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Un roman de Jeanne-A Debats, publié chez ActuSF.

Troisième et dernier volume de la série Testaments.

Mes billets sur les tomes précédents :
L’Héritière
Alouettes

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Présentation de l’éditeur :

Je m’appelle Agnès Cleyre et je suis une sorcière. Une vraie cette fois. Ignorée durant toute mon existence par mes consœurs, voilà que la Grande Mère a enfin décidé de m’intégrer dans un convent. Mais pas le temps de m’interroger sur cet étrange revirement de situation. Au même moment, tous les vampires du Cénacle Majeur viennent de périr dans un mystérieux attentat, laissant à l’étude notariale de mon oncle la délicate question de la succession à régler et la garde d’un étrange coffre qui attire bien des convoitises. Serait-ce à cause de lui d’ailleurs qu’une pieuvre géante de l’espace s’est mise en tête de nous rayer de la surface de la Terre ?

Ma parole, tout l’AlterMonde semble devenir fou au même moment. Il ne manquerait plus que la fin du monde…

ATTENTION, cette chronique contient un spoiler concernant le devenir d’un personnage du premier tome.

J’attendais ce troisième tome avec impatience (certaines personnes de mon entourage ont pleuré de joie quand je l’ai eu, se pensant enfin débarrassées de mes jérémiades. Haha, quelle naïveté… C’était sans compter la phase de lecture. Mais bref.) Ce roman s’inscrit parfaitement dans la lignée de ses prédécesseurs. L’autrice l’a saupoudré de son habituel humour incisif, de débats très actuels (écriture inclusive, consentement et féminisme, entre autres) et d’un peu de destruction de monuments parisiens (c’est en quelque sorte une tradition dans cette trilogie).
C’est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux personnages, dont les sœurs de coven d’Agnès que j’ai beaucoup appréciées. Leurs personnalités tranchées enrichissent le roman, malheureusement elles donnent parfois l’impression d’être là afin de justifier l’évocation de combats sociaux. J’aurais aimé qu’elles soient un peu plus développées.
Le récit est toujours conté du point de vue d’Agnès, ponctué par les commentaires d’Herfie (trop peu présent à mon goût. Je sais, j’ai mauvais goût, faites avec), mais surtout agrémenté de notes extraites des carnets de Navarre. Mais si, vous savez, ces carnets dans lesquels il écrit ses souvenirs afin de lutter contre la dégénérescence qui guette les vieux vampires. Dans ces passages, il nous conte sa vie d’avant la transformation, pour ce qu’il s’en souvient et ce qu’il a envie d’en dévoiler. Cette partie de sa vie, souvent évoquée dans d’autres ouvrages, n’en est pas moins intéressante et l’on regrette au final de s’arrêter en si bon chemin, même si c’est juste ce qu’il fallait à ce roman-ci.
Si ces souvenirs ne sont pas de tout repos, ces extraits permettent au lecteur de se poser un peu entre deux courses poursuites ou combats, ce qui n’est pas du luxe. Cependant, j’ai beau adorer Navarre et savoir qu’on ne doit pas regarder les dents d’un cheval gracieusement offert, j’avoue m’être demandé à plusieurs reprises quel rapport ses mémoires entretenaient avec le récit principal. Il s’avère qu’il y en a bien un en fin de compte, ténu mais réel, qui éclaire sous un autre jour l’idée que l’on s’est forgée jusqu’à présent des relations entre les personnages.
Néanmoins, le vrai secret que recèlent les pages d’Humain.e.s trop humain.e.s, celui après lequel le lecteur court depuis le premier tome, concerne les origines d’Agnès. On le sait, tout a conspiré pour nous mener à ce point précis de l’existence de la jeune femme, et l’autrice nous offre enfin les réponses tant attendues, démontrant, s’il en était besoin, toute la cohérence de son univers.
En lisant La Fontaine aux serpents, fabuleuse nouvelle au demeurant, je m’étais posé de nombreuses questions, que je n’ai eu de cesse de mettre en perspective de ce que je savais déjà de l’histoire d’Agnès. Humain.e.s trop humain.e.s a répondu à mes interrogations comme je m’y attendais.
Les romans de la trilogie Testaments peuvent se lire dans le désordre, mais quand même, je vous conseillerais de ne pas commencer par celui-ci. S’il se suffit à lui-même, il perdrait beaucoup de son charme à être lu sans avoir créé au préalable des attaches avec les personnages. Je l’ai trouvé un peu moins consistant que les précédents.
En toute franchise, ce troisième tome n’est pas mon préféré, en revanche il remplit bien son office. Je quitte à regret le personnel de l’Étude, mais j’ai bon espoir de retrouver Navarre dans d’autres aventures.

