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Un roman de Lia Vilorë, publié par les éditions du Petit Caveau.

Ma chronique du précédent tome n’est pas sur ce blog, cependant je vous invite à la lire sur le site Vampires & Sorcières.

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Présentation de l’éditeur :

Cet été-là, une série de meurtres est l’œuvre d’un tueur que les médias appelleront avec a propos bien qu’en toute ignorance « Le Vampire ».
Ma partenaire, Lía Fáil, se dédie aussitôt à la tâche d’arrêter ce dangereux Éternel avant que ses crimes n’ameutent les tueurs de vampires. Hélas, elle rechigne d’autant plus à la prudence qu’elle se noie dans un chagrin gardé obstinément secret.
Quand ma dame sur les traces du Vampire disparaît à son tour, moi, Amaël Ailill, je pars aussitôt en quête de réponses. Sans elles, je sais qu’il me sera impossible de la retrouver saine et sauve…

Bien que cela ne soit pas indiqué sur la couverture (c’est mal ! Le lecteur qui achète un livre au hasard n’est pas omniscient), ce roman est la suite de Vampires d’une nuit de printemps. Une suite très attendue pour ma part.
Ma lecture du premier tome date d’il y a environ quatre ans et même si celui-ci m’a beaucoup plu, je craignais d’avoir quelques trous de mémoire. Heureusement, l’auteur rappelle les faits quand il le faut, sans pour autant alourdir le récit par de longues explications, on entre ainsi très vite dans l’histoire. Je déconseille toutefois d’essayer de lire ce deuxième tome sans connaître le premier, vous passeriez à côté de trop de choses, notamment une bonne partie de celles qui font le charme de cette série.
Les personnages de Lia Vilorë gagnent à être connus car ils ont des personnalités hors normes. Dans ce volume, on en apprend davantage sur leur passé individuel, mais aussi celui des convents. La narration est cette fois assumée en grande partie par Amaël, même si Lía Fáil fait quelques incursions. J’aime beaucoup ce personnage qui apparaît parfois comme sorti d’un autre temps (voire d’un roman courtois). Pour autant, Amaël est loin d’être parfait et l’auteur exploite aussi bien ses failles (qu’on a pu découvrir dans le tome précédent) que ses défauts. Il est plaisant de le voir évoluer et tenter de se racheter alors qu’une fois de plus les événements tragiques de son passé viennent le hanter.
Lía Fáil elle-même voit ses démons resurgir. La jeune femme, que l’on perçoit surtout au travers du regard de son protecteur, semble avoir beaucoup mûri. Mais cela ne cache-t-il pas quelque chose ? Et, surtout, est-ce un bien ? Au début du roman, elle n’a qu’une obsession : retrouver le vampire qui agresse des femmes et met leur communauté en danger.
Très vite le suspense croît. Comme son prédécesseur, ce roman ne manque guère d’humour, mais c’est l’intrigue policière qui prime et elle est très bien ficelée. Il ne tient qu’au lecteur de recueillir les indices en même temps qu’Amaël et de tirer ses conclusions. J’apprécie toujours quand l’auteur me laisse la possibilité de participer au jeu de piste.
Entre rebondissements et révélations, on n’a guère le temps de s’ennuyer. Qui plus est, la mythologie vampirique de Lia Vilorë, qui participe en grande partie à l’originalité de cette série, est cette fois au premier plan. Il est très intéressant d’apprendre comment et par qui les convents ont été créés. Je me suis souvenu de la théorie de Max sur l’origine de leurs pouvoirs personnels et ne l’en ai trouvée que plus sensée.
J’attendais vraiment cette suite et n’ai pas été déçue. En fait, j’ai même été très surprise par l’arrivée de certains personnages. Cela augure du meilleur pour l’avenir. Le seul défaut que j’ai trouvé à ce roman est qu’il pèche un peu au niveau du style. De nombreuses coquilles parsèment le texte, or Lia Vilorë m’a habituée à un travail plus soigné. C’est dommage. J’ai cependant beaucoup aimé les références aux contes et légendes ainsi que les épigraphes des chapitres. Cela montre, à mon sens, tout le travail de réflexion qu’il y a derrière ce récit qui, tout vif et divertissant qu’il est, ne manque pas de profondeur.
On sent que l’auteur n’a pas grillé toutes ses cartouches et je suis impatiente de découvrir les prochaines aventures de ses vampires.
L’ouvrage se clôt sur la magnifique nouvelle La Toile de Liadan, que vous avez peut-être déjà lue dans Dames de lune, Fées des brumes aux éditions du Chat noir. Ce superbe texte prend une autre dimension à la lumière du roman, il n’en a que plus de charme et laisse une impression douce-amère qui attise encore l’envie de connaître la suite.

