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Posts Tagged ‘contes’

Une nouvelle de Manon Bousquet, publiée chez Realities Inc.

Disponible en numérique à 0,99€.

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Sur une lointaine planète, un androïde raconte de vieux contes venus de la Terre à des orphelins de guerre de diverses origines. Mais l’histoire qu’il a choisie ce soir-là est bien triste et les enfants ne posent pas les questions auxquelles il s’attendait. Alors, pour leur remonter le moral, il décide de célébrer une ancienne fête terrienne tombée dans l’oubli, sans trop savoir de quelle manière s’y prendre…
Mais comment un androïde s’est-il trouvé à la tête de ce troupeau d’enfants dont personne ne semble vouloir ?
C’est une bien belle histoire que nous offre Manon Bousquet, un vrai conte de Noël dans la plus pure tradition du genre, avec une touche de modernité insufflée par le cadre et les valeurs de la science-fiction. Tous les ingrédients sont là : ambiance douce-amère mâtinée d’espoir, tendresse, le tintement de grelot des joies simples, des personnages touchants et solidaires… ainsi que de l’inventivité pour rafraîchir le tout.
J’ai été charmée par la douceur de cette nouvelle, par les questions qu’elle pose et les réponses qu’elle laisse à la discrétion du lecteur. Je vous la recommande.

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Un conte de Marie-Catherine d’Aulnoy.

 

L'Oiseau bleu - Adrienne Ségur

L’Oiseau bleu – Adrienne Ségur

 

Je suis tombée amoureuse des contes avant de savoir lire. On m’en a lu beaucoup, puis je me suis débrouillée toute seule. Contes classiques ou modernes, différentes traductions, adaptations plus ou moins réussies… Tout ce que je trouvais y passait et j’ai gardé cette affection particulière en grandissant. Des contes je suis allée aux mythes et des mythes à la SFFF… J’en ai même fait mon sujet d’étude. Toutes ces lectures ont fortement contribué à construire la femme que je suis aujourd’hui.
Il est donc difficile de choisir un conte parmi la farandole de mes favoris pour le challenge SFFF et diversité. Le panel des possibilités se réduit un chouia si l’on exclut les contes modernes, comme je crois que c’est le cas.
J’ai évoqué L’Oiseau bleu l’autre jour avec une amie, cela m’a donné envie de le relire. Je me suis dit que ça tombait bien… Or, c’était peut-être la fois de trop. Entendons-nous bien, c’est un très joli conte, mais la partie galante est assez longue et en ce moment je manque de patience avec les envolées lyriques et les serments d’amour éternel.
Les contes de Marie-Catherine d’Aulnoy sont tissés de motifs très connus et souvent des réécritures de mythes ou d’autres contes. Ce sont des compositions florales arrangées avec goût, dans le plus pur style précieux. Le luxe y est très présent, mais on y critique aussi la coquetterie. Elle glorifie l’amour sincère, elle qui fut mariée contre son gré à un homme bien plus âgé. Elle se moque d’ailleurs très souvent des marieuses de la cour, la fée Soussio de L’Oiseau bleu en est un spécimen, bien que pas le plus ridicule qu’elle ait créé. Pour compenser l’attitude de ses méchants (qui ne sont pas toujours stupides), la conteuse accorde une grande importance aux vertus de ses héros. Dans le monde de Madame D’aulnoy, quand on est laid, mais qu’on a bon cœur, on devient beau et les mauvaises personnes sont punies à la fin. Que dire, ce sont des contes, même s’il y a quelques messages cachés, c’est dans leur nature d’être manichéens…
Ici nous avons une belle princesse, aimée d’un roi tout aussi parfait qu’elle, une méchante belle-mère qui ne manque pas de suite dans les idées et son laideron de fille qui n’est malheureusement pas aussi fine qu’elle, une fée partiale et quelques mésaventures. Ce n’est pas original, mais ça reste agréable à lire. J’aime beaucoup le passage du début où la belle-mère séduit le roi. Je le trouve très bien écrit et on ressent la perfidie du personnage.
J’ai été très marquée par une illustration d’Adrienne Ségur qui ornait la version que je lisais enfant, aussi je ne peux que la joindre à cette chronique tant elle est pour moi représentative du conte.
L’Oiseau bleu est pour moi un incontournable des contes précieux alors, si vous ne le connaissez pas déjà, n’hésitez pas à le découvrir.