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Découvrez également les avis de Boudicca et Mariejuliet.

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Une trilogie de Danielle Martinigol, publiée en un volume aux éditions ActuSF.

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Présentation de l’éditeur :

Dans la Confédération des Cent Mondes, Sandiane Ravna, fille d’un grand reporter peu scrupuleux, marche sur les traces de son père à la recherche du scoop à tout prix. Quand elle doit la vie sauve à un Abîme d’Autremer, l’un des mystérieux vaisseaux spatiaux de la planète-océan, elle se met au défi de filmer en action un perl, un pilote d’Abîme. Mais elle se heurte à Mél Maguelonne, futur pilote lui-même et farouche adversaire des médias comme tous les Autremeriens.

Le début d’une folle aventure qui va bouleverser sa vie, comme celle des milliards d’habitants de la Confédération.

Grande saga de space opera humaniste se déroulant en trois époques sur vingt-cinq ans, le cycle des Abîmes d’Autremer a été récompensé par plusieurs prix littéraires dont Le Grand Prix de l’Imaginaire.

À l’origine, Les Abîmes d’Autremer est une trilogie publiée chez Mango. Les éditions ActuSF l’ont rééditée en un volume sous le label Naos, collection jeunesse des Indés de l’Imaginaire, en papier et en numérique. C’est le deuxième titre de cette collection que je découvre et, si je n’ai pas totalement été séduite, je dois néanmoins admettre que cela change de ce que l’on propose trop souvent aux adolescents. C’est une bonne introduction à la science-fiction pour un jeune public.
L’ouvrage se divise en trois parties, les romans d’origine. Trois romans, trois époques, avec comme fil conducteur la lignée des Maguelonne et le lien si particulier que celle-ci entretient avec les Abîmes. On suit ces personnages, et les familles qui gravitent autour, sur quelques générations. Cette continuité est une des facettes de l’histoire que j’ai le plus appréciée. Même si j’aurais préféré des personnages plus développés, plus nuancés, j’ai aimé les voir à divers stades de leur existence.
Les humains ont exploré leur galaxie et se sont implantés sur une centaine de planètes. Le voyage spatial est devenu tout ce qu’il y a de plus banal, pourtant le roman commence avec un naufrage. La version stellaire du Titanic est en perdition avec des milliers de passagers à son bord, dont une équipe de journalistes qui n’a qu’une obsession : couvrir l’événement. Tous ces gens ne devront leur salut qu’à un Abîme, vaisseau majestueux et mystérieux entre tous.
Les Abîmes sont l’apanage de la planète Autremer qui en garde jalousement le secret et refuse d’en faire commerce de quelque façon que ce soit. Nos journalistes, Sten et Sandiane Ravna, y voient l’occasion rêvée de décrocher un scoop, mais se heurtent à la mauvaise volonté de l’équipage. Qu’à cela ne tienne, ils iront chercher l’info sur Autremer elle-même.
