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Posts Tagged ‘Challenge Je lis des nouvelles et des novellas’

Le Challenge « Je lis des nouvelles et des novellas », plus communément abrégé en JLNN a été organisé de main de maître par Lune du blog Un papillon dans la lune.
Je vous invite à consulter le bilan global de fin de challenge ici et aussi le bilan perso de Lune par-là.

Je m’étais inscrite au niveau moyen et j’ai fini au niveau maxi : 28 participations sur 24, ce qui est honorable.
J’aime lire des textes courts, ce fut donc un plaisir de remplir ce challenge.
Ceci dit, ce n’est pas forcément représentatif de ce que je peux lire d’ordinaire, d’autant que je n’ai pas chroniqué tout ce que j’ai lu cette année et que je n’ai pas mis dans la liste du challenge tout ce que j’ai chroniqué, pour diverses raisons.
Enfin bref… (J’adore « enfinbreffer ».)

En chiffres, cela nous donne :
– 23 nouvelles hors recueils et anthologies (je crois bien que c’est la première fois que je lis autant de nouvelles « solitaires »)
– 5 novellas (que des bonnes ! Les novellas c’est top, lisez-en !)
– 6 recueils (dont un mini : Clamatlice de Vanessa Terral, il ne contient que deux nouvelles. Vanessa : faut en écrire d’autres. Je veux en savoir plus sur cette planète !)
– 3 Anthologies (seulement, c’est fou, moi qui en lis beaucoup ça a été restreint cette année…)

Total des nouvelles : 118 (95 dans les anthologies et recueils (si j’ai bien compté) + 23 indépendantes)
Et un poème, un peu perdu au milieu de tous ces textes, (dans Ainsi commence la nuit de Vanessa Terral).

Le JLNN a aussi engendré la naissance de mes billets de « nouvelles en vrac » qui, comme leur nom l’indique, me permettent de vous présenter plusieurs nouvelles indépendantes. Ils sont un peu fouillis, je vous l’accorde, mais ça me ressemble assez, vous devriez voir ma bibliothèque…

J’ai également découvert plein de blogs intéressants et des textes, des tas de textes que je veux lire (ma PAL et ma wishlist ne vous remercient pas !)

Re enfin bref.

Pour le détail de mes participations, c’est par ici.

Vous l’avez compris, je vous conseille particulièrement les novellas et principalement ces deux-là :
L’après-dieux de Maëlig Duval (j’en suis encore bouleversée)
L’ombre du maître espion, Le Baron Noir T1 d’Olivier Gechter

Pour les recueils, j’aimerais accorder une mention spéciale au Rêve du prunellier de Rozenn Illiano qui fut une magnifique découverte. J’aimais déjà ses illustrations, j’ai été tout aussi conquise par sa plume.

Mais je tiens aussi à faire une petite place dans ce billet à Sanshôdô : la voie des trois vérités de Jean Millemann.

Je ne peux malheureusement pas citer tous les textes rentrant dans le cadre du challenge que j’ai aimés, sinon ça équivaudrait à quasiment recopier la liste entière, mais je voudrais pouvoir vous communiquer un peu de mon enthousiasme et vous encourager à lire plus souvent des textes courts si ce n’est pas déjà une habitude. Vous pourriez faire de belles découvertes.

Ce qui nous amène à un petit message pour ma copine Chani qui a plus que rempli son challenge :
Félicitations ! Tu vois que c’est bien les nouvelles ! 🙂

Pour ma part, je vais bien évidemment continuer à lire des nouvelles et novellas. J’ai d’ailleurs beaucoup de chroniques en retard parce que le dernier trimestre de 2013 a été, et est encore, particulièrement chargé niveau boulot. Quand j’aurai un peu de temps vous pourrez lire des billets sur des nouvelles de Christian Léourier publiées dans Bifrost (vivement les vacances que je puisse lire le troisième volume de l’intégrale de Lanmeur !), Le zoo des chimères de Chantal Robillard (chronique qui attend depuis des lustres,) les anthologies Virus et Noëls d’hier et de demain ou encore le recueil de Michel Rozenberg Altérations (que j’ai gagné au concours du bilan du dernier trimestre du JLNN. J’ai terriblement honte de ne pas l’avoir déjà chroniqué) et bien sûr la nouvelle bonus de Cinq pas sous terre. Je pense même en avoir oublié dans la liste…

Une petite nouvelle en attendant la fin du monde ?

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Encore quatre nouvelles de chez Walrus pour ce billet.
J’ai eu les deux premières dans le cadre du JLNN qui finit tout bientôt, donc merci Lune et les éditions Walrus.

