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Archive for the ‘Carnet mimosa’ Category

Un roman de Robert Montgomery Bird, publié Aux forges de Vulcain.

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Présentation de l’éditeur :

Qui n’a jamais rêvé d’être quelqu’un d’autre ? D’échanger sa place avec un autre ? Début du 19ème siècle, Philadelphie : un jeune Américain, Sheppard Lee, se découvre capable de migrer de corps en corps : il sera un riche, un pauvre, un fou, un esclave. Et ses multiples réincarnations vont peu à peu dessiner le portrait de la société américaine, une société folle et cruelle. Chaque fois qu’il se retrouvera dans un nouveau corps, Sheppard Lee fera sienne de nouvelles habitudes, pensées et manières de s’exprimer et le roman épousera ces transformations, alternant entre le roman d’éducation, le conte gothique, le récit de science-fiction, le roman social, tout en conservant une force picaresque sans pareille. Cartographie mentale de l’Amérique et témoignage de son époque sur les pionniers, l’abolitionnisme et le populisme naissant, ce roman a été un immense succès à l’époque de sa publication, contemporaine de celle de La démocratie en Amérique d’Alexis de Tocqueville. Inspiré par le Frankenstein de Mary Shelley, salué par Edgar Allan Poe, Sheppard Lee est le premier grand roman américain. Oublié au 20ème siècle, il a été redécouvert au début du 21ème siècle et loué, à la fois comme un roman postmoderniste avant l’heure, et comme une prémonition de l’Amérique délirante des présidents Bush et Trump. Traduit pour la première fois en français, ce roman inouï est suivi d’une postface du traducteur, Antoine Traisnel, grand spécialiste de l’oeuvre de Nathaniel Hawthorne.

