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Un roman de Naomi Novik publié chez Pygmalion.

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Présentation de l’éditeur :

Patiente et intrépide, Agnieszka parvient toujours à glaner dans la forêt les baies les plus recherchées, mais chacun à Dvernik sait qu’il est impossible de rivaliser avec Kasia. Intelligente et pleine de grâce, son amie brille d’un éclat sans pareil. Malheureusement, la perfection peut servir de monnaie d’échange dans cette vallée menacée par la corruption. Car si les villageois demeurent dans la région, c’est uniquement grâce aux pouvoirs du « Dragon ». Jour après jour, ce sorcier protège la vallée des assauts du Bois, lieu sombre où rôdent créatures maléfiques et forces malfaisantes. En échange, tous les dix ans, le magicien choisit une jeune femme de dix-sept ans qui l’accompagne dans sa tour pour le servir. L’heure de la sélection approche et tout le monde s’est préparé au départ de la perle rare. Pourtant, quand le Dragon leur rend visite, rien ne se passe comme prévu…

Imaginez une vallée dont le seigneur est un Dragon à qui les villageois offrent tous les dix ans une jeune fille de dix-sept afin qu’il les protège d’un bois maléfique… Oui, imaginez, mais sachez que le Dragon n’en est pas vraiment un et que la dernière jeune fille désignée pour l’accompagner est tout sauf ordinaire.
Avec Déracinée, Naomi Novik rend hommage aux contes polonais que sa mère lui racontait quand elle était enfant. Elle joue avec les poncifs, prend nos attentes à revers, distille les références de-ci de-là et crée une belle fantasy qui parlera à tous les rêveurs. Nous avons tous lu des contes, quelle qu’en soit l’origine, et Novik a su en capturer l’essentiel : cette magie que nous comprenons instinctivement. Cela donne au texte une impression de chaleureuse familiarité, tout en apportant un souffle de fraîcheur qui bouscule nos souvenirs d’enfance. En effet, Novik ne se laisse pas aller à la facilité et son texte est beaucoup moins manichéen qu’on peut le penser de prime abord.
Dans cette Pologne imaginaire, la magie est un don que l’on possède ou non dès la naissance et, dans la vallée, on s’inquiète plus du Bois que de politique malgré la menace constante de reprise des hostilités avec le pays voisin. Le Dragon est un mage et la lutte contre le Bois son unique préoccupation, alors cela vaut bien quelques sacrifices pour les gens du cru… Et puis les filles reviennent un jour, même si elles ont changé.
Par le hasard de la naissance, Agnieszka est une fille du Dragon. C’est-à-dire qu’elle pourra, comme les autres nées à la même époque, être désignée pour le servir durant dix ans. Mais tout le monde sait bien qu’il choisira Kasia dont la beauté est loin d’être la seule qualité. Or, c’est Agnieszka, fille banale et meilleure amie de Kasia, qui nous narre cette histoire. On se doute bien que tout ne va pas se passer comme prévu… Cependant, quoi que vous imaginiez, ce sera mieux, promis.
Gardez patience car le début est assez lent, les maladresses d’Agnieszka, qui sont parfois exagérées, vont finir par passer et l’intrigue va peu à peu vous emporter. Novik n’adhère pas au principe du “show, don’t tell”, d’où le début difficile. En outre, elle aime bien délayer. Cependant, des passages plus vifs arrivent toujours à propos pour redonner du souffle au récit et attiser l’envie de tourner les pages plus vite.
Ce roman est tel un long conte à épisodes, oscillant entre scènes du quotidien et batailles épiques, bourré de péripéties et de retournements de situation plus ou moins prévisibles, mais qu’on prend toujours plaisir à voir développés.
J’y ai mis le temps, mais je me suis fortement attachée aux personnages : Agnieszka qui se révèle moins balourde de page en page, la trop parfaite Kasia, et même ce Dragon caractériel… Tous gagnent en profondeur, même s’il reste un peu en eux de la caricature typique des héros de contes de fées.
Au début, j’étais un peu blasée en découvrant la magie de ce monde. J’aime les systèmes plus élaborés, ceci dit je trouvais tout de même que c’était adapté à l’univers des contes où elle est toujours réduite à de simples formules et claquements de doigts. Néanmoins, j’ai été agréablement surprise par la suite. Même si ce n’est pas le système le plus développé de la Fantasy, Novik a su le rendre cohérent et intéressant.
Ce petit pavé m’a accompagnée dans un moment difficile et m’a aidée à mettre de côté mes soucis. Tout en étant à la fois plus travaillé et plus adulte, ce roman vous rappellera le plaisir que vous preniez enfant à lire ou écouter des contes. Déracinée est une belle histoire, qui prendra sans nul doute racine parmi les incontournables de la Mythic Fantasy.