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Beef de Joey Burger

La narratrice, Joey, a un peu traîné les pieds, mais s’est finalement laissé embringuer par ses potes dans une soirée qui promet d’être ennuyeuse à souhait. Un vernissage et pas une seule œuvre d’art en vue, c’est curieux… Serait-ce un nouveau concept artistique foireux ?
Les personnages ne vont pas avoir le temps de trop de s’interroger sur le sujet et le lecteur non plus. Quelque chose cloche, Joey ne s’en rend pas compte tout de suite, occupée qu’elle est à tenter de convaincre ses amis de partir. Les situations étranges se multiplient et les réactions des gens présents laissent notre narratrice perplexe. Finalement, la soirée s’annonce moins soporifique que prévu. Quant à savoir si c’est une bonne nouvelle, on a de sérieux doutes…
J’ai bien aimé l’évolution de l’histoire qui ne verse pas tout de suite dans le délire. On la sent lentement glisser vers le surnaturel en même temps que s’affine la perception des personnages sur ce qui les entoure. La façon dont les situations s’enchaînent m’a plu. C’est visuel, un peu gore et fouillis (mais un fouillis cohérent) et surtout assez barré pour capter mon intérêt.
A un moment l’auteur évoque Shaun of the dead et j’avoue que le récit m’y a fait penser dès le début. C’est une affaire d’ambiance plus que d’histoire, un petit côté à la fois complètement déjanté et détaché de la réalité qui m’a rappelé ce film. Le mélange d’humour et de gore passe plutôt bien.
Joey, la narratrice, nous raconte les événements tels qu’elle les vit, sans charger le texte avec des descriptions superflues. Le style parlé peut gêner, mais je le trouve cohérent avec le personnage et la situation. On entre facilement dans l’histoire grâce à cela.
J’ai trouvé la chute un peu rapide, mais bien gérée, ce qui m’a laissé ma bonne impression de départ.
Ce n’est pas forcément un genre de lecture vers lequel je me serais tournée, mais ce texte plein d’action m’a « bizarrement » amusée.

Vous pourrez trouver l’avis de Lune par-là.

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Trois coups contre ma porte de Michael Roch

Ce récit nous emmène à la rencontre d’un personnage qui, de prime abord, est particulièrement détestable. Charles, le narrateur, est pourri jusqu’à la moelle, blindé de fric autant que d’idées stupides et pas tout seul dans sa tête, c’est le moins qu’on puisse dire… Il va s’employer à nous conforter dans cette impression.
Trois coups contre ma porte est une nouvelle assez glauque, violente, mais particulièrement bien écrite. J’étais persuadée de connaître le fin mot de l’histoire, j’avais raison, mais mon intérêt est demeuré le même du début à la fin alors que ce n’est pourtant pas mon genre de lecture. Le fait est que la façon dont l’histoire est scénarisée attrape le lecteur et l’empêche de lâcher sa liseuse.
Le texte est prévisible, tout en ne l’étant pas, car si on a des doutes sur ce qui arrive à Charles, ses visions, ses pertes de mémoire et qu’on pense deviner, avec raison ou non, l’origine de ses troubles, une question demeure. Que va-t-il choisir ?
Cette nouvelle est choquante, à vous glacer le sang, mais ce fut une découverte intéressante.

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Louie de Lou Wagram

Des quatre textes présentés dans ce billet, celui-ci est mon préféré.

Une pute, un camé et un barge sont dans un bateau.

C’est le titre d’un des chapitres et je trouve qu’il résume assez bien cette histoire particulièrement déjantée. Ça commence comme une mauvaise blague et d’un coup ça part dans tous les sens.
Louie, chauffeur poids-lourd et drogué notoire a hérité de deux choses de son père : son prénom et un don inné pour les embrouilles. Au début du récit, ce cher Louie complètement défoncé est en plein arrêt sur image et se décide, pendant que le temps prend sa pause syndicale, à nous raconter comment il a atterri dans le bar paumé où il se trouve, avec des ennuis à la pelle, notamment une nana qui parle sans arrêt…
Tout a commencé à cause de Lily, une tarée avec un flingue qui, pas de chance pour Louie, était aussi bien roulée que casse-pieds. Dès lors, le lecteur se trouve propulsé dans une fuite en avant pleine d’énergie, d’humour et de situations aussi dingues que désespérées. C’est le rythme du récit qui fait en partie son charme, avec son action non-stop, mais aussi le langage gouailleur employé par l’auteur qui rend le personnage très vivant et apporte une dose comique supplémentaire.
Ce texte court est aussi vif que dense tant il se passe de choses et on se surprend à vouloir la suite quand il se termine un peu brusquement, alors qu’on en revient à Louie, toujours défoncé dans son bar sordide.
Ce fut vraiment une très plaisante lecture.

