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Posts Tagged ‘théâtre’

J’ai un peu tergiversé cette année, mais je me suis finalement décidée à relancer ce mini-challenge qui est devenu une tradition de ce blog (même si cela n’amuse que moi).

Je vous propose de lire ou relire cet été une pièce de Shakespeare. Prenez deux heures de votre temps et choisissez celle qui vous fait le plus envie. Vous pouvez lire une pièce que vous ne connaissez pas, tenter la version originale ou découvrir une nouvelle traduction, selon votre humeur. Libre à vous ensuite de partager votre ressenti sur votre blog ou dans les commentaires de cet article si vous n’en avez pas.

Les années précédentes, j’ai lu :
La Nuit des rois
Le Marchand de Venise
Cymbeline

Cette année, j’ai envie de relire Hamlet.

*

estives_shakespeariennes

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C’est ma marraine, férue de théâtre, qui m’a fait découvrir cette pièce il y a de ça une bonne dizaine d’années, lui conférant ainsi un statut particulier dans mes lectures shakespeariennes. La relire cet été était pour moi un acte symbolique et chargé de nostalgie, une sorte d’hommage dédié à une personne qui me manque beaucoup au quotidien.
L’exemplaire que je possède a été publié par les éditions théâtrales et on y trouve d’abondantes notes sur le texte lui-même, mais également une notice bibliographique conséquente et une analyse de Margaret Jones-Davies, maître de conférences à la Sorbonne. Documents que je n’ai pas relus cette fois-ci mais qui sont très intéressants. La traduction, que l’on doit à Jean-Michel Déprats, est plaisante, fluide et moderne, ce qui est particulièrement bienvenu pour cette pièce-ci.
Cymbeline n’est pas l’une des pièces les plus connues – ni les plus appréciées – du théâtre shakespearien. Certainement plus agréable à voir qu’à lire, elle est en fait un peu trop… « tout ». Cela n’est pas aisé à mettre en mots et le théâtre ne pèche pas quand il se fait le genre de l’excès. Cependant, cette pièce-ci manque de la subtilité à laquelle le dramaturge nous a habitués. Elle est trop lisse, héritière toute rapiécée d’autres textes plus aboutis.
On y trouve un peu tous les thèmes qui font le théâtre shakespearien, entre autres choses : La femme calomniée et qui se travestit en homme, la jalousie exacerbée par un mauvais sujet, une fausse mort et un roi injuste, aveugle à la vilénie de ceux qu’il croit ses plus proches alliés, des personnes disparues qui miraculeusement refont surface et une femme cruelle, prête à tout pour servir ses desseins…
Tandis que je lisais, j’entendais d’autres voix que celles des personnages… La colère d’Hero, les plaintes de Juliette, Le murmure fielleux de Iago dans l’oreille d’Othello… Tous se bousculaient pour me dire : ceci est à moi ! Cela m’a gênée, plus que le côté gentillet de la pièce, que pourtant je craignais plus.
Elle a pour vocation de flatter les puissants et de réjouir leurs cœurs, rien de plus. Cela est un peu trop flagrant à mon goût, même si le texte reste agréable. À défaut de tragédie, Cymbeline fait office de conte, bien qu’exempte d’éléments merveilleux. Probablement un peu décevante, pour qui connaît déjà beaucoup d’œuvres plus travaillées, c’est néanmoins une pièce à lire ou à voir, ne serait-ce que pour le personnage d’Imogène, forte et tenace dans l’adversité.

 

Ophélie - Ernest Hebert

 

En guise de conclusion, je vous offre la chanson éponyme de Loreena McKennit.

 

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C’est devenu une tradition de ce blog. Pour la troisième année consécutive, je vous propose de lire ou relire cet été une pièce de Shakespeare. Prenez deux heures de votre temps et choisissez celle qui vous fait le plus envie. Vous pouvez lire une pièce que vous ne connaissez pas, tenter la version originale ou découvrir une nouvelle traduction, selon votre humeur. Libre à vous ensuite de partager votre ressenti sur votre blog ou dans les commentaires de cet article si vous n’en avez pas.

Les années précédentes j’ai lu :
La Nuit des rois
Le Marchand de Venise

Cette année j’hésite entre Comme il vous plaira et Cymbeline.
Alors, est-ce que ce petit défi vous tente ?