Sheppard Lee, le narrateur et personnage principal de ce roman, est un jeune fermier du New Jersey au XIXe siècle. Son père, homme sagace et industrieux, a su tirer parti de son maigre patrimoine et, si le fils avait été pour moitié aussi travailleur, ce dernier aurait pu vivre dans une relative aisance. Cependant, Sheppard est un homme dolent et mal dégrossi, le genre à n’être jamais satisfait de son sort, tout en ne sachant pas vraiment où il a mal. En cherchant à se distraire et à travailler le moins possible, il gaspille peu à peu son patrimoine et achève de le mettre à mal en tentant de « se refaire » par des moyens tous plus stupides les uns que les autres… Néanmoins, en allant de mal en pis, sa situation va le conduire à la découverte d’un don singulier : Sheppard serait capable de migrer dans n’importe quel cadavre et de faire siens, outre le corps, les souvenirs (avec toutefois un temps d’adaptation) et la personnalité de son hôte. Ainsi, le fermier fainéant et benêt va bondir de vie en vie, mesurant les existences de ses compatriotes à l’aune de la sienne.
Sheppard Lee, écrit par lui-même, est présenté comme les mémoires de son prétendu auteur. Mais un homme qui change de corps comme de chemise et embrasse alors une toute autre personnalité est-il jamais lui-même ? L’identité, par ailleurs totalement assujettie au corps et conditionnant la destinée, semble être la question majeure de ce récit. Pour autant, elle n’en permet pas moins à son auteur une critique sociale acerbe.
Sheppard sera bourgeois puis dandy désargenté, usurier, philanthrope, esclave et riche propriétaire terrien en proie à l’hypocondrie… Au fil de ces rencontres, le lecteur prend la mesure des différences de classes et des drames de chacun de ces personnages, mais Sheppard, lui, ne semble rien apprendre. Pour ce personnage, il s’agit plus d’une fuite en avant que d’une tentative d’amélioration de son existence. Plus il migre d’un corps à l’autre, plus il s’efface dans la personnalité qu’il emprunte. Enfin, jusqu’à un certain point… Celui où il se trouve, une fois de plus, l’être le plus malheureux du monde.
Ce procédé illustre parfaitement une doctrine qui, en substance, nous conte que l’âme est une force de vie sans personnalité, mais que l’esprit, lui, est totalement soumis au vaisseau charnel. Si on peut déplorer ce choix qui entrave le personnage et donc les possibilités de l’histoire, l’auteur a indubitablement su en tirer le meilleur parti.
Par bien des aspects, ce roman est très intéressant et j’ai beaucoup apprécié sa dimension sociétale. Néanmoins, il me faut admettre que ce ne fut pas pour autant une lecture agréable. La narration, qui conte au lieu de montrer — ce qui demeure cependant assez logique dans le contexte —, alourdit le récit, d’autant que Sheppard prend grand plaisir à se répéter. Pour exemple de ses incessants rabâchages, je citerai l’une de ses premières transformations. Afin d’éveiller les souvenirs liés à son nouveau corps, il demande à un ami de lui conter son histoire et, en la retranscrivant (laborieux récit de seconde main… Ou devrais-je dire de seconde voix ?), il se sent obligé de préciser de très nombreuses fois qu’il s’agit de la vie du corps qu’il occupe à ce moment-là. On aurait du mal à ne pas le savoir… Cela m’a souvent agacée en cours de lecture, mais je me dois de reconnaître qu’après avoir tourné la dernière page j’ai pu envisager différemment ces pénibles répétitions. Enfin, cela n’enlève rien au fait que l’on se sent souvent embourbé dans une histoire qui, en majeure partie, n’avance pas, bien qu’elle puisse s’emballer à tout moment et nous offrir alors des passages qui ne dépareraient pas dans un bon roman d’aventures, créant ainsi un certain déséquilibre.
Le récit ne manque pas d’humour, mais s’il est aisé d’apprécier le comique de situation, le sarcasme et l’humour très noir mis en scène, je n’ai sans doute pas toutes les références culturelles, et surtout historiques, relatives aux U.S.A. qui m’auraient permis de l’estimer à sa juste valeur et cela au-delà du seul point de vue humoristique.
Pendant une bonne partie du roman, je me suis demandé quel intérêt il y avait à faire migrer un homme de corps en corps, puisqu’il s’effaçait au profit du précédent occupant de ses corps d’emprunt (notons d’ailleurs qu’il n’est jamais femme). Cela est d’autant plus rageant que Sheppard ne semble pas du tout évoluer ni retenir quoi que ce soit à la fois des situations vécues ou des aptitudes de ses vaisseaux. Toutefois, la fin nous démontre que l’auteur n’a pas fait ces choix sans raison et morale il y a, même si je la trouve très américaine — et un rien chrétienne — par essence. Pas que je sois dubitative sur le fond, mais cela manque un peu de subtilité.
Au final, je dirais qu’entre ce livre et moi la rencontre a failli être totalement ratée. Le personnage antipathique et certains chapitres par trop longuets n’ont pas eu raison de ma patience car il y a une vraie réflexion dans cette histoire, même si elle n’est pas suffisamment développée à mon goût. La pointe de fantastique (et je ne me réfère pas ici uniquement à la métempsychose) apporte une touche de fraîcheur et d’insolite qui rend le tout plus ludique. En tout cas, cela m’a plus amusée que les jeux de mots sur les noms des personnages…
Sheppard Lee est donc un ouvrage intéressant, très caustique, oscillant entre le roman d’aventures et le roman de mœurs. Très critique envers l’humanité, voire fataliste par instant, il use des stéréotypes avec intelligence pour peindre les travers d’une époque qui, pour éloignée qu’elle soit, n’en possède pas moins de tristes ressemblances avec la nôtre. En cela, ce roman demeure très actuel.

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Un roman de Joseph Fink et Jeffrey Cranor, disponible en grand format chez Bragelonne et en poche chez Le Livre de Poche.

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J’ai gagné mon exemplaire grâce à l’équipe des Valnuitains qui traduisait bénévolement le podcast en français. Pour cela et pour le super boulot qu’ils ont accompli, je les remercie.

