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Posts Tagged ‘extraterrestres’

Une trilogie de Danielle Martinigol, publiée en un volume aux éditions ActuSF.

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Présentation de l’éditeur :

Dans la Confédération des Cent Mondes, Sandiane Ravna, fille d’un grand reporter peu scrupuleux, marche sur les traces de son père à la recherche du scoop à tout prix. Quand elle doit la vie sauve à un Abîme d’Autremer, l’un des mystérieux vaisseaux spatiaux de la planète-océan, elle se met au défi de filmer en action un perl, un pilote d’Abîme. Mais elle se heurte à Mél Maguelonne, futur pilote lui-même et farouche adversaire des médias comme tous les Autremeriens.

Le début d’une folle aventure qui va bouleverser sa vie, comme celle des milliards d’habitants de la Confédération.

Grande saga de space opera humaniste se déroulant en trois époques sur vingt-cinq ans, le cycle des Abîmes d’Autremer a été récompensé par plusieurs prix littéraires dont Le Grand Prix de l’Imaginaire.

À l’origine, Les Abîmes d’Autremer est une trilogie publiée chez Mango. Les éditions ActuSF l’ont rééditée en un volume sous le label Naos, collection jeunesse des Indés de l’Imaginaire, en papier et en numérique. C’est le deuxième titre de cette collection que je découvre et, si je n’ai pas totalement été séduite, je dois néanmoins admettre que cela change de ce que l’on propose trop souvent aux adolescents. C’est une bonne introduction à la science-fiction pour un jeune public.
L’ouvrage se divise en trois parties, les romans d’origine. Trois romans, trois époques, avec comme fil conducteur la lignée des Maguelonne et le lien si particulier que celle-ci entretient avec les Abîmes. On suit ces personnages, et les familles qui gravitent autour, sur quelques générations. Cette continuité est une des facettes de l’histoire que j’ai le plus appréciée. Même si j’aurais préféré des personnages plus développés, plus nuancés, j’ai aimé les voir à divers stades de leur existence.
Les humains ont exploré leur galaxie et se sont implantés sur une centaine de planètes. Le voyage spatial est devenu tout ce qu’il y a de plus banal, pourtant le roman commence avec un naufrage. La version stellaire du Titanic est en perdition avec des milliers de passagers à son bord, dont une équipe de journalistes qui n’a qu’une obsession : couvrir l’événement. Tous ces gens ne devront leur salut qu’à un Abîme, vaisseau majestueux et mystérieux entre tous.
Les Abîmes sont l’apanage de la planète Autremer qui en garde jalousement le secret et refuse d’en faire commerce de quelque façon que ce soit. Nos journalistes, Sten et Sandiane Ravna, y voient l’occasion rêvée de décrocher un scoop, mais se heurtent à la mauvaise volonté de l’équipage. Qu’à cela ne tienne, ils iront chercher l’info sur Autremer elle-même.
Dans cette première partie, on découvre la magnifique planète océan et ses Abîmes. Cela semble parfois une longue introduction et les événements se révèlent assez prévisibles, mais l’histoire est fraîche et se lit vite. On se laisse facilement entraîner dans cette histoire. Les romans sont en grande partie basés sur les interactions et les rivalités entre les personnages, malheureusement je n’ai pas toujours trouvé leurs réactions vraisemblables.
L’intrigue se complexifie dans les deux autres parties, mais globalement je reprocherais les mêmes défauts aux trois récits. Peut-être parce que j’ai passé l’âge, peut-être parce que j’ai beaucoup lu, notamment de la SF, et je ne voudrais pas être injuste avec ce roman qui a aussi de grandes qualités, mais j’ai trouvé le tout trop facile. Les relations entre les personnages ne m’ont pas semblé crédibles. Le même schéma de l’amour au premier regard, alors que tout oppose ces gens, revient plusieurs fois, les points de vue, voire les caractères, changent d’un coup. Et puis j’en ai soupé des « élus » de tous poils…
Pourtant, à côté de ça, je dois dire que le récit est fluide et plein d‘action, ça se lit très vite même si on sait où l’on va. Certains personnages m’ont beaucoup plu malgré le manque de relief et le fait de les voir évoluer sur plusieurs décennies contribue grandement à les rendre plus attachants. J’ai beaucoup aimé la personnalité de Madery, qui est un peu la pierre angulaire de cette famille. Corian, que l’on rencontre dans la deuxième partie, est celui qui m’a le plus émue par son courage et son altruisme. On a envie de le voir vivre son rêve. Enfin, et cela contre toute attente, j’ai appris à aimer l’agaçante Chaddy qui, tout en étant d’une certaine façon le reflet de l’ambitieuse Sandiane, est plus accomplie et plus humaine. Et bien sûr il y a les formidables Abîmes… Leur nature n’est pas novatrice, mais elle est néanmoins le sel de ce roman.
En guise de bonus, on trouve une nouvelle en fin d’ouvrage. Celle-ci nous conte en détail ce qui est déjà évoqué dans le roman : la découverte des Abîmes, leur légende en quelque sorte. On y entrevoit également les débuts de la colonisation d’Autremer et, même si on sait plus ou moins ce qui va se passer, l’auteur a ajouté à ce texte une charge émotionnelle supplémentaire et c’est une bonne façon de quitter en douceur cet univers.
Si je n’ai pas été époustouflée, j’ai néanmoins passé de bons moments avec ce livre. Les grands amateurs de SF n’y trouveront probablement pas leur compte, mais je le conseille à un public plus jeune qui ne sera pas gêné par les poncifs et saura apprécier l’idéalisme des personnages et l’amour qui les lie à leurs Abîmes.