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Cosmic Karma de Jérémy Semet

Sid a été engagé pour mener à bon port un convoi spécial. Il ne sait pas vraiment ce qu’il transporte, il a du mal à se rappeler de son entretien d’embauche, mais ce dont il est sûr, par contre, c’est qu’il est seul à bord.
Est-ce cette solitude qui lui fait perdre la tête ou le vieux cargo rouillé qui débloque et joue ainsi avec ses nerfs ?
L’intrigue se déroule lentement, Sid semble résigné, tout en ne sachant pas vraiment à quoi ni pour quelles raisons. Cette histoire, assez introspective, est un huis-clos qui ne devient jamais vraiment étouffant, mais dans lequel s’instillent petit à petit des hallucinations ou des souvenirs. On ne connaît pas vraiment leur nature exacte sur le moment, même si chacun aura forcément son opinion et que le choix me semble assez évident.
Les deux histoires se mêlent, mais pas au point de faire douter le lecteur sur ce qui arrive réellement au personnage. C’est un texte agréable à lire, même si l’issue est particulièrement prévisible. J’ai toutefois beaucoup aimé la « morale » finale, si on peut la qualifier ainsi.

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Je vais cette fois vous parler de quatre nouvelles, toujours dans la collection micro des éditions Walrus.
Elles m’ont été envoyées dans le cadre du JLNN, je remercie donc les éditions Walrus et Lune.
D’ailleurs, vous pouvez lire l’avis de cette dernière sur 1888 et En Adon je puise mes forces sur son blog.

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1888 de Céline Etcheberry

1888

1888 nous entraîne dans le sillage de Jack l’éventreur. Présenté ici comme un dandy glacial, Jack n’a qu’une seule obsession : le temps. Rythmés par sa précieuse montre à gousset, ses crimes semblent lui apporter plus que la satisfaction de ses instincts de tueur.
La montre est, dans cette nouvelle, une entité à part entière, menaçante, intéressante dans ses tic-tacs comme dans ses silences inquiétants. Jack est-il tout simplement fou ou cette montre a-t-elle un réel pouvoir ?
On est ici dans le fantastique, car le doute demeure pour qui le souhaite. Cependant, si ambiguïté il y a, l’auteur exploite néanmoins très bien son idée et les meurtres, ici à rebours, de ce célèbre tueur. En peu de mots, elle nous plonge dans son récit. Sa façon de traiter le sujet est originale et j’ai beaucoup aimé son style.
Ce fut pour moi une excellente lecture, riche en suspense et émotions. La chute m’a laissée un peu perplexe et je ne l’ai pas trop appréciée, mais c’est bien mon seul regret.

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En Adon je puise mes forces de Dominique Lémuri

En Adon je puise mes forces

Dans la quiétude d’une tombe, Elthya, une jeune prêtresse, veille aux derniers sacrements qui aideront son défunt roi à passer de l’autre côté. Cependant, son rituel est sur le point d’être perturbé par deux créatures pour le moins étranges.
C’est la rencontre de deux mondes en total décalage, celui d’Elthya et de ses dieux avec celui de Vjlir, policier extraterrestre à la poursuite d’un prisonnier évadé. Or, ce chef de la pègre interstellaire ne compte pas se laisser attraper aussi facilement. Ce n’est toutefois pas vraiment le contraste entre les deux civilisations ou le potentiel comique de la situation que l’auteur a choisi d’exploiter. Cependant, le récit n’en est que plus original selon moi.
Ce mélange de SF et de mythologie m’a plu et si je suis restée un peu en-dehors de la réflexion philosophique qui l’accompagne (surtout à cause de l’aspect religieux de l’affaire en fait, même s’il y a moult façons de voir les choses), j’ai néanmoins apprécié l’idée et elle m’a donné du grain à moudre.
C’est un très bon texte, bien pensé, agréable à lire. Les débuts rocambolesques y amènent un peu d’humour pour contrebalancer la réflexion et l’équilibre entre les deux se fait.
J’ai beaucoup aimé cette lecture.

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Hérésie minérale de Stéphane Desienne

Hérésie minérale

Des quatre textes présentés dans ce billet, celui-ci est mon préféré.

