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Archive for the ‘Carnet argenté’ Category

Une anthologie publiée chez Realities Inc, en papier et en numérique.

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Sommaire :

– La septième idole, par Sylvain Lamur
– Terminus Turnus, par Ludovic Klein
– Autodafé, par Marie-Lucie Bougon
– Cadenas d’amour, par Bruno Pochesci
– Le sourire du barbare, par Sébastien Parisot
– La louve pourpre, par Julien Morgan
– Jeux dangereux au bord du monde, par Sylvain Bousquet
– Mirradh, par Manuel Le gourrierec
– Le sang et l’acier, par Xavier Portebois
– Une fois le papier enflammé, par Marianne Escher

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Réalités est une anthologie comme on les aime : des textes variés et inventifs qui permettent de découvrir des auteurs et d’explorer divers univers de SFFF sans s’ennuyer un seul instant.
Dans ces dix nouvelles on croise entre autres des robots, des ados livrés à eux-mêmes dans un monde apocalyptique, des mythes en lambeaux, des extraterrestres et des dragons. On explore des sociétés dystopiques, d’autres planètes et même une utopie… Drôles, tragiques, intenses ou surprenants, tous ces textes tirent à leur manière leur épingle du jeu. Je vais vous parler de mes préférés.
Dans La septième idole, des robots cherchent un sens à leur existence en se créant une religion. C’est bien vu. Un contexte savamment construit ainsi qu’une réflexion intéressante sous-tendent ce texte à la fois drôle et intelligent.
Autodafé, probablement ma préférée, est une nouvelle bourrée de références littéraires et superbement écrite. Très visuelle, elle nous permet d’observer les personnages aussi bien que la danse macabre des brûleurs de livres. Du début à la fin, je n’ai pu lâcher ce texte.
Cadenas d’amour est un récit à l’humour grinçant particulièrement divertissant. Seule la fin m’a un peu déçue, mais les circonvolutions de l’intrigue et le rythme enlevé m’ont beaucoup plu.
Plus initiatique, Jeux dangereux au bord du monde, a éveillé mon intérêt par l’originalité de l’univers dépeint. Des adolescents et enfants cherchent à survivre dans un monde que le néant ronge chaque jour un peu plus. Ils ont des préoccupations d’adultes mêlées à d’autres plus de leur âge. Mais comment s’affirmer et trouver sa place quand l’avenir est illusoire, ne dépendant que d’une éternelle fuite en avant ?
Dans Le sang et l’acier, j’ai retrouvé avec plaisir l’écriture de Xavier Portebois dont les textes possèdent toujours plusieurs niveaux de lectures et sont très subtils. Cette fois, se mêlent les caractéristiques du polar avec une réflexion sur l’humanité et le vivant. Est-ce la conscience ou la chair qui font de nous des êtres sensibles ? Ce texte parle de compassion, de différences, mais aussi de peurs et du rejet de l’altérité.
Pour finir, Une fois le papier enflammé m’a plu pour son aspect social et psychologique. Par petites touches, se dessine un monde surpeuplé, à tendance dystopique, dont le réalisme a de quoi faire grimacer.
Cette anthologie originale et pleine de surprises m’a offert d’excellentes lectures. Je vous encourage à parcourir à votre tour les dédales de toutes ces réalités.

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Une nouvelle de Manon Bousquet, publiée chez Realities Inc.

Disponible en numérique à 0,99€.

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Sur une lointaine planète, un androïde raconte de vieux contes venus de la Terre à des orphelins de guerre de diverses origines. Mais l’histoire qu’il a choisie ce soir-là est bien triste et les enfants ne posent pas les questions auxquelles il s’attendait. Alors, pour leur remonter le moral, il décide de célébrer une ancienne fête terrienne tombée dans l’oubli, sans trop savoir de quelle manière s’y prendre…
Mais comment un androïde s’est-il trouvé à la tête de ce troupeau d’enfants dont personne ne semble vouloir ?
C’est une bien belle histoire que nous offre Manon Bousquet, un vrai conte de Noël dans la plus pure tradition du genre, avec une touche de modernité insufflée par le cadre et les valeurs de la science-fiction. Tous les ingrédients sont là : ambiance douce-amère mâtinée d’espoir, tendresse, le tintement de grelot des joies simples, des personnages touchants et solidaires… ainsi que de l’inventivité pour rafraîchir le tout.
J’ai été charmée par la douceur de cette nouvelle, par les questions qu’elle pose et les réponses qu’elle laisse à la discrétion du lecteur. Je vous la recommande.