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Une anthologie publiée chez Realities Inc, en papier et en numérique.

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Sommaire :

– La septième idole, par Sylvain Lamur
– Terminus Turnus, par Ludovic Klein
– Autodafé, par Marie-Lucie Bougon
– Cadenas d’amour, par Bruno Pochesci
– Le sourire du barbare, par Sébastien Parisot
– La louve pourpre, par Julien Morgan
– Jeux dangereux au bord du monde, par Sylvain Bousquet
– Mirradh, par Manuel Le gourrierec
– Le sang et l’acier, par Xavier Portebois
– Une fois le papier enflammé, par Marianne Escher

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Réalités est une anthologie comme on les aime : des textes variés et inventifs qui permettent de découvrir des auteurs et d’explorer divers univers de SFFF sans s’ennuyer un seul instant.
Dans ces dix nouvelles on croise entre autres des robots, des ados livrés à eux-mêmes dans un monde apocalyptique, des mythes en lambeaux, des extraterrestres et des dragons. On explore des sociétés dystopiques, d’autres planètes et même une utopie… Drôles, tragiques, intenses ou surprenants, tous ces textes tirent à leur manière leur épingle du jeu. Je vais vous parler de mes préférés.
Dans La septième idole, des robots cherchent un sens à leur existence en se créant une religion. C’est bien vu. Un contexte savamment construit ainsi qu’une réflexion intéressante sous-tendent ce texte à la fois drôle et intelligent.
Autodafé, probablement ma préférée, est une nouvelle bourrée de références littéraires et superbement écrite. Très visuelle, elle nous permet d’observer les personnages aussi bien que la danse macabre des brûleurs de livres. Du début à la fin, je n’ai pu lâcher ce texte.
Cadenas d’amour est un récit à l’humour grinçant particulièrement divertissant. Seule la fin m’a un peu déçue, mais les circonvolutions de l’intrigue et le rythme enlevé m’ont beaucoup plu.
Plus initiatique, Jeux dangereux au bord du monde, a éveillé mon intérêt par l’originalité de l’univers dépeint. Des adolescents et enfants cherchent à survivre dans un monde que le néant ronge chaque jour un peu plus. Ils ont des préoccupations d’adultes mêlées à d’autres plus de leur âge. Mais comment s’affirmer et trouver sa place quand l’avenir est illusoire, ne dépendant que d’une éternelle fuite en avant ?
Dans Le sang et l’acier, j’ai retrouvé avec plaisir l’écriture de Xavier Portebois dont les textes possèdent toujours plusieurs niveaux de lectures et sont très subtils. Cette fois, se mêlent les caractéristiques du polar avec une réflexion sur l’humanité et le vivant. Est-ce la conscience ou la chair qui font de nous des êtres sensibles ? Ce texte parle de compassion, de différences, mais aussi de peurs et du rejet de l’altérité.
Pour finir, Une fois le papier enflammé m’a plu pour son aspect social et psychologique. Par petites touches, se dessine un monde surpeuplé, à tendance dystopique, dont le réalisme a de quoi faire grimacer.
Cette anthologie originale et pleine de surprises m’a offert d’excellentes lectures. Je vous encourage à parcourir à votre tour les dédales de toutes ces réalités.

