de prendre des vacances, les clichés de la romance qui filent aussi vite qu’un collant premier prix et les dialogues qui rappellent furieusement les sitcoms des années 80, j’ai payé cher ma curiosité.

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Une romance paranormale de Maria J. Romaley, publiée chez Rebelle.

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nitescence

Présentation de l’éditeur :
Une mère dont la vie n’a de sens que l’existence de son fils voit son monde basculer dans les méandres incertains d’une autre réalité. Là, règle une guerre, cachée aux yeux des mortels, entre des créatures mythiques dont seuls ses rêves pouvaient lui souffler l’existence.
Que faire quand on est partagé entre une passion interdite et un amour protecteur plus puissant que sa propre raison ? Que faire quand notre vie est menacée à chaque instant et que l’on entraîne avec nous, amis et famille ?
La mort n’est pas une réponse acceptable lorsque la vie d’un enfant est en jeu…

Prenez des anges et des démons. Donnez-leur un autre nom pioché dans une autre mythologie, parce que ça fait à la fois plus cool et plus ancien, mais n’exploitez absolument pas cette mythologie (sinon ça pourrait devenir trop original), deux ou trois mots en sanskrit sont amplement suffisants. Surtout n’oubliez pas de rendre vos anges et démons extrêmement manichéens : les gentils sont très gentils et lumineux, ils se nourrissent des bons sentiments des humains, les méchants sont très méchants et ont donc de grandes ailes sombres, évidemment ils bouffent des âmes humaines dès le petit-déjeuner (les céréales ne sont pas bonnes pour la ligne et les mauvais sentiments ne tiennent pas au corps). Utilisez tout cela pour mettre en valeur des amours interdites et vous obtiendrez ce roman.
Et moi j’ai passé l’âge. Si j’avais encore 12 ans et un bagage littéraire des plus succincts, sans doute aurais-je apprécié, mais là non, c’est trop immature. L’intrigue de fond, qui en fait ne sert que de prétexte, est délayée, c’est la romance qui importe et elle ne m’a pas emballée. Nous avons un héros froid et blessé par la vie (très original…) et une héroïne bien gentille qui semble être la réincarnation d’un bisounours, mais qui se trouve tellement banale qu’elle se sent obligée de le répéter une fois par page. Néanmoins, elle est exceptionnelle, ce qui la met en danger, alors il doit la protéger, trouvant enfin le nouveau but qui lui manquait pour supporter sa longue existence. Et ils s’aiment au premier regard, bien sûr, mais ne se comprennent pas… On enchaîne donc les quiproquos aussi bien que les platitudes et lieux communs. Je n’ai jamais vu autant de points d’interrogation à la page tant le tout semble être une suite ininterrompue de questionnements des personnages l’un à propos de l’autre… Pourquoi a-t-il fait-ci ? Pourquoi a-t-elle dit ça ? Pourquoi ai-je ouvert ce livre ? (Ah non, la dernière est de moi…) C’est usant à force. Ce n’est pas parce qu’il s’agit de romance paranormale que tout doit être cousu de fil blanc, d’autant qu’il y a de trop nombreuses incohérences dans ce récit, ce qui n’en améliore pas la vraisemblance.
En bref, je me suis terriblement ennuyée et j’aurais mieux fait de passer mon chemin.