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JLNND-Je-lis-des-nouvelles-et-des-novellas

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Une nouvelle de Thierry Fernandez, publiée en numérique dans la collection e-courts chez Voy’el.

Cette nouvelle est disponible gratuitement sur les librairies numériques jusqu’au 31 décembre 2016.

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Présentation de l’éditeur :

JDT : prototype porté par un nouveau type de *******, basé sur l’agencement d’un ***** et de *******. Sûr à 100 %. Aucune raison de se crasher, et pourtant.

Les suspicions de l’état-major étasunien se portent immédiatement sur les ******.

Paule Langevine : Scientifique française.

Fait une découverte qui pourrait bouleverser la physique : la loi d************ aurait changé.

Le Jour des Tartines est un rapport scientifique codé décrivant des expériences basées sur les lois de la physique… Non en fait pas du tout, cependant c’est de cette façon que le texte est mis en scène.
Comment diable pourrais-je vous parler de cette nouvelle sans éventer l’intrigue ? Comme toujours avec la collection e-courts, on ne sait pas où on met les pieds et c’est ça qui me plaît. Ce serait dommage de vous gâcher la découverte. Je n’ai jamais été déçue par ces textes poétiques ou déjantés, voire les deux.
Cette fois on fonce joyeusement vers la SF, ses paradoxes, ses bizarreries, son côté pulp. Le récit éclaté mélange les pistes ainsi que les points de vue et rend la lecture très attrayante, le tout étant assez insolite pour aiguiser tout de suite l’intérêt. On ne voit pas les pages filer.
J’ai eu l’impression de m’être égarée dans le songe de quelqu’un d’autre, mais une pub m’a également trotté en tête durant toute ma lecture (ce qui n’est pas une mauvaise chose, avoir l’image à l’esprit m’a fait marrer). Le Jour des Tartines est un texte amusant, qui joue avec des références que nous avons tous et qui se lit très, très vite. Vous y trouverez des prototypes révolutionnaires, des extraterrestres et des tartines beurrées, ça devrait vous suffire. Il ne reste qu’à embarquer. Allez quoi, il y a aussi des chats, vous ne pouvez pas résister à ces sales bêtes.

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JLNND-Je-lis-des-nouvelles-et-des-novellas

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Une anthologie publiée chez Realities Inc, en numérique et à tout petit prix.

 

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Présentation de l’éditeur :

Qu’est-ce que le Quantpunk ? C’est la question à laquelle les douze auteurs de ce recueil ont eu à répondre, dans une tentative de créer un nouveau genre, dérivé du cyberpunk et du steampunk, faisant appel aux découvertes de la physique quantique et des technologies qui en découlent, sans oublier la philosophie propre au mouvement punk.
Le résultat ? Onze textes plutôt disparates, preuve s’il en faut que l’exercice n’a rien d’évident. Le « Quantpunk », tout comme la mécanique quantique, résiste à la compréhension. Vouloir le définir, c’est laisser s’effondrer une foule de possibilités pour n’en conserver qu’une. Le regard de l’auteur influe sur son univers, et c’est particulièrement flagrant dans les textes qui constituent ce recueil.
Le Quantpunk est-il science-fiction, fantasy ou fantastique ?
Il est tout cela à la fois.
Est-il facétieux ou sérieux ?
Tout cela à la fois.
Jusqu’à ce que vous ayez tranché.