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Une version graphique de la nouvelle éponyme de Neil Gaiman, adaptée par Fábio Moon et Gabriel Ba.
L’édition reliée, dont il est question ici, a été publiée simultanément chez Headline (UK) et Dark Horse (USA).

 

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Présentation de l’éditeur :

How to Talk to Girls at Parties by Sunday Times bestselling writer Neil Gaiman is a graphic novel with extraordinary artwork by the Eisner Award-winning duo Fábio Moon and Gabriel Bá. Soon to be a feature film starring Nicole Kidman, this adaptation is ‘a quirky delight’ (Audrey Niffenegger) and will appeal to fans of Alan Moore, Dave McKean and beyond.

ENN is a fifteen-year-old boy who just doesn’t understand girls, while his friend Vic seems to have them all figured out. Both teenagers are in for the shock of their young lives, however, when they crash a local party only to discover that the girls there are far, far more than they appear!

From the Locus Award-winning short story by Neil Gaiman, one of the most celebrated authors of our time, and adapted in vibrant ink-and-watercolour illustrations by the Daytripper duo of brothers Fábio Moon and Gabriel Bá, this original graphic novel is not to be missed!

Vous pouvez lire ou écouter la nouvelle en V.O. sur le blog de Neil Gaiman. Si vous préférez la version papier, elle est disponible dans le recueil Fragile Things et en français dans sa traduction : Des Choses fragiles paru aux éditions Au Diable Vauvert (chez J’ai lu pour le poche).
Qu’il s’agisse de la nouvelle ou de la BD, le vocabulaire de la version originale est facilement accessible, mais c’est un récit tout en nuances et doubles sens, donc à vous de voir.
J’aime énormément ce texte, c’est du très bon fantastique. L’altérité, la difficulté de grandir et de se confronter aux autres ainsi que l’accomplissement personnel, entre autres thèmes, y sont évoqués avec sensibilité et poésie. Les propos sibyllins des jeunes filles constituent une grande partie de la grâce fragile qui émane de cette histoire.
Ce récit possède plusieurs niveaux de lecture, tout aussi subtiles les uns que les autres. On peut lui trouver une explication tout à fait rationnelle, ou pas… C’est ce qui fait sa magie.
Dans cette nouvelle, on rencontre deux ados de quinze ans, Vic le séducteur et son copain Enn, plus timide, qui est également le narrateur. Ils sont censés se rendre à une fête, mais Vic a oublié le plan. Ils entendent de la musique et sonnent à une porte, mais sont-ils vraiment au bon endroit ?
Pendant que Vic jette son dévolu sur la plus belle fille de la soirée, Enn cherche à résoudre ce mystère qu’est pour lui la gent féminine et va de rencontre en surprise…
La BD m’a autant séduite que la nouvelle. Brillamment adaptée, elle est restée très fidèle au texte d’origine. L’ambiance m’a beaucoup plu. Tout était tel que je l’avais imaginé lors de ma première lecture. Le style graphique est cohérent, coloré, très agréable à regarder. Seul bémol à mon sens, les deux garçons ont l’air plus âgé qu’ils ne le devraient.
J’ai redécouvert cette histoire avec grand plaisir. Les illustrations sont un vrai plus alors, même si vous connaissez déjà la nouvelle, ne vous en privez pas. Cette adaptation est une très belle réussite !