Dans cette première partie, on découvre la magnifique planète océan et ses Abîmes. Cela semble parfois une longue introduction et les événements se révèlent assez prévisibles, mais l’histoire est fraîche et se lit vite. On se laisse facilement entraîner dans cette histoire. Les romans sont en grande partie basés sur les interactions et les rivalités entre les personnages, malheureusement je n’ai pas toujours trouvé leurs réactions vraisemblables.
L’intrigue se complexifie dans les deux autres parties, mais globalement je reprocherais les mêmes défauts aux trois récits. Peut-être parce que j’ai passé l’âge, peut-être parce que j’ai beaucoup lu, notamment de la SF, et je ne voudrais pas être injuste avec ce roman qui a aussi de grandes qualités, mais j’ai trouvé le tout trop facile. Les relations entre les personnages ne m’ont pas semblé crédibles. Le même schéma de l’amour au premier regard, alors que tout oppose ces gens, revient plusieurs fois, les points de vue, voire les caractères, changent d’un coup. Et puis j’en ai soupé des « élus » de tous poils…
Pourtant, à côté de ça, je dois dire que le récit est fluide et plein d‘action, ça se lit très vite même si on sait où l’on va. Certains personnages m’ont beaucoup plu malgré le manque de relief et le fait de les voir évoluer sur plusieurs décennies contribue grandement à les rendre plus attachants. J’ai beaucoup aimé la personnalité de Madery, qui est un peu la pierre angulaire de cette famille. Corian, que l’on rencontre dans la deuxième partie, est celui qui m’a le plus émue par son courage et son altruisme. On a envie de le voir vivre son rêve. Enfin, et cela contre toute attente, j’ai appris à aimer l’agaçante Chaddy qui, tout en étant d’une certaine façon le reflet de l’ambitieuse Sandiane, est plus accomplie et plus humaine. Et bien sûr il y a les formidables Abîmes… Leur nature n’est pas novatrice, mais elle est néanmoins le sel de ce roman.
En guise de bonus, on trouve une nouvelle en fin d’ouvrage. Celle-ci nous conte en détail ce qui est déjà évoqué dans le roman : la découverte des Abîmes, leur légende en quelque sorte. On y entrevoit également les débuts de la colonisation d’Autremer et, même si on sait plus ou moins ce qui va se passer, l’auteur a ajouté à ce texte une charge émotionnelle supplémentaire et c’est une bonne façon de quitter en douceur cet univers.
Si je n’ai pas été époustouflée, j’ai néanmoins passé de bons moments avec ce livre. Les grands amateurs de SF n’y trouveront probablement pas leur compte, mais je le conseille à un public plus jeune qui ne sera pas gêné par les poncifs et saura apprécier l’idéalisme des personnages et l’amour qui les lie à leurs Abîmes.

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Un roman de Jean-Laurent Del Socorro publié aux éditions ActuSF.

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Présentation de l’éditeur :

Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ?

À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte.

Après Royaume de vent et de colères, premier roman très remarqué qui a reçu le prix Elbakin.net 2015, Jean-Laurent Del Socorro fait son retour avec une héroïne symbole d’insoumission…

« Il n’y a pas de honte à renoncer car seuls les dieux ne connaissent pas la peur. Je ne vous jugerai pas. Je vous pose simplement la question : serez-vous, aujourd’hui, à mes côtés ? »