 

Ophélie - Ernest Hebert

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Non, non, je n’ai pas oublié. Cet été j’ai relu la pièce que j’avais choisie, mais la chronique a tardé à venir pour diverses raisons. Il est assez difficile de parler de cette pièce douce-amère et de ce qu’elle représente pour moi.
Dans Le Marchand de Venise s’entrelacent deux intrigues principales. Bassanio veut obtenir la main de la belle Portia que son père, maintenant décédé, a décidé d’offrir à l’homme qui choisirait le bon coffret. Pour tenter sa chance, il a néanmoins besoin de redorer son blason et compte le faire avec la fortune de son bon ami Antonio le marchand, dont la prodigalité est bien connue à Venise. Cependant, les fonds du marchand ont été placés dans les expéditions de ses navires et il est donc contraint d’emprunter à Shylock le juif, usurier local et de loin son pire ennemi. Telle est la seconde intrigue car Shylock a bien des griefs contre Antonio et les amis de celui-ci.
C’est une pièce que de nos jours on considère comme subversive. À l’époque de Shakespeare, l’antisémitisme était malheureusement la norme. Le juif est donc avare, méchant et ridicule. Pourtant, se cache entre les pages la complainte de Shylock, comme si Shakespeare exhortait l’assistance à plus de compassion et à voir au-delà des clichés. Le monologue de Shylock est très connu et je l’aime beaucoup, je le trouve particulièrement poignant. Malgré tout, le cliché doit reprendre bien vite sa place dans la pièce car il n’est pas de bon ton pour l’époque qu’il en soit autrement. Cependant, le message est passé.
L’intérêt de l’autre intrigue se porte essentiellement sur les coffrets et la métaphore qu’ils constituent. J’ai un faible pour leur symbolisme. Mais les amours sont ce qu’elles sont et l’on se rend bien vite compte que, comme le dit l’un des personnages, l’on est plus ardent à la conquête qu’au profit de ses fruits. Les promesses ne valent pas grand-chose et si peu les victoires, même si les apparences sont sauves.
Le Marchand de Venise demeure l’une de mes pièces préférées et je serais curieuse de connaître votre avis sur les sujets qu’elle traite.

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Ophélie - Ernest Hebert

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J’aime les pièces de Shakespeare. Je ne m’en lasse pas. Je souhaiterais donc vous proposer d’en lire une durant l’été, n’importe laquelle, selon vos envies. J’avais proposé l’idée l’année dernière et même si elle n’avait rencontré aucun succès, j’ai envie de recommencer.
On n’a pas beaucoup de temps l’été en général, que l’on soit ou non en vacances. Cependant, lire une pièce ne prend pas un temps fou et c’est toujours agréable.
L’invitation vaut que vous ayez ou non un blog de lecture, bien entendu. Surtout n’hésitez pas à venir partager vos avis ici, même si vous n’écrivez pas de chroniques.
J’avais pris plaisir à relire La Nuit des rois et je sais déjà sur quelle pièce se portera mon choix cette année.
Alors, ça vous tente ?

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Ophélie - Ernest Hebert
Ophélie – Ernest Hebert

(Je sais, je ne me suis pas foulée pour le logo, mais je ne suis pas non plus très douée.)

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Cet été, j’ai proposé sur le forum de Vampires & Sorcières de lire ou relire une pièce de Shakespeare et de partager ensuite nos impressions de lectures.
Autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas eu un succès fou, mais ce n’est pas grave.

J’avais choisi La nuit des rois ou plutôt Le soir des rois dans la traduction que j’avais, qui est celle de François-Victor Hugo, et je l’ai lue au mois d’août.
Je pensais en posséder une version plus récente, ce qui n’est pas le cas, j’avais dû l’emprunter… Je l’avoue, je trouve les traductions d’Hugo vieillottes et un peu déficientes quand il s’agit de faire passer l’humour original. Mon niveau d’anglais étant ce qu’il est, le génie de Shakespeare étant lui aussi ce qu’il est, je ne suis nullement apte à juger de la qualité d’une traduction, quelle que soit la pièce de cet auteur dont il serait question. Cependant, en tant que lectrice, j’aime celles de Bonnefoy car il traduisait en poète. De toutes les traductions que j’ai pu lire, ce sont elles qui me touchent le plus, qui me rendent plus proche l’œuvre originale, en sensations si ce n’est en paroles.
Evidemment, parce que c’est Shakespeare, je peux profiter de ma lecture même derrière le voile d’une autre traduction… J’ai donc pris plaisir à redécouvrir cette pièce et, moi qui ai en horreur les histoires basées sur des quiproquos, je m’étonne toujours de les apprécier chez Shakespeare. Mais les amours des personnages et leurs chassés-croisés sont bien secondaires dans cette pièce, du moins de mon point de vue. Ce sont les facéties des personnages secondaires qui me ravissent le plus, la brillante intelligence du Fou, la rouerie de Maria et les prétentions de Malvolio… Sans parler de la finesse avec laquelle l’histoire est orchestrée…
Les multiples niveaux de lecture de cette pièce peuvent encore, après tant d’années, donner de quoi réfléchir à la lectrice que je suis. Ce fut un excellent moment de lecture et il m’a donné envie de redécouvrir d’autres pièces et de lire celles que je ne connais pas encore.

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Comédie en trois actes de Carlo Goldoni.