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Un roman de Jean-Marc Ligny, réédité chez ActuSF.

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Présentation de l’éditeur :

Dans l’espace volent les majestueux et intrigants oiseaux de lumière. Qui sont-ils, d’où viennent-ils ? C’est pour percer leur mystère que le célèbre baroudeur Oap Täo se lance à leur poursuite, en compagnie de Frieda Koulouris, qui espère bien faire de ces créatures le sujet de son prochain divertissement… Accompagnés de la mystérieuse Hu-Reï, ils s’engagent dans un voyage qui les fera se confronter aux dangers de l’espace… et à eux-mêmes.

Indisponible depuis trop longtemps, ce roman voit de nouveau le jour après son Prix Tour Eiffel 2001. Il se déroule quelques années après La Saga d’Oap Täo et peut se lire indépendamment. Jean-Marc Ligny y signe une science fiction délicieuse, porteuse de questions, dans la lignée de romans comme Inner City et AquaTM. Un space opera sensuel et rock ‘n’ roll autour de l’altérité, comme on en rencontre rarement.

Ce roman s’inscrit dans le cycle Chroniques des nouveaux mondes, mais il peut se lire indépendamment.

Les Oiseaux de lumière est un roman space op’ qui commence à toute allure. On y rencontre (ou retrouve, c’est selon) Oap Täo, contrebandier célèbre de la Voie lactée, contraint pour se renflouer d’accepter un travail qui ne l’emballe guère : traquer un oiseau de lumière pour le compte d’un « oligarche ». Autant le dire tout de suite, les ennuis ne font que commencer pour le vieux baroudeur, il n’a pas la moindre idée de l’histoire tortueuse dans laquelle il met les pieds.
La première partie du roman est très fun et enlevée, pleine de jeux de mots, de références, de retournements de situation et de poursuites interstellaires. On ne s’ennuie pas un seul instant. Et puis Oap Täo est un personnage sympathique, l’archétype même du vieux pirate à la moralité élastique mais au grand cœur que l’on apprécie toujours. Cependant Oap Täo n’est pas vraiment le personnage central, même si son rôle reste important et c’est là que mon avis commence à se mitiger.
Frieda Koulouris, l’une de ses vieilles connaissances, entre vite en scène. Je l’ai appréciée au début. Femme de tête, mais idéaliste. Elle a les pieds sur terre (ou plutôt sur Rigil-K) mais n’a pas pour autant renoncé à tous ses rêves. Seulement Frieda aime bien atermoyer sur ses propres désirs, elle les analyse beaucoup. Vraiment beaucoup. Au début ça passe, avec l’humour ambiant, le mystère qui entoure les oiseaux de lumière et la traque échevelée dont les personnages sont l’objet, mais au fur et à mesure que ces sujets sont éclairés ou trouvent leur conclusion, les histoires de cul et de cœur de Frieda ainsi que de ses comparses deviennent vraiment soûlantes.
Le lecteur, qui est loin d’être naïf, a compris bien avant eux où on l’emmène. Il s’y dirige pépère, sur les petites routes de campagne, et il apprécie le paysage qui est pour le moins exotique. Ce n’est pas désagréable, même si ça reste un peu superficiel, mais au bout d’un moment ça réveille le gamin qui demeure en chacun de nous et qui a envie de secouer l’épaule du parent qui conduit pour lui demander : « quand est-ce qu’on arrive ? »
La première partie du récit, celle qui est typique du roman d‘aventure, passe en un éclair, mais ensuite on passe à un second niveau de lecture, plus onirique, métaphysique, voire même mystique. Cela peut plaire, mais personnellement je ne suis pas cliente. Le contraste entre les deux n’a pas aidé. Le temps est devenu très long, ce que la situation des personnages, qui sont eux-mêmes englués dans l’attente, n’a fait qu’amplifier.
Les Oiseaux de lumière est un roman sympa, mais qui manque de consistance. Il laisse un peu perplexe, comme si on avait lu à la suite deux histoires différentes, mais comportant les mêmes personnages. C’est une impression voisine de celle que l’on a lorsque l’on s’est endormi en lisant et qu’on a fait un rêve délirant lié au bouquin qu’on parcourait. C’est assez spécial. La fin peut, en outre, laisser un goût d’inachevé, même si ce n’est pas forcément dérangeant pour tout le monde.