Boudicca, reine, guerrière et insoumise, a beaucoup enflammé les imaginations de nombreux auteurs et continuera sans doute, malgré le temps qui nous en éloigne toujours davantage. Jean-Laurent Del Socorro nous offre sa vision, dessinant par petites touches cette femme d’exception, sa bravoure comme ses failles. Il a su donner à son texte un souffle légendaire, ce petit quelque chose qui fait la différence, qui rend tout plus grand.
Le récit se compose de trois grandes parties, chiffre qui n’est pas anodin, l’enfance de Boudicca, en tant que fille de son père cherchant à imposer sa place au sein de son clan, ses épousailles et la maternité, puis cet instant où elle embrasse son destin de reine. Elle nous apparait d’abord comme une gamine insupportable et fière, cherchant avant tout la reconnaissance de son père. Puis on la voit devenir une adulte, avec ses défauts et qualités, ses contradictions, sa vulnérabilité et sa force, ses doutes et ses convictions. De simple femme, elle devient icône.
Elle est la narratrice de cette biographie romancée et peu à peu le lecteur se fait le réceptacle de ses confidences. Cela crée une intimité qui la rend vite attachante. Boudicca est une jeune femme tenace et intelligente, entière, mais qui gère mal ses propres émotions. Elle connaît la peur, elle assume ses erreurs et ses échecs, elle ne fuit pas ses responsabilités. Elle est maladroite, mais pleine de ferveur, d’amour pour les siens mais aussi de colère. Son humanité, si bien dépeinte par l’auteur, a des accents de sincérité qui, adjoints aux événements, rendent le roman très émouvant.
Pour autant, elle n’est pas le seul personnage fort de ce récit. Chaque membre de son entourage participe à sa manière à la construction du mythe. Certains m’ont particulièrement touchée : Ysbal, sa protectrice pragmatique et téméraire ; Jousse, sa compagne et amie d’enfance irradiant l’amour et la confiance ; et son époux qui, tout en faisant d’autres choix qu’elle, la soutient comme il soutient son peuple, du mieux qu’il peut. Tous ces personnages nourrissent la force de Boudicca, lui insufflent du courage comme elle nous en insuffle à son tour.
Comme dans Royaume de Vent et de Colères, l’auteur revisite l’histoire en y ajoutant sa magie, représentée par la pierre d’équilibre. Cependant, je l’ai trouvé plus subtil dans ce roman et j’ai beaucoup plus apprécié. La magie est diffuse, légère, presque anecdotique. J’ai beaucoup aimé ces moments où le récit versait dans l’onirisme, certains diraient le Temps Légendaire. Suivre Boudicca dans la Paix m’a apaisée de même.
Boudicca est un très bon roman, on ne voit pas défiler les chapitres et pas seulement parce qu’ils sont courts. J’ai aimé voir se construire sous mes yeux ce personnage mythique, voir la femme sous le parangon. Et j’ai tant espéré pour elle alors que je savais ce qui allait se produire… C’est là, à mon sens, la grande force du récit. Je ne peux que vous conseiller cette lecture.
Comme pour son précédent roman, l’auteur clôt l’ouvrage avec une nouvelle qui cette fois nous entraîne des siècles plus tard, sur un autre continent. Elle fait écho au roman de manière très délicate, mais l’adoucit aussi un peu à sa façon en ramenant de l’espoir. Elle nous rappelle qu’on ne peut pas attendre que les autres changent le monde à notre place et qu’il suffit parfois d’un seul pas pour en entraîner d’autres. Le tout est de faire ce qui nous semble juste.

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Découvrez également l’avis de Boudicca sur Le Bibliocosme.

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Une nouvelle de Jean-Laurent Del Socorro, publiée en numérique aux éditions ActuSF.

Vous pouvez télécharger cette nouvelle gratuitement jusqu’au 1er mai sur le site des éditions ActuSF.

Vous pouvez également consulter mon avis sur le roman Royaume de Vent et de Colères qui se situe dans le même univers.

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Bien que je reconnaisse de grandes qualités à Royaume de Vent et de Colères, notamment dans sa construction, qui est particulièrement remarquable, le développement de ses personnages et l’usage de la matière historique, je n’ai pas partagé le coup de cœur quasi unanime de la blogosphère à son sujet, surtout à cause de cette forme de magie qu’il immisce dans l’Histoire. Le récit était grandiose en soi et l’Artbon, aussi intéressant que puisse être le concept, a de beaucoup mitigé mon avis. Puis j’ai lu Boudicca et ai été davantage séduite. J’ai donc enchaîné avec Le vert est éternel, mais sans grandes attentes.
Dans cette nouvelle, on retrouve la compagnie du Charriot déjà évoquée dans Royaume de Vent et de Colères. C’est N’a-qu’un-œil, le capitaine et chroniqueur, qui nous narre un épisode de sa vie, en cette époque trouble où Henry IV tente de mettre fin aux guerres de religions dans le royaume de France.
Petit à petit se dessine la personnalité d’une femme, sage et bienveillante, au mauvais endroit, au mauvais moment. Et tout en voyant venir la fin et malgré la brièveté du texte, on s’attache, on s’émeut… Cette histoire douce-amère est poignante, un message de tolérance et, d’une certaine façon, d’espoir. Elle fait intelligemment écho au contexte actuel et c’est bien triste que nous semblions ne jamais réussir à apprendre de notre propre histoire…

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Une nouvelle de Damien Snyers, publiée en numérique aux éditions ActuSF.