La version française, qui allait jusqu’à l’épisode 23, n’est malheureusement plus disponible, il faudra donc vous rabattre sur l’originale.

Vous pouvez découvrir ici mon avis sur le podcast.

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Pour commencer, posons les bases…
Night Vale est une ville étrange où toutes les théories du complot et les bizarreries en tous genres se télescopent sans que cela ne fasse ni chaud ni froid à ses habitants. Les épisodes du podcast sont présentés comme les extraits d’une émission diffusée par la radio locale et animée par Cecil Palmer. Nous observons donc toujours Night Vale et les gens qui y vivent par le regard de cet homme, résolument enthousiaste et optimiste. Or, s’il fait quelques incursions dans le roman sous forme d’intermèdes, il n’est qu’en arrière-plan et, pour une fois, limité à la perception que les autres ont de lui.
Ce récit va plutôt s’attacher aux pas de Jackie, dix-neuf ans depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvienne, qui tient le mont de piété et de Diane Crayton, que les auditeurs du podcast connaissent pour son poste dans l’association des parents d’élèves.
Outre ces deux femmes, on retrouve des personnages connus : La vieille Josie et ses anges, l’homme à la veste fauve ou encore Steve Carlsberg, la bête noire de Cecil, et on en apprend davantage à leur sujet.
Grande fan du podcast, j’étais ravie de lire ce livre, mais il m’a fallu un certain temps pour trier mes impressions. Cette chronique a été particulièrement ardue à écrire. Je ne voudrais pas vous dégoûter de l’univers si riche et fascinant de Night Vale, cependant je me dois d’être honnête : le roman n’est pas à la hauteur du podcast. Il a de grandes qualités, mais aussi quelques défauts qui peuvent rendre la lecture très fastidieuse.
Si je n’avais pas écouté le podcast avant, j’aurais eu du mal à entrer dans cette histoire. Il est de prime abord difficile de situer l’intrigue ou les personnages. On part d’un côté, puis de l’autre, sans que l’intérêt soit tout de suite accroché. Le style est aussi haché que le scénario, déconnecté je dirais. C’est voulu, pour que les bizarreries qui débaroulent soient encore plus saugrenues, cela est censé désarçonner le lecteur. N’oubliez pas que les situations les plus étranges et absurdes sont banales à Night Vale. Mais ce qui passe très bien à l’écoute devient assez vite pénible à la lecture.
Cela étant, il y a de très bons passages et une exploration des personnages différente puisque non soumise à l’appréciation de Cecil. Pour autant, le rythme pèche. L’intrigue piétine énormément. J’ai souvent eu l’impression d’être engluée et que chaque pas en avant me coûtait.
C’est dommage car quand on sort de ces boucles léthargiques, l’histoire est intéressante et j’ai même fini par m’attacher aux personnages (Dieu sait que Diane m’exaspérait pourtant). Ce roman parle d’identité, de la difficulté de grandir et d’être fidèle à soi-même, de famille et d’amour maternel-filial aussi.
Je reste mitigée mais une chose est sûre : je vous conseille d’écouter le podcast, beaucoup plus fun, avant de tenter cette lecture.

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Découvrez également les avis de Chani et Acr0.

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Un roman de Ann Hood, publié chez City éditions.