Je me suis vraiment passionnée pour cette histoire qui mêle science et religion afin de poser d’intéressantes questions sur la notion d’intelligence, de vie et de communauté. La problématique, ainsi que la façon dont elle est traitée, m’a beaucoup plu et est évidemment la raison majeure qui m’a fait aimer ce texte. Cependant, je l’ai de surcroît trouvé très bien écrit. J’ai apprécié la façon dont sont amenées les révélations au fur et à mesure, ce suspense maintenu sans pour autant frustrer le lecteur, et le rythme que cela apporte au récit.
Dès les premières lignes, nous comprenons que nous nous trouvons au cœur d’un procès, mais un procès ecclésiastique et même inquisitorial, ce qui a son importance. Le père Franck comparait et c’est son témoignage que nous invite à suivre l’auteur. Or, il semblerait que ce procès soit bien plus important pour l’humanité tout entière qu’une simple affaire d’église.
La prégnance de la religion, mais aussi l’aspect mercantile du voyage spatial et de notre société de consommation sont au centre de cette réflexion.
Le père Franck évoque un voyage dans l’espace et surtout une découverte importante, d’un point de vue scientifique, mais aussi humain. Les responsabilités qui pèsent sur lui m’ont touchée, son combat m’a émue. J’ai lu ce texte avec une certaine fébrilité et c’est au final un vrai coup de cœur.
J’ai tout aimé dans cette nouvelle, l’intrigue en elle-même, qui est prenante, la problématique abordée, le style… J’ai juste le regret de ne pouvoir qu’extrapoler sur ce que va engendrer la décision qui est prise à la fin.
Je vous invite de tout cœur à découvrir cette nouvelle.

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Anastasis d’Aude Cenga

Anastasis

Laisse-moi entrer, murmure la voix à l’oreille de Lodrick alors que celui-ci se trouve dans une situation désespérée. C’est là le début de l’histoire et de ce qui va, à jamais, changer cet homme, mais aussi son entourage.
En lisant le résumé de l’éditeur, j’ai tout de suite deviné de quelle créature il s’agissait, cependant, même si ça me paraît évident et que l’auteur nous le dévoile dans les premières lignes, je préfère vous en laisser la surprise.
Pour autant, c’est dans les ambitions de ladite créature que tient toute la singularité du récit. On ne la croise pas souvent, il faut le dire, et jamais, en tout cas, je ne l’avais vue traitée de la sorte. Ça ne pouvait qu’éveiller mon intérêt.
C’est original, prenant, mais également assez gore, potentiellement perturbant et très malsain. Âmes sensibles s’abstenir, même si le sujet justifie toute cette violence. J’avoue que je ne suis pas cliente, mais ça ne m’a pas non plus traumatisée.
Cette nouvelle est taillée dans le vif (si j’ose dire avec une telle intrigue) et s’il y a bien un début, la fin reste très ouverte. Ça ne me dérange pas, j’aime bien la façon abrupte dont elle se termine, mais certains, qui apprécient les nouvelles plus structurées, pourront se sentir frustrés.
Ça reste un texte à lire pour les amateurs du genre. Les férus de zombies, même s’il ne s’agit pas de ces créatures-ci, pourront aussi y trouver leur compte.

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Des fois c’est bien de regrouper des nouvelles dans un seul billet. Les trois que je vais vous présenter aujourd’hui n’ont pourtant que peu de points communs : elles sont publiées chez Walrus et uniquement disponibles en numérique.

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Voler (de ses propres ailes) de Cécile Duquenne

Voler (de ses propres ailes) de Cécile Duquenne

Voler (de ses propres ailes) est une petite nouvelle sympa dont le titre, qui devient de plus en plus évocateur au fil de la lecture, est fort bien trouvé. J’aime les thèmes abordés dans cette histoire et le style de l’auteur est toujours aussi plaisant, ce fut donc un très bon moment de lecture.
Olivia, sur qui est centrée l’intrigue, est une voleuse, mais d’un genre bien particulier. C’est original, finement amené et développé, ce fut un plaisir de la voir évoluer et tout mettre en œuvre pour accomplir la tâche qu’on lui a confiée. On s’attache vite à elle, on partage ses espoirs, et l’histoire file à toute allure.
La seule chose qui me chiffonne un peu est que j’adore la mythologie toltèque et je n’aime pas vraiment ce que l’auteur en fait dans ce texte. Ceci dit c’est une affaire de goût et non de qualité. Les lecteurs moins casse-pieds que moi apprécieront l’originalité des choix de Cécile Duquenne.
Le tout est cohérent, se lit bien trop vite et, j’espère, vous donnera envie de découvrir les autres écrits de l’auteur qui en valent vraiment la peine.