 

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Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Un conte que vous avez adoré étant enfant

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The Truth is a Cave in the Black Mountains est une nouvelle de Neil Gaiman inspirée par un mythe venu des Hébrides.
Il existe une version illustrée par Eddie Campbell, mais on peut aussi la lire dans l’anthologie Stories ou dans le recueil Trigger Warning. Le texte intégral lu par l’auteur est disponible en audiobook, mais c’est du feuilleton radiophonique adapté par Karen Rose que je vais vous entretenir aujourd’hui.
Celui-ci a été diffusé en décembre sur BBC 4 dans l’émission Book at bedtime. Le feuilleton a été découpé en cinq épisodes d’environ quinze minute chacun. Cela nous donne pile la capacité d’un CD et j’espère que celui-ci sortira un jour.
Je n’ai pas encore lu le texte original, donc je ne peux juger de la façon dont la nouvelle a été adaptée et abrégée, mais j’ai pris grand plaisir suivre ces épisodes. Bill Paterson (Ned Gowan dans Outlander) prête sa voix au personnage et nous conte une histoire sombre, pleine de regrets, de colère et de secrets. Il est très agréable à écouter, j’apprécie son accent qui rend le texte particulièrement mélodieux. J’aime beaucoup les adaptations radiophoniques de la BBC qui ne sont jamais sur-jouées.
En écoutant cette nouvelle, j’ai eu l’impression de me retrouver en Écosse, de cheminer sous la pluie avec ces personnages qui ont chacun des choses à cacher. Cette histoire m’a touchée, j’en ai eu des frissons en écoutant le dernier épisode, mais j’aurais tôt fait de trop dévoiler l’intrigue si j’en disais davantage.
Écoutez-la, lisez-la et partez vous aussi à la recherche de la richesse… ou d’autre chose.
Le feuilleton est encore disponible pour une semaine sur le site de la BBC.

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La_Belle_et_la_Bete

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Je ne vais probablement pas me faire des amis parmi les romantiques qui pensent que La Belle et la Bête est un conte parlant d’amour qui transcende les apparences. Non… À la base, il s’agit d’un conte créé pour éduquer les jeunes filles et leur faire comprendre qu’un mariage de raison n’est peut-être si horrible que ça. Elles seront sans doute dégoûtées par le vieux mari riche que leur papa fauché a pu leur trouver, mais elles s’y habitueront et verront bien ses qualités avec le temps.
J’ai brisé un mythe, je pense avoir gagné ma journée. Et pourtant je vous assure, j’aime bien ce conte. Je l’ai lu ou vu sous diverses formes, certaines intelligemment construites, d’autres très mièvres, pourtant je ne m’en lasse pas. Et, même si son but de départ n’est pas très glorieux, il est aussi ce que l’on a voulu le faire devenir par la suite, à savoir qu’il nous pousse quand même vers moins de superficialité.
Pour cette fois je vais m’intéresser au film de Christophe Gans sorti en 2014.