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Un roman d’Anne Bishop, publié chez Milady.

 

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Présentation de l’éditeur :

Meg Corbyn a vécu toute sa vie coupée du monde, traitée comme de la viande par des hommes sans scrupules se servant de ses visions du futur pour s’enrichir. Lorsqu’elle s’enfuit, ils sont prêts à tout pour la récupérer, même à s’aventurer sur le territoire des Autres. Ces créatures de cauchemar prêtes à éradiquer l’humanité au moindre faux pas auprès desquelles Meg va trouver refuge. Mais si Simon Wolfgard, loup-garou et chef de la communauté, est d’abord intrigué par cette humaine intrépide, il pourrait à tout moment décider de simplement éliminer cette source de danger pour les siens…

Meg Corbyn, The Others en V.O., est une série de low fantasy uchronique. L’intrigue se déroule dans un monde et une époque qui ressemblent aux nôtres, mais le point de divergence remonte à la naissance de la vie sur la planète. Namid, une déesse-mère, a engendré une race particulière, composée de métamorphes, de vampires et d’élémentaires, avant les humains. Si ces derniers les nomment simplement les Autres, ils se font plutôt appeler Terra Indigene (à mon grand désespoir le latin est utilisé à tort et à travers dans ce roman, mais passons sur cette faute de goût). Dans sa grande sagesse, Namid a protégé les humains des Autres afin qu’ils puissent survivre et se développer. Néanmoins, ils ont fini par prendre conscience de l’existence les uns des autres et que dire, sinon que les humains ne sont pas cette fois au sommet de la chaîne alimentaire…
L’uchronie n’est pas plus développée que cela. Les humains se sont montrés créatifs (mais pas plus que dans notre monde) et leurs inventions ont amélioré leur mode de vie ainsi que celui des Autres par ricochet. En effet, ces derniers se sont arrogé toutes les ressources naturelles et veillent à rester la race dominante tout en profitant des progrès apportés par l’humanité. Dans les quelques grandes villes humaines, sont installés des Enclos où les lois humaines ne s’appliquent pas. Les Autres y vivent tout en surveillant leurs voisins.
L’Enclos de Lakeside est plus progressiste que les autres, même si c’est uniquement par intérêt. Et c’est là que va trouver refuge une étrange jeune femme, qui s’est échappée d’une institution.
Au début, Meg Corbyn ressemble un peu à un chaton mouillé. C’est une jeune femme très innocente, de par sa nature et le fait qu’elle n’a jamais vraiment été confrontée au monde, néanmoins elle est intelligente, elle sait s’adapter rapidement. Elle est pragmatique, même si elle a vécu des choses affreuses, elle veut aller de l’avant et ne se laisse pas aliéner par la peur. Elle a le cœur sur la main, sans être niaise ou trop naïve. Par-dessus tout, elle tient à sa liberté chèrement acquise. Si elle doit mourir, au moins mourra-t-elle libre. À l’instar des Autres, on ne peut que s’attacher à elle et vouloir son bonheur.
Ce premier tome est très axé sur les personnages et sur la présentation de cet univers en général ainsi que de l’Enclos. On apprend en même temps que Meg à connaître les Autres, leur mode de vie et les différents clans, mais surtout on découvre petit à petit qui est Meg et ce qu’elle fuit. C’est un personnage intéressant, mais pas la seule humaine sur qui va se focaliser notre intérêt. Les personnages secondaires, humains ou Terra Indigene sont tout aussi développés et j’ai particulièrement aimé Hiver.
On m’avait tellement vanté les qualités de cette série que je craignais d’y avoir placé trop d’attentes. Au final, je ne suis pas déçue du tout. Le premier tome des aventures de Meg Corbyn s’est révélé très distrayant. L’intrigue n’est pas époustouflante, mais la nature de Meg ainsi que la façon de vivre des créatures surnaturelles apportent une dose suffisante d’originalité. L’histoire est intéressante et surtout très agréable à lire. Ce roman a été ma « récréation » du soir, une pause bienvenue face à des lectures plus sérieuses, et j’étais toujours ravie de le retrouver, repoussant l’heure du coucher alors que les pages défilaient à toute vitesse.
C’est une série sympa et pleine de potentiel. Elle tire son épingle du jeu dans le flot de parutions de ce type et elle le mérite amplement.