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La clé de l’eau d’Agnès Evans

La clé de l'eau d'Agnès Evans

La clé de l’eau est un très beau texte qui a la saveur des contes et légendes, bribes tronquées de mythes plus anciens, et l’atmosphère éthérée des songes. Cette impression est renforcée par la nature des personnages que l’auteur a voulus archétypaux. Intelligemment mis en scène, ils apportent à l’histoire une dimension supplémentaire, expression sans paroles d’impressions, de souvenirs, qui parlent à l’inconscient de chaque lecteur et l’aident à fondre sa conscience dans le récit.
En nous glissant entre les pages, aussi virtuelles soient-elles, nous suivons, narrée par une fillette qui peut entendre les esprits, l’expédition d’une caravane à travers le désert. Composée de gens de tous horizons, cette micro-société mouvante ne manque pas d’intérêt. Si certains voyagent pour affaires ou en tant que pèlerins, la plupart des membres de la caravane sont à la recherche d’un avenir meilleur dans ce pays mourant que l’eau fuit.
En même temps que la narratrice, nous apprenons ce qui a engendré une telle situation. Le temps semble s’engluer dans un instant fluctuant entre deux réalités et c’est ainsi que sera décidé si ces hommes et ces femmes vont ou non pouvoir se libérer de leur propre malédiction.
Ce récit, vraiment très agréable à lire, m’a beaucoup plu. Il est aussi pourvoyeur d’inspiration qu’il est inspiré. Le style est délicat, poétique, et je n’ai à déplorer que quelques coquilles, trop nombreuses pour passer inaperçues. C’est d’autant plus dommage que ce sont des défauts vraiment mineurs qu’une bonne relecture aurait pu éradiquer vite fait bien fait.
La clé de l’eau fut une excellente découverte et j’espère vous avoir incité à vous pencher sur cette belle nouvelle.

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Carpe Sesamum
d’Esteban Bogasi

Carpe Sesamum d'Esteban Bogasi

Vladimir le vampire a de gros soucis. Il est coincé sur une plage, à quelques heures du lever du soleil. C’est l’occasion de réfléchir aux actes qui l’ont mené là ou alors… de s’acharner sur le cercueil que son ex-femme a eu la bonté de lui laisser, cercueil sécurisé dont il a malheureusement oublié le mot de passe. C’est ballot, hein…
Mais il n’y a jamais moyen de mourir en paix et Vladimir va l’apprendre à ses dépens en faisant un certain nombre de rencontres plus cocasses les unes que les autres au cours de cette étrange fin de nuit.
C’est un texte drôle, incisif, déjanté. On en viendrait presque à oublier les malheurs de ce pauvre Vladimir. Malgré tout, on compatit forcément. Qui ne s’est jamais retrouvé à sa place, à la recherche d’un mot de passe important et néanmoins désespérément oublié ? Bon, on a rarement l’occasion d’en chercher un aussi vital, mais l’idée est là et c’est d’autant plus amusant qu’une part de nous ne peut que la trouver réaliste. Sans parler de tous ces casse-pieds qui ne laissent pas à notre vampire cinq minutes de tranquillité…
C’est une lecture très distrayante. La chute est abrupte, mais étonnante, et elle renforce l’atmosphère d’absurdité qui se dégage de cette nouvelle.
Si vous aimez les récits un peu barrés, aussi cyniques que drôles, celui-ci est fait pour vous.

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Une anthologie de saison (oui quand je l’ai lue c’était encore la saison, vous n’allez pas chipoter !) publiée chez Walrus et uniquement disponible au format numérique.

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La boîte de Schrödinger - spéciale Halloween

Halloween est de retour !

Comme chaque année, monstres, vampires, goules, fantômes et momies vont venir perturber votre nuit du 31 octobre. Attention aux mauvais sorts ! Pour vous mettre dans l’ambiance, Walrus vous propose une « Boîte de Schrödinger » spéciale Halloween. Au programme, des fantômes amoureux, des rencontres impromptues, des souvenirs perdus, des cimetières habités et… de la soupe à la citrouille. Aux manettes de cet épisode de mi-saison un peu spécial, une ribambelle d’auteurs prêts à vous faire frissonner : Jacques Fuentealba, Anthony Boulanger, Benoit Giuseppin, Vanessa Terral, Laurent Riatto et avec la participation exceptionnelle et gracieuse de George Sand, spécialement revenue d’entre les morts le temps d’une nuit de terreurs délicieuses.

De quoi faire hurler de frayeur les enfants comme les plus grands, et passer une nuit d’Halloween riche en émotions !