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Un roman de Ben Aaronovitch, publié chez J’ai Lu en petit et grand format.

Mon avis sur le premier tome est ici.

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Le résumé de l’éditeur spoile abondamment le tome un, je vais donc m’abstenir de le copier.

En ce qui concerne ma chronique, j’ai laissé filtrer quelques détails, mais rien qui risquerait de vous gâcher la lecture du premier tome.

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Malgré quelques défauts, le premier tome de cette série, qui mêle polar et fantasy urbaine de manière équilibrée et intelligente, m’avait beaucoup plu. Exit les créatures et situations mille fois rebattues ainsi que les fausses enquêtes qui font juste office de colorant alimentaire dans de l’eau plate. Ici, les personnages sont travaillés, les mythes bien exploités, et l’intrigue réfléchie.
Dans cette Londres contemporaine, la magie est une science connue uniquement d’une élite. Peter, jeune policier très banal de prime abord, a fait cette découverte par hasard et s’y est accroché histoire de ne pas finir préposé à la paperasse. Il est devenu l’apprenti du dernier magicien « officiel » du Royaume-Uni et appartient désormais à une unité spéciale (mais réduite) qui s’occupe exclusivement des affaires impliquant des êtres surnaturels ou l’usage de la magie. Pour autant, le savoir ne lui est pas tombé tout cuit dans le bec. Il a encore beaucoup à apprendre.
L’intrigue reprend exactement là où s’était arrêté le tome 1. Ce qui, étant donné la nouvelle affaire qui se profilait dans le paysage, était très prometteur. Si j’ai oublié quelques détails du volume précédent depuis le temps, certaines choses sont restées étonnamment claires dans ma mémoire, dont la fameuse femme au vagin denté.
Au-delà de ça, certains personnages souffrent encore des séquelles de l’affaire Punch. Peter est en quelque sorte livré à lui-même et ne sait pas trop comment réagir. Il se sent un peu coupable aussi, mais l’action va vite le rattraper. Il a vraiment la vedette dans ce tome, les autres se partagent les miettes, cependant c’est plutôt logique.
J’ai retrouvé avec plaisir l’univers urbain, moderne et néanmoins magique, de Ben Aaronovitch. Les démêlés politiques des génies du lieu sont moins prégnants, mais demeurent dans le paysage. Cette fois, le gros de l’intrigue se déroule à Soho, plus précisément dans le milieu du jazz et du burlesque. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur le père de Peter et sa carrière ratée. Nous avons d‘un côté l’affaire des jazzmen aux morts suspectes, de l’autre la mystérieuse femme au vagin denté qui continue de faire des victimes.
Le background est toujours aussi riche, il forme un filet serré aux motifs complexes, mais l’intrigue, elle, est plus simple que dans le premier tome. Elle démarre sur les chapeaux de roues, puis d’un coup commence à piétiner. L’une des enquêtes est très chaotique, quant à l’autre… Peter est le dernier à comprendre, je le crains. Cela demeure toutefois intéressant, bien qu’un peu brouillon.
Aux détours de l’enquête, on en apprend davantage sur le passé de Nightingale et de Molly, mais cela est encore assez anecdotique. Peter étant un narrateur plutôt égocentrique, qui du reste ne se pose pas souvent les bonnes questions, c’est assez cohérent.
Le personnage est égal à lui-même. Les défauts qui m’avaient déjà agacée sont toujours là. Peter n‘est pas un mauvais gars et il est loin d’être stupide, mais il est prétentieux et manque d’à-propos. De surcroît, certaines remarques, sous couvert d’humour, m’ont vrillé les nerfs… J’aime plus l’univers que le personnage, mais il demeure crédible et je reste persuadée que l’auteur lui a sciemment donné ces défauts. Cela ne le rend que plus humain.
Ce tome est un peu moins consistant, ceci dit je ne me suis pas non plus ennuyée. C’est une bonne série qui, à mon sens, relève le niveau de l’urban en général. En outre, la fin apporte un intérêt nouveau qui m’a donné envie de lire la suite rapidement. J’espère un bouleversement à la mesure de cette nouvelle donne.