Sommaire :
– L’Homme au cerveaunivers d’Anthony Boulanger
– Le chat, les punks et la photocopieuse quantique de Lucie Pierrat-Pajot
– Cas de conscience de Sylvain Boïdo
– No past, no future, no Proust de Manon Bousquet
– Guanyin du sutra électrique de Jérôme Cigut
– Le chat ne s’est pas échappé de la boîte, il n’y a jamais été de Guillaume Parodi
– Mémoires mortes de Xavier Portebois
– Le prince est mort, vive le prince de Tesha Garisaki
– L’homme fractal de Fabien Clavel
– Conflux de Mathieu Rivero
– Transition d’André Woodcock & Thierry Fernandez

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Toi aussi découvre le quantpunk, ce qu’il est et n’est pas, ce qu’il pourrait être… Le concept en lui-même m’a intéressée car il promettait originalité et diversité ; des IA et des chats (forcément), des punks et des mondes parallèles déployant l’éventail des possibles, des problématiques humaines, voire humanistes, des réalités qui s’épanchent, se mêlent, se contaminent et des récits allant du désenchantement du cyberpunk à l’incertitude migraineuse du fantastique. Qui ne serait pas tenté ?!
Je me suis très vite prise au jeu. Le premier texte, L’Homme au cerveaunivers, nous plonge tout de suite dans le bain. On y découvre un monde où les capacités psychiques des humains ont évolué. Classique, me dira-t-on, mais non, pas tant que ça. J’ai beaucoup aimé le background ainsi que le personnage et ai regretté la brièveté du récit.
Le deuxième texte est très drôle. Rien que le titre – Le chat, les punks et la photocopieuse quantique – est tout un programme. La fin, par contre, m’a semblé très abrupte.
Cas de conscience de Sylvain Boïdo est plus sombre et désenchanté. D’une certaine façon, il m’a rappelé la situation politique actuelle. On anticipe la fin, mais cela participe à l’envie de tourner les pages toujours plus vite. Je parlais avec ma liseuse, mais bizarrement les personnages ont refusé de m’écouter…
No past, no future, no Proust est une nouvelle plus légère qui m’a tout de suite séduite. Il faut dire qu’à partir du moment où on a une bibliothécaire psychorigide et un certain type de créature (faut lire, je ne vais pas tout dévoiler !) je suis conquise.
Guanyin du sutra électrique est un récit complexe qui mêle science-fiction, mythologie et philosophie, avec une narration puzzle comme je les aime. Je ne suis pas sûre d’en avoir intégré toutes les subtilités et il mériterait sans doute une seconde lecture. C’est néanmoins un très bon texte.
Le chat ne s’est pas échappé de la boîte, il n’y a jamais été se situe entre le fantastique et l’anticipation. Je n’ai pas été touchée autant que je l’aurais dû par les déboires du personnage, peut-être parce que le point de bascule était trop franc, trop tranché, et la fin pas très crédible. J’ai cependant apprécié le contexte qui donne à réfléchir.
La nouvelle suivante nous entraîne dans un univers virtuel, ou pas. La problématique de Mémoires mortes est particulièrement intéressante. Qu’est-ce qui fait notre conscience ? Est-elle copiable, numérisable ?
Dans Le prince est mort, vive le prince, le protagoniste explore des univers parallèles en quête de vengeance. J’ai apprécié l’aspect psychologique du récit, la façon dont l’auteur nous démontre l’importance des détails et dont elle analyse les nuances de la personnalité de ses personnages ainsi que la construction de celle-ci.
Avec L’homme fractal, Fabien Clavel prouve une fois de plus – s’il en était besoin – son talent de bâtisseur. Il n’écrit pas, il construit. Je suis toujours admirative de la qualité stylistique qu’il met entièrement au service de ses intrigues. Les deux s’équilibrent parfaitement. Et, bien sûr, j’ai beaucoup aimé cette nouvelle.
Conflux de Mathieu Rivero est un rien convenu, mais demeure un très bon texte malgré tout. J’ai déploré les coquilles (qui sont plus nombreuses dans cette nouvelle-ci), mais apprécié le propos.
Enfin Transition, le dernier texte, est celui qui m’a le moins plu. J’ai aimé les références, cependant je ne suis pas fan des scènes de combat à rallonge. Je n’en voyais plus la fin.
J’ai été conquise par cette anthologie décalée qui dépoussière les codes et métisse les genres. On est plus du côté cyber de la Force que du côté steam, mais ce n’est pas un mal car cela va à contresens de la mode actuelle. La grande variété des thèmes et des styles est indubitablement son point fort. C’est un ouvrage à découvrir absolument.

