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Posts Tagged ‘chats’

Un manga de Chihiro Ishizuka, publié chez Nobi Nobi.
Il comporte cinq volumes, le deuxième est prévu pour mai et le troisième pour juin.

Vous pouvez également consulter mon avis sur l’anime.

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flying-witch-1

Présentation de l’éditeur :

À son entrée au lycée, la jeune Makoto quitte la région de Tokyo pour le nord-est du Japon. Hébergée chez ses cousins Kei et Chinatsu, elle découvre les petits plaisirs d’une vie plus proche de la nature, où le temps semble s’écouler plus doucement. Mais le quotidien à la campagne ne s’annonce pas de tout repos pour autant, car Makoto est aussi une apprentie sorcière un peu étourdie !

Flying Witch est un manga en cinq volumes. Il a été adapté en anime en 2016, ce qui nous vaut la sortie du manga en français cette année. Ayant adoré l’anime, j’étais très impatiente de me replonger dans la vie de Makoto, jeune sorcière en apprentissage.
Cependant, ne vous méprenez pas, on est loin de Charmed et Harry Potter. Mako a une vie simple, presque normale, qui n’est pas pour les fans d’action ou de sortilèges impressionnants. Cette série s’adresse davantage aux contemplatifs, ceux qui pensent qu’une sorcière n’est pas là pour lutter contre des démons, mais pour créer de l’harmonie. Le manga et l’anime sont une bulle de douceur, un moment de détente et de bien-être nous rappelant que le bonheur est fait de petites choses. Ils sont très apaisants. L’ambiance tient du réalisme magique, le surnaturel arrive par petites touches. Le tout est fantasque et optimiste.
Les personnages sont très crédibles, même si un peu loufoques aussi, et surtout attachants. C’est le quotidien d’une jeune fille banale, avec juste une petite touche de bizarrerie qui fait rêver.
Dans Flying Witch, une sorcière qui atteint ses quinze ans doit devenir indépendante. Mais les temps sont durs pour les sorcières et les parents de la jeune fille préfèrent qu’elle continue ses études. Elle sera donc hébergée chez des cousins éloignés à la campagne. Mako, qui a toujours vécu en ville, découvre donc les joies de la cueillette ainsi que celles d’entretenir son propre potager. Elle se fait de nouveaux amis, humains ou non, et apporte sa magie douce dans le quotidien de sa famille. Généreuse, optimiste et maladroite, c’est le genre de personnage que l’on craint de voir devenir caricatural alors qu’en fait pas du tout. Il y a quelque chose de résolument lumineux dans ce manga et cela passe par des personnages très humains.
On rencontre la petite Chinatsu, qui oscille entre la crainte et l’enthousiasme face aux pouvoirs de sa cousine, son frère Kei, qui n’aime pas trop les études mais connaît si bien la nature et adore cuisiner, Nao la pragmatique et les autres sorcières dont on fera la connaissance dans les volumes suivants… Tous apportent quelque chose à l’ensemble et on passe d’excellents moments en leur compagnie.
Ce volume couvre les trois premiers épisodes de l’anime. Les deux formats sont très proches, mais l’anime me semble plus développé. Je pense notamment aux scènes de cuisine, mais aussi d’autres anecdotes comme la vieille dame évoquant son amie sorcière, ce qui tient en deux pages dans le manga.
J’ai vraiment eu un grand coup de cœur pour l’anime et la version papier peut sembler un peu plate à côté. Mais cela reste une lecture très douce et relaxante, avec cette jeune sorcière maladroite à laquelle on s’attache très vite.
J’ai aimé retrouver l’univers et les personnages, je lirai la suite, mais j’espère quand même de nouveaux épisodes pour l’anime.

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Une nouvelle de Thierry Fernandez, publiée en numérique dans la collection e-courts chez Voy’el.

Cette nouvelle est disponible gratuitement sur les librairies numériques jusqu’au 31 décembre 2016.

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Présentation de l’éditeur :

JDT : prototype porté par un nouveau type de *******, basé sur l’agencement d’un ***** et de *******. Sûr à 100 %. Aucune raison de se crasher, et pourtant.

Les suspicions de l’état-major étasunien se portent immédiatement sur les ******.

Paule Langevine : Scientifique française.

