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Un roman d’Ariel Holzl publié chez Mnémos dans la collection Naos.

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Présentation de l’éditeur :

Merryvère Carmine est une monte-en-l’air, un oiseau de nuit qui court les toits et cambriole les manoirs pour gagner sa vie. Avec ses soeurs, Tristabelle et Dolorine, la jeune fille tente de survivre à Grisaille, une sinistre cité gothique où les moeurs sont plus que douteuses. On s’y trucide allègrement, surtout à l’heure du thé, et huit familles d’aristocrates aux dons surnaturels conspirent pour le trône.

Après un vol désastreux, voilà que Merry se retrouve mêlée à l’un de ces complots ! Désormais traquées, les Carmines vont devoir redoubler d’efforts pour échapper aux nécromants, vampires, savants fous et autres assassins qui hantent les rues…

« Une fantasy urbaine mordante et décalée, proche de l’univers de Tim Burton. »

Ariel Holzl a grandi dans la décadence acidulée des années 90. Les Soeurs Carmines est né d’une volonté de croiser les genres, de créer des rencontres inat­tendues entre ses sources d’inspiration comme Neil Gaiman, Edgar Allan Poe ou Stephen King. Le Complot des corbeaux est son premier roman.

Trois sœurs très différentes, une ville qui devient un personnage à part entière, des familles qui se battent pour le pouvoir, des complots incessants et une magie baroque… Tout lecteur de fantasy qui se respecte se dit qu’il a déjà vu ça, mais ne peut pas s’empêcher de tendre la main vers ce roman. Et il ne le regrettera pas.
Ariel Holzl a su créer un univers original, jouer avec les attentes du lecteur et les clichés. Sa Grisaille est une ville sombre et fascinante que l’on brûle d’explorer, digne héritière de toutes ces cités de papier qui ont marqué notre imaginaire. J’ai même été frustrée de ne pas en voir davantage.
Ses personnages sont plus caricaturaux, mais cela est pleinement assumé et ne veut pas dire qu’ils ne réservent pas quelques surprises. Comme la plupart des gens, j’imagine, j’ai adoré la petite Dolorine et me suis régalée des extraits de son journal. Sa naïveté délicieuse de petite fille, associée à ses caractéristiques tellement gothiques, en font un personnage génial. Elle compense largement l’antipathie provoquée par sa grande sœur Tristabelle. Celle-ci, beauté narcissique et sociopathe, a un potentiel humoristique certain, mais devient vite assez pénible… Cependant, c’est la sœur du milieu l’héroïne de ce tome, la gentille Merry, aspirante cambrioleuse des plus malchanceuses. Et elle m’a fait de la peine la petite Merry, à passer son temps à courir à droite et à gauche pour protéger ses sœurs… Il ne fait pas bon être trop gentil ou avoir de l’honneur à Grisaille !
On rencontre ici des guildes de voleurs et d’assassins, façon Pratchett, une aristocratie divisée en huit familles aux pouvoirs spécifiques, des cinglés en tous genres et une société retorse où tuer avant d’être tué est la règle, mais tout ça dans l’humour le plus noir plutôt que le gore. C’est tout ce que j’aime : un peu de famille Addams, de Burton, de Gaiman, mais juste de lointaines inspirations, comme une mélodie assourdie dont on reconnaît quelques notes à la volée. L’univers des sœurs Carmines est résolument original.
L’auteur a créé un background complexe, mais a le bon goût de ne pas l’étaler sous le nez du lecteur, il privilégie son histoire. Alors oui on aimerait en savoir plus sur la ville et ses habitants, mais ayant l’habitude de me plaindre copieusement quand les auteurs jouent aux guides touristiques sans développer d’intrigue, je ne peux qu’approuver son choix.
Le Complot des corbeaux est un roman de cape et d’épée flirtant avec les caractéristiques du gothique – personnages malveillants, assassinats sournois et secrets de famille, mais prend souvent les poncifs à contrepied. Certains passages sont vraiment très drôles, notamment le journal de Dolorine ou la bataille finale. J’ai passé un excellent moment.
En outre, la maquette est soignée avec ses silhouettes en guise de décorations de chapitres. C’est de l’ordre du détail mais ça réjouit la part la plus superficielle de ma personne.
La série est prévue en trois volumes, un par sœur, en accord avec la personnalité de chacune. À la fin de l’ouvrage se trouve un extrait du tome 2 consacré à l’aînée, à la première personne s’il vous plaît, contrairement au tome 1. On n’en attendait pas moins de l’égocentrique Tristabelle… Ceci dit, cela m’effraie un peu. Trista est un personnage cocasse, mais qui devient vite exaspérant, alors tout un roman en sa compagnie… Néanmoins, j’ai bon espoir que ce soit drôle et j’ai ouï dire que ce serait dans un genre assez différent, alors je serai au rendez-vous !