Vous pouvez télécharger cette nouvelle gratuitement jusqu’au 1er mai sur le site des éditions ActuSF.

Vous pouvez également consulter mon avis sur le roman La Stratégie des as qui se situe dans le même univers.

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J’étais ravie de retrouver James, l’elfe escroc de La Stratégie des as. Son humour, son sens de la morale assez élastique, mais aussi sa capacité à plonger tête baissée dans les ennuis en font un narrateur aussi intéressant que sympathique.
Si vous avez lu le roman, vous serez ravi de prolonger le plaisir en découvrant cette nouvelle pleine de peps. Si toutefois vous ne connaissez pas, c’est l’occasion d’y remédier. Vous pouvez sans souci commencer par cette nouvelle.
Cette fois, notre voleur s’imagine avoir trouvé un travail légal, contraignant mais avec une bonne paie à la clé. De l’argent vite gagné… ou pas.
James n’a pas perdu sa vivacité d’esprit, mais cela suffira-t-il à sauver sa peau ?
Comme avec La Stratégie des as, on ne s’ennuie pas un seul instant. Cette nouvelle, dont le titre nous met tout de suite dans l’ambiance, est drôle, sans prétention mais très bien construite. Elle réussit en peu de pages à ferrer toute l’attention du lecteur. Je vous la recommande chaudement et j’espère que l’auteur continuera d’enrichir cet univers.

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Un roman de Karim Berrouka paru chez ActuSF.

 

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Paris n’est plus que ruines.
Et le prix de la cervelle fraîche s’envole.
Heureusement, il reste des punks.
Et des bières.
Et des acides.
Et un groupe électrogène pour jouer du Discharge.
Le Club des punks va pouvoir survivre à l’Apocalypse.
Enfin, si en plus des zombies, les gros cons n’étaient pas aussi de sortie…

Il est grand temps que l’anarchie remette de l’ordre dans le chaos !

Politiquement incorrect, taché de bière et de Lutte finale, Le Club des punks contre l’apocalypse zombie est un condensé d’humour salutaire.