Quand j’étais petite, j’avais, entre autres versions, un album illustré de La Belle et la Bête que le début de ce film m’a beaucoup rappelé. Cela m’a mise mal à l’aise jusqu’à ce que je le comprenne.
Puis, le film se détache progressivement de l’histoire originelle, ce qui me laisse plutôt mitigée. Visuellement, cela reste joli, un peu trop même. On a parfois l’impression que l’esthétique prime, que l’histoire n’est qu’accessoire et assujettie à la volonté de créer de belles images. Pour ma part, je pense que cela devrait être l’inverse.
Et cette obsession de l’esthétisme alourdit le tout car ce film est long, trèèèèès looooooong quand on passe beaucoup de temps à regarder Belle, affublée d’une de ses nombreuses robes de princesse, avancer dans des décors grandioses, avec des bestioles animées qui ne servent absolument à rien. Oui Belle, moi aussi j’aime mettre des robes de bal et me coiffer comme si j’allais me marier pour me promener dans la cambrousse… Je sais, c’est un conte de fée, il faut de jolies robes, mais bon, honnêtement, rendre le tout un peu moins superficiel n’aurait pas été un mal.
Cette Belle est fade et n’a pas vraiment de personnalité ; absolument toutes les émotions se valent sur le visage de Léa Seydoux. À aucun moment je n’ai ressenti de sympathie envers elle et, disons-le franchement, je me suis ennuyée pendant presque tout le film. L’adaptation en elle-même, avec ses variations, n’est pas transcendante. C’est une histoire que l’on connaît et qu’on aime ou pas telle qu’elle est, il est difficile de la réinventer et l’esthétique du film n’y suffit pas.
De plus, la Belle et la Bête m’ont semblé avoir, dans cette version, bien moins de profondeur que les personnages secondaires et leur relation n’est pas du tout exploitée. Belle ne tombe pas amoureuse de la bête, mais de l’homme que celle-ci a été, cela veut dire beaucoup de choses.
Visuellement c’est un joli film, assez longuet dans l’ensemble, manquant de personnalité. Je n’en retiendrai pas grand-chose, même si je ne regrette pas non plus de l’avoir vu.

Si vous souhaitez lire des réécritures de ce conte, je vous conseille La griffe et l’épine de Pierre-Alexandre Sicart, nouvelle présente dans l’excellente anthologie Contes de villes et de fusées dirigée par Lucie Chenu et publiée par Ad Astra, ainsi que Belle de Robin McKinley publié chez Mnémos mais qui doit sous peu ressortir en poche chez Pocket.

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challenge WMF

Sur le fil, dernière chronique pour le Challenge Winter Mythic Fiction saison 2 !

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Ella enchanted

Avant de parler du film, j’aimerais dire un mot sur le roman dont il est l’adaptation : Ella l’ensorcelée en français, qui est publié par L’école des loisirs. Il s’agit d’un excellent ouvrage qui peut être lu par des jeunes autant que des adultes, bien écrit, réfléchi, pas mièvre pour deux sous. Ma première lecture date d’une dizaine d’années au moins et je garde beaucoup d’affection pour cette belle histoire que je trouve très positive pour la gent féminine. L’intrigue s’inspire du conte de Cendrillon, que je n’affectionne guère car il a pour personnage central une jeune fille incapable de prendre son destin en main. Cendrillon subit les bonnes autant que les mauvaises choses qui lui arrivent. Ella l’ensorcelée nous offre une autre approche et une héroïne tout sauf fataliste. Si Ella se montre soumise, c’est qu’une fée lui a jeté un sort, pensant lui faire un beau cadeau (ou plutôt à ses proches…). Elle est forcée d’obéir dès qu’on lui donne un ordre, dût-il la mettre en péril. Elle se bat de toutes ses forces contre cela. C’est une jeune fille indépendante, intelligente, elle ne reste pas passive à attendre le prince qui la sauvera. Et, pourtant, prince il y aura…