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Une nouvelle de Thierry Fernandez, publiée en numérique dans la collection e-courts chez Voy’el.

Cette nouvelle est disponible gratuitement sur les librairies numériques jusqu’au 31 décembre 2016.

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Présentation de l’éditeur :

JDT : prototype porté par un nouveau type de *******, basé sur l’agencement d’un ***** et de *******. Sûr à 100 %. Aucune raison de se crasher, et pourtant.

Les suspicions de l’état-major étasunien se portent immédiatement sur les ******.

Paule Langevine : Scientifique française.

Fait une découverte qui pourrait bouleverser la physique : la loi d************ aurait changé.

Le Jour des Tartines est un rapport scientifique codé décrivant des expériences basées sur les lois de la physique… Non en fait pas du tout, cependant c’est de cette façon que le texte est mis en scène.
Comment diable pourrais-je vous parler de cette nouvelle sans éventer l’intrigue ? Comme toujours avec la collection e-courts, on ne sait pas où on met les pieds et c’est ça qui me plaît. Ce serait dommage de vous gâcher la découverte. Je n’ai jamais été déçue par ces textes poétiques ou déjantés, voire les deux.
Cette fois on fonce joyeusement vers la SF, ses paradoxes, ses bizarreries, son côté pulp. Le récit éclaté mélange les pistes ainsi que les points de vue et rend la lecture très attrayante, le tout étant assez insolite pour aiguiser tout de suite l’intérêt. On ne voit pas les pages filer.
J’ai eu l’impression de m’être égarée dans le songe de quelqu’un d’autre, mais une pub m’a également trotté en tête durant toute ma lecture (ce qui n’est pas une mauvaise chose, avoir l’image à l’esprit m’a fait marrer). Le Jour des Tartines est un texte amusant, qui joue avec des références que nous avons tous et qui se lit très, très vite. Vous y trouverez des prototypes révolutionnaires, des extraterrestres et des tartines beurrées, ça devrait vous suffire. Il ne reste qu’à embarquer. Allez quoi, il y a aussi des chats, vous ne pouvez pas résister à ces sales bêtes.

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JLNND-Je-lis-des-nouvelles-et-des-novellas

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Comics publiés chez Dark Horse.
Scénarisés par Zack Whedon.
Illustrés par Joelle Jones, Jim Rugg, Farel Dalrymple et Eric Canete.
Colorisation : Dan Jackson.
Couverture : Kristian Donaldson.

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Présentation de l’éditeur :
Based on the Emmy Award-winning web series Dr. Horrible’s Sing-Along Blog, this collection of stories written by Zack Whedon (Deadwood, Fringe) chronicles some of the earliest adventures in the lives of archenemies Captain Hammer and Dr. Horrible.

This anthology solves many unanswered questions left over from the show. For instance: What event inspired Dr. Horrible to become the world’s greatest criminal mastermind? Why is Penny, the beautiful girl from the Laundromat, still single? How can you, the reader, be like blustering do-gooder Captain Hammer? And why is Horrible’s sidekick, Moist, so . . . um . . . well, you’ll find out!