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Màj : On me dit dans l’oreillette que les coquilles que j’ai mentionnées ont été corrigées.

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Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Lire un livre dans lequel une IA ou des robots ont un rôle prépondérant.

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Une novella de Ken Liu parue aux éditions Le Bélial’ dans la collection une heure-lumière.

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Présentation de l’éditeur :
Imaginez un procédé scientifique révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée. Par une seule et unique personne. Sans aucune possibilité pour l’observateur d’interférer avec l’objet de son observation. Un procédé qui ouvre les portes de la connaissance, de la vérité, sur les périodes les plus obscures de l’histoire humaine. Plus de mensonges. Plus de secrets d’Etat. Avez-vous déjà entendu parler de l’Unité 731 ? Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le lieutenant-général Shirö Shii, cette unité militaire de recherche bactériologique se livra à l’expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d’un demi million de personnes… Cette invention révolutionnaire va enfin permettre de savoir la vérité sur ces terribles événements, à peine reconnus en 2002 par le gouvernement japonais, et couverts pendant des années par le gouvernement américain. Quitte à mettre fin à l’Histoire…

Je n’avais pas lu la quatrième de couverture. Je suis arrivée confiante, parce que c’était Ken Liu. Je pense avoir bien fait, je vous encourage donc à zapper cette chronique et à vous procurer cette novella sans rien savoir de plus.
Si malgré mes avertissements vous n’avez pas envie de vous jeter dans l’inconnu, voici mon avis :

La forme m’a tout d’abord interpellée. L’Homme qui mit fin à l’histoire est construit comme un documentaire, ou plutôt comme la transcription de celui-ci. Notes de production, plans minutieusement décrits, explications préliminaires, témoignages… L’auteur a parfaitement créé l’illusion. Le début est un peu déroutant mais, très vite, on y croit.
S’il vous était offert de voir le passé une unique fois, quel moment choisiriez-vous ? Quel lieu ? Et pourquoi ?
Anticiperiez-vous également tout ce que cela peut impliquer sur le plan moral ?
Dès les premières minutes du documentaire, une théorie nous est exposée : voir le passé serait possible. Cependant, à partir du moment où le « voyage » est effectué, ce pan de l’histoire devient inaccessible pour d’autres. Si l’idée est née de bonnes intentions, on la verra attaquée, dévoyée, puis remisée par un monde qui n’est pas prêt à regarder son passé en face.
Les deux personnages principaux espéraient mettre en lumière une période particulièrement sombre de l’histoire, mais pas si éloignée que ça. Si j’ai souvent entendu parler des expériences menées par les Allemands sur les prisonniers durant la seconde guerre mondiale, ce n’était pas le cas pour celles des Japonais sur les Chinois. À dire vrai, quand j’ai étudié cette période au lycée, les cours étaient très centrés sur l’occident… Aussi, j’ai trouvé cet ouvrage, basé sur des faits historiques rigoureusement vrais, intéressant.
Cette novella mêle science-fiction et histoire pour mieux développer plusieurs problématiques qui ont nourri ma réflexion. Quand j’en ai parlé à une personne de mon entourage, il m’a été répondu : oui mais c’est faux, c’est juste de la SF. Réponse qui m’a exaspérée. La puissance de la SF est justement qu’elle permet de repousser les barrières de la réflexion, de décloisonner un problème pour l’appréhender sous d’autres angles.
Comment l’humanité réagirait-elle face à un tel procédé ? L’utiliserait-elle à bon escient ou pour détruire la vérité ? Accepterait-elle les témoignages de ses pairs ou s’enfoncerait-elle davantage dans le négationnisme ?
D’un point de vue éthique et humain, mais également historique, cette novella est passionnante. Certains passages m’ont bouleversée et je ne peux que vous recommander cette lecture.

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JLNND-Je-lis-des-nouvelles-et-des-novellas

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Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans les catégories suivantes :
– Lire une œuvre SFFF écrite par un auteur de couleur ou métissé. Que c’est moche, écrit comme cela. Mais il faut quand même bien trouver un terme : allez… tout sauf blanc.
– Lire une œuvre de SFFF par un auteur non occidental.