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Ella enchanted

Avant de parler du film, j’aimerais dire un mot sur le roman dont il est l’adaptation : Ella l’ensorcelée en français, qui est publié par L’école des loisirs. Il s’agit d’un excellent ouvrage qui peut être lu par des jeunes autant que des adultes, bien écrit, réfléchi, pas mièvre pour deux sous. Ma première lecture date d’une dizaine d’années au moins et je garde beaucoup d’affection pour cette belle histoire que je trouve très positive pour la gent féminine. L’intrigue s’inspire du conte de Cendrillon, que je n’affectionne guère car il a pour personnage central une jeune fille incapable de prendre son destin en main. Cendrillon subit les bonnes autant que les mauvaises choses qui lui arrivent. Ella l’ensorcelée nous offre une autre approche et une héroïne tout sauf fataliste. Si Ella se montre soumise, c’est qu’une fée lui a jeté un sort, pensant lui faire un beau cadeau (ou plutôt à ses proches…). Elle est forcée d’obéir dès qu’on lui donne un ordre, dût-il la mettre en péril. Elle se bat de toutes ses forces contre cela. C’est une jeune fille indépendante, intelligente, elle ne reste pas passive à attendre le prince qui la sauvera. Et, pourtant, prince il y aura…

Parce que j’ai aimé le roman et que la magie est encore présente quelques années plus tard, je n’étais pas tentée par l’idée de voir le film. J’avais peur qu’il gâche tout et, honnêtement, j’avais raison.
Cependant, ces derniers temps le roman m’est revenu en tête et je me suis dit que j’allais quand même essayer pour le Winter Mythic Challenge, après tout, peut-être serai-je agréablement surprise… Temps perdu, au final je ne sais même pas comment j’ai pu regarder ce film en entier.
Que dire ? Cela faisait longtemps que je n’avais rien vu d’aussi kitsch. Il reste peu de la trame du roman dans le scénario du film, si ce n’est le début, et même si je comprends la nécessité d’adapter un récit écrit pour une transmission plus visuelle, je m’interroge sur l’utilité de rajouter une intrigue secondaire (et les personnages qui vont avec) alors que l’on n’exploite pas vraiment la trame principale…
Mandy, la sage marraine d’Ella, devient une potiche, son père s’efface dans le décor, emportant avec lui une partie de la dynamique familiale complexe qui donne corps au récit, mais évidemment il n’en oublie pas de ramener à sa fille une méchante belle-mère et la progéniture dégénérée de celle-ci… Un peu trop dégénérée d’ailleurs. Et Ella se doit de se battre pour libérer des peuples opprimés qui n’ont rien à faire dans cette histoire…
L’humour est très lourd, il repose sur des anachronismes censément drôles et sur des acteurs qui sur-jouent un maximum, rendant ainsi l’histoire assez bêbête… La bande de filles décérébrées qui constitue le fan-club du prince m’a particulièrement écœurée.
Ce long-métrage ne nous offre qu’une héroïne insipide, un prince qui n’a rien de charmant, à part son nom, des méchants plus pathétiques les uns que les autres, une intrigue sur le racisme construite de bric et de broc et une fin particulièrement ridicule…
La morale de l’histoire, si belle dans le roman, devient complètement neuneu. Ce film amusera sans doute les très jeunes enfants grâce aux gags visuels, mais il ne vole vraiment pas haut, préférez-lui de loin le roman.

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challenge WMF

Challenge Winter Mythic Fiction

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Un roman de Lisa Kleypas, publié chez J’ai lu.

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sous lemprise du desir kleypas

Amanda, écrivain en plein essor, est une vieille fille de trente ans à Londres en 1836. Bien décidée à ne pas rester vierge toute sa vie (elle a bien raison), elle décide de se payer un gigolo pour sa nuit d’anniversaire. Mais il se pourrait que son invité ne soit pas celui qu’elle espérait.
Jusque-là, tout va bien, et ensuite…

Chaque fois que j’ai lu une romance, même si j’admets qu’il n’y en a pas eu des masses, j’y ai trouvé :
– Une jeune femme pas à l’aise dans ses escarpins. Les raisons pour lesquelles elles n’étaient pas dans la norme importent peu au final, il faut juste qu’elles soient plus ou moins décriées pour qu’un beau mâle qui se fout de l’opinion des autres vienne leur démontrer qu’en fait elles sont bien supérieures à tous ceux qui leur jettent des pierres.
– Une homme riche, beau, tourmenté par un passé douloureux qui l’empêche de s’engager ou de faire confiance, exaspérant en façade mais ayant un bon fond et une nature chevaleresque. Evidemment c’est aussi le coup du siècle… Il arrive pour sauver la gentille héroïne de ses démons et, parce qu’il a de la chance, elle le sauve aussi.
C’est beau, c’est bisounoursland à tous les étages, avec un peu de cul en plus.
Je suppose donc que c’est la norme pour n’importe quelle autre romance et ici ben on n’échappe pas à la norme. Je m’y suis faite, je peux gérer, même si ce n’est définitivement pas mon délire.