À l’origine, Dr. Horrible’s sing-along blog est une websérie en trois épisodes créée par Joss Whedon durant la grève des scénaristes aux U.S.A. Il souhaitait montrer qu’on pouvait produire une série de qualité avec peu de moyens. Il a réussi. Dr. Horrible est une sorte de tragicomédie, les chansons en plus. C’est drôle, mais aussi très humain et intelligent.
Cela étant dit, revenons aux comics.
Cet album est une compilation de cinq courtes histoires écrites par Zack Whedon. Il n’est disponible qu’en anglais, mais c’est d’un niveau très accessible. Je l’ai trouvé par hasard à un prix modique (ce qui est une bonne chose vu que la reliure s’est décollée de suite…). J’aime beaucoup la série, donc je n’ai pas hésité.
Ces histoires forment une sorte de préquelle à la série. Elles sont liées entre elles et permettent de voir certains événements sous plusieurs angles. Pour autant, les intrigues ne sont pas particulièrement complexes. Je vous avoue cependant m’être plus concentrée sur les récits que les dessins…
Pour situer le contexte : Dr. Horrible ambitionne de rejoindre The Evil Ligue of Evil, tout un programme… Son ennemi juré n’est autre que Captain Hammer, un beau gosse pas très futé… Dans la première histoire, celui-ci fait d’ailleurs sa propagande, des fois qu’on n’ait pas encore compris à quel point il est puant d’orgueil… D’habitude il me fait rire, là je l’ai trouvé carrément dérangeant, mais c’est probablement parce que je suis une des personnes bizarres qu’il aurait eu à l’œil…
Dans le deuxième récit, Moist nous conte comment il a eu son « super-pouvoir » et comment il a fait la rencontre d’Horrible. Ce personnage secondaire totalement décalé apporte une touche d’humour car il tourne en ridicule les codes du genre, même si au final sa vie est plutôt glauque.
L’histoire qui suit est plus douce, plus triste aussi. Elle est centrée sur Penny, la fille de la laverie, un personnage qui peut paraître caricatural, mais que j’aime beaucoup.
Le chapitre suivant est dévolu aux membres de la Ligue, mais également à un personnage tout juste évoqué dans la série. C’était chouette de finalement faire la connaissance de la presque Némésis d’Horrible, son miroir dans le camp des gentils.
Enfin, la dernière histoire nous conte comment et pourquoi Billy est devenu Dr. Horrible ainsi que sa première grande confrontation avec Captain Hammer. Ce fut mon chapitre préféré.
Dr. Horrible bouscule les codes des histoires de super-héros d’une façon qui me plaît. Les frères Whedon ont doté la série comme les comics d’un humour décalé, mais ont aussi apporté de la nuance et de la réflexion au thème. Les apparences sont trompeuses et, comme dirait quelqu’un, le plus difficile dans ce monde c’est d’y vivre…
Il est indispensable d’avoir vu la série avant, sinon vous ne trouverez aucun intérêt à ces histoires et vous ne profiterez pas des références. C’est vraiment pour les fans. Ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais ce fut un plaisir de retrouver les personnages et d’en apprendre un peu plus sur eux.

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Un recueil de nouvelles d’Alex Burrett publié par les éditions Aux Forges de Vulcain.

 

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Présentation de l’éditeur :

Quel lien peut-il bien exister entre une chèvre qui, faute de pattes, est obligée de barboter dans un étang arrimée à un radeau, une femme dont le dernier petit ami était l’ange de la Mort en personne, un abattoir à humains, un guerrier médiéval qui ne sait qui choisir entre sa femme et son chien, un homme indestructible mais qui l’ignore, un couple d’amants littéralement collés l’un à l’autre et qui deviennent des gourous du sexe, et bien d’autres encore ? L’imagination fantasque d’Alex Burrett ! En trente-deux textes enlevés, Burrett dépeint notre société par autant de saynètes absurdes, déployant un talent de conteur sous acide, mordant, percutant ; un monde à vif où rien n’est ce qu’il semble être, où l’on peut être ami avec une pierre, où l’Enfer se convertit aux vertus du tourisme de masse, et où les maisons habitées depuis des années savent faire culpabiliser leurs habitants. Absolument jubilatoire !