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Une novella de Vernor Vinge, publiée aux éditions Le Bélial’.

 

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Non, vraiment, la vie de Dixie Mae n’a pas toujours été rose… Mais grâce à LotsaTech, et au boulot qu’elle vient de décrocher au service clients de ce géant des hautes technologies, les choses vont changer. Telle était du moins sa conviction jusqu’à ce que lui parvienne l’email d’un mystérieux expéditeur, message qui contient quantité de détails intimes liés à son enfance et connus d’elle seule… Dixie Mae, telle Alice, devra passer de l’autre côté du miroir et payer le prix de la vérité – exorbitant : celui de la nature ultime de la réalité au sein de la Silicon Valley…

Plus je lis Vinge et plus je l’apprécie. Sa façon de mêler une SF pointue et réaliste au suspense haletant digne d’un bon polar m’a une fois de plus séduite. Je m’attendais à une bonne lecture, mais Cookie monster est mieux que cela.
Dans cette novella, Vigne nous démontre qu’un petit grain de sable peut enrayer une machine bien rodée et j’aime assez ce principe. Il nous offre une réflexion sur l’intelligence humaine, sur ses possibilités de sujétion et de rébellion. Ce texte court et intelligent est aussi très prenant. En peu de pages, Vinge met en place une intrigue complexe et rythmée, il capte l’attention de son lecteur et ne la lâche plus.
Je ne voudrais pas trop en dire sur cette très bonne intrigue. Découvrir petit à petit les tenants et aboutissants de l’histoire est un des grands plaisirs de cette lecture poussant à la réflexion. À partir du moment où on est pris dans l’engrenage, on avance au même rythme que les personnages et Vinge n’insulte pas notre intelligence en nous expliquant tout point par point, ce qui est très agréable.
Il pousse l’humour jusqu’à se moquer de lui-même, de ses indices « dignes d’un mauvais polar » et de son thème, en faisant références à d’autres auteur de SF et… à ses propres écrits. C’est sans prétention et néanmoins de qualité.
J’en profite pour glisser un mot concernant Une heure-lumière, cette nouvelle collection des éditions Le Bélial’ dont Cookie monster est l’un des premiers titres. L’idée de proposer au public des novellas, format malheureusement bien peu représenté en France, est en soi une excellente initiative. Peut-être l’ouvrage vous paraîtra-t-il un peu cher pour un si petit nombre de pages, mais il vaut largement son prix. J’aime beaucoup l’identité graphique choisie pour cette collection et si tous les titres sont de la même qualité que Cookie monster, elle est plus que prometteuse.
Avec cette novella, Une heure-lumière est à la hauteur de ses ambitions. Mon temps de lecture a filé à la vitesse de la lumière et m’a emmenée très loin. Cette lecture fut aussi ludique que didactique. Même si vous n’êtes pas très fans de SF, je vous conseille vivement ce texte, vous ne perdrez pas votre temps.

 

CRAAA

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Un fix up de Sara Doke, publié chez les moutons électriques.

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Présentation de l’éditeur :

Les fées existent, bien sûr, et elles sont de retour ! Les fées ont cessé de se cacher des hommes : elles sont revenu et bon an mal an l’univers de la Faerie s’est intégrées à la société technologique. Depuis les premiers contacts d’enfants-fae avec la civilisation de l’automobile jusqu’aux premiers voyages spatiaux, ce livre conte l’histoire d’une évolution différente de notre monde. L’auteur, Sara Doke, vit à Bruxelles et est traductrice. La poésie puissante de son inspiration, l’orginalité de sa vision d’un monde soudain enrichi des faes, sont saisissantes. Avec des documents, des fiches couleur sur les 88 principales faes et de nombreuses illustrations, par Bigot, Booth, Calvo, Cardinet, Caza, Ellyum, Fructus, Gestin, Jozelon, Larme, Lathrop, Malvesin, Mandy, Muylle, Nunck, Tag, Verbooren, Zandr et Zariel. Le retour des fées, dans un livre d’exception.