Fait une découverte qui pourrait bouleverser la physique : la loi d************ aurait changé.

Le Jour des Tartines est un rapport scientifique codé décrivant des expériences basées sur les lois de la physique… Non en fait pas du tout, cependant c’est de cette façon que le texte est mis en scène.
Comment diable pourrais-je vous parler de cette nouvelle sans éventer l’intrigue ? Comme toujours avec la collection e-courts, on ne sait pas où on met les pieds et c’est ça qui me plaît. Ce serait dommage de vous gâcher la découverte. Je n’ai jamais été déçue par ces textes poétiques ou déjantés, voire les deux.
Cette fois on fonce joyeusement vers la SF, ses paradoxes, ses bizarreries, son côté pulp. Le récit éclaté mélange les pistes ainsi que les points de vue et rend la lecture très attrayante, le tout étant assez insolite pour aiguiser tout de suite l’intérêt. On ne voit pas les pages filer.
J’ai eu l’impression de m’être égarée dans le songe de quelqu’un d’autre, mais une pub m’a également trotté en tête durant toute ma lecture (ce qui n’est pas une mauvaise chose, avoir l’image à l’esprit m’a fait marrer). Le Jour des Tartines est un texte amusant, qui joue avec des références que nous avons tous et qui se lit très, très vite. Vous y trouverez des prototypes révolutionnaires, des extraterrestres et des tartines beurrées, ça devrait vous suffire. Il ne reste qu’à embarquer. Allez quoi, il y a aussi des chats, vous ne pouvez pas résister à ces sales bêtes.

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JLNND-Je-lis-des-nouvelles-et-des-novellas

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Une anthologie publiée chez Realities Inc, en numérique et à tout petit prix.

 

quantpunk

Présentation de l’éditeur :

Qu’est-ce que le Quantpunk ? C’est la question à laquelle les douze auteurs de ce recueil ont eu à répondre, dans une tentative de créer un nouveau genre, dérivé du cyberpunk et du steampunk, faisant appel aux découvertes de la physique quantique et des technologies qui en découlent, sans oublier la philosophie propre au mouvement punk.
Le résultat ? Onze textes plutôt disparates, preuve s’il en faut que l’exercice n’a rien d’évident. Le « Quantpunk », tout comme la mécanique quantique, résiste à la compréhension. Vouloir le définir, c’est laisser s’effondrer une foule de possibilités pour n’en conserver qu’une. Le regard de l’auteur influe sur son univers, et c’est particulièrement flagrant dans les textes qui constituent ce recueil.
Le Quantpunk est-il science-fiction, fantasy ou fantastique ?
Il est tout cela à la fois.
Est-il facétieux ou sérieux ?
Tout cela à la fois.
Jusqu’à ce que vous ayez tranché.

Sommaire :
– L’Homme au cerveaunivers d’Anthony Boulanger
– Le chat, les punks et la photocopieuse quantique de Lucie Pierrat-Pajot
– Cas de conscience de Sylvain Boïdo
– No past, no future, no Proust de Manon Bousquet
– Guanyin du sutra électrique de Jérôme Cigut
– Le chat ne s’est pas échappé de la boîte, il n’y a jamais été de Guillaume Parodi
– Mémoires mortes de Xavier Portebois
– Le prince est mort, vive le prince de Tesha Garisaki
– L’homme fractal de Fabien Clavel
– Conflux de Mathieu Rivero
– Transition d’André Woodcock & Thierry Fernandez