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Une novella de G.R.R. Martin publiée en poche dans la collection Hélios des Indés de l’imaginaire.

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Présentation de l’éditeur :

« J’ai senti cette chose dès mon arrivée à bord. Et cela empire. Cela me poursuit dans mes rêves. Il y a quelque chose de dangereux et d’étranger, Karoly, d’étranger ! »

Depuis des temps immémoriaux, les volcryns traversent la galaxie. Personne ne sait d’où ils viennent, où ils se rendent… ni même ce qu’ils sont vraiment.
Karoly d’Branin est bien décidé à être celui qui percera ce mystère. Entouré de scientifiques de talent, il embarque sur l’Armageddon. Mais bien vite les tensions s’accumulent. Quelle est cette menace sourde qui effraie tant leur télépathe ? Et pourquoi le commandant du vaisseau refuse d’apparaître autrement que par hologramme ?
Karoly est certain d’une chose : ses volcryns sont tout proches. Pas question de faire demi-tour. Quel qu’en soit le prix.

Mondialement connu pour sa série du Trône de Fer, George R. R. Martin a eu avant elle une riche carrière d’écrivain, récompensée par de prestigieux prix (Hugo, Nebula, Locus…). Touchant à tous les genres avec le même brio, à l’aise aussi bien sur la forme longue que plus courte, il signe avec Le Volcryn un huis clos spatial angoissant qui tient en haleine jusqu’à la dernière page.
Prix Analog 1980
Prix Locus 1981

Une équipe de chercheurs s’embarque pour un voyage spatial afin d’aller à la rencontre d’un hypothétique peuple extraterrestre parcourant l’espace depuis des siècles et uniquement connu par le biais de quelques mentions dans des mythes ou légendes interstellaires : les Volcryns. Cependant, la traversée n’est pas aussi calme que l’espéraient les membres de l’équipage. Le mystérieux commandant de leur vaisseau, Royd Eris, qui vit dans une partie du bâtiment qui leur demeure inaccessible et qu’ils n’ont jamais vu que sous forme d’hologramme, semble cacher un certain nombre de secrets. Peu à peu, la peur et la paranoïa s’instillent dans l’esprit des chercheurs, amplifiées par le confinement.
Le danger est-il réel ? Et, si oui, d’où vient-il ?
Cette novella tient évidemment de la SF, mais n’a rien à envier au roman noir ou au genre horrifique grâce au huis-clos angoissant qu’elle met en scène. L’ambiance est sombre et délétère, mais, pour parachever un heureux mélange des genres, on peut également découvrir une très belle histoire d’amour entre ces pages.
L’intrigue démarre lentement et j’ai eu un peu de mal, au début, à identifier les personnages. En plus de retenir leurs noms, il fallait intégrer leur fonction qui sert parfois de périphrase pour les désigner. C’est un coup à prendre, il suffit d’être attentif durant les premières pages, après cela va tout seul.
La trame est bien trouvée et suffisamment développée pour un récit court. À un moment donné, l’origine du mal devient évidente, mais le texte reste toujours prenant et l’issue incertaine.
Le Volcryn est une excellente novella avec laquelle G.R.R. Martin prouve une fois de plus qu’il est tout aussi talentueux pour la SF que la Fantasy et tout autant habile à développer un récit concis qu’une saga fleuve.