Avec le titre, le ton est donné. No future ? Ok, à votre service… Voilà les zombies !!!
Du jour au lendemain, débarquent des morts-vivants de base, c’est-à-dire cons comme des manches, lents mais tenaces et, surtout, avides de cerveaux humains. Face à cette Apocalypse balbutiante, mettons un groupe de punks qui vivent en collectif dans un squat. Ces personnages couvrent quasiment tout le spectre de ce que l‘on fait en matière de punk. Ça va de l’anarchiste militant aux punks destroy, sans oublier le freegan fan de films de zombies et, bien entendu, les punks à chiens…
Alors, que feraient des keupons face à l’Apocalypse ? Parce que c’est bien beau, mais comme le dit si bien Kropotkine : l’anarchie c’est pas le chaos !
Ils vont gérer… avec une logique bien à eux. Et je vous le dis tout net, on est plus du côté Punk de la Force que du côté zombie dans ce roman, ce qui m’allait tout à fait. Le gore et les cadavres ambulants ce n’est pas trop mon délire… Par contre, si vous êtes un habitué des romans de zombies, attendez-vous à être dérouté. Les codes sont là, mais les personnages n’ont pas trop envie de s’y plier…
Ils m’ont été sympathiques dès le départ. Les deux punks destroy m’ont beaucoup rappelé deux loups-garous rencontrés à la lecture d’une novella de Karim Berrouka. Mais, au-delà de ça, j’ai quelques valeurs communes avec certains de ces personnages (et je ne suis pas non plus toute seule dans ma tête, faut admettre que ça aide). Je trouvais amusant d’assister à cette Apocalypse par le biais de ces protagonistes, à la fois cyniques, bien qu’idéalistes, et décalés, eux qui se tiennent en-dehors de tout système. Leur vision des événements est totalement en dehors des clous et c’est rafraîchissant. Je les ai trouvés attachants, mais me suis surtout identifiée à Eva, a.k.a miss anti-tout… J’étais dans l’ambiance, j’anticipais en me marrant toutes les conneries qu’ils allaient faire et la première partie fut un plaisir à lire.
Cependant, le côté mystique de cette Apocalypse (qui pour le coup n’usurpe pas son nom) m’a un peu refroidie à mesure qu’il se développait. On va loin dans l’absurde et le cynisme, même pour moi. C’est d’autant plus grinçant quand sont impliqués de force des personnages réfractaires à toute religion. Entre les péripéties de chacun, plus ou moins intéressantes selon le cas, les anges chelous et les visions prophétiques façon LSD, cela devient vite répétitif et parfois lourd, même si les interrogations que l’on nourrit sur le devenir des personnages aident à tourner les pages. Je n’ai pas aimé la fin, même si elle est terriblement désabusée et étrangement logique.
Mon avis est donc mitigé, j’ai beaucoup apprécié la première moitié du roman, mais trouvé que cela s’essoufflait ensuite. Il y a beaucoup de personnages, qui ont tous un rôle important, cependant le caractère répétitif de leurs aventures peut lasser. Le Club des punks contre l’Apocalypse zombie est néanmoins un roman drôle et complètement barré, toutefois il n’est pas pour autant dénué de réflexion sur la société. Cet aspect-là est très intéressant et le tout ravira un public averti, mais si vous êtes allergiques au Punk ainsi qu’à l’absurde, ce n’est sans doute pas pour vous.

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Un roman d’Ugo Bellagamba, publié chez ActuSF dans la collection Hélios.

Cette version a été retravaillée et augmentée.

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Présentation de l’éditeur :

« Je suis une Victoire, ma chérie… Si tu préfères, un soldat, engagé dans une lutte dont l’origine se perd dans la nuit des temps. »

L’Orvet a fait de l’humanité son terrain de chasse, causant famines, guerres et destructions. De la Rome antique jusqu’aux étoiles les plus lointaines, ce roman retrace le combat et les sacrifices des Victoires, ces femmes qui luttent dans l’ombre pour nous protéger.
Lettrées, guerrières ou amantes, voici huit portraits de ces vigies qui jalonnent l’histoire et redessinent en creux notre futur.

Ugo Bellagamba est l’une des plus belles plumes de l’Imaginaire. Il l’a prouvé au fil de la demi-douzaine de livres qu’il a publiés, qui lui ont valu la reconnaissance de nombreux prix, dont le Grand Prix de l’imaginaire ou encore le prix Utopiales pour Tancrède, une uchronie. L’Origine des Victoires est peut-être son roman le plus personnel, tout en finesse et en subtilité, ancré dans les paysages du sud de la France.