Techno Faerie est un très bel ouvrage à la croisée des genres. Si la Science-Fiction a la part belle dans ces pages, le travail de Sara Doke forme presque un essai. Le sujet est traité de manière atypique. L’auteur part du principe que les Faes, longtemps retranchées loin de notre monde, ont décidé d’y revenir. Leur technologie, qui a pris appui sur la nôtre, est toutefois plus développée. Mais que souhaitent-elles apporter à l’humanité ?
Le livre est divisé en deux parties. La première est consacrée aux nouvelles, qui forment un fix up. Elles illustrent l’évolution du retour féérique et son impact sur nos civilisations. En se basant sur les légendes et la mythologie traditionnelles, Sara Doke a créé une fiction spéculative complexe, intelligente, et surtout très crédible. Elle la développe avec brio au fil des textes. Chacun marque un jalon dans le retour des Faes et ses conséquences sur notre avenir. Le plus souvent, des individus sont au cœur de ces nouvelles, mais l’on perçoit en filigrane l’évolution des mœurs, au-dessus comme dessous la Colline, et les avancées scientifiques qui vont changer le monde.
Les textes s’imbriquent et s’articulent autour de personnages récurrents, dont le plus central se trouve être Arthur Passeur, un humain, mais aussi d’événements qui se répercutent. Les ellipses sous-tendent ces récits, les soutiennent de leurs silences. Le lecteur imagine, devine, extrapole. Il est invité à participer activement à cette construction. Cela est d’autant plus prégnant que ces textes prennent diverses formes et des styles variés. On lit tour à tour des dialogues, des nouvelles, des articles, des témoignages, des journaux intimes… Cette diversité est aussi plaisante que nécessaire afin d’appréhender toutes les facettes de cette fiction. Quelle que soit leur forme, les récits sont denses, très axés sur les ressentis des personnages, ce qui occasionne parfois des longueurs un peu emphatiques. Ces personnages ne manquent pas d’ego… Cependant, la réflexion, qu’elle soit en avant ou en arrière de la scène, est toujours intéressante.
Sara Doke nous invite à nous interroger sur l’altérité, le traditionalisme dans ce qu’il a de meilleur comme de plus pernicieux, sur l’identité, sur la génétique, le vivre ensemble et la créativité. Les sujets de réflexion sont nombreux. Elle a fait un travail formidable et il est dommage de ne pas l’avoir développé davantage.
Le seul vrai reproche que je pourrais faire à Techno Faerie, outre quelques contradictions (notamment sur l’incapacité de mentir des Faes), est que l’on y trouve beaucoup de coquilles. Cela est désolant pour un ouvrage par ailleurs de grande qualité.
La deuxième partie, toute de papier glacé, est constituée de fiches sur les être féeriques, accompagnées d’illustrations que l’on doit à divers artistes. Ces fiches permettent de prolonger la magie des textes et d’en savoir plus sur les créatures que l’on y a croisées. Certaines sont connues, même si quelquefois le nom qu’on leur donne est différent de celui usité dans nos légendes, d’autres sont des inventions de l’auteur mais s’intègrent parfaitement dans la masse. Le tout est homogène et compose un petit dictionnaire complet qui se suffit à lui-même. Les Faes y sont classées par groupes : végétales, liées au feu ou encore esprits domestiques, etc. Il est très intéressant de voir la façon dont elles s’impliquent dans l’univers créé par Sara Doke.
Techno Faerie est un ouvrage original et travaillé qui mérite une lecture attentive. Sara Doke a su intégrer la technologie à la Faerie, ce qui n’est pas une mince affaire. Par exemple, elle n’a pas mis de côté l’allergie au fer des Faes, elle s’en est servie. Elle a su allier Fantasy et Science-fiction, mythes et anticipation, pour envisager un futur possible, ne laissant pas de côté les détails, d’où le fait que je le compare à un essai. Je ne peux que vous encourager à le lire à votre tour et à rêver d’un futur non pas féérique, mais riche de possibilités.

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Avec cette lecture, je cartonne dans les challenges !

CRAAA

challenge_faerie

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Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Lire une œuvre de SF ou Fantasy ou Fantastique (SFFF) francophone mais non française.

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