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Toi aussi découvre le quantpunk, ce qu’il est et n’est pas, ce qu’il pourrait être… Le concept en lui-même m’a intéressée car il promettait originalité et diversité ; des IA et des chats (forcément), des punks et des mondes parallèles déployant l’éventail des possibles, des problématiques humaines, voire humanistes, des réalités qui s’épanchent, se mêlent, se contaminent et des récits allant du désenchantement du cyberpunk à l’incertitude migraineuse du fantastique. Qui ne serait pas tenté ?!
Je me suis très vite prise au jeu. Le premier texte, L’Homme au cerveaunivers, nous plonge tout de suite dans le bain. On y découvre un monde où les capacités psychiques des humains ont évolué. Classique, me dira-t-on, mais non, pas tant que ça. J’ai beaucoup aimé le background ainsi que le personnage et ai regretté la brièveté du récit.
Le deuxième texte est très drôle. Rien que le titre – Le chat, les punks et la photocopieuse quantique – est tout un programme. La fin, par contre, m’a semblé très abrupte.
Cas de conscience de Sylvain Boïdo est plus sombre et désenchanté. D’une certaine façon, il m’a rappelé la situation politique actuelle. On anticipe la fin, mais cela participe à l’envie de tourner les pages toujours plus vite. Je parlais avec ma liseuse, mais bizarrement les personnages ont refusé de m’écouter…
No past, no future, no Proust est une nouvelle plus légère qui m’a tout de suite séduite. Il faut dire qu’à partir du moment où on a une bibliothécaire psychorigide et un certain type de créature (faut lire, je ne vais pas tout dévoiler !) je suis conquise.
Guanyin du sutra électrique est un récit complexe qui mêle science-fiction, mythologie et philosophie, avec une narration puzzle comme je les aime. Je ne suis pas sûre d’en avoir intégré toutes les subtilités et il mériterait sans doute une seconde lecture. C’est néanmoins un très bon texte.
Le chat ne s’est pas échappé de la boîte, il n’y a jamais été se situe entre le fantastique et l’anticipation. Je n’ai pas été touchée autant que je l’aurais dû par les déboires du personnage, peut-être parce que le point de bascule était trop franc, trop tranché, et la fin pas très crédible. J’ai cependant apprécié le contexte qui donne à réfléchir.
La nouvelle suivante nous entraîne dans un univers virtuel, ou pas. La problématique de Mémoires mortes est particulièrement intéressante. Qu’est-ce qui fait notre conscience ? Est-elle copiable, numérisable ?
Dans Le prince est mort, vive le prince, le protagoniste explore des univers parallèles en quête de vengeance. J’ai apprécié l’aspect psychologique du récit, la façon dont l’auteur nous démontre l’importance des détails et dont elle analyse les nuances de la personnalité de ses personnages ainsi que la construction de celle-ci.
Avec L’homme fractal, Fabien Clavel prouve une fois de plus – s’il en était besoin – son talent de bâtisseur. Il n’écrit pas, il construit. Je suis toujours admirative de la qualité stylistique qu’il met entièrement au service de ses intrigues. Les deux s’équilibrent parfaitement. Et, bien sûr, j’ai beaucoup aimé cette nouvelle.
Conflux de Mathieu Rivero est un rien convenu, mais demeure un très bon texte malgré tout. J’ai déploré les coquilles (qui sont plus nombreuses dans cette nouvelle-ci), mais apprécié le propos.
Enfin Transition, le dernier texte, est celui qui m’a le moins plu. J’ai aimé les références, cependant je ne suis pas fan des scènes de combat à rallonge. Je n’en voyais plus la fin.
J’ai été conquise par cette anthologie décalée qui dépoussière les codes et métisse les genres. On est plus du côté cyber de la Force que du côté steam, mais ce n’est pas un mal car cela va à contresens de la mode actuelle. La grande variété des thèmes et des styles est indubitablement son point fort. C’est un ouvrage à découvrir absolument.

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Màj : On me dit dans l’oreillette que les coquilles que j’ai mentionnées ont été corrigées.

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sfff-diversite

Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Lire un livre dans lequel une IA ou des robots ont un rôle prépondérant.