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Mon avis sur les saisons précédentes est également sur le blog.

 

Attention, ne lisez pas cet avis si vous n’avez pas encore vu la saison 3.

 

Au cours de cette saison, les personnages suivent leur voie séparément, même si leurs destins restent entrelacés. Cela nous donne des récits éclatés dans lesquels nous les voyons se débattre contre leurs pulsions et leurs démons sans le secours des autres. Ils se retrouvent face à eux-mêmes et vient le moment des choix les plus décisifs de leur existence. On ne sait si ce qu’il reste de leur humanité va résister.
Les femmes sont le point fort de cette saison. Elles n’avaient que peu de place dans la première, à part Vanessa, tourmentée par ses démons, et en arrière-plan Brona, mourante, qui cherchait sa respiration dans ce quotidien sordide… Peu à peu, elles prennent le dessus, leurs personnages sont développés. Il est très intéressant de voir leur cheminement vers la liberté. Mais va-t-on les laisser s’affranchir ?
Parmi les nouveaux personnages que nous amène cette saison, j’ai beaucoup aimé celui du docteur Seward, une femme intelligente, déterminée, rationnelle mais pas dénuée de compassion. C’était une merveilleuse idée de faire revenir Patti LuPone sous ces traits. Dans ses deux rôles, elle a beaucoup apporté à la série par sa prestance et son jeu d’actrice.
Penny Dreadful est une de mes séries préférées. Une des rares que j’ai suivies religieusement, c’est-à-dire dès le début de chaque saison. Mon intérêt n’est jamais retombé, fait est assez rare pour être souligné. Je me lasse vite des séries… Or, celle-ci est une vraie merveille. J’aime la grande humanité qui s’en dégage, le sens aigu du détail dont les scénaristes ont fait preuve et la complexité des personnages. Telles des fleurs maladives, ils tentent de s’épanouir dans les ténèbres. Leur nature écorchée parle à ma sensibilité et les thèmes abordés, monstruosité, différence, recherche de soi et de sa propre humanité, me sont chers. Cette série sombre, composée de tableaux vivants, restera profondément gravée dans ma mémoire.
Néanmoins, la troisième saison m’a semblé en-dessous des deux précédentes. Après avoir vu les premiers épisodes, je ne m’en suis pas formalisée outre mesure. La deuxième saison était exceptionnelle (et je pèse mes mots), je savais que la comparaison serait difficile à tenir. Cette nouvelle saison paraissait plus brouillonne, tout ou presque était relativement prévisible et l’histoire allait un peu trop vite pour être correctement développée. Je ne comprenais pas pourquoi, après avoir tant laissé traîner certaines intrigues, celles-ci étaient bouclées aussi abruptement. Toutefois, c’était du prévisible logique, dont pardonnable, et puis de nouveaux personnages intéressants sont apparus et certains épisodes se sont révélés passionnants. J’ai été particulièrement fascinée par l’incursion dans le passé de Vanessa et de John Clare.
Entendons-nous bien, même si j’ai trouvé que les scénaristes avaient eu plus d’une fois recours à la facilité, j’ai regardé les sept premiers épisodes avec une fébrilité avide. Malgré les défauts que j’ai relevés, j’ai aimé cette saison. Cependant, mon indulgence était inféodée au fait que je pensais qu’il y aurait une suite. Je restais confiante parce que je me disais que ces intrigues qui se délitaient trouveraient un écho plus tard et rebondiraient, comme cela était déjà arrivé.
Puis vint le final… Et nous avons appris que Penny Dreadful ne serait pas renouvelée, mais qu’il avait toujours été prévu que la série se déroule en trois saisons. Je n’avais pas encore vu ces deux derniers épisodes, cependant la déception s’est faite plus prégnante. On ne traite pas de cette façon une série dont on connaît par avance la durée de vie. Ils ont délibérément choisi de clore certaines intrigues à la va-vite, elles ne pourraient pas se répercuter sur une prochaine saison pour être étoffées. Ils ont créé de nouveaux personnages dont le potentiel serait mort-né…
Ce n’est pas tant la fin désabusée qui m’a déplu – elle est on ne peut plus logique, même si elle manque un peu de finesse – mais l’aspect bâclé qui nimbe cette saison. Durant les deux premières, je n’avais jamais trouvé le scénario prévisible, jamais le traitement réservé aux personnages ne m’avait semblé expéditif. Penny Dreadful m’avait habituée à plus de minutie et de profondeur.
Malgré tout, cela reste une série à voir, une œuvre d’art à la grâce fragile. Le jeu d’Eva Green y est grandiose, mais les autres membres du casting ne sont pas en reste. Je suis certaine que Penny Dreadful restera une de mes séries préférées, une de celles que je revois de temps en temps avec toujours autant de plaisir.