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Pour connaître mon avis sur les téléfilms et la première saison, c’est par-là.

 

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Il ne faut jamais dire jamais, n’est-ce pas ? Une amie m’ayant promis une deuxième saison plus intéressante, avec une intrigue de fond axée sur des personnages littéraires, je me suis laissé tenter. J’ai donc visionné la fin de la première saison (la clôture de l’arc principal se révélant aussi convenue que je m’y attendais et encore plus décevante que je l’aurais cru possible) et j’ai enchaîné avec la deuxième.
Je dois dire qu’elle se laisse regarder. Je l’ai trouvée plus agréable que la première et il y a souvent de bonnes idées (pas toujours exploitées à leur maximum, mais bon…). C’est un peu l’esprit de la série : des références à la culture pop toujours amusantes, du kitsch, du divertissement avant tout et parfois un brin d’originalité. On est toujours confrontés à beaucoup d’invraisemblances, mais bon à ce stade-là on fait avec et on arrête de se plaindre. C’est le genre de série qu’on regarde pour passer le temps. Il y a du bon et du mauvais à parts égales.
Pour renforcer cette impression, j’aime beaucoup certains personnages alors que d’autres me tapent sur les nerfs. Eve est la reine de la seconde catégorie. Mary Sue de base, elle ne résout pas les intrigues, elle les aplatit comme un bulldozer… On se demande à quoi servent les autres, sinon de faire-valoir, puisqu’elle est là pour sauver le monde toute seule. Par contraste, des personnages plus intéressants sont peu exploités. Cependant, une nouvelle intrigue de fond se profile et j’espère qu’elle corrigera un peu le tir.
J’ai tout de même eu de bonnes surprises lors de cette saison à base de littérature et de voyages temporels, notamment en ce qui concerne le choix des « méchants ». En dire trop à leur sujet serait gâcher le début de saison et comme c’est un bon épisode ce serait particulièrement dommage.
Si vous aimez la culture pop, la littérature (particulièrement britannique) et que vous avez besoin de vous distraire devant un programme sans prise de tête, regardez The Librarians.

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Une nouvelle de Paolo Bacigalupi, publiée en format poche et en numérique aux éditions Au Diable Vauvert.

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L’alchimiste de Khaim est une courte nouvelle de fantasy qui rappelle beaucoup les fables et les contes. Dans ce monde, la magie existe mais est prohibée car elle favorise la pousse d’un roncier empoisonné, particulièrement résistant et volubile, qui envahit tout. Rien ne permet de s’en débarrasser, si on le brûle, les cosses éclatent et répandent des graines qui s’enracinent et se développent à grande vitesse. Un artisan, autrefois riche et aujourd’hui déchu, pratique la magie en secret pour soigner sa fille, alors qu’en parallèle il consume son existence dans la quête d’un moyen de détruire le roncier. Après de longues années de travail intensif, il touche au but, mais que feront les dignitaires de la cité de son invention ?
Je vous le disais, cela ressemble à un conte, ou une fable pour sa morale. C’est une histoire évidente, mais joliment racontée et la métaphore, aussi simple soit-elle, est bien trouvée. Elle peut s’appliquer à de nombreuses ressources que nous gaspillons et dont l’épuisement fatal nous fait avancer toujours plus vite vers notre chute.
L’alchimiste est un homme qui peut sembler égoïste au départ, effet renforcé par la scène qui nous le présente. Pourtant, en apprenant à le connaître, on se rend compte que derrière son orgueil se cache avant tout un humaniste, soucieux de sa patrie et de ses concitoyens. Il est émouvant et idéaliste dans sa quête désespérée contre le roncier, alors même qu’il se sent coupable de devoir utiliser la magie pour sauver sa fille quand d’autres, plus puissants, en usent pour nourrir leur folie des grandeurs. De fait, on sait d’avance qu’il risque quelques déconvenues, mais, comme lui, on espère, on veut avoir foi en l’humanité.
L’histoire est évidente, vous disais-je, mais peut aussi surprendre sur certains points. Elle m’a plu dans sa simplicité et la douceur de son écriture. En outre, je trouve qu’elle illustre bien le précepte « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Quant à savoir si l’alchimiste laissera son invention être dévoyée impunément, il vous faudra lire la nouvelle pour en avoir le cœur net.