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flying-witch-1
 

Flying Witch est une série animée japonaise adaptée d’un manga de Chihiro Ishizuka. La première saison compte douze épisodes.
On y fait la rencontre de Makoto Kowata, une jeune sorcière de quinze ans. Selon la tradition, elle doit prendre son indépendance, mais ses parents s’inquiètent pour elle. La vie est dure pour les sorcières de nos jours, ils préfèrent qu’elle continue ses études et loge chez des proches. Elle s’installe donc à la campagne et retrouve son cousin Kei, sensiblement du même âge, et la petite Chinatsu.
Makoto aime s’habiller en noir et a pour familier un chat (devinez sa couleur). Elle est l’un des archétypes de la sorcière qui hantent notre imaginaire collectif. La bonne sorcière, bien entendu. Mako est vraiment adorable. Elle n’a aucun sens de l’orientation, elle commet plein de bourdes par naïveté, mais elle n’est pas stupide. C’est un personnage très attachant et suivre son quotidien se révèle un réel plaisir. Avec ses cousins, elle apprend à reconnaître les plantes comestibles sauvages et à s’occuper d’un potager. En échange, elle apporte un peu de sa magie et de ses bizarreries dans leur vie.
Entre superstitions, personnages étranges et apprentissage de la magie, les épisodes paraissent bien trop courts (alors que le générique dure des plombes). On se laisse imprégner par le réalisme magique de ces histoires, on a envie d’en apprendre davantage sur les sorcières et en même temps leur vie n’est pas si extraordinaire que ça, juste un rien plus magique. N’attendez pas des sorts époustouflants et des combats, mais laissez-vous ensorceler par la bienveillance douce et loufoque de ces sorcières.
La série nous offre un panel de personnages intéressants : la famille de Mako et ses nouveaux amis, d’autres sorcières et des créatures surnaturelles. Tous sont très réussis. Chaque épisode est une découverte. J’ai particulièrement aimé le salon de thé.
L’animation est jolie. J’aime beaucoup les couleurs, l’ambiance, la douceur de cette série. C’est le genre d’anime que l’on regarde en sirotant une tasse de thé, après une très longue journée, pour retrouver un peu de sérénité. C’est très mignon, mais pas cucul. Les amateurs de sorcières ne pourront qu’adhérer, quel que soit leur âge.
J’ai eu un coup de cœur pour cet anime et j’espère qu’il y aura une suite.

 
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Avril_et_le_monde_truque

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Avril et le monde truqué est un film d’animation, fruit d’une coproduction française, belge et canadienne. Il a été réalisé par Franck Ekinci et Christian Desmares. On doit le scénario à Franck Ekinci, Benjamin Legrand et Jacques Tardi. L’univers graphique a été imaginé par ce dernier.
En bonne trentenaire, j’ai beaucoup apprécié cette animation à l’ancienne. Les décors sont très travaillés et la colorisation superbe. Les personnages, quant à eux, sont évidemment très proches de la bande-dessinée. J’ai lu beaucoup de critiques à ce sujet et cela m’exaspère. À ceux qui trouvent La Reine des neiges plus réaliste, allez vous pendre, on en discutera après.
Bref…
Cet anime met en scène un monde ucrhonique et steampunk, partant du postulat que Napoléon III est mort à la veille de la guerre contre les prussiens, changeant ainsi l’avenir de la France. Mais ce n’est pas tout… Les plus grands savants de l’époque sont mystérieusement enlevés un à un au fil des ans. Le progrès freine, puis stagne. Le charbon est encore l’énergie principale. Il occasionne pollution et guerres. Les quelques scientifiques qui n’ont pas été enlevés sont réquisitionnés par l’État pour créer de nouvelles armes. La famille d’Avril, qui n’est pas étrangère à l’événement déclencheur de cette uchronie, se cache donc pour continuer ses expérimentations et échapper à la fois à l’État et aux kidnappeurs, mais reste au centre de toutes les attentions.
Avril et le monde truqué est vraiment un joli film d’animation. La rêveuse que je suis a adoré les engins steampunk que les personnages empruntent au fil de leurs courses poursuites. Visuellement, c’est très réussi et on se laisse emporter, malgré le scénario très prévisible. On court beaucoup dans cette histoire… Cependant, certains personnages sont très attachants. J’ai particulièrement aimé Darwin, le chat qui parle, et Pops le grand-père d’Avril, brillant et débonnaire. Il est d’autant plus sympathique que Jean Rochefort lui prête sa voix. Et puis il y a Rodrigue et Chimène, qui m’ont quand même bien fait rire…
J’ai passé un bon moment avec cet anime, mais malgré tout quelque chose me gêne un peu. Il défend des valeurs scientifiques qui ne me conviennent pas. Vous me direz, ce n’est qu’un dessin-animé… Justement, ils sont faits pour les enfants. Quelle image de la science souhaitons-nous leur transmettre ? J’aurais préféré plus de nuance dans le propos. Mais bon, chacun est libre de se faire sa propre opinion…
Cet anime reste à voir pour tous les amateurs de Steampunk, mais n’attendez pas trop de l’histoire.