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Un roman de Lia Vilorë, publié chez Lune écarlate.

 

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Présentation de l’éditeur :

De nos jours en Bretagne, peu savent que la légendaire forêt de Brocéliande est le théâtre d’une guerre fratricide entre fées. Victime de fièvres inexplicables lors de la nouvelle et de la pleine lune, la lycéenne Hikira C. Bisclavret fait un jour la connaissance d’Éric Freinet. Un être ambigu qui la fascine et en qui elle trouve un ami inespéré. Éric et Hikira deviennent alors les cibles d’une marraine prête à tout pour les détruire. Une alliance est leur seul espoir de survie. Car découvrir la vérité derrière « Le lai du Bisclavret » ne sera pas sans payer le prix fort. Après tout, les Demoiselles sont aussi merveilleuses que terribles…

Férue de mythologie celtique mais aussi nordique nourrie par le travail de l’elficologue Pierre Dubois, passionnée d’Histoire et de littérature médiévale, et joueuse invétérée de jeux de rôles… Lia Vilorë a commencé dès le collège à écrire des histoires où le destin tragique la magie dangereuse et la féerie noire avaient la part belle.

Le lai de Bisclavret… Peut-être ce titre vous évoque-t-il quelque chose ? Il est calqué sur celui d’un lai très connu de Marie de France qui conte la mésaventure d’un loup-garou. Celui-ci, loin d’être sanguinaire comme les autres représentants de son espèce, est trahi par la femme en qui il avait confiance au point de lui avouer sa nature. C’est un très beau texte, que je vous invite vivement à lire si ce n’est déjà fait. Cela n’est pas essentiel pour comprendre le roman de Lia Vilorë, car il y est résumé dans son entier, mais ce serait bête de vous priver de cette découverte. Il existe également une jolie adaptation en dessin-animé et ombres chinoises dans Les Contes de la Nuit (ou Dragons et Princesses) de Michel Ocelot. Mais bref, revenons au roman.
Du récit médiéval découle l’histoire d’Hikira et de sa famille, de nos jours, en Bretagne. La jeune fille est la descendante du chevalier-loup et un pion au sein de la guerre que se livrent bonnes et mauvaises fées. Mais, si le lai ainsi que d’autres légendes posent les bases de la trame, l’auteur a su créer quelque chose de cohérent et de personnel. J’ai beaucoup aimé la façon dont elle use de la matière de Bretagne ou de motifs récurrents de la Féerie, celle du Petit Peuple autant que des contes, pour nourrir sa propre imagination.
Hikira est un personnage attachant. Elle oscille entre l’enfant et la jeune femme, avec un petit quelque chose, très logique, de l’animal sauvage. J’imagine que son côté « sale gamine » pourrait agacer certains, mais je l’ai trouvée crédible dans son comportement. Elle a vécu de nombreux traumatismes, il lui est difficile, mais en même temps nécessaire, de grandir. Comme son ancêtre, elle navigue entre trahisons et faux-semblants. À la fois monstre et fillette sacrifiée, elle doit dompter sa nature et se construire. Ce premier tome nous conte les débuts difficiles de l’acceptation de son état et son apprentissage. On y découvre sa destinée au même rythme qu’elle, ses ennemis et ses alliés.
J’ai trouvé cette trame intéressante et certains passages vraiment très prenants. Il faut dire que j’aime les histoires de sombre féerie et de loups-garous, alors c’est un combo gagnant. Lia Vilorë a su doser les scènes d’action, qui apportent de l’énergie au récit, et d’autres moments plus introspectifs qui étoffent les personnages, cela fait qu’on ne s’ennuie jamais.
Elle a pris le parti de retranscrire le parler tel qu’il est censé être dans les dialogues. C’est un peu gênant pour la maniaque que je suis, mais cela se justifie tout à fait. L’ensemble du récit est très fluide et se lit vite. On sent venir certaines choses, mais elles sont bien amenées et il y a aussi quelques surprises.
Je suis très curieuse de voir comment vont évoluer l’intrigue et les personnages dans les prochains tomes, maintenant que quelques secrets ont été éventés et qu’Hikira commence à prendre conscience de sa mission. J’ai aussi très envie d’en apprendre davantage sur le passé d’Éric, son mystérieux protecteur.