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Deux romans de fantasy jeunesse, écrits par Lyman Franck Baum et publiés aux éditions Presses de la Cité.

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Le cycle d'Oz tome 2

Pas de présentation de l’éditeur cette fois, à moins que vous ne vouliez un résumé complet de chaque histoire…

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Tout le monde connaît Le Magicien d’Oz. Même si on ne l’a pas lu, on a forcément vu le film ou un des nombreux dessins animés que cette histoire a inspirés. Outre les adaptations, il y a aussi les nombreux récits qui sont liés de près ou de loin à celui-ci. Le dernier en date que j’ai lu est l’excellent Narcogénèse d’Anne Fakhouri qui n’est pas pour les enfants, mais que je vous conseille chaleureusement. C’est du très bon fantastique.
Enfin, revenons au Magicien d’Oz… Cette histoire, fortement ancrée dans l’imaginaire des américains a aussi sa place dans notre culture, elle fait partie de nos souvenirs d’enfance et de ces références communes qui parlent à tout un chacun. Cependant, la douzaine d’autres histoires du pays d’Oz écrites par L. Franck Baum est par contre beaucoup moins connue dans notre vieille Europe.
La collection dont fait partie cet ouvrage a pour but de nous faire connaître tous ces récits du pays d’Oz et c’est une excellente initiative.
Le premier volume nous présentait une nouvelle traduction du Magicien d’Oz, suivi d’un autre récit : Le merveilleux pays d’Oz. Ce deuxième ouvrage contient lui aussi deux histoires : Ozma du pays d’Oz, suivie de Dorothy et le Magicien au pays d’Oz. Elles peuvent bien sûr se lire indépendamment, mais ont évidemment des liens entre elles.
Le livre en lui-même est très joli et abondamment illustré par Stéphane Levallois, ce qui apporte un plus à cette édition, même si les dessins sont parfois un peu à côté de la plaque. En effet, pour ne citer qu’un exemple, Ozma est blonde et est représentée en brune. C’est un détail, me direz-vous et ces illustrations, souvent dans le style crayonné, sont sympathiques, alors on pardonne volontiers. En outre, le papier est épais et agréable au toucher.
La mise en page n’est pas aussi aérée qu’elle peut l’être en général dans des romans consacrés à la jeunesse, mais je ne trouve pas cela dérangeant. Il est vrai que si vous destinez cet ouvrage à un enfant assez jeune, il pourra se sentir un peu effrayé face à un tel pavé. Si c’est un lecteur aguerri, il en viendra à bout très facilement car le texte est plaisant et fluide, sinon vous pourrez toujours lui faire la lecture, ne serait-ce qu’au début pour éveiller son intérêt. Je pense que ce sont deux histoires à découvrir et particulièrement propice au développement de l’imagination. Elles peuvent séduire des lecteurs de tous âges.

Ozma du Pays d’Oz est un récit vraiment charmant qui a la saveur des contes. Parce que des lecteurs lui avaient expressément demandé de faire se rencontrer Ozma et Dorothy, Baum a imaginé cette histoire dans laquelle la petite fille du Kansas, partie pour l’Australie avec son oncle, se trouve projetée par-dessus bord au cours d’une tempête. Il en faut plus à Dorothy pour se démonter et, accompagnée d’une petite poule jaune au caractère bien trempé, elle va accoster dans une étrange contrée, voisine du pays d’Oz.
Des deux romans, c’est celui-ci que j’ai préféré. Vif, amusant, plein d’idées plus farfelues les unes que les autres, il m’a rappelé beaucoup de textes que j’ai aimés petite, tout en ayant sa personnalité propre.
On y retrouve avec grand plaisir des personnages connus, mais j’ai surtout apprécié la facétieuse poule jaune, prénommée Billina. Ce fut un plaisir à lire, surtout dans la seconde moitié de l’histoire, quand la compagnie est aux prises avec le roi des Nomes.