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Mary a brutalement perdu sa fille et ne sait plus trop où elle en est. Alors qu’elle s’enlise dans la dépression, elle va suivre le conseil de sa mère, avec qui pourtant elle ne s’entend pas. Mary va apprendre à tricoter pour s’évader, pour tenir à distance les pensées qui tourbillonnent et les gens trop compatissants qui accentuent son mal-être. Ce roman parle de deuil, de dépression, mais aussi de reconstruction.
J’avais envie d’une lecture réconfortante, quelque chose de simple, de doux. Alors j’ai ouvert ce livre, parce que je suis une tricoteuse et que je pensais que cette histoire serait amusante et légère, reposante. Je lis rarement les quatrièmes de couverture… « Oh non », me suis-je dit alors qu’entamant le premier chapitre je tombai sur cette maman endeuillée. Je n’avais pas envie de lire l’histoire de Mary, pas envie de porter le poids de son chagrin de papier.
Pourquoi suis-je passée outre ? Je ne le sais pas trop moi-même. Peut-être parce que petit à petit je me suis sentie proche de Mary pour diverses raisons et que cela a perduré dans les premiers chapitres. Après, j’étais lancée…
La forme du récit rappelle un peu L’école des saveurs d’Erica Bauermeister. On découvre les personnages secondaires au fur et à mesure. Ce roman ressemble à un tissage dont Mary serait la chaîne. Sur sa propre histoire s’entrecroisent les fils de ses camarades du cercle de tricot. Ils sont la trame de l’ouvrage, lui apportent de la couleur, de la texture, une raison d’être, faisant ressortir ses propres peines en la confrontant aux leurs.
Disons-le franchement, ce Cercle des tricoteuses devrait plutôt s’appeler le cercle des dépressifs… Pas un des personnages n’est heureux. Tous portent le poids d’un deuil, d’un traumatisme ou la menace d’une épée de Damoclès. Si ce roman se lit très vite, il n’est pas de ceux que l’on ouvre pour se détendre. Les notes d’espoir se font rares. Je pense que j’ai continué ma lecture pour évacuer le mal-être de ces personnages et que leurs histoires ne me trottent pas plus longtemps en tête.
Je n’ai pas aimé la vision du tricot que dépeint l’auteur. Certes, tricoter à la chaîne aide à tenir à distance les pensées parasites, à s’apaiser, à s’organiser même, mais c’est tellement réducteur ! Tricoter peut être une thérapie, mais c’est également fun, créatif, valorisant. Contrairement à ce qui est dit entre ces pages, le produit fini a de l’importance. Il est la récompense de tant d’efforts…
Au-delà de cette considération très personnelle, les gros clichés bien patauds m’ont beaucoup agacée. Le récit en est truffé, c’est tellement poussé que cela en devient ridicule par moment. Et c’est dommage, vraiment, car cela dépare les bons côtés du roman.
De surcroît, ce texte est plein de défauts formels. Parfois les ellipses ne sont pas marquées par un saut de ligne. On est chez Mary qui discute avec son époux et elle se trouve d’un coup au cercle de tricot à observer ses camarades… Il y a en outre ce que je suppose être des erreurs de traduction, assez fréquentes chez cet éditeur (comme le problème des ellipses d’ailleurs). Pour citer quelques exemples, les pompons désignent en fait des franges, les mailles envers sont appelées points mousse, j’en passe et des meilleures… Ça ne dira rien aux personnes qui ne tricotent pas, mais ça prouve la piètre qualité du travail qui a été fait sur ce texte.
Malgré tout, j’ai trouvé touchants certains personnages quand d’autres m’ont laissée de glace. Probablement parce que leurs malheurs ont pincé quelques cordes sensibles. J’espérais une fin heureuse pour eux.
Ce roman a cela de réussi qu’il nous rappelle que derrière le succès, la perfection, mais aussi la froideur ou la bizarrerie, il y a nos drames invisibles, nos hantises, nos regrets… Il nous rappelle qu’il est plus facile parfois de tendre la main ou de se confier à des inconnus, mais surtout que les attitudes de façade sont trompeuses et qu’être en permanence dans le jugement d’autrui ne génère que davantage d’incompréhension et de souffrance.
Il y a du bon et du mauvais dans cette lecture. Elle ne me marquera pas. Pour autant, je ne regrette pas le temps que je lui ai consacré. À vous de vous faire votre opinion.

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Un roman de Mark Gatiss publié chez Bragelonne.