Parce que j’ai aimé le roman et que la magie est encore présente quelques années plus tard, je n’étais pas tentée par l’idée de voir le film. J’avais peur qu’il gâche tout et, honnêtement, j’avais raison.
Cependant, ces derniers temps le roman m’est revenu en tête et je me suis dit que j’allais quand même essayer pour le Winter Mythic Challenge, après tout, peut-être serai-je agréablement surprise… Temps perdu, au final je ne sais même pas comment j’ai pu regarder ce film en entier.
Que dire ? Cela faisait longtemps que je n’avais rien vu d’aussi kitsch. Il reste peu de la trame du roman dans le scénario du film, si ce n’est le début, et même si je comprends la nécessité d’adapter un récit écrit pour une transmission plus visuelle, je m’interroge sur l’utilité de rajouter une intrigue secondaire (et les personnages qui vont avec) alors que l’on n’exploite pas vraiment la trame principale…
Mandy, la sage marraine d’Ella, devient une potiche, son père s’efface dans le décor, emportant avec lui une partie de la dynamique familiale complexe qui donne corps au récit, mais évidemment il n’en oublie pas de ramener à sa fille une méchante belle-mère et la progéniture dégénérée de celle-ci… Un peu trop dégénérée d’ailleurs. Et Ella se doit de se battre pour libérer des peuples opprimés qui n’ont rien à faire dans cette histoire…
L’humour est très lourd, il repose sur des anachronismes censément drôles et sur des acteurs qui sur-jouent un maximum, rendant ainsi l’histoire assez bêbête… La bande de filles décérébrées qui constitue le fan-club du prince m’a particulièrement écœurée.
Ce long-métrage ne nous offre qu’une héroïne insipide, un prince qui n’a rien de charmant, à part son nom, des méchants plus pathétiques les uns que les autres, une intrigue sur le racisme construite de bric et de broc et une fin particulièrement ridicule…
La morale de l’histoire, si belle dans le roman, devient complètement neuneu. Ce film amusera sans doute les très jeunes enfants grâce aux gags visuels, mais il ne vole vraiment pas haut, préférez-lui de loin le roman.

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challenge WMF

Challenge Winter Mythic Fiction

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le conte de la princesse kaguya

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Le Conte de la princesse Kaguya est un dessin animé comme on en fait peu, totalement à contre-courant de l’air du temps.
Les dessins sont épurés et, malgré tout, travaillés quand il le faut, ce qui leur confère une élégance et une grâce particulières. Tantôt ébauches, tantôt aussi évocateurs que des tableaux, ils se révèlent toujours extrêmement poétiques. La délicatesse du trait, la luminosité des couleurs ainsi que la douceur de l’ambiance musicale suffiraient à en faire un chef-d’œuvre, cependant l’histoire est également magnifique.
Le point de départ fort simple peut rappeler d’autres contes que nous connaissons bien dans notre vieille Europe, mais la ressemblance s’arrête là. Un coupeur de bambous trouve une petite fille magnifique dans une pousse et décide de l’élever comme une princesse. De jeune fille miniature, elle devient un vrai bébé, puis grandit de manière tout à fait sporadique, mais à chaque fois conséquente.
Le conte dont est adapté ce long métrage est un classique de la littérature japonaise, une histoire fondatrice dont j’avais déjà entendu parler, mais que je n’avais pas lue auparavant. Je ne peux donc pas juger la façon dont le conte a été interprété, cependant, j’ai apprécié ma découverte. Ce n’est peut-être pas la version la plus fidèle, toutefois je la trouve magnifique.
Une lumière singulière contrebalance la mélancolie qui se dégage du récit et rend le tout très humain. L’enfant est attachante, malgré un petit côté lunaire qui lui confère parfois une humeur changeante et donne donc naissance à des réactions étranges de sa part.
L’atmosphère de cette histoire m’a énormément plu, surtout de par son symbolisme. Je l’ai trouvée magique. Cet anime est selon moi une sorte de long poème sur la fragilité de la vie. C’est dans l’éphémère que l’on découvre la beauté, l’espoir et parfois aussi la force. Dans la sensibilité et les sentiments, même douloureux, réside toute la grandeur des êtres, humains ou non, qui s’inscrivent dans un cycle sans fin mais sont néanmoins mortels. Une existence courte, mais dotée de sensibilité, vaut mieux que l’immortalité sans émotions.
Pour autant, l’histoire est empreinte de nostalgie et, bien qu’elle m’ait apporté un certain réconfort dans un moment douloureux, elle m’a laissé une impression douce-amère. Je doute que les jeunes enfants puissent apprécier cet anime, mais son caractère intemporel séduira sans nul doute un public plus âgé et plus enclin à la contemplation.

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challenge WMF

Challenge Winter Mythic Fiction

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Une nouvelle de Neil Gaiman, illustrée par Chris Riddell.