Dorothy et le Magicien au pays d’Oz est un texte très riche en idées de toutes sortes, mais un rien plus pauvre en ce qui concerne l’intrigue générale.
Dans ce roman-ci, la petite Dorothy est précipitée, attelage compris, dans une fissure à la suite d’un tremblement de terre. Avec Zeb, son « presque » cousin, Jim le cheval, le chaton Euréka et un peu plus tard le Magicien, elle va donc se lancer dans un périlleux voyage afin de retourner à la surface.
L’expédition en elle-même est très agréable à lire, surtout grâce à la découverte des différentes contrées que traversent nos héros. C’est sympathique et imaginatif, les personnages sont toujours aussi plaisants, qu’il s’agisse des nouveaux autant que des anciens, cependant il manque indéniablement quelque chose.
La fin du voyage était, selon moi, assez prévisible et un peu facile. Certes on peut apprécier de retrouver des personnages et le pays d’Oz lui-même, mais je trouve assez dommage que le périple ait pris cette tournure. Les derniers chapitres offrent leur lots de petites histoires et elles sont assez plaisantes, alors si on excepte ce petit revirement cousu de fil blanc, ça reste divertissant et agréable à lire.

Ces deux romans sont globalement de très bonnes lectures, vraiment tous publics. Les enfants en apprécieront le côté rocambolesque et les idées folles qui parsèment le récit, les adultes goûteront plus l’ironie que maniait si bien l’auteur. Qu’on soit d’accord ou non avec ses propos, on ne peut nier qu’il les fait passer avec beaucoup d’humour. Même s’il critique beaucoup de choses, il était très pro-américain, ce qui est plutôt logique étant donné l’époque à laquelle ces romans ont été écrits, mais également un rien misogyne malgré la présence d’héroïnes tout à fait délicieuses et pas pour autant réduites à l’état de potiches. Tout cela est assez paradoxal, mais intéressant à décortiquer.
Le cycle d’Oz m’a pour l’instant convaincue et je vous invite vivement à le découvrir ou redécouvrir, surtout si vous avez des enfants. Cela fera une excellente lecture du soir.

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Un roman de Jacques Fuentealba, publié en version papier par les éditions Céléphaïs et en numérique par Walrus.

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Émile Delcroix et l’ombre sur Paris

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Résumé de l’éditeur :
1863, dans un Paris peuplé de créatures fantastiques et de machines étranges. Émile Delcroix est un jeune étudiant aux Beaux-Arsestranges animé de deux passions, l’une Artistique, l’autre amoureuse. D’un côté, il tente depuis des mois d’extirper du papier sa Muse, quintessence de son Talent et de son Inspiration. De l’autre, il y a Floriane, cette splendide Actrice aux cheveux émeraude dont il est épris. Mais les choses changent le jour où Émile se fait voler sa Muse nouvellement née par un sombre et mystérieux personnage. Des Catacombes à la Cour Chthonienne, des passages secrets de la Sorbonne aux toits de la capitale, le jeune Artiste n’aura de cesse de la retrouver. Mais pendant ce temps, une ombre s’étend sur Paris : une sourde menace s’approche…