Vous me direz que je ne suis pas romantique, vous aurez sans doute raison, mais désolée, ce n’est pas de ma faute, je ne crois jamais à ce genre d’histoires et pour apprécier ma lecture, j’ai vraiment besoin d’y croire.
Ça se lit très vite, ce n’est pas désagréable, mais je n’ai pas réussi à me détacher de tous ces petits détails auxquels je ne croyais pas. Je suis restée bloquée sur le contexte historique qui ne collait pas. Je me suis focalisée sur la façon de servir le thé et autres trucs sans importance alors que sincèrement on s’en fout, ce n’est pas pour ça qu’on lit une romance…
Je n’ai rien contre les histoires d’amour, mais je veux une intrigue, une vraie, qui soit consistante et qui ne suive pas toujours le même sempiternel schéma. Est-ce qu’il existe l’équivalent du schéma de Propp pour la romance ? Si c’est le cas, les auteurs devraient le brûler…
Enfin bref, revenons à cette histoire-ci en particulier. Je ne me suis pas attachée aux personnages, en fait ils m’ont même exaspérée. Je suis restée très dubitative sur l’évolution de leur relation, aussi bien dans sa dimension affective que charnelle. Et j’ai quand même trouvé ce roman assez insultant pour la gent féminine malgré quelques choix assez progressistes pour l’époque à laquelle se déroule le récit. Si vous voulez mon avis, tous les aspects qui peuvent sembler féministes sont en fait l’arbre fruitier qui cache la forêt d’épineux carnivores (il y a bien un quelconque univers de fantasy dans lequel on peut trouver des épineux carnivores).
Alors non ça ne l’a pas fait, ni l’histoire d’amour ni le contexte ne m’ont convaincue.

Je suis désolée Chani, mais en fait j’ai préféré l’autre.

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Challenge mauvaise influence

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De J.R. Ward.
Publié chez Milady.

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Notez le soin apporté à la couverture, la nana de l’image est blonde alors que l’héroïne du roman est brune… Je crois que ça veut tout dire.

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Résumé de l’éditeur :
Une guerre fait rage à l’insu des humains. Six vampires protègent leur espèce contre la Société des éradiqueurs. Ces guerriers sont regroupés au sein de la mystérieuse Confrérie de la dague noire. A sa tête, Kolher, leader charismatique et implacable… L’un de ses plus fidèles guerriers est assassiné, laissant derrière lui sa fille, une magnifique jeune femme, une sang-mêlé qui ignore tout de son destin. Et c’est à Kolher qu’il incombe de faire découvrir à Beth le monde mystérieux qui sera désormais le sien…