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Un roman de SF de Jeanne et Spider Robinson, publié aux éditions ActuSF.

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Présentation de l’éditeur :

Parce qu’elle était trop grande et parce qu’elle avait trop de formes, Shara Drummond, malgré son talent, ne correspondait pas aux standards de la danse moderne, lui interdisant de faire carrière… sur Terre.
Mais dans l’espace, libérée de la gravité, tout est de nouveau possible, quitte à réinventer sa discipline et devenir la première à danser en chute libre.
Et quand les extraterrestres sont apparus dans le Système solaire, c’est elle qui nous a sauvés.
Moi, Charles Armstead, son opérateur vidéo, son ami, j’étais là quand elle effectua sa Danse des étoiles. J’ai tout enregistré.

Spider Robinson est un auteur américain. Écrite à quatre mains avec sa femme, Jeanne – danseuse et chorégraphe – La Danse des étoiles est une oeuvre bouleversante et humaniste, qui fut couronnée à sa sortie en 1977 des prix Hugo, Locus et Nebula

La Danse des étoiles est un roman merveilleux. Spider et Jeanne Robinson, lui auteur de SF et elle danseuse ainsi que chorégraphe, ont su parfaitement allier leurs compétences. Il se dégage de cette œuvre une harmonie qui transcende les mots, même si le style, à lui seul, est très plaisant et entraînant. Alors que je ne suis pas particulièrement sensible à la danse, j’ai trouvé les descriptions des chorégraphies magnifiques et je pense mieux apprécier cet art après lecture.
Outre le fait que le résumé me parlait, j’ai eu envie de lire ce roman car un autre ouvrage de Spider Robinson est mentionné dans Morwenna de Jo Walton que j’ai adoré. Ce sont parfois de petits détails qui permettent de belles rencontres littéraires.
Si vous avez lu le résumé de quatrième de couverture, sachez que ce qu’il vous a dévoilé n’est que l’ébauche succincte de la première partie du récit, un grain de sable en comparaison de ce qui vous attend. L’histoire est belle, surprenante et, bien que l’action soit rarement trépidante, elle donne envie de tourner les pages.
C’est de la SF des années 70, d’où un côté, à mon sens, un peu hippie. Par contre, les auteurs ont situé ce futur à notre époque, ce qui nous donne une histoire parallèle à la nôtre, contemporaine sans l’être. C’est toujours amusant de voir ce que des auteurs ont pu imaginer pour notre début de XXIe siècle. Dans les années 70, on pensait vraiment que les progrès de la science dans certains domaines seraient fulgurants et spectaculaires. Le décalage est plutôt drôle, même si évidemment ce n’était pas voulu. Dans le roman, l’humanité a des usines dans l’espace, mais encore des cassettes vidéo…
La Danse des étoiles est bien de la SF, même si on pourrait penser en lisant les premiers chapitres que cela est accessoire. L’art se mêle à la science-fiction, mais aussi à la philosophie et à la métaphysique, voire au mysticisme sur les bords. Le récit, profondément humaniste, nous emmène à la rencontre d’êtres qui cherchent à se transcender. Sympathiques, humains, attachants et tellement vivants, les personnages sont la grande force de ce roman.