Émile Delcroix et l’ombre sur Paris est une sorte d’uchronie steampunk qui doit aussi beaucoup, dans sa forme, aux romans feuilletons. Les péripéties s’enchaînent et les chapitres m’ont souvent fait l’effet d’être des tiroirs. Ils font partie d’un meuble entier et partagent cette cohérence esthétique, mais ont aussi leur propre contenu et on ne sait jamais, quand on tire le tiroir vers soi, ce qui risque de nous assaillir.
Ce fut une lecture vraiment plaisante, très récréative, tout en étant intelligente. L’uchronie est vraiment bien construite, subtile, et l’univers original, avec de surcroît une intrigue riche et prenante. Ce roman se passe au XIXe siècle, à Paris. Émile Delcroix, jeune homme de 16 ans et artiste surdoué, nous entraîne à sa suite dans ce Paris alternatif où se mêlent magie et technologie. Il y a une résonance avec l’univers qu’affectionne Fuentealba et ceux qui en sont familiers apprécieront les références multiples qu’il y fait et les informations distillées petit à petit. Cependant, ceux qui ne connaissent pas du tout les écrits de l’auteur apprécieront tout autant la lecture et ne se sentiront pas perdus.
Ce récit déborde d’inventivité, il est coloré, très visuel et poétique, très inspiré des arts de manière générale en fait, ce qui crée une ambiance plutôt baroque. J’ai beaucoup pensé au poème de Baudelaire intitulé Correspondances en lisant ce roman et c’est vrai qu’il est écrit dans ce même esprit d’échanges sensoriels. Cela m’a séduite, tout comme les références culturelles. On sent que l’auteur a vraiment construit son background, mais pourtant il n’en fait pas trop non plus et privilégie l’histoire. Il y a de très nombreux clins d’œil. Par exemple, la pièce de Musset, Lorenzaccio, a pu être jouée en 1863 dans cet univers alternatif, c’est d’ailleurs Floriane, l’amie d’Émile qui incarne le personnage principal. On peut voir aussi Gustave Courbet comme directeur de l’académie des Beaux-Arsestranges. Ce sont des détails qui amusent le lecteur quand il les débusque, mais qui n’enlèvent rien à l’histoire quand on ne les attrape pas au vol.
Je trouve toujours plaisant de voir une uchronie steampunk investir Paris. En effet, même si cela devient de plus en plus fréquent, c’est encore Londres qui a la faveur de ce genre. Ici le steampunk a des relents de merveilleux qui s’accordent fort bien avec le côté roman d’aventure que l’auteur met en valeur. Le mélange des genres est vraiment réussi et j’ai bien aimé le système de magie mis en place.
Dans ce monde, les artistes, peintres, musiciens, acteurs et compagnie ont leur propre magie, différente de celle des sorciers et des mages, mais pas moins effective. Les acteurs incarnent véritablement leurs personnages, les musiciens sont capables de faire ressentir des émotions, parfois très fortes, à leur auditoire et les peintres peuvent faire sortir leurs créations du papier, entre autres possibilités que je vous invite à découvrir au fil de la lecture.
C’est ce qui fait l’originalité de cet ouvrage et une grande partie du plaisir que l’on a à voir Émile évoluer. Il a les défauts de son âge, il est impulsif, mais c’est aussi un jeune homme qui lutte contre son caractère possessif et un peu égoïste. Il se révèle très attachant, tout comme ses compagnons.
L’intrigue peut parfois sembler prendre des détours un peu faciles, comme souvent dans le style du roman feuilleton qui grossit toujours un peu le trait, mais ça fait partie du genre et ce texte bouillonnant d’activité entraîne aisément son lecteur dans les rues de ce Paris baroque.
Le seul vrai bémol, à mon sens, vient des trop nombreuses coquilles que j’ai trouvées dans la version numérique. Il y a aussi un petit bug (en tout cas sur ma liseuse et avec deux fichiers epubs différents (oui, j’ai vérifié qu’il ne s’agissait pas de la même version), respectivement celui que j’ai acheté sur Immatériel et le SP envoyé à Vampires et Sorcières), la page de titre se bloque et on est alors obligé d’entrer le numéro de la page suivante manuellement.
Ces petits cafouillages insignifiants mis à part, je me suis sincèrement enthousiasmée pour cette histoire. Elle peut être lue par un large public, elle plaira sûrement aux ados pour l’âge du héros et la vivacité du récit, mais aussi aux adultes. Elle m’a, en tout cas, ramené l’enthousiasme qui était le mien lors de mes lectures de jeunesse et cela n’a pas de prix.

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Un roman d’urban fantasy de Ben Aaronovitch, publié chez J’ai Lu (en grand format dans la collection Nouveaux millénaires, puis en poche à partir de la fin août 2013).

Les rivières de Londres - Le dernier apprenti sorcier t1 - Ben Aaronovitch

Quatrième de couverture :

L’agent Peter Grant ne croyait pas aux fantômes, jusqu’au jour où un étrange personnage lui affirme avoir assisté au meurtre sur lequel il enquête. Un témoin providentiel… s’il n’était mort depuis plus d’un siècle !
Et Peter n’est pas au bout de ses surprises : recruté par l’énigmatique inspecteur Nightingale, il intègre l’unité de la police londonienne chargée des affaires surnaturelles.
Au programme, traquer vampires, sorcières et autres créatures de la nuit ; faire respecter les divers accords passés entre les forces occultes de Londres ; réconcilier les divinités qui se partagent la Tamise, sans devenir esclave de leurs charmes ; et bien sûr apprendre le latin, le grec ancien et une montagne d’incantations bizarres et pour le moins rébarbatives.
Peter doit en passer par là, s’il veut un jour devenir à son tour le dernier sorcier de Londres…