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si_tu_tends_loreille*

Si tu tends l’oreille est un film d’animation adapté d’un manga d’Aoi Hiiragi et produit par le Studio Ghibli. Réalisé par Yoshifumi Kondo et scénarisé par Hayao Miyazaki, il est sorti en 1995 au Japon.
Pendant longtemps, cet anime est resté indisponible à la vente en France et la seule version anglophone que je connaisse est en zone 1. Il aura fallu attendre janvier 2015 pour que le DVD et le Blu-ray sortent enfin dans nos contrées et avec, de surcroît, une piste en français. Pour autant, je ne suis pas très fan de cette VF, j’ai peut-être trop vu cet anime sous sa forme sous-titrée par des fans… Je suis surtout gênée par les dialogues que je trouve un rien trop modernes pour l’époque à laquelle est censée se dérouler l’histoire. Toutefois, elle est tout de même meilleure que la version anglophone qui prend des libertés avec le scénario d’origine. J’avais été assez choquée des aménagements scénaristiques de cette dernière. Elle tue dans l’œuf l’aspect fantastique de l’histoire, mais ce n’est certainement pas le pire. Elle modifie carrément l’avenir de Seiji pour qu’il colle davantage à un standard et ça m’est totalement insupportable. Je trouve cela presque insultant. Mais ce que je vous raconte ne vous dira rien si vous n’avez pas vu le film et il ne vaut pas la peine de se pencher sur ce sujet, puisque je vous encourage fortement à le regarder en VOSTFR.
Les bonus du DVD n’ont rien de vraiment notable. Il nous offre des bandes annonces et un montage d’images du décor du film avec les thèmes principaux en fond musical. Malheureusement, les images sont un peu trop floues pour qu’on puisse en apprécier les détails. Passons plutôt au film en lui-même.
Si tu tends l’oreille est un shojo et également un récit d’apprentissage dont l’action doit se situer durant les années 80. Il nous conte la vie quotidienne d’une toute jeune fille, Shizuku, qui adore lire. Elle est dans sa dernière année de collège, doit préparer son entrée au lycée mais, un peu rêveuse, elle cherche encore sa voie.
Certains diront qu’il s’agit d’une œuvre réaliste, avec sa part de romance adolescente, mais je l’apparente plutôt au réalisme magique. Je préfère ne pas m’appesantir sur les aspects les plus sirupeux de la romance que je ne trouve pas si prégnants que ça en fait. Shizuku a l’esprit ouvert, connecté à la magie qui se cache derrière le quotidien grisâtre qui l‘entoure, et c’est pour cela que je l’aime beaucoup. Elle ne se laisse pas cloisonner dans le réalisme, elle est prête à voir le merveilleux partout : dans un chat qui voyage en métro, une statuette mystérieuse ou un dirigeable. Cette aptitude à rêver et à imaginer des aventures rocambolesques à partir d’un rien est précieuse, on le sait quand on l’a perdue.
Si tu tends l’oreille est le récit formateur d’une jeune fille qui confronte ses illusions à la réalité du monde, parce que rêver est beau, mais inutile si on n’essaie pas d’en faire quelque chose de tangible. Alors Shizuku se met à l’écriture pour donner corps à ses rêveries et, plutôt que de s’y enfermer, elle grandit et trouve sa place.
Ce très bel anime est porteur d’espoir. Quand je me sens triste et que j’ai l’impression que les perspectives s’effondrent une à une autour de moi, je le regarde et je me sens mieux. Les dessins ne sont pas magnifiques mais ils ont un certain charme désuet, après tout j’étais enfant dans les années 80… Et puis je ne me lasse pas de cette histoire.
Tout au long du film, les fans des productions Ghibli pourront glaner des détails rappelant d’autres animes, passés mais aussi en gestation. On peut par exemple voir écrit Porco Rosso sur l’horloge et la robe que porte Shizuku, quand elle s’identifie à l’un de ses personnages, vous rappellera peut-être celle d’une certaine Nadia…
Il existe une suite au manga d’origine, mais elle n’est pas sortie en français ni en anglais. Par contre, Si tu tends l’oreille a largement inspiré Le royaume des chats, tiré lui aussi d’un manga spin-off du même auteur et adapté par Ghibli quelques années plus tard. Hiiragi l’a créé comme une histoire que Shizuku aurait pu écrire.
Dans Le royaume des chats, on peut voir le lien avec certaines scènes de Si tu tends l’oreille, comme si Shizuku s’était vraiment inspirée de détails de son aventure pour écrire une histoire. Bien sûr, on retrouve des personnages comme le Baron et Muta, mais ce sont des myriades de petites choses disséminées à travers l’anime qui peuvent à chaque instant nous rappeler un souvenir ou une impression. Le royaume des chats est plus lumineux, plus onirique aussi. J’ai également lu le manga dans sa version anglophone, Baron, the cat returns, je l’ai d’ailleurs chroniqué. Je pense que les deux sont complémentaires, l’anime est très agréable à regarder, le manga confère un peu moins de charisme aux personnages mais possède par contre une dimension humaine intéressante.
Quoi qu’il en soit, vous les apprécierez certainement davantage en ayant vu Si tu tends l’oreille.