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Présentation de l’éditeur :
Une immersion étourdissante dans le monde fascinant de la haute société edwardienne – et de ses bas-fonds. Plongez dans cette aventure de Lucifer Box, portraitiste de talent, dandy, bel esprit, mauvais garçon… et le plus irrésistible des agents secrets de Sa Majesté. Où il découvre qui s’amuse à assassiner les meilleurs scientifiques du royaume – tout en déterminant la façon la plus seyante de porter un œillet blanc à sa boutonnière.

Un roman d’espionnage dans un univers steampunk, comment aurais-je pu manquer cela ? Étant de surcroît fan de Sherlock, série dans laquelle Mark Gatiss officie en tant qu’acteur mais également scénariste, j’étais très curieuse de découvrir les aventures de Lucifer Box. Mais j’en attendais peut-être trop et le bilan est plus que mitigé…
Ce roman est avant tout l’incessant verbiage d’un dandy narcissique au dernier degré… Lucifer se trouve beaucoup de charme, néanmoins, si celui-ci opère relativement bien sur les autres personnages, il n’a jamais eu d’effet sur moi. Malheureusement, ce n’est pas non plus le genre de personnage imbu de lui-même qu’on adore détester, il est juste agaçant. Il peut faire parfois preuve de bons sentiments (qui ne suffisent pas à le rendre sympathique), mais il est la plupart du temps odieux, égocentrique, indélicat et caractériel. C’est très pénible à force, d’autant que l’intrigue est à la fois poussive et simpliste. Tout est lié, tout lui tombe tout cuit dans le bec. Il suit le flot des événements bien tranquillement et le hasard faisant tellement bien les choses, la piste se déroule seule sous ses pas comme un vaste tapis rouge.
Il n’est pas non plus aidé par les seconds rôles, tous plutôt fades et caricaturaux.
On nous promet de l’humour et il y en a, heureusement d’ailleurs. Cabotin, un peu grinçant et répétitif, mais ça fait passer le temps. Par contre, les jeux avec les noms deviennent assez vite lassants. Le tout manque de finesse, mais c’est surtout une question de goût.
Je sais qu’il y a pire et que le fait d’avoir lu beaucoup trop de romans de ce genre me rend peut-être plus exigeante que je ne le devrais. Cependant, j’en attendais beaucoup mieux et au final me suis ennuyé ferme. Si j’avais apprécié le narrateur, j’aurais mieux supporté de tout voir venir avant lui.
C’est dommage, il y avait de l’idée. Pour autant, je vais en rester là avec cette série. Ça ferait un peu cher la seconde chance…
J’en profite également pour glisser un mot sur la collection steampunk de Bragelonne dont le design est superbe. Les couvertures sont belles, la mise en page soignée, cependant… les matériaux se révèlent décevants. Ces livres vieillissent mal, mais encore faut-il qu’ils en aient le temps. Les dorures se font la malle, les pages ne sont pas toujours bien massicotées et le collage montre vite ses limites… Quand on achète un grand format, ce n’est pas pour que les pages se détachent à la première lecture.

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Pour d’autres avis, vous pouvez consulter Le Bibliocosme ainsi qu’Un Papillon dans la Lune.

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Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Lire une œuvre de SFFF écrite par une personne issue ou militant pour la communauté LGBTQIA.

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L’Emprise du Lwa

Un roman de Patrice Mora, publié aux éditions du Petit Caveau.

 

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Présentation de l’éditeur :

Au cœur de Paris, à quelques mois de l’exposition universelle, Mortimer et Lawrence se voient confier une nouvelle mission.
Les deux gentilshommes doivent se rendre à l’ambassade d’Autriche Hongrie.
Membres de la Loge, organisation occulte chargée de réguler les interactions de la capitale des enfers sur le genre humain, ils entendent mettre un terme à une odieuse alliance.

Alors qu’ils délivrent l’avertissement de la Loge, ils remarquent la présence d’un étrange dandy.
Noyé dans la mousseline des robes de soirées, il évolue aussi bien parmi les diplomates que les démons infiltrés.
Le curieux personnage laisse dans son sillage une aura pimentée aussi puissante qu’une malédiction exotique.
Sa seule présence se pose aussitôt comme une nouvelle énigme.