Ma Chèvre s’est mangé les pattes est un recueil de trente-et-une nouvelles. Certaines sont teintées de SF, de Fantastique ou de réalisme magique, l’ambiance d’autres ne déparerait pas dans un polar. Cependant, elles sont aussi quelquefois d’un réalisme des plus cyniques et pas si banal qu’on voudrait nous le faire croire. Drôles ou stressantes, souvent à chute, elles peuvent vous désarçonner à tout moment. On ne sait jamais sur quoi on va tomber au détour d’une page, ce qui rend ce recueil d’autant plus attrayant.
Ces textes courts flirtent de temps en temps avec l’absurde, notamment le premier qui a donné son étrange titre à l’ouvrage. Avouez quand même que cette histoire de chèvre éveille votre curiosité… L’humour caustique de ces récits est délectable, mais ils sont surtout d’une grande intelligence. Majoritairement écrits à la première personne, ils prennent la forme de confidences qui se révèlent bien moins anodines qu’on pourrait le penser de prime abord. L’auteur use souvent, à dessein, d’un ton clinique ou imitant une banale conversation entre amis pour renforcer le contraste entre ses propos et la normalité, ce qui rend le tout encore plus grinçant.
Les thèmes sont variés et, à l’exception de deux, les textes sont indépendants. La cohésion entre ces nouvelles naît de leur esprit cynique, de la finesse des réflexions de l’auteur et de cette ambiance si particulière qu’il a su créer. Il ne s’embarrasse pas de politiquement correct, mais discourt sur les travers et les misères de l’humanité comme s’il parlait de la pluie et du beau temps. À tout moment, la perception que vous avez d’un de ses récits peut basculer vers tout autre chose. L’écriture de nouvelles est un art difficile qu’il maîtrise à la perfection.
Au fil de cette lecture, on vous parlera des amours de l’ange de la mort (qui est un gars sympa), des dangers que mentir à un premier rendez-vous peut engendrer, de la gestion d’un abattoir pour humains ou d’un rat particulièrement ambitieux… C’est original, vif et intéressant.
Ce recueil, qui se lit très vite tant il est ludique et bien écrit, fut une excellente surprise.

Vous pouvez également découvrir l’avis enthousiaste de Lune.

 

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Un roman de Karim Berrouka paru chez ActuSF.

 

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Paris n’est plus que ruines.
Et le prix de la cervelle fraîche s’envole.
Heureusement, il reste des punks.
Et des bières.
Et des acides.
Et un groupe électrogène pour jouer du Discharge.
Le Club des punks va pouvoir survivre à l’Apocalypse.
Enfin, si en plus des zombies, les gros cons n’étaient pas aussi de sortie…

Il est grand temps que l’anarchie remette de l’ordre dans le chaos !

Politiquement incorrect, taché de bière et de Lutte finale, Le Club des punks contre l’apocalypse zombie est un condensé d’humour salutaire.