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Baron

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Un manga de Keisuke Kotobuki, publié chez Ki-oon.

Roji ! 2

À Kamishiro, la vie suit tranquillement son cours. Tranquillement ? Pas si sûr ! Alors qu’elles recherchent un peu d’ombre, Yuzu, Karin et Azusa découvrent une mystérieuse galerie. À l’intérieur, une étrange gravure les attend… Aurait-elle un lien avec tous les phénomènes inexpliqués qui ont lieu en ville depuis quelque temps ?
Une chose est certaine, nos détectives en herbe ne sont pas au bout de leurs surprises !

Pour mieux saisir la façon dont je perçois l’évolution de cette série, je vous invite à lire mon avis sur le tome 1.

Le premier volume de Roji ! m’avait laissé une impression mitigée. Je n’étais pas sûre de lire la suite malgré les qualités de ce manga et si je n’avais pas pensé, à tort, qu’il s’agissait d’un dyptique, je ne m’y serais pas essayée.
La formule est toujours la même, chaque chapitre proposant une petite histoire, mais elles sont moins indépendantes les unes des autres. Par contre, petite déception, j’espérais une suite directe du précédent volume car le dernier chapitre semblait s’ouvrir sur quelque chose d’important. Ça n’a pas été le cas, mais l’histoire est globalement restée dans la continuité, jusqu’à revenir brièvement à ce point-là. On apprend de nouvelles choses sur la présence des fées et la magie dans la ville de Kamishiro, mais rien de très concret.
Cela étant dit, j’ai trouvé le deuxième tome mieux construit et plus abouti. Même si je suis définitivement trop vieille pour ce manga, l’amélioration demeure notable.
Dans ce tome 2 on retrouve Yuzu, Karin et toute leur bande de copains, toujours prêts à faire les quatre cents coups. Zanzibar le chat est moins présent, mais il paraît surveiller les enfants. Le merveilleux, diffus et éthéré dans le premier volume, semble imprégner de plus en plus le petit univers des gamins, jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus l’ignorer ou le croire sorti de leur imagination. C’est heureux car cela nous offre des histoires plus étoffées et l’on voit que finalement les trames de toutes ces petites anecdotes qui construisaient le tome 1 sont liées entre elles. Certes on pouvait déjà le deviner, mais cela restait très superficiel et les histoires semblaient laissées de côté sans avoir révélé leur potentiel. Yuzu commence à s’interroger et, de fait, à chercher des réponses. Nous n’en obtenons pas vraiment, mais ça donne à ce manga un regain d’intérêt.
Les personnages sont toujours aussi mignons, ils deviennent même plus attachants, et, avec ses couleurs vives et son ambiance lumineuse, ils font de cet ouvrage une lecture très agréable pour des enfants. Mais c’est la fantaisie légère et joyeuse qui nimbe toutes ces petites histoires qui fait définitivement le charme de ce manga.
Ma curiosité a été légèrement piquée par ces deux premiers tomes, mais je ne pense pas lire la suite. Cela manque trop de profondeur à mon goût. Cependant, si la série continue d’évoluer ainsi, nul doute qu’elle ravira les enfants de six à dix ans. Je ne pensais pas cela après lecture du premier volume car la superficialité des récits, qui souvent se terminaient en queue de poisson ne semblaient pas de nature à réellement capter, et surtout garder, l’attention de jeunes enfants. A eux de voir s’ils veulent bien donner sa chance à cette série.

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