Mirandolina tient une auberge dans la Florence du XVIIIème siècle. Elle est séduisante et en a bien conscience, les clients se disputent pour ses beaux yeux. Aussi habile à la manipulation qu’elle est belle, elle sait bien quelles limites elle ne doit pas dépasser et tout en n’encourageant jamais ni ne promettant rien – si ce n’est à son valet qu’elle a juré d’épouser et qu’elle fait tourner en bourrique depuis des lustres – elle entretient les sentiments de ses admirateurs.
Mais il y a un homme qui d’emblée ne se montre pas aussi empressé que les autres, un chevalier qui n’hésite pas à la rudoyer, qui se déclare ouvertement misogyne… C’en est vite trop pour Mirandolina qui décide de le remettre à sa place et de le séduire pour lui montrer que les femmes ont vite fait de prendre l’ascendant sur n’importe quel homme…

Nous avons donc une femme sûre de son pouvoir de séduction et de son intelligence, qui prétend du reste défendre la cause de son sexe, un chevalier qui a une piètre opinion de la gent féminine et qui le fait savoir à tout un chacun, un valet amoureux et, de fait, jaloux, des comédiennes en goguette qui cherchent à grappiller quelques présents et faveurs, ainsi qu’en guise de soupirants pour notre rusée aubergiste : un marquis sans le sou et un comte parvenu. Voilà de quoi faire une bonne pièce, sans doute, mais elle ne me marquera pas plus que cela…
Évidemment le théâtre est toujours mieux joué que lu et j’aurais certainement plus apprécié cette pièce en la voyant… En la lisant par contre je me suis quelque peu ennuyée et les effets comiques entourant l’histoire principale n’y ont rien changé.
J’ai apprécié certaines scènes et trouvé Mirandolina très crédible dans les deux premiers actes. L’opposition comique entre le comte qui doit son titre à sa richesse et le marquis, de vieille noblesse, qui est un vrai pique-assiette est assez amusante, mais le serait plus si elle n’avait pas vite versé dans l’excès. J’ai eu juste envie d’attraper le marquis et de le virer de la scène, comme j’ai eu envie de le faire pour les deux comédiennes qui deviennent vite agaçantes (surtout Ortensia, Dejanira, elle, apporte un peu de fraîcheur à l’ensemble.)
J’ai trouvé tout ceci trop long et trop tarabiscoté, même en prenant en compte l’exagération propre (et nécessaire) au théâtre en général et à la comédie en particulier.
Mirandolina est un personnage très intéressant et Goldoni a vraiment bien brossé et rendu sa rouerie en mettant au jour de nombreuses ficelles de séduction dont la réussite n’est plus à démontrer. Elle flatte notamment les penchants du chevalier, puis se montre soumise et empressée à le servir, ensuite, une fois sa sympathie gagnée elle se contente surtout de silence pour laisser s’installer le quiproquo sans avoir rien à faire d’autre que d’être présente. Par contraste avec les comédiennes de l’époque dont il est couramment admis qu’elles étaient des coureuses toujours prêtes à se faire entretenir et donc à faire métier de leur séduction, Goldoni nous montre qu’il faut se méfier plus encore de celles qui semblent ne pas chercher à séduire. En effet, les comédiennes n’arrivent à rien avec le chevalier, Mirandolina, elle, plus rusée, plus dissimulatrice et en même temps plus honnête, car elle le laisse se faire des idées plus qu’elle ne lui fait des avances, parvient à le rendre fou alors qu’il a bien conscience de ce qu’elle est en train de faire et qu’il se précipite dans la toile qu’il a lui-même tissée. Mais elle l’a ferré, quand bien même il essaie de fuir, il sait qu’il est perdu…
Si la première partie de la pièce est très significative et pas dénuée d’une certaine logique, la suite m’a par contre laissée dubitative. S’il nous prouve à quel point une femme sait s’y prendre pour obtenir ce qu’elle veut, et même au-delà de ses espérances, Goldoni nous démontre aussi que le chevalier a finalement bien raison d’être misogyne…
C’est peut-être parce que je suis une femme que cette histoire m’a dérangée, d’une certaine manière. Mirandolina, toute rusée qu’elle est, s’enlise dans ses manigances et finit par ne plus pouvoir s’en sortir sans le secours des hommes. Bien fait pour elle, me dira-t-on et je penserai de même, seulement ça manque de cohérence dans ce contexte, c’est une morale de complaisance… Et même si les personnages masculins n’en sortent pas vraiment grandis, la fin ne me fait pas moins l’effet d’un cours d’eau qu’on aurait dévié par caprice au lieu de le laisser aller dans son lit naturel…
Mirandolina est pourtant celle qui s’en tire le mieux au final, obligée de se marier, mais l’étant déjà de toute façon, elle pense à cette union comme à une mascarade qui l’arrange bien mais ne la privera pas de sa liberté. Fabrizio, le valet, est quant à lui ravi d’obtenir ce qu’il voulait, sans se rendre compte qu’il n’en a pas fini avec les frasques de sa charmante future épouse, le marquis et le comte se sont fait retourner comme des crêpes et en plus sont contents, le chevalier a décidé de fuir définitivement les femmes… On n’est pas loin en fait du début de la pièce…
Ça aura au moins eu le mérite de me faire travailler un peu mon italien.

C’était ma lecture théâtre pour le défi d’ABFA et de Vampires & Sorcières.

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