Avec le titre, le ton est donné. No future ? Ok, à votre service… Voilà les zombies !!!
Du jour au lendemain, débarquent des morts-vivants de base, c’est-à-dire cons comme des manches, lents mais tenaces et, surtout, avides de cerveaux humains. Face à cette Apocalypse balbutiante, mettons un groupe de punks qui vivent en collectif dans un squat. Ces personnages couvrent quasiment tout le spectre de ce que l‘on fait en matière de punk. Ça va de l’anarchiste militant aux punks destroy, sans oublier le freegan fan de films de zombies et, bien entendu, les punks à chiens…
Alors, que feraient des keupons face à l’Apocalypse ? Parce que c’est bien beau, mais comme le dit si bien Kropotkine : l’anarchie c’est pas le chaos !
Ils vont gérer… avec une logique bien à eux. Et je vous le dis tout net, on est plus du côté Punk de la Force que du côté zombie dans ce roman, ce qui m’allait tout à fait. Le gore et les cadavres ambulants ce n’est pas trop mon délire… Par contre, si vous êtes un habitué des romans de zombies, attendez-vous à être dérouté. Les codes sont là, mais les personnages n’ont pas trop envie de s’y plier…
Ils m’ont été sympathiques dès le départ. Les deux punks destroy m’ont beaucoup rappelé deux loups-garous rencontrés à la lecture d’une novella de Karim Berrouka. Mais, au-delà de ça, j’ai quelques valeurs communes avec certains de ces personnages (et je ne suis pas non plus toute seule dans ma tête, faut admettre que ça aide). Je trouvais amusant d’assister à cette Apocalypse par le biais de ces protagonistes, à la fois cyniques, bien qu’idéalistes, et décalés, eux qui se tiennent en-dehors de tout système. Leur vision des événements est totalement en dehors des clous et c’est rafraîchissant. Je les ai trouvés attachants, mais me suis surtout identifiée à Eva, a.k.a miss anti-tout… J’étais dans l’ambiance, j’anticipais en me marrant toutes les conneries qu’ils allaient faire et la première partie fut un plaisir à lire.
Cependant, le côté mystique de cette Apocalypse (qui pour le coup n’usurpe pas son nom) m’a un peu refroidie à mesure qu’il se développait. On va loin dans l’absurde et le cynisme, même pour moi. C’est d’autant plus grinçant quand sont impliqués de force des personnages réfractaires à toute religion. Entre les péripéties de chacun, plus ou moins intéressantes selon le cas, les anges chelous et les visions prophétiques façon LSD, cela devient vite répétitif et parfois lourd, même si les interrogations que l’on nourrit sur le devenir des personnages aident à tourner les pages. Je n’ai pas aimé la fin, même si elle est terriblement désabusée et étrangement logique.
Mon avis est donc mitigé, j’ai beaucoup apprécié la première moitié du roman, mais trouvé que cela s’essoufflait ensuite. Il y a beaucoup de personnages, qui ont tous un rôle important, cependant le caractère répétitif de leurs aventures peut lasser. Le Club des punks contre l’Apocalypse zombie est néanmoins un roman drôle et complètement barré, toutefois il n’est pas pour autant dénué de réflexion sur la société. Cet aspect-là est très intéressant et le tout ravira un public averti, mais si vous êtes allergiques au Punk ainsi qu’à l’absurde, ce n’est sans doute pas pour vous.

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Un roman de Jeanne-A Debats, publié chez ActuSF.

Vous pouvez également consulter mon avis sur le premier tome : L’Héritière.

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Présentation de l’éditeur :

Je m’appelle Agnès, et je suis orpheline. Ah ! Et sorcière, aussi. Mon oncle m’a engagée dans son étude notariale. Ne croyez pas que le job soit ennuyeux, en fait, ce serait plutôt le contraire. En ce moment, tout l’AlterMonde est en émoi à cause d’une épidémie de Roméo et Juliette. Imaginez : des zombies tombant amoureux de licornes, des vampires roucoulant avec des kitsune, des sirènes jurant un amour éternel à des garous. Et tout ce beau monde défile dans notre étude pour se passer la bague au doigt. Mais la situation commence à sérieusement agacer les hautes autorités.