Cette petite anthologie est, comme son titre l’indique, composée de nouvelles s’articulant autour du thème d’Halloween. C’est vraiment une lecture sympa pour la saison. Les textes sont variés, offrant au lecteur diverses ambiances. On passe ainsi de textes sombres, à faire frissonner, ou de récits plus glauques qui mettent mal à l’aise, à des histoires plus légères, jouant d’un humour assez noir, mais toujours savoureux. C’est tout ce dont on pourrait rêver (ou cauchemarder) pour Halloween.
C’est une nouvelle de Jacques Fuentealba qui ouvre l’anthologie. Elle nous permet, grâce à un début assez lent, très évocateur de ces mois de novembre enveloppés de brouillard, de nous glisser lentement dans l’ambiance avant de nous emmener beaucoup plus loin qu’on l’aurait imaginé.
Ce récit fantastique oscille entre réel et imaginaire d’une façon très subtile. Il ramènera le lecteur averti vers l’univers habituel de l’auteur, mais pourra tout autant plaire à celui qui ne le connaît pas.
J’ai beaucoup apprécié ce texte.
Ensuite, Anthony Boulanger nous offre de très courtes nouvelles à chute, distillant l’effroi ou l’humour selon l’envie. On se laisse facilement piéger et, si j’en ai préféré certaines, je les ai toutes lues avec plaisir.
La ronde des morts de Benoît Giuseppin m’a vraiment plu. Ce texte court, un rien grinçant, est parfaitement dans l’esprit de la saison et j’ai beaucoup aimé la chute.
Si j’ai également apprécié la nouvelle de Vanessa Terral, je trouve tout de même que c’est la plus glauque du recueil, bien que pas du tout horrifique, contrairement à celles de certains de ses petits camarades. Cette nouvelle est par contre très originale car elle nous parle de la fête des morts mexicaine ce qui, en soi, est vraiment un excellent choix, d’autant que l’auteur a bien développé ce thème.
L’esprit de l’eau de Laurent Riatto est un texte plus classique, un tantinet mélancolique, qui aurait manqué à cette anthologie s’il ne s’y était pas trouvé. Il explore à sa façon un thème récurrent des histoires de fantômes et c’est un agréable moment de lecture. Il commence dans la légèreté, mais ce sera à vous de voir s’il continue sur sa lancée ou pas.
Enfin le texte George Sand clôt cette excellente anthologie. Vous connaissez peut-être déjà ce « récit d’un récit » très typique de son époque et qui est surtout appréciable pour son ambiance de fantastique un peu suranné.
La boîte de Schrödinger spéciale Halloween est une bonne lecture automnale, pour se faire un peu peur, se rappeler que notre imagination n’a que les limites que nous lui imposons, pour rire de nos fantômes en s’amusant à les craindre, tout en avivant un peu cette part de nous qui a envie de croire, même si c’est un jeu.

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Une novella steampunk d’Olivier Gechter, publiée chez Céléphaïs.

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Le Baron Noir T1 - L'ombre du maître espion

Présentation de l’éditeur :
Paris, 1864. La vieille Seconde République est toujours dirigée par le Président Bonaparte. La France domine l’industrie dans tous les domaines : depuis le début du siècle, ses dirigeables sillonnent les cieux, ses transports ferroviaires véhiculent les marchandises de ses usines et de ses colonies dans toute l’Europe. Antoine Lefort, jeune magnat des transports et fabriquant d’armes, est un des artisans de cette puissance. Lorsqu’un de ses plans ultra-secrets est volé au nez et à la barbe des autorités, il décide de tendre un piège à ces espions, à la solde d’une puissance étrangère. L’aide d’Albert le majordome, du jeune Clément Ader et surtout celle du Baron Noir, un mystérieux justicier en armure, ne sera pas de trop.