Avant-propos (à lire si vous vous inquiétez de ma santé mentale, sinon passez directement à mon avis sur le livre) :
A toutes les personnes qui pensent que j’ai lu ce livre parce que j’ai perdu un pari, je répondrai : il y a de ça.
Sur le forum de vampires et sorcières il y a un jeu qui consiste à mettre un extrait de roman et a asticoter les autres jusqu’à ce qu’ils trouvent le titre qui correspond. Et moi, en bonne emmerdeuse, je leur ai sorti un vieux roman de fantasy des années 70 en leur disant que si quelqu’un l’avait lu, je lirai de la romance paranormale.
Bon, je ne prenais pas vraiment de risque avec ce roman, d’ailleurs personne ne l’avait lu, mais Chani, dont tout le monde connaît la perfidie, a décidé de le lire exprès pour me provoquer ! (C’est cruel, hein ? Dites-le que c’est cruel !!!)
Il en allait de mon honneur de lectrice, j’étais obligée de tenir ma promesse… (Même si nous pouvons nous accorder pour dire combien cette manipulation était retorse.) Un vote a donc été organisé par les membres du forum et le résultat a été en faveur du premier volume de La confrérie de la dague noire, série que l’on m’a décrite comme étant « la meilleure de la liste ».
Je me suis donc lancée courageusement dans ce marasme gluant qu’est la romance paranormale.
Au final, sincèrement, je ne veux même pas envisager une seconde quelles daubes devaient être les autres bouquins de la liste…

S’il y a des fans de la confrérie qui passent par ici (par hasard, j’imagine), ne lisez pas mon avis. Je respecte tout à fait vos goûts en matière de lecture, mais ça ne m’empêchera en rien de dire tout le mal que je pense de ce fichu roman.

Mon avis :

Avec quelques spoilers (comme si on ne savait pas d’avance comment ça va finir).

Je ne sais même pas par quoi commencer tellement j’ai trouvé cette lecture ennuyeuse. D’habitude, la romance paranormale me fait surtout beaucoup rire, principalement parce que je la trouve navrante de bêtise, mais là… J’en resterais presque sans voix et prête à subir un lavage de cerveau pour 1 : oublier ce bouquin, 2 : désapprendre à lire pour ne jamais plus avoir à me farcir un truc pareil.
Mais qu’est-ce que c’est que cette daube ???
Bon l’auteur a bien travaillé sur les origines de son peuple de vampires, ça je veux bien le lui accorder. Ce n’est pas non plus l’idée du siècle, mais j’ai vu pire. Par contre, j’aimerais attirer votre attention sur quelque chose qui m’a… consternée. Ouais, je crois que c’est le mot…
Il y a des auteurs qui ont inventé des langages pour offrir plus de cachet leurs histoires, langages certes plus ou moins travaillés, mais composés avec une certaine application, quel que soit le degré de complexité qui en a résulté. Il y en a d’autres qui ont utilisé patiemment des langues anciennes pour créer les bases de leurs langues imaginaires… Je n’en demande pas tant, mais bon, un minimum d’efforts est toujours appréciable.
A côté de ça J. R. Ward, elle, met des h dans les mots. Oui, oui, vous avez bien lu. Comme seule influence de l’ancienne langue des vampires sur celle qu’ils ont fini par adopter, on retrouve des h un peu partout. Bon, il y a bien quelques mots de leur langue ancienne par-ci par-là, arrivés d’on ne sait où parce que ça fait classe, mais la plupart du temps on en reste aux h. Après tout, les lecteurs s’en contrefoutent…
Alors ça c’est du boulot J.R. ça a dû te demande beaucoup de recherches et d’imagination…
Parlons du style ensuite, on va garder l’histoire pour la fin, c’est quand même le plus marrant.
La traduction est déplorable (oui ça se sent même quand on n’a pas lu la V.O. parce qu’il y a des phrases qui disent tout le contraire de ce que laisse entendre le contexte).
On a aussi, notamment, un personnage appelé Audasz auquel on fait souvent référence par l’initiale D. On m’a expliqué que c’est parce qu’à l’origine il s’appelle Darius. Là j’ai juste envie de dire à la traductrice de changer de métier si elle n’est pas capable de gérer correctement un petit changement de nom…
Il y a aussi, ce qui est vraiment très agaçant, une absence quasi systématique de négation complète dans les dialogues. Un peu ça va, mais là c’est au-delà du supportable. Ça fait langage parlé ? Ouais, d’accord, mais parfois c’est complètement ridicule :
« Me fais pas confiance. M’aime pas. Je m’en tape. Mais me mens jamais. »