À la recherche d’une explication, Lawrence va entrainer son novice Mortimer dans l’univers du vaudou, où les relents de la mort se mêlent aux arômes de rhum et de tabac…

La couverture est magnifique. Elle promet une ambiance sombre et baroque, des mystères, du Vaudou… Tout ce que j’aime.
Malheureusement, elle ne tient pas ses promesses… Et j’en suis toujours à me demander quel personnage de cette histoire elle est censée représenter. Cette lecture m’a déçue.
L’Emprise du Lwa commence comme un roman feuilleton. Ce sentiment est vite renforcé par la narration au présent. Le lecteur est propulsé dans l’action sans préambule, il s’imagine avoir affaire à une intrigue en épisodes mais est vite dérouté par l’enchaînement des événements. L’impression d’avoir pris en cours un train lancé à pleine allure ne s’estompe jamais et on peine à trouver une place assise… Pas très drôle quand tout ce qu’on a à faire consiste à regarder défiler le paysage.
On ne nous présente jamais vraiment les personnages et leur personnalité est peu développée. Ils passent leur temps à lisser leurs moustaches et on nous avertit à chaque fois que l’un d’eux, fumeur compulsif, allume une cigarette, au point que ça en devient exaspérant. Les informations que l’on glane sur ce duo ou sur le groupe qu’ils représentent ainsi que leurs ennemis sont minimes. Dans ce cas, il est bien difficile de s’impliquer dans l’histoire.
J’ai du mal avec les narrations à la première personne dans lesquelles le personnage décrit les moindres mimiques ou gestes qu’il fait. Je ne trouve pas cela naturel et on pardonne moins ce qui apparaît comme des lourdeurs en comparaison d’une narration à la troisième personne. Le présent se justifie, il ménage un certain suspense, mais la première personne n’apporte pas grand-chose. Il m’a semblé être entraînée dans une énumération d’actes plus ou moins anodins d’un bout à l’autre du récit. C’est d’autant plus lourd dans les scènes de combats, et il y en a beaucoup… J’ai eu l’impression de regarder quelqu’un jouer à un jeu vidéo. Tout est très visuel et linéaire.
On suit… Dans les rues, dans les limbes, dans les couloirs… On ne fait que suivre et regarder des gens se battre. J’avoue que ça n’est pas du tout ce que j’attends d’une lecture. Je veux réfléchir, ou au moins me poser des questions. Je veux une intrigue consistante, pas galoper derrière des personnages tout juste esquissés sans savoir ce que je fais là.
J’attendais autre chose. Je m’intéressais surtout à cet ouvrage pour l’aspect vaudou, mais au final on ne sait pas trop comment ce Lwa est arrivé là et ses motivations sont tirées par les cheveux.
Je ne me suis pas sentie concernée. En fait, j’irai même jusqu’à dire que je me suis ennuyée.

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Une BD scénarisée par Toldac et Pierre Makyo, illustrée par Frédéric Bihel et publiée chez Futuropolis.

 

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Présentation de l’éditeur :

Nina de Beaumont est anhédonique, c’est-à-dire qu’elle ne prend de plaisir à rien depuis la mort accidentelle de sa mère lors d’une avalanche. Elle avait six ans. À ce jour, elle a essayé toutes sortes de thérapies, mais aucune n’a réellement produit de mieux-être. Et pour elle, désormais, le bonheur c’est de ne pas avoir de bonheur. Son père, Antoine de Beaumont, est désespéré : Nina est tout pour lui. Il fait appel à une agence matrimoniale d’un type nouveau, «révolutionnaire», pour s’occuper de sa fille, car il se rend compte qu’il a tout essayé pour améliorer le sort de Nina… Tout sauf l’amour.