 

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Un album scénarisé par Thomas Day, illustré par Olivier Ledroit et publié chez Glénat.

Il existe une version de luxe de ce premier tome. Mais je ne peux vous en parler dans cette chronique, ne l’ayant jamais feuilletée.

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Présentation de l’éditeur :

Une réécriture des contes de fées dans un décor steampunk

Il était une fois un couple de fées, le duc Claymore Grimm et la duchesse Titania, et leur petite fille, Wika. Alors que le prince Obéron, ancien amant de Titania aux pouvoirs redoutables, prend d’assaut le château Grimm, la petite Wika est confiée, après avoir eu les ailes sectionnées pour dissimuler sa nature, à un couple de fermiers chez qui elle grandira à l abri de tous… Treize ans plus tard, Wika, émancipée, se rend dans la capitale contrôlée par Obéron. Elle y rencontre le jeune Bran, voleur talentueux qui, entre larcins et arnaques, lui dévoile les secrets de la cité. Mais petit à petit, les pouvoirs de Wika semblent se développer, révélant sa nature de fée, et éveillent l’intérêt du prince tyrannique, celui-là même qui voulut sa perte des années auparavant…
Référence dans le monde de l’illustration et de la bande dessinée de fantasy, Olivier Ledroit signe de son dessin baroque et fouillé une réécriture jouissive des contes classiques dans un univers steampunk féerique, sur le premier scénario de Thomas Day en bande dessinée !
Inclus : un cahier graphique réservé à la première édition.

Wika et la fureur d’Obéron est le fruit d’une collaboration entre Thomas Day, pour le scénario, et Olivier Ledroit pour les illustrations. La série est prévue en quatre volumes, mais seul le premier est sorti pour l’instant.
Férue de féerie, ainsi que de Steampunk, et alléchée par le potentiel du duo Day et Ledroit, je n’allais pas manquer Wika. La préface de Pierre Dubois nous met tout de suite dans l’ambiance. J’attendais un texte intelligent dans de magnifiques décors, cependant, j’étais sans doute un peu trop exigeante. C’est un premier tome, il lui faut le temps de mettre en place personnages et univers, ce qui malheureusement ne se fait pas avec autant de fluidité que je l’aurais souhaité.
L’intrigue de départ est plutôt simple : Obéron souhaite se venger de Titania, son ancienne compagne, qui a conçu un enfant avec un autre elfe. Il l’attaque et la tue ainsi que son époux, mais la petite Wika est sauvée in extremis, quoique privée de ses ailes.
Partez du principe qu’ici la mythologie est à tendance nordique, mais que fée semble être le féminin d’elfe… Les fées et elfes majeurs sont dotés d’ailes, les autres sont de diverses races sans que leur origine soit clairement définie. Obéron est fasciné par la technologie et détruit peu à peu la magie ainsi que les fées majeures. Le royaume glisse donc lentement vers le Steampunk, ce que j’espère voir développé dans les prochains tomes.
Comme toujours, les illustrations d’Olivier Ledroit sont d’une grande finesse et extrêmement travaillées. Chaque dessin foisonne de détails. Les couleurs sont très vives, ajoutant encore à cette impression de profusion qui peut égarer. Malgré tout, c’est un style assez froid, surtout dans la représentation des personnages. On aime ou pas, mais on ne peut nier la grande qualité du travail. Personnellement, j’ai préféré les décors aux personnages, mais l’ensemble m’a plu.
Je suis néanmoins quelque peu perplexe quant à l’apparence même de Wika. Quand elle arrive en Avalon, elle a treize ans et fait terriblement plus vieille. Fée ou pas, je trouve cela dérangeant. En outre, est précisé dans les notes de fin d‘ouvrage qu’Olivier Ledroit souhaitait créer une BD que sa fille – de treize ans à l’époque de la sortie de ce premier tome – pourrait lire. Sans me la jouer pudibonde, ayant moi-même probablement lu pire à cet âge, entre le langage, les multiples allusions salaces et l’hyper-sexualisation des personnages féminins, ce n’est quand même pas un album qu’il me viendrait à l’idée d’offrir à de jeunes ados. À vous de voir…
Cette bande-dessinée me rappelle un peu Elfquest, que je lisais plus jeune. Le scénario me semble un peu trop cousu de fil blanc pour l’instant, mais je suis certaine que cela va s’arranger par la suite. Les personnages secondaires, qu’il s’agisse des fées noires autant que des loups d’Obéron, sont très prometteurs et vont, à mon sens, accentuer le mélange des genres qui fait la richesse de cette BD.
Il ne reste plus qu’à attendre cette fameuse suite…