Je ne sais pas si ça vient de l’orignal ou de la traduction, mais franchement ça craint.
Au-delà de ça, Je ne pourrais pas vraiment dire que c’est très mal écrit sinon, c’est juste très quelconque, stylistiquement parlant, et particulièrement vulgaire. Puis, ces vampires ont quand même une façon de s’exprimer qui me fait me demander s’ils tournent à plus de cent mots de vocabulaire. Mais bon, l’élégance de l’écriture et ce genre de romans ont toujours fait deux… Qui plus est, on ne devrait pas attendre de guerriers vampires qu’ils aient un minimum de culture.
Le tout manque de logique aussi, parfois. Comme quand les vampires invoquent Dieu ou usent de jurons religieux alors qu’ils ont leur propre religion. Ils devraient se référer à leur Vierge Scribe. A la rigueur ils auraient pu choper l’habitude en fréquentant des humains, mais ce n’est pas le cas et certaines coutumes humaines leur sont totalement étrangères. (La télé, ma bonne dame, c’est utile pour apprendre des jurons, mais pas pour savoir que les humains se serrent la main quand ils se présentent.)
Enfin, revenons donc à cette vulgarité constante… C’est plutôt étonnant, et soûlant, de voir une bande de gars en cuir (ce qui est également hyper discret quand on déambule la nuit dans les rues faut dire) qui passent leurs temps à se traiter de fils de pute pour faire cool. Les derniers bourrins que j’ai rencontrés n’avaient pas de meilleures manières, mais fallait surtout pas toucher à leur maman…
Des gars très discrets, vous disais-je. Qui font tous 2m12 et 3m de large, nourris depuis le berceau à la créatine, vêtus de cuir et de soie noire, qui sortent la nuit pour tuer de l’éradiqueur (oui, éradicateur ça sonnait bien trop « mot sorti tout droit du dictionnaire », fallait innover) et personne ne les remarque jamais… C’est utile de pouvoir effacer les souvenirs des gens. La soie noire c’est quand même l’idéal pour se bastonner, faudrait pas s’en priver…
Bon, reprenons, les gentils vampires qui ne demandent rien à personne, même pas du sang car ils se nourrissent les uns des autres (ça aussi ça n’est pas très logique, mais passons) sont pourchassés par les méchants éradiqueurs (sérieux, j’ai vraiment du mal avec ce mot). Ces derniers sont morts et privés de leur âme, histoire qu’on comprenne bien qu’ils sont vraiment très méchants et pas nets. Ils sont au service d’un vilain monsieur qui est jaloux du pouvoir de sa sœur, la maman (peut-être avec un h) des gentils vampires.
Et pour défendre tous ces gentils vampires innocents contre une soixantaine de méchants sans âmes qui sont remplacés dès qu’on les tue on a quoi ? Cinq gars en cuir et chemises en soie, avec des shuriken et des dagues.
Hmmmmouais.
J.R. tu me donnes la migraine…
Evidemment les gars en cuir ont trop de problèmes et sont quasiment tous des mal-aimés. C’est pratique quand on veut écrire une série de RP, on va tous les caser et leur offrir la rédemption au fil des volumes et pour montrer l’exemple on va commencer par leur chef, le roi pleurnichard qui n’assume pas ses fonctions. Mais ça n’est pas sa faute, bien entendu, c’est juste qu’il a peur de mal faire…
Ces personnages sont à pleurer de rire tellement ils sont archétypaux.
D’abord, il y a Kolher, 2m12, quasiment aveugle, revêche, mais c’est parce qu’il a bobo à son petit cœur. Le mec torturé de base, avec un passé douloureusement tragique, et sans doute le plus bourrin de la bande (quoique le flic n’est pas non plus en reste dans le genre…)