Depuis qu’elle a perdu sa mère, Nina s’interdit le bonheur ainsi que le moindre plaisir. Elle va jusqu’à faire des choses qu’elle déteste pour ne jamais perdre de vue le drame qui a mis un terme à son enfance et à son insouciance. C’est sa façon de porter le deuil. Toutefois, son père s’inquiète et il est désespéré. Il a presque tout essayé pour sauver sa fille d’elle-même, cependant la vie va lui faire entrevoir l’opportunité d’une dernière tentative.
Tout sauf l’amour est une sympathique BD d’une petite centaine de pages, qui évoque les traumatismes, qui nous détruisent et nous reconstruisent pour le meilleur et le pire, ainsi que l’étrange alchimie de l’amour.
À la lecture des premières pages, je n’étais pas du tout convaincue. Pourtant, je me suis laissé aller à apprécier l’histoire petit à petit. Ce n’est pas le scénario du siècle, il est aussi capillotracté que prévisible, néanmoins il fonctionne.
José est un personnage arrogant, plutôt antipathique de prime abord. C’est un jeune homme très axé sur lui-même. Il a des tas de théories scientifiques sur l’amour et ne voit pas plus loin que cette petite part de vérité. Si les hormones jouent sans nul doute un rôle dans le ballet des sentiments humains, n’y a-t-il pas autre chose d’impossible à expliquer ?
Nina est plus touchante. On ressent sa grande tristesse, mais aussi une forme de fatalisme qui donne envie de la secouer, même si on la comprend.
Leur histoire est certes évidente, mais tout de même agréable à découvrir. Je regrette cependant la fin, un peu bâclée à mon goût. Ceci dit, je reconnais qu’il est difficile de développer un récit complexe en si peu de pages, c’est dommage.
Tout sauf l’amour est une jolie BD. Ce n’est pas vraiment le type d’illustrations que j’apprécie, surtout à cause de la colorisation très « granuleuse », cependant c’est une question de goût, non de qualité. Le dessin lui-même est très minutieux. Le soin apporté aux détails, ainsi que les expressions faciales de Nina m’ont plu.
Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment de lecture, même si le scénario reste trop superficiel.

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J’ai été voir Alice de l’autre côté du miroir sans a priori ni grandes attentes. J’espérais juste un film un peu loufoque et distrayant.
Contrairement à beaucoup de gens, j’avais bien aimé le précédent opus. Pas vraiment du Burton, pas non plus du Alice au Pays des merveilles, ça c’est sûr, mais c’était sympathique. Le deuxième film, par contre, m’a semblé clairement en-dessous.
Le retour d’Alice au Pays des merveilles se fait une fois de plus à un moment charnière de son existence. C’est une nouvelle fuite en avant qui l’empêche de s’interroger sur sa propre vie, du moins sur le moment. Cependant, en voulant aider ses amis, c’est son avenir qu’elle va remettre en cause.
Le film est axé sur les erreurs que l’on commet, avec de bonnes ou de mauvaises intentions, sur l’égoïsme, l’orgueil mal placé, les incompréhensions et l’implacabilité du temps. Ainsi sont pointés du doigt les déboires familiaux d’Alice, du Chapelier et des deux Reines. Néanmoins, cela manque de finesse.
Mia Wasikowska est toujours aussi falote, ce qui cadre moins avec la femme qu’Alice est supposée être devenue. Johnny Depp et Helena Bonham Carter n’ont malheureusement pas l’occasion de sauver les meubles et le Temps (Sacha Baron Cohen) censé être un personnage principal, reste anecdotique.
Les visuels sont superbes, cependant je me suis ennuyée pendant toute la première moitié du film. La seconde est plus enlevée, mais n’est pas parvenue à me laisser une bonne impression de ce long métrage. Le scénario est assez plat, très linéaire (le comble pour des voyages temporels) et la morale gentillette très prévisible.
Au final, je suis plutôt déçue. Ce film se laisse regarder, mais il manque cruellement de plussoyance.

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