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Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Lire un roman graphique ou une BD ou un comic avec une femme pour héroïne.

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Penny dreadful est typiquement le genre de séries qui ne m’attire pas par nature. Je suis plutôt réfractaire à tout ce qui est horrifique ; la réalité me semble déjà suffisamment lugubre sans avoir à en rajouter. Toutefois, dans le cas de cette série, j’ai bien fait de passer outre car elle est devenue, et ce dès la première saison, l’une de mes favorites. C’est sombre, inquiétant, mais sans verser dans le gore, ou en tout cas jamais gratuitement. J’y retrouve l’ambiance et les thèmes que j’aime dans les vieux récits de Fantastique.
Penny dreadful nous parle d’humanité, dans tout le spectre de celle-ci : des ténèbres les plus opaques à la lumière la plus éclatante. Elle évoque la fragilité de l’être, fait réfléchir sur la monstruosité qui se cache ou s’affiche en chacun. Or, cette monstruosité possède de nombreuses facettes… Les personnages sont en quête de paix intérieure. Être en paix avec soi, avec ce que l’on est, passe par la découverte de notre part la plus occulte, c’est une confrontation permanente. Ces thèmes m’intéressent et me bouleversent, d’autant qu’ils sont très bien traités.
Loin de me décevoir, la deuxième saison que j’ai dévorée vitesse grand V n’a fait que me confirmer l’excellence de cette série. Pourtant, mes attentes étaient grandes.
J’ai pu lire par-ci par-là que certaines personnes trouvaient l’évolution de l’intrigue trop lente ; pour ma part, je pense au contraire que l’intensité dramatique est parfaitement dosée. Ce n’est pas censé être épique ou haletant, mais ça ne manque pas de suspense pour autant. Si la première saison était composée, à mon sens, de tableaux parents, la deuxième a pris un tour plus intimiste, plus fluide. Les intrigues s’imbriquent facilement, parfois peut-être trop, mais le tout est aussi cohérent que fascinant.
Le développement des personnages sonne juste, les acteur sont excellents et Eva Green, qui m’avait déjà beaucoup impressionnée dans la première saison, est réellement formidable dans le rôle de Vanessa Ives. Son personnage est complexe, le jouer doit être très éprouvant, mais elle s’en sort brillamment, elle fait passer toutes les émotions et contradictions de Vanessa, toutes ses peines et ses espoirs. Elle la rend vivante.
Je suis par contre beaucoup plus perplexe en ce qui concerne l’acteur qui incarne Dorian Gray. Si le personnage ne me déplait pas, je le trouve néanmoins trop lisse. Cependant, j’attends de voir ce qui se prépare pour la saison 3. J’espère avoir des surprises.
Penny dreadful gagne à être vue, c’est une très bonne série du point de vue scénaristique, mais aussi esthétique. Je vous la conseille.