Peter Grant est en passe de terminer le stage de deux ans qui le fera entrer définitivement dans la police. Mais quand il apprend sa future affectation, il déchante très vite. Peter veut être sur le terrain, pas remplir de la paperasse à longueur de journée pour faire gagner du temps aux autres. Pour échapper à ce sort, il n’a qu’une option, retrouver le fantôme qu’il a croisé l’autre soir, alors qu’il avait pour mission de surveiller une scène de crime et, peut-être, résoudre cette affaire.
Peter est un policier sans grande envergure. On lui reproche de se laisser trop facilement distraire par tout et n’importe quoi, mais aussi de manquer d’à-propos. Ce qu’il nous démontre d’ailleurs tout au long du roman… Pourtant, son enquête se révèle très agréable à suivre, d’autant qu’elle est mâtinée d’un humour so british terriblement caustique.
Le récit est moderne et se passe à Londres à notre époque. Si Peter se laisse facilement entraîner dans le surnaturel, celui-ci n’est pourtant pas monnaie courante. On nous explique d’ailleurs que la magie a peu à peu disparu et les rares gens au courant de sa réalité la considèrent avec beaucoup de circonspection.
L’histoire en elle-même est plutôt originale et il y a en fait deux intrigues en parallèle, en plus de la découverte du monde surnaturel par notre narrateur ainsi que celle de son potentiel en tant que magicien. Il trouve dans cette capacité à percevoir le surnaturel un moyen d’échapper à un travail de bureau et ne va pas le laisser échapper aussi facilement.
La première intrigue est liée au meurtre du tout début et c’est la plus consistante. Elle est vraiment bien trouvée et parfaitement construite. Ça change de tous ces romans dans lesquels l’enquête n’est qu’un prétexte. La seconde intrigue, par contre, est un peu plus délayée, même si elle prend de la place (un peu trop parfois), et concerne les différends des deux esprits de la Tamise et de leurs enfants. Evidemment, ces deux histoires qui s’entrecroisent vont se trouver liées, mais de manière plutôt inattendue. Le tout est plaisant, mais parfois un peu lent, ce qui n’aide pas à tourner les pages. Je pense qu’il faut bien connaître Londres, les légendes locales et la Tamise, pour apprécier toutes les subtilités de cette histoire. Néanmoins, un lecteur averti s’en sort à bon compte.
Il y a des longueurs qui gâchent en partie l’originalité du propos, c’est un fait, mais le problème de rythme de ce roman vient surtout de la narration. Peter a tendance à relater les faits en les énumérant de façon froide, comme s’il écrivait un rapport. Si c’est pour coller à son image de policier, c’est peut-être un peu exagéré. La narration à la première personne a ses limites et doit être vivante. On sait que, par essence, elle ne peut pas être exhaustive, mais celle-ci nous offre les inconvénients, en adjoignant ceux de la narration à la troisième personne, sans avoir les avantages d’aucune des deux, c’est-à-dire l’implication émotionnelle pour la première et l’omniscience pour la seconde. Ce roman manque cruellement d’empathie.
Sans l’humour qui colore les dialogues, le récit de Peter lui-même serait assez plat. Pourtant il semble être un gars sympa de prime abord, même si pas vraiment attachant de mon point de vue car il est aussi très superficiel. J’en suis arrivée à le trouver de plus en plus exaspérant au fil de l’histoire, mais je sais que ce n’est pas forcément mérité. Il est ambitieux, mais un peu nonchalant, se laisse facilement distraire et se montre très curieux sur des points de détail, alors qu’il ne s’interroge pas sur l’essentiel, comme par exemple ce qui est arrivé à ses prédécesseurs. Ce n’est pas non plus à lui qu’il faut demander de prendre des initiatives, du moins au début… Ce sont sa mauvaise foi et les piques de supériorité qu’il dégaine parfois dans sa façon de juger autrui qui m’ont le plus agacée.
Il est amoureux de Lesley, une de ses collègues de la même promo, nettement plus vive que lui, mais qui fait semblant de ne pas voir ses tentatives pour se rapprocher d’elle. Leur relation est assez marrante, on voit clairement qu’elle joue les amies, mais veut quand même se le garder sous le coude, juste au cas où… Et avec les événements qui ont lieu dans ce roman, ça donne plus encore envie de savoir ce qui va leur arriver. J’avoue m’être plus intéressée aux personnages secondaires comme Lesley, certes, mais aussi Molly, la mystérieuse domestique, et Nightingale, le maître de Peter, particulièrement charmant avec ses manières désuètes.
C’est un roman distrayant, une mise en place prometteuse pour la suite de la série qui, j’espère, se révèlera tout aussi originale que ce premier volume et, avec un peu de chance, moins longuette. Si cet ouvrage vous tente, il est prévu en poche pour fin août 2013, alors pourquoi s’en priver ?

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