L’ombre du maître espion est une novella plutôt courte, moins de 100 pages, néanmoins le texte est extrêmement dense. L’auteur parvient à développer ses personnages et à mettre en place son contexte historique tout en nous offrant un texte vraiment porté sur l’action. L’exercice est délicat et d’autant plus appréciable qu’il est réussi.
Cette uchronie steampunk se révèle parfaitement ciselée. On sent qu’elle a demandé un important travail de fond alors même que l’auteur n’abuse pas de cela dans l’écriture. Très souvent, quand un texte a demandé beaucoup de recherches, l’auteur se sent obligé d’en faire profiter le lecteur. Ce n’est pas toujours désagréable, mais ça alourdit le récit. Ce n’est pas le cas ici, tout cela reste en arrière-plan mais on sent vraiment que l’uchronie se développe sur des bases solides.
L’auteur s’est documenté, notamment sur l’aéronautique, sur l’évolution des avancées scientifiques, et il a réellement réfléchi ses choix. Il nous les explique brièvement dans sa très intéressante postface et j’ai vraiment hâte de lire la suite des aventures du Baron Noir pour voir se développer les possibilités de cette uchronie qui est une des meilleures que j’ai lues dernièrement.
Dans ce monde décalé Napoléon est mort à Austerlitz, certaines inventions sont en avance sur leur temps grâce à une manœuvre assez habile de l’auteur. Toutefois l’électricité et la chimie suivent leur développement normal. Le Baron Noir apparaît dans cette époque tel un super-héros qui rappelle un peu Batman et Iron Man, tout en étant, Dieu merci, moins torturé que ces deux-là… Le personnage est intéressant et l’idée d’un super-héros qui tient ses « pouvoirs » de la science dans ce contexte historique est pour le moins prometteuse.
Les personnages secondaires ne sont pas pour autant relégués dans l’ombre du Baron. Albert le majordome apporte une note d’humour à l’histoire et j’ai adoré voir Clément Ader, le « père de l’aviation, » être un personnage actif de cette novella et non un simple faire-valoir. Le méchant de l’histoire, véritable génie du crime, se révèle également plein de ressources, à la mesure de son adversaire. J’aurais vraiment aimé en apprendre plus à son sujet, mais j’espère bien qu’il aura sa place dans la suite.
J’ai passé un très agréable moment avec cette novella dont le seul défaut est qu’elle est trop courte. La fin est quelque peu frustrante car elle apporte son lot de questions qui seront autant de pistes prometteuses pour la suite de la série. Une chose est sûre, je me jetterai dessus dès sa sortie.

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Une anthologie publiée par les Artistes Fous Associés.

Vous pouvez télécharger gratuitement cet ouvrage au format epub sur le site des Artistes Fous.
Mais ce serait sympa de l’acheter, parce que ça encouragerait une association et des auteurs qui fournissent un travail de qualité et qui sort des sentiers battus.

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Sales bêtes !

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Chimères, Animaux totems, transformations bestiales, animal tapi en soi, conscience émergeant chez la bête, créatures mythologiques… Dans cette deuxième anthologie, les Artistes Fous Associés explorent la thématique animale autour de 20 récits horrifiques, poétiques, sarcastiques, émouvants, tragiques ou gore. Venant des quatre coins de la francophonie, ces auteurs et illustrateurs sauront réveiller la (sale) bête qui sommeille en vous !

Sommaire :

  • Les Maîtres ne vinrent plus [Ludovic Klein] (illustré par Maniak)
  • Pffugs [Mathieu Fluxe] (illustré par cAmille)
  • Pluviôse [Adam Roy] (inédit) (illustré par Deadstar)
  • Un arrière-goût d’éternité [Morgane Caussarieu] (inédit) (illustré par Deadstar)
  • La parole du Rhinocéros [Ana Minski] (illustré par Ana Minski)
  • La bête noire [Julien Heylbroeck] (illustré par Christophe “FloatinG” Huet) (inédit)
  • La Solitude du Soleil le Vendredi soir [Diane] (illustré par Stab et Nelly Chadour)
  • Tous les singes ne vont pas au paradis [Vincent Leclercq] (illustré par Maniak)
  • Le deuxième événement [Ludovic Klein] (inédit) (illustré par Cham)
  • Cobaye #27 [Éric « Udéka » Noël] (illustré par L’ananas à cheveux)
  • La condition inhumaine [Maniak] (illustré par Xavier Deiber)
  • La dépression du chat [Gallinacé Ardent] (illustré par Maniak)
  • Parasite [Vincent T.] (illustré par Antoine “Codex Urbanus” Téchenet)
  • Jonas [Southeast Jones] (illustré par Cham)
  • L’ascension des suicidés [Ana Minski] (illustré par Ana Minski)
  • La mélodie des bois [Vincent Leclercq] (illustré par Nelly Chadour)
  • Notre-Dame des opossums [Southeast Jones] (illustré par Kenzo Merabet)
  • Manger les rêves [Romain d’Huissier] (illustré par Xavier Deiber) (inédit)
  • τρ [Herr Mad Doktor] (illustré par Ana Minski)
  • Clic [Maniak]