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Un roman de Jeanne-A Debats publié chez ActuSF.

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Présentation de l’éditeur :
Je m’appelle Agnès Cleyre et je suis orpheline. De ma mère sorcière, j’ai hérité du don de voir les fantômes. Plutôt une malédiction qui m’a obligée à vivre recluse, à l’abri de la violence des sentiments des morts. Mais depuis le jour où mon oncle notaire m’a prise sous son aile, ma vie a changé. Contrairement aux apparences, le quotidien de l’étude qu’il dirige n’est pas de tout repos : vampires, loups-garous, sirènes… À croire que tout l’AlterMonde a une succession à gérer ! Moi qui voulais de l’action, je ne suis pas déçue… Et le beau Navarre n’y est peut-être pas étranger.

Romancière, nouvelliste et anthologiste, Jeanne-A Debats a convoqué les figures les plus flamboyantes du fantastique pour une romance douce-amère dans la Ville Lumière. Plume reconnue de l’imaginaire français, sa novella La Vieille Anglaise et le continent a été lauréate du Grand Prix de l’imaginaire, des prix Julia Verlanger et Rosny aîné.

Enfin un peu d’originalité en urban fantasy ! Vous en avez marre des bombasses bipolaires qui pourchassent des gros méchants criminels surnaturels en ayant pourtant toujours peur de se casser un ongle ? Alors lisez L’Héritière !
Dans ce roman, pas d’héroïne flic ou détective. Notre narratrice est Agnès, jeune femme banale en apparence mais néanmoins fille de sorcière. Son père étant humain, Agnès n’a pas hérité des talents de sa mère, cependant elle possède tout de même un don bien encombrant. Elle est médium, mais ne contrôle pas son pouvoir. Toute émotion résiduelle peut créer un fantôme et elle les voit tous : les angoisses des gens, les morts qui s’attardent, etc. Sa vie est un cauchemar et elle se tient recluse, jusqu’à ce qu’un événement tragique la sorte de sa retraite.
Malgré son pouvoir, Agnès est un personnage un peu plus proche de la lectrice lambda que les femmes que l’on croise d’habitude en urban et cela la rend vite attachante. Ceci dit, tous les personnages de ce récit le sont, même les plus tordus ont leur charme. Ils sont originaux, mystérieux, ont une histoire personnelle intéressante et évoluent dans un monde tout aussi bien construit. L’idée de situer l’intrigue autour d’une étude notariale est vraiment bien trouvée. Plutôt que de toujours chasser les surnaturels rebelles, on s’intéresse pour une fois aux stratagèmes qu’ils ont imaginés pour vivre parmi les humains sans se faire repérer depuis des siècles. J’ai apprécié la façon dont Jeanne-A Debats envisage le fonctionnement des cénacles de vampires et des meutes de loups ainsi que la façon dont ceux-ci s’inscrivent dans notre histoire. Son univers est basé sur une bonne connaissance du folklore, mais avec sa touche personnelle qui, bien entendu, donne à réfléchir tout en étant ludique. J’ai hâte de lire d’autres histoires de la même trempe reprenant ces personnages.
L’Héritière peut se lire indépendamment, mais s’inscrit dans une toile que l’auteur va développer dans d’autres ouvrages et qu’elle nomme Testaments. On a déjà pu voir par-ci par-là certains personnages dans des nouvelles et l’un d’eux, Navarre, est aussi le narrateur d’un roman paru chez Ad Astra : Métaphysique du vampire. On peut lire L’Héritière sans connaître le personnage, mais Navarre fait partie de mes vampires préférés tous genres confondus et je ne peux que vous encourager à découvrir l’excellent roman qui lui est consacré.
L’Héritière est une pépite dans un genre dont les parutions se ressemblent malheureusement de plus en plus. Ce récit est drôle, agréable à lire et l’auteur y fracasse allègrement les clichés. Il y a quelques passages un peu longuets, parce qu’Agnès, toute sympathique et humaine qu’elle soit, se montre aussi parfois un peu gourde, ce qui se ressent doublement puisqu’elle est la narratrice de cette histoire. Toutefois, ce n’est qu’un inconvénient mineur et l’ensemble, très réussi, m’a offert une excellente lecture.

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