Shara Drummond est une des plus grandes artistes de son temps, mais elle ne peut réussir dans la danse moderne car elle n’a pas le physique qui correspond aux canons de celle-ci. Cela est évidemment profondément injuste, mais Shara n’est pas femme à se laisser abattre. Ce n’est pas tant la gloire qu’elle recherche, mais le droit d’être elle-même, de s’exprimer en tant qu’artiste. Pourquoi le lui refuserait-on ?
J’ai adoré ce magnifique personnage ! Shara est émouvante, flamboyante, téméraire. Elle est l’impulsion de tout le roman, une incroyable force de vie qui habite ces pages.
Charlie est le narrateur et je l’ai tout de suite adopté. C’est un gars aigri, mais avec un bon fond. Il est idéaliste derrière son cynisme et l’humour grinçant qui lui sert de bouclier. Il raconte tout d’abord Shara avant le succès, telle qu’il l’a connue et aimée. On peut ressentir sa rage et sa frustration envers les journalistes qui ont raconté tout et n’importe quoi sur elle, mais peu à peu l’histoire devient aussi celle de Charlie.
Il faut dire que le récit est censé être écrit en plusieurs fois par le narrateur, ce qui explique que l’évolution de ce dernier et ses choix futurs ne soient pas forcément visibles entre les lignes des différentes parties. C’est un choix très futé de la part des auteurs. La première partie est donc rédigée à un moment où il est encore pris dans les sentiments que lui a inspiré cette époque cruciale de sa vie. On peut ainsi apprécier les bouleversements de son existence avec une conscience accrue.
J’ai vraiment adoré la première partie. Elle est grandiose et, toute seule, pourrait être un coup de cœur. Elle parle d’art et d’humanité comme peu de textes le font. Évidemment, elle méritait une suite, mais je la vois comme une nouvelle dans le roman, un texte magnifique qui pourrait se suffire à lui-même.
J’ai aimé le reste de l’histoire aussi, je l’ai lu l’esprit grand ouvert, mais je l’ai appréhendé d’une façon différente. Le texte est beau, bien écrit et émouvant, pourtant quelque chose m’a un peu retenue. Peut-être qu’en fait je ne suis pas candidate à la pensée sphérique comme le sont les personnages. Et puis je n’ai pas tant foi en l’humanité, alors le côté un peu mystique et « nous sommes les hippies de l’espace » des derniers chapitres m’a sans doute un peu moins convaincue. Malgré cela, j’ai quand même apprécié la fin.
Cet excellent roman, qui m’a emportée dès ses premières lignes, m’a également apporté réconfort et apaisement dans un moment difficile. Pour cela, pour l’humour qui l’égaie et la beauté de l’histoire, je garderai une certaine tendresse à son égard. Je suis heureuse que les éditions ActuSF l’aient réédité, permettant ainsi à une nouvelle génération de lecteurs de le découvrir.
À noter que La Danse des étoiles peut tout à fait se lire indépendamment, mais est le premier tome d’une trilogie dont les suites ont été écrites vingt ans plus tard. Les tomes suivants mettent en scène d’autres personnages et je serais assez curieuse de les découvrir.

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Un roman de Boris et Arkadi Strougatski, publié en poche dans la collection Folio SF.