Et comme l’AlterMonde n’est pas Vérone, à nous de faire en sorte que cette fois l’histoire ne se termine pas dans un bain de sang…

Je me suis précipitée sur ce roman avec enthousiasme, prenant plaisir à retrouver Agnès, telle une vieille connaissance qu’on croise de loin en loin. Mais j’étais surtout alléchée par le résumé de l’éditeur que je trouvais très prometteur. Mes attentes étaient grandes et ne furent pas déçues. Jeanne-A Debats nous a concocté une intrigue audacieuse et loufoque, tissée avec autant de soin que d’intelligence. Elle a de la suite dans les idées, c’est le moins qu’on puisse dire ! On ne s’ennuie jamais avec elle. J’adore son humour, qui peut se révéler aussi rentre-dedans que subtil et spirituel. Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant ri en lisant… Toutefois, il ne faut pas s’y tromper, l’humour reste au service de l’histoire qui est, quant à elle, excellente.
J’aime le théâtre shakespearien, ceci dit Roméo et Juliette n’est pas ma pièce préférée, loin de là. Grâce à Alouettes, je la verrai autrement désormais. L’auteur a su se servir de ce terreau fertile, que ce soit dans les grandes lignes ou le détail, pour créer un récit jubilatoire. Les références littéraires – de tout bord – abondent, à ma grande joie, relevant la saveur de l’intrigue. Je m’en suis délectée.
De surcroît, je ne le dirai jamais assez, j’apprécie l’originalité du contexte et des personnages mis en scène. L’auteur a choisi de nous décrire le quotidien d’une étude notariale au service des surnaturels. C’est une bouffée d’air frais dans le paysage actuel de l’urban fantasy ; ça change des détectives et autres flics chasseurs de démons. Agnès et ses collègues font partie intégrante de cet AlterMonde mais ne sont pas des justiciers, même s’ils ont le devoir de faire respecter un certain équilibre. Dans ce tome, leur tâche va être singulièrement compliquée. Autant dire que la pauvre Agnès, qui est la paléographe de l’étude, ne va pas passer son temps derrière un bureau à compulser de vieux papiers…
Trois années se sont écoulées depuis les événements de L’Héritière. Agnès a un peu changé, elle a mûri. Je me suis sentie plus proche d’elle. C’est une jeune femme pleine de contradictions, elle reste agaçante parfois, mais je l’aime beaucoup. Avec ses qualités et ses failles, elle est un personnage crédible et très contemporain. Elle tient à son indépendance chèrement gagnée et, si elle manque parfois d’à-propos, elle est loin d’être stupide. J’ai particulièrement apprécié les réflexions que lui prête sa créatrice quant à la condition féminine.
En filigrane, on en apprend un peu plus concernant les origines de la jeune sorcière ainsi que le passé de Géraud. Cependant cela reste anecdotique et je suis impatiente d’en savoir davantage.
Les personnages de cette série font indubitablement une grande partie de son charme et de sa richesse. On retrouve évidemment Navarre et c’est intéressant de le voir par le filtre du regard d’Agnès. Celle-ci, malgré le faible qu’elle a pour lui, reste assez lucide à son égard. Les personnages secondaires ne font pas juste de la figuration. Ils ont une histoire, une personnalité qui apporte de la couleur au récit. J’adore Zalia, qu’on voit un peu moins, mais qui est toujours aussi déjantée. Et… Non, je ne dirai rien à propos de mon préféré. Vous verrez.
Alouettes est encore meilleur que L’Héritière. Ce roman drôle, irrévérencieux et sortant des sentiers battus a été un ravissement d’un bout à l’autre. J’ai balayé d’un geste désinvolte les quelques petites invraisemblances qui m’ont fait tiquer sur la fin, parce qu’elles ne pesaient rien face à un tel plaisir de lecture. Et maintenant, j’ai le blues de la dernière page… Vivement la suite !