Fin(s) du monde, précédente anthologie présentée par les Artistes Fous, faisait déjà montre d’une grande variété de genres. Sales bêtes n’est pas en reste. On nous propose du réalisme, du fantastique, de la SF, de l’anticipation, de l’onirisme, de l’humour, de l’horreur et j’en passe, des sales bêtes de tous poils pour des récits originaux. Il est rare qu’une anthologie garde mon intérêt éveillé d’un bout à l’autre, mais ça a été le cas de celle-ci, grâce, justement, à cette diversité de genres et de styles.
Bien sûr, il y a des textes que j’ai préférés et la palme revient cette fois à Cobaye #27, parce que j’aime les rats, mais pas uniquement. Cette nouvelle explore les méandres de l’esprit et nous montre que les animaux sont parfois plus humains que nous. Ce fut un plaisir à lire. L’illustration qui l’accompagne m’a également beaucoup plu.
Les deux nouvelles de Ludovic Klein et La parole du Rhinocéros d’Ana Minski sont aussi parmi mes textes favoris. Très émouvantes dans leur réalisme, elles distillent l’empathie sans en abuser.
Un arrière-goût d’éternité de Morgane Caussarieu m’a rappelé un manga, pour le thème plus que dans la forme de l’histoire elle-même. Si vous en avez marre des sirènes rousses qui chantent des chansons (il n’y a pas pire sale bête que celle-là) vous adorerez cette nouvelle.
Parmi les textes de cette anthologie qui m’évoquent l’onirisme, trois m’ont particulièrement marquée. L’ascension des suicidés est un ovni ayant la consistance et le symbolisme d’un rêve. Alors que Jonas, texte moins vaporeux mais tout aussi symbolique, nous emmène dans l’espace auprès d’un homme qui dit avoir été avalé par un ogre et pense ne jamais en être vraiment revenu. Ce texte-ci m’a beaucoup plu, d’une part parce que l’histoire est vraiment agréable à lire, mais aussi pour sa réflexion sur la réalité et les perceptions. Enfin, j’ai adoré Manger les rêves, un récit un peu plus fantastique qui nous emmène au Japon à la rencontre du Baku.
Cette anthologie propose également un bon nombre de textes plutôt sombres. Parmi eux, certains m’ont particulièrement interpelée. La condition inhumaine explore une métaphore glauque et saisissante, vraiment bien trouvée. La bête noire est un récit crade, immonde, mais cela sert une histoire fort bien pensée et lui donne toute sa dimension. Ce texte explore une autre facette de l’animalité et de notre rapport à celle-ci, ainsi que la compromission dont l’être humain peut faire preuve dans son intérêt. Tous les singes ne vont pas au paradis est une de mes nouvelles favorites. Bien écrite, prenante, mais surtout assez cynique. Elle nous parle d’apparences, trompeuses ou non, et de l’expression de la bestialité.
Parasite est un texte plutôt marrant et bien construit. Écrit sous la forme d’un journal, il nous permet de suivre la lente prise de conscience d’un individu qui ne sait pas trop où il se trouve et qui possède dans sa mémoire les vestiges persistants d’une existence humaine passée. C’est bien trouvé. Ça m’a rappelé un épisode de South Park (on a les références qu’on a) mais en beaucoup mieux.
Je ne sais trop quoi vous dire concernant Notre-Dame des opossums si ce n’est que j’ai adoré ce texte et que vous devriez vraiment le lire. Je ne pouvais pas ne pas le mentionner, même en sachant que je dois passer sous silence d’autres récits qui m’ont aussi beaucoup plu. Cette nouvelle est écrite sous la forme d’un carnet de bord. Celui-ci relate l’expédition d’un équipage spatial ayant retrouvé la Terre et qui se trouve confronté au fléau qui a provoqué le départ des humains de cette planète.
Pour finir τρ, le dernier texte de l’anthologie, est aussi le plus barré. C’est une longue épopée blindée de jeux de mots moisis qui m’ont bien fait rire. On aime ou pas, sans demi-mesure, mais une chose est sûre, après cette lecture, vous ne verrez plus jamais la mythologie grecque comment avant. J’ai adoré traquer toutes les références qui s’y trouvent.
Il est toujours difficile de présenter des nouvelles en peu de mots pour ne pas trop en dire mais donner envie au lecteur de les découvrir. J’espère y être parvenue car c’est une belle découverte. Sales bêtes n’est pas un ouvrage léger ni qu’on lit d’une traite. Il explore l’animalité sous de nombreux aspects. Souvent les plus sombres, il est vrai, mais jamais de manière gratuite dans la surenchère de bestialité. Ces nouvelles sont réfléchies, intelligentes, forcent le lecteur à ne pas rester un spectateur passif. C’est vraiment une excellente anthologie.

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