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the sleeper and the spindle

A thrillingly reimagined fairy tale from the truly magical combination of author Neil Gaiman and illustrator Chris Riddell – weaving together a sort-of Snow White and an almost Sleeping Beauty with a thread of dark magic, which will hold readers spellbound from start to finish. On the eve of her wedding, a young queen sets out to rescue a princess from an enchantment. She casts aside her fine wedding clothes, takes her chain mail and her sword and follows her brave dwarf retainers into the tunnels under the mountain towards the sleeping kingdom. This queen will decide her own future – and the princess who needs rescuing is not quite what she seems. Twisting together the familiar and the new, this perfectly delicious, captivating and darkly funny tale shows its creators at the peak of their talents. Lavishly produced, packed with glorious Chris Riddell illustrations enhanced with metallic ink, this is a spectacular and magical gift.

The Sleeper and the Spindle, nouvelle récompensée par le prix Locus, est initialement parue dans l’anthologie Rags and Bones : new twists on timeless tales, dirigée par Melissa Marr et Tim Pratt. Elle a été rééditée par Bloomsbury sous une très belle forme, en hardcover et de surcroît abondamment illustrée par Chris Riddell. La version souple devrait sortir sous peu, mais je vous conseille vraiment le superbe hardcover qui d’ailleurs n’est pas beaucoup plus cher.
Les illustrations sont magnifiques, en noir, blanc et doré, très détaillées. Elles apportent du cachet à cette nouvelle. L’objet-livre est très beau. Je ne suis pas fan des jaquettes en général, mais je trouve l’effet de celle-ci, en ébauches et transparences sur une couverture blanche et noire, très réussi.
Comme son titre l’indique, ce conte revisité s’inspire de La Belle au bois dormant, mais pas seulement… Ce ne sera pas un spoiler si je vous dis qu’une autre princesse, que dis-je, une reine, va s’inviter dans ces pages et partir à l’aventure.
J’imagine de plus que beaucoup ont entendu parler de cette nouvelle, non pour ce qu’elle conte réellement, mais en grande partie à cause du dessin de la scène du baiser qui semble avoir choqué pas mal de monde… Il en a été fait un tel foin que l’on a sorti cela de son contexte et oublié l’histoire qui allait avec. Je ne compte pas m’attarder sur le sujet, trouvant la véhémence de ces réactions particulièrement stupide… Sérieusement, remettons les choses à leur place, Thalie la lune et le soleil, texte dans lequel la jeune femme endormie est violée et réveillée par l’un des deux jumeaux qu’elle ne sait même pas avoir mis au monde, est une version de l’histoire révoltante. Par contre, une femme qui en embrasse une autre n’a rien de choquant ni de dérangeant.
Et si vous pensez qu’en vous révélant cela je vous ai gâché la surprise, je vous rassure, il n’en est rien. Par bien des aspects, The Sleeper and the Spindle possède une intrigue prévisible, ce n’est pas non plus la plus grandiose nouvelle que Gaiman ait écrite, mais elle a ses petites originalités. Peut-être la percerez-vous trop tôt à jour, peut-être pas, mais vous apprécierez sûrement votre lecture et pas uniquement pour la beauté des illustrations. C’est une jolie réécriture, peut-être pas transcendante, mais moi qui n’ai jamais vraiment apprécié ce conte dans ses versions les plus connues, je le trouve mieux ainsi, plus proche de ce qu’est censé être un conte, plus cruel aussi.
J’ai lu de nombreux commentaires sur la fin, mais aussi sur l’aspect féministe que l’on veut faire ressortir de cette histoire. Ne peut-on pas simplement la voir dans son entier au lieu de la détailler morceau par morceau ? Doit-on vraiment à tout prix y trouver une morale ? Chacun se fera sa propre opinion.
La meilleure réécriture de La Belle au bois dormant que j’ai pu lire reste indubitablement Une histoire de désir de Delphine Imbert publiée dans l’anthologie Contes de villes et de fusées, éditée par Ad Astra. Si vous en avez l’occasion, ne vous privez pas de cette découverte.

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Challenge Winter Mythic Fiction

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