Au départ il ne veut pas de Beth, mais son honneur va le pousser à s’occuper de la pauvre petite qui, sans la pureté de son sang, ne pourrait sans doute pas survivre à sa transition. (Les vampires ne se transforment qu’à l’âge de 25 ans et ont pour cela besoin du sang d’un autre vampire de sexe opposé. Idée qui n’est pas mauvaise en soi.)
Kolher n’est pas capable de distinguer les traits de Beth, mais il voit une goutte de jus de fraise couler sur son menton… Ben voyons…
Il a un putain de caractère, il déteste les humains, mais va devenir tout gentil et les adorer du jour au lendemain juste pour les beaux yeux de sa chérie (sa femelle, devrais-je dire. Oui, comme les animaux, des mâles et des femelles, c’est perturbant au départ, mais bon…). Et il va regretter d’un coup toutes ces années passées à maltraiter son ex… C’est beau l’amour, ça vous change une vie de merde en un claquement de doigts.
Puis on a Beth, l’orpheline censément futée (on verra plus tard que c’est du flan). C’est une bombasse, bien évidemment, mais solitaire et frigide (à défaut d’être vierge comme c’est tellement souvent le cas dans les RP. Mais bon, pour la vierge de service, on a l’ex de Kolher).
Cette chère Beth se transforme d’un coup en poupée salope (précommandez la vôtre pour noël, les stocks sont limités) et commence à se frotter à un inconnu en répétant, en mode disque rayé, « touche-moi », « caresse-moi ». Et ce, mes bons amis, juste parce qu’il sent le cul.
J’exagère ? Que nenni… Ces vampires ont un odorat très important et ils passent leur temps à se renifler. Bon, pourquoi pas, me direz-vous… Mais ça donne lieu à tout un tas de « sentir son odeur suffisait à le faire bander » Enfin, un rien le fait bander ce brave Kolher, la voix de Beth, son aura, son souvenir même, alors on n’est pas à ça près…
Il passerait son temps le nez entre ses cuisses… Mais ne veut bien entendu pas admettre qu’il est totalement shooté à elle… Vous savez comment ça va finir, mais l’auteur a décidé de vous rallonger indéfiniment la sauce… On utilise la traditionnelle technique du chat et de la souris, puis du quiproquo qui permet de remplir une trentaine de pages avant de s’évanouir tout d’un coup et de finir en orgie de sexe. Ils ne se sont pas expliqués, mais ça n’est pas grave… Le quiproquo, outil béni des auteurs de romance, revient toujours en force !
Et c’est ennuyeux, tellement ennuyeux de les voir se tourner autour… Surtout qu’ils sont aussi antipathiques et pitoyables l’un que l’autre.
Les personnages secondaires, même s’il y en a de plus sympathiques que d’autres, n’apportent pas grand-chose à cette histoire qui est surtout très hypocrite. On veut nous faire croire qu’il y a une intrigue secondaire, que l’histoire d’amour (ou de cul) n’est pas l’essentiel du roman, mais en fait c’est juste un peu de poudre aux yeux.
Non, vraiment, je me suis rarement autant ennuyée. J’ai trouvé ce bouquin tellement machiste et mièvre que j’en reste écœurée. Certaines choses dans cette histoire m’ont agacée ou ennuyée, d’autres m’ont heurtée aussi parfois. Je n’arrive pas à comprendre l’engouement que génère cette série..
Je crois que j’ai préféré le premier volume du Cercle des immortels (qui, de mon point de vue, allait pourtant au-delà des limites du ridicule) et même le harlequin lu pour le défi de l’année dernière (c’était bien plus drôle et moins hypocrite), c’est dire…