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stalker

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Dans Stalker, les extraterrestres sont venus et repartis, laissant un souvenir de leur passage dans certains coins du monde comme autant de zones d’impact, lieux à jamais changés où l’on peut trouver des trésors, mais également une mort atroce.
Pourquoi sont-ils venus et partis ? Qu’est-ce qui s’est passé dans ces zones ? Personne ne le sait, l’humanité ne peut que théoriser sur le sujet. Les zones sont devenues pour elle un nouveau champ d’exploration où tout peut arriver. Ce sont de véritables enclaves. Imaginez un lieu que vous connaissez depuis toujours, vous y avez grandi, c’est peut-être une vallée où vous alliez vous promener ou encore le quartier où vivent certains de vos amis… Et d’un coup ces lieux si familiers sont touchés par des phénomènes inexplicables. Ils deviennent irrémédiablement différents et pourtant vous voyez toujours ces endroits maintes fois parcourus. Ils semblent identiques, mais sont devenus mortellement dangereux. Les personnages de ce roman n’ont pas compris ce qui s’était passé, ils n’ont pas vu les extraterrestres, mais tout a indubitablement changé avec leur passage. Et ces derniers ont laissé des choses derrière eux…
Stalker nous plonge dans ce monde en plein bouleversement, toute une civilisation littéralement heurtée par une autre et qui cherche à comprendre ainsi qu’à s’emparer de ce qui lui a été laissé par les visiteurs. C’est cela que font les stalkers, ils vont dans la Zone et en ramènent ce qu’ils peuvent, certains légalement car ils travaillent pour des instituts scientifiques, d’autres dans l’illégalité pour revendre leur butin au plus offrant. Mais même si l’on survit au voyage, on ne peut espérer sortir totalement indemne de la Zone…
Stalker se divise en cinq parties et toutes, étant espacées de plusieurs années, nous montrent l’évolution de l’activité de stalker, mais aussi celle de l’humanité elle-même de par son contact avec la Zone.
Le prologue, par exemple, est l’extrait de l’interview radiophonique d’un savant, on y évoque la nature de ces zones d’impact et une théorie sur leur origine, mais également la naissance du métier de stalker. Au début le terme ne semble s’appliquer qu’aux personnes qui se rendent illégalement dans la Zone.
Ces « tranches » de vie que constituent les différents chapitres apparaissent comme découpées dans la masse et sont accessibles, tout en n’étant pas non plus parfaitement limpides pour le lecteur qui se tient à l’extérieur du récit. Par exemple, on ne nous explique jamais vraiment à quoi ressemble la « gelée de sorcière » comme la nomment les stalkers et si le contexte permet de se faire une vague idée sur cette chose, elle reste très abstraite pour nous. C’est un bon choix selon moi, ça donne une certaine authenticité au récit et c’est vraiment très bien fait, on en sait toujours suffisamment.
Les chapitres mettent le plus souvent en scène un personnage en particulier, Redrick Shouhart, un stalker, à plusieurs périodes de sa vie. Le premier chapitre est narré à la première personne, créant ainsi une certaine proximité avec le personnage qui semble s’adresser à nous. Les autres mettent un peu plus de distance, mais j’ai pour ma part été fascinée par l’évolution de cet homme. Tout m’a intéressée, ce qu’il est, ce qu’il ne souhaite pas devenir, ce qu’il est obligé de faire, l’évolution de son travail, et voir par son regard tout ce qui a trait à la Zone, du temps où celle-ci n’était pas surveillée à celui où elle est jalousement gardée et largement pillée.
J’aime bien Red, personnage désabusé, mais qui sait rester digne et surtout respectueux de son prochain, ce qui n’est vraiment pas évident dans ce contexte. Il vit dans une société qui s’étiole, il est confronté à toutes sortes d’épreuves, mais pire que celles qu’il vit dans la Zone, il y a son environnement moral, la peur, la haine, la tentation d’être un salopard pour mieux s’en sortir. Mais Red, lui, cherche juste à rétablir l’égalité de ses propres chances. Il ne verse pas dans la bonté excessive ni dans l’extrême misanthropie (même s’il n’en est pas loin parfois), il essaie de s’en sortir tout en restant humain. C’est un personnage magnifiquement construit.
Ce roman est assez cynique, un peu déprimant aussi, mais c’est aussi ce qui en fait l’intérêt. Il sonne juste, donne à réfléchir et a, en tout cas, très bien vieilli. Ce fut pour moi une excellente lecture.

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Stalker était la lecture prévue pour le club de Vampires et Sorcières du mois de novembre 2013. Pour une fois, j’ai lu l’ouvrage dans les temps, j’ai par contre beaucoup traîné avant d’écrire ma chronique…

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