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Sir Terry Pratchett nous a quittés voilà peu de temps. Auteur prolifique, il nous laisse de nombreuses œuvres dont une majorité constitue ce monument que sont Les Annales du Disque-monde. Des romans à lire, relire et partager.
On aime ou pas, c’est vrai. Et je ne conseillerais à personne de les lire tous à la suite… Mais l’humour de Pratchett reste pour moi d’un réconfort certain et j’adore le Disque-monde, ses personnages barrés, les réflexions qui se glissent entre les pages aussi.
Mon hommage personnel à ce grand homme a été de lire à haute-voix dans mon jardin les deux premiers volumes des Annales. Traitez-moi de folle si vous le voulez. Je suis heureuse de l’avoir fait.
Et tant que j’y suis, je vais vous en parler un peu.
Tout le monde devrait lire Pratchett, ça ne résoudrait pas tous les problèmes de la race humaine, mais ça ne rendrait pas les gens plus cons (ce qui en soi est déjà pas mal).

La Huitième Couleur

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Loin dans l’espace, vogue une tortue géante. Sur son dos, quatre éléphants supportent le poids d’un disque, le fameux Disque-monde.
Cette série mondialement connue est composée d’une quarantaine de volumes. Bien qu’ils soient souvent présentés par cycles (selon les personnages récurrents concernés) on peut les lire indépendamment. Sauf en ce qui concerne les deux premiers volumes qui content les pérégrinations de Rincevent, le pire mage qui soit, et de Deuxfleurs, le premier touriste du Disque.
En général, on ne recommande pas de découvrir le Disque-monde avec ce roman qui n’est ni le plus réussi ni le plus attractif. Mais personnellement je l’aime beaucoup et je pense qu’il est une bonne introduction à l’univers de Pratchett. Vous peinerez peut-être un peu à vous immerger dans La Huitième Couleur, mais vous y apprendrez notamment à connaître la géographie discale et beaucoup d’autres particularités de ce monde étonnant ainsi que de ses habitants.
On pourrait dire que La Huitième Couleur s’apparente à une quête sans but (oui, c’est ironique). Rincevent, Deuxfleurs et le Bagage explorent le Disque et vont de problème en catastrophe, envoyant joyeusement balader tous les clichés de la Fantasy au passage.
Toi, le lecteur qui à un moment t’es demandé ce que tu foutais là alors que Frodon et Sam crapahutaient encore et toujours dans les marais, ces romans sont pour toi. Prends ta revanche et marre-toi !
Des rues sales d’Ankh-Morpork jusqu’à l’extrême bord du Disque, les deux acolytes vont croiser des dragons, des héros, participer à un jeu de rôle géant (sans le savoir), risquer leur peau à tout moment et nous divertir à leurs dépens.
Les références à des ouvrages connus de SFFF sont nombreuses, mais qu’on les capte ou non la lecture reste très agréable, drôle, légère, tout en n’étant pas dénuée de réflexion.
Comment ne pas passer directement à la suite ?

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Le Huitième Sortilège


Le Huitième Sortilège
reprend le cours des aventures de Rincevent et Deuxfleurs où se terminait La Huitième Couleur.
Cette suite semble d’emblée un peu plus construite, il faut bien l’admettre et elle est plus drôle encore, pleine d’action et de rebondissements. Une nouvelle fois, prenez tout ce que vous savez des clichés de la Fantasy et réjouissez-vous de les voir passés au shaker ! Par exemple, vous vous demandez ce que deviennent les vieux héros ? Eh bien vous le saurez en faisant la connaissance de Cohen le barbare… Vous apprendrez des choses sur les mœurs des tortues spatiales, vous vous interrogerez sur la réelle nature des boutiques magiques itinérantes et sur l’intérêt qu’il peut y avoir à sauver le monde quand on a cinq minutes entre deux courses-poursuites.
Ce volume offre une échappée particulièrement plaisante, une aventure pleine de personnages improbables et délirants. On ne s’ennuie pas une seconde, même à la relecture, et c’est également une belle histoire d’amitié.
Si vous ne connaissez pas encore le Disque-monde, j’espère de tout cœur vous avoir donné envie d’aller y faire un tour. Et n’oubliez pas d’emporter une boîte à images, ça peut servir.

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