Comme il faut bien que cette lecture ait une utilité et que je galère pour trouver des auteurs américains pour mon défi, ce roman sera le premier dans la catégorie « auteurs nord-américains vivants ».

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De Bernard Werber.
Édition Le livre de poche.

Présentation de l’éditeur :
Imaginez un livre qui serait comme un ami de papier. Imaginez un livre qui vous aide à explorer votre propre esprit. Imaginez un livre qui vous entraîne vers le plus beau, le plus simple et le plus étonnant des voyages. Un voyage dans votre vie. Un voyage dans vos rêves. Un voyage hors du temps. Ce livre vous le tenez entre vos mains.

Ouais, bon, imaginez…
Imaginez surtout qu’une amie vous offre ce bouquin, qu’il ne vous inspire pas, mais qu’elle insiste lourdement, alors, pour lui faire plaisir, vous décidez de vous y mettre… Imaginez au final que vous n’avez jamais aussi mal employé une heure de votre temps qu’en lisant ce livre qui, dieu merci, avait au moins le mérite d’être court.
Et même si je n’étais pas très enthousiaste, je vous promets que j’ai ouvert ce livre sans a priori. D’ailleurs, ça ne commençait pas si mal… Le livre me parlait… Un peu prétentieux le bouquin, parce qu’il croyait être le premier à le faire, mais bon, pourquoi pas… Il me racontait des tas de trucs que tout lecteur passionné sait déjà, me léchait un peu les bottes au passage… Et il m’a proposé d’aller faire une petite balade avec lui… Naïve je suis, j’ai suivi le livre et je me suis embarquée pour le voyage le plus superficiel, le plus ennuyeux et vide de sens que j’ai pu vivre.
Ce livre, qui se veut initiatique et bien pensant (il prendra d’ailleurs très souvent le parti de penser à votre place, des fois que ça puisse vous fatiguer de le faire seul) est en fait basé sur le principe de la visualisation créative. Principe new age qui vise à faciliter la relaxation ou la connaissance de soi en utilisant une trame de « voyage » ou de « création personnelle » prédéfinie et à étudier par la suite la façon dont notre esprit en a géré la symbolique, elle peut être un outil aussi intéressant que vain si elle est mal utilisée ou mal construite au départ. Créer une trame de visualisation ne s’improvise pas.
Disons-le tout de suite, les différents voyages proposés par ce livre ne m’ont vraiment pas convaincue. Outre le fait qu’ils sont superficiels et ne visent qu’à faire penser au lecteur qu’il est exceptionnel, plutôt que, par exemple, à lui faire chercher de nouvelles facettes de sa personnalité ou mieux comprendre certains de ses comportements, ils sont également bien trop subjectifs. Ils vous imposent ce que vous devez penser ou ressentir et ça c’est totalement contraire au principe de la visualisation qui est et doit rester personnelle, uniquement soumise à la subjectivité de celui qui la pratique et non de celui qui l’a créée.
Je pense que si une quelconque divinité régissant cet univers (qui comme chacun sait est l’estomac d’un dragon ou, peut-être, à la rigueur, un de ses intestins) a trouvé judicieux de nous doter de la capacité de penser, ce n’est pas pour que nous laissions à quelqu’un d’autre, du genre un auteur qui avait un creux dans son emploi du temps, le loisir de manier à notre place les rênes de notre raison et de notre sensibilité, même si c’est pour insuffler dans notre esprit des pensées dégoulinantes de bons sentiments.
Je suis un esprit pragmatique et je ne me laisse pas embarquer facilement, je l’admets, mais j’en connais un rayon sur la question des visualisations. Et, si je suis loin de verser facilement dans le mysticisme, je ne suis pas non plus réfractaire à ce genre de théories. Cela étant dit, pour vous assurer que, si à la base je n’étais pas cliente, je ne suis pas non plus rebutée par le principe, je ne pense pas que ce livre ait un quelconque intérêt en la matière. Et franchement, plus on avance dans la lecture et plus ça devient du grand n’importe quoi…
La seule vérité que j’ai tirée d’entre les pages de ce livre, c’est qu’il admet qu’on n’a pas besoin de lui…
Alors, si vous voulez vous évader, lisez donc un bon roman et si vous vous intéressez aux visualisations, je crois que même le plus amateur des magazines féminins a mieux à vous offrir.

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