Jeunes ou vieilles, guerrières et intellectuelles, les Victoires sont des femmes libres et puissantes qui ne craignent ni le combat ni le sacrifice. Depuis l’éveil de la conscience humaine, elles arpentent le monde, tâchant d’arracher leurs contemporains à l’attraction maléfique de l’Orvet, mi-prédateur mi-parasite. Cette créature extraterrestre se délecte du mal, du chaos et de la souffrance. L’Orvet manipule l’humanité, l’aidant même à développer ses connaissances quand cela l’arrange, pour mieux la dévorer.
L’Origine des Victoires est un fix up constitué de récits éclatés dont la succession ne tient pas compte de la chronologie, même si l’on fait en quelque sorte la rencontre de la première et de la dernière des Victoires. Chaque chapitre est dévolu à l’une de ces héroïnes froides et déterminées. Ces portraits de femmes sont fulgurants, figeant la Victoire à l’apogée de son allégorie. Ce sont les multiples facettes de la femme en général, mises en exergue par ce combat particulier contre le chaos. Cette lutte, pourtant à peine entraperçue entre les lignes des destinées de nos huit Victoires – et de leurs sœurs tout juste évoquées – est aussi fascinante que complexe, détaillée juste ce qu’il faut pour laisser l’imagination du lecteur travailler. La nature de l’humanité en général, mais plus particulièrement celle des femmes, est dépeinte avec brio dans ces pages.
L’intrigue laisse une large part aux ellipses. Si vous préférez les histoires développées à l’extrême, cela ne vous séduira probablement pas. Toutefois, il serait malvenu de considérer ces nouvelles – quelquefois sans début, souvent sans fin – comme des ébauches superficielles. Incisives, elles tranchent dans le vif d’un combat millénaire pour en extraire les moments clés et capturer l’essence des Victoires. Cette narration parcellaire m’a beaucoup plu et, d’un point de vue philosophique, cette lecture fut très intéressante. J’ai rechigné à abandonner certaines de ces femmes car leurs récits m’ont fascinée. Cependant, l’auteur joue de cette frustration.
Je n’ai pas toujours compris ou cautionné les actes de ces femmes. Je pense notamment à Claudia dans le premier texte. Enfin si, je ne comprends que trop son but, sans parvenir néanmoins à trouver son choix judicieux. Si elle n’avait pas tant attendu, elle n’aurait peut-être pas eu à le faire.
Il faut dire que cette première histoire m’a perturbée. Elle commence par un souvenir, la tiédeur d’un après-midi complice entre une mère et sa fille… Mais si l’une croit que l’on peut échapper à son destin, ce n’est pas le cas de l’autre. Selon moi, les femmes ont ancrées en elles, comme l’une des autres nouvelles le fait d’ailleurs remarquer, cette certitude que fuir parfois, ruser souvent, n’est pas de la lâcheté. Il faut quelquefois se ménager pour durer et perdre des batailles pour gagner une guerre, comme il faut savoir, aussi, quand il est nécessaire de se sacrifier.
Cette lecture m’a offert de nombreuses pistes de réflexion. La seule chose qui m’a retenue au début fut que je n’adhérais pas à l’idée-même de l’Orvet, non pas en tant que créature, mais comme principe du mal. On envisage assez vite qu’il ne fait qu’exacerber les mauvais penchants des êtres qu’il possède et on voit au fur et à mesure qu’il manipule l’humanité depuis très longtemps pour qu’elle soit à son goût, mais ses victimes n’en sont pas moins des marionnettes. Dans les premiers textes, cela les dédouane presque de leurs actes, comme si le mal était vraiment extérieur à l’humanité. Je trouvais cela trop manichéen, cependant ma perception a évolué à la lumière des récits. L’idée de base est plus profonde et l’auteur la ménage. L’ambivalence de la nature de l’Orvet, tout comme celle des Victoires, apparaît petit à petit. Ainsi, j’ai fini par trouver cette vision des choses très cohérente et vraisemblable.
L’auteur développe une vraie réflexion sur le mal et l’âme humaine au fil de textes parfaitement ciselés. Le style très travaillé s’accorde à merveille à l’intelligence du propos. Les silences font autant partie du récit que les références littéraires ou historiques.
La version poche parue au sein de la collection Hélios est une réédition retravaillée et augmentée. Le chapitre de Coppélia qui y a été ajouté est un plus non négligeable.
L’Origine des Victoires est un ouvrage atypique qui contourne habilement les évidences et m’a désarçonnée parfois. Ce n’est peut-être pas une lecture pour tout le monde. Elle demande de l’implication, une certaine disponibilité d’esprit et de la patience pour l’apprécier à sa juste valeur. Je l’ai, pour ma part, beaucoup appréciée.

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CRAAA

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Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Lire un livre de SFFF féministe. Ouvertement féministe ou gommant les genres.

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