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Archive for the ‘Carnet zébré’ Category

Un livre de Brontë Aurell, publié chez Gründ.

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Présentation de l’éditeur :

Pourquoi le fameux Hygge, cet art de vivre scandinave, fait-il tant rêver le reste du monde ?
Comment se fait-il qu’avec un climat si rude, nos cousins nordiques se déclarent parmi les peuples les plus heureux du monde ?

Brontë Aurell est partie à la recherche des éléments typiquement scandinaves, et plus largement nordiques, à travers la Suède, le Danemark, la Norvège, mais aussi la Finlande et même les Pays-Bas ou l’Allemagne. Au menu : balades en plein air, tartines de pain noir, vélo par tous les temps, boissons chaudes, mais surtout : confort, design, lumière et convivialité.
Vous tenez entre vos mains le guide ultime du bonheur à la scandinave, et vous verrez qu’il n’est pas difficile de se l’approprier.

Sommaire :
– Qu’est-ce que la Scandinavie ?
– Un peu de style
– À table !
– La vie au grand air
– En famille
– Culture
– Fêtes et traditions

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D’un point de vue esthétique, ce livre est très réussi. La jaquette, joliment travaillée, permet de voir en transparence la photographie qui habille une couverture en cartonnage épais. De nombreuses photos illustrent les chapitres, ce qui rend l’ouvrage très agréable à feuilleter. C’est vraiment un bel objet.
Ne vous laissez pas piéger par le titre qui surfe sur la mode. Il y a deux ou trois pages sur le hygge, intéressantes au demeurant, mais ça s’arrête-là. Le mot est d’ailleurs absent du titre original. L’auteur explique que hygge est un sentiment, quelque chose que l’on crée soi-même mais qui n’est pas aussi artificiel que la façon dont le présente les magazines… Selon les personnes, ce sentiment de bonheur tranquille ne naîtra pas des mêmes choses.
Cet ouvrage, lui, n’est pas là pour vous enseigner un art de vivre qui vous rendra plus heureux, mais pour vous faire connaître un peu mieux la Scandinavie, à savoir la Norvège, le Danemark et la Suède. L’autrice précise que les habitants de ces pays n’utilisent pas le terme « scandinave », mais que les étrangers ont souvent tendance à les regrouper sous cette appellation. Cela vaut peut-être pour le public britannique à qui elle destinait son livre au départ, néanmoins je n’ai pas l’impression que ce soit le cas dans nos contrées francophones (pas depuis les années 80 en tout cas).
Enfin bref, l’autrice aborde de nombreux sujets, toujours en les nuançant selon les spécificités de chaque pays. L’ouvrage est composé de chapitres thématiques (la famille, la culture, les fêtes, la cuisine, etc.) qui regroupent de courts textes qui parlent un peu de tout et de rien, sans suite logique. Parfois ça tient un peu du guide de voyage vous expliquant comment éviter les bévues… Elle saupoudre ses anecdotes d’humour et comme ce n’est pas le genre de livre qu’on lit d’une traite ça reste assez sympathique, même si parfois nous ne sommes pas culturellement réceptifs (les implications des chamailleries entre Danois et Suédois, par exemple, me sont un peu passées au-dessus de la tête. Je sens bien qu’il y a taquinerie, mais bon ça ne m’amuse pas vraiment…).
Il y a de tout dans ce livre, des passages sur l’histoire, sur le sport, sur la découpe du fromage… On vous parle des styles de décoration, des vêtements, de l’éducation, des créatures mythologiques et des sandwichs ouverts (que quelqu’un m’explique pourquoi ça n’a pas été traduit par tartines ?!!)… Lisez dans le désordre, piochez çà et là, et vous passerez un moment agréable moment à découvrir une autre culture. De temps en temps, vous trouverez quelque chose que vous aurez envie de prendre à votre compte.
Par exemple, ce livre comporte quelques recettes. L’une d’elles m’a horrifiée (gâteau de sandwichs, c’est de toi que je parle. Va traîner ta mayo hors de ma vue !!!), toutefois j’ai eu envie de tester celle des roulés à la cannelle. Elle est différente de la version américaine et me semblait appétissante.
Si je m’étais écoutée, j’aurais fait de nombreuses modifications (j’allège souvent les recettes et je les végétalise) mais j’ai voulu tester celle-ci avec le plus d’honnêteté possible, je l’ai donc suivie mot à mot, si ce n’est que je n’ai pas fait de dorure (par fainéantise) et pas ajouté de sirop ni de sucre sur le dessus après cuisson parce que je savais déjà que la dose de sucre serait à la limite du supportable pour moi.
Et Effectivement, c’est très, très sucré, au point que ça m’a agressé le palais. Même les becs sucrés à qui j’ai fait goûter ces roulés l’ont admis. Cela mis à part, (ce qui n’est après tout qu’une question de goût), c’est une bonne recette.

roulé à la cannelle

Souvent, quand on trouve des recettes dans des livres qui ne sont pas totalement consacrés à la cuisine, elles sont juste là pour faire joli et sont pleines de défauts, de non-sens ou carrément pas réalisables. Ce n’est pas le cas de celle-ci. Elle est claire et facile à réaliser, bien qu’elle prenne un peu de temps, et elle ne demande pas de grandes compétences en pâtisserie. L’autrice préconise l’usage d’un robot, mais pas d’inquiétude si vous n’en possédez pas, je l’ai faite à l’ancienne en pétrissant la pâte à la main et ça ne prend pas beaucoup plus de temps. C’est même plutôt agréable à faire avec les enfants.
À l’occasion je tenterai une adaptation plus à mon goût et je testerai d’autres recettes, comme les brioches de Sainte Lucie (mais vade retro gâteau de sandwichs !!!)
Vous l’aurez compris, c’est la partie cuisine que j’ai préféré, même si elle m’a parfois décontenancée (j’ai des origines italiennes du côté paternel et ce que fait la Suède de notre patrimoine culinaire est inacceptable !!! 😛 )
J’ai appris des choses avec ce livre, cependant je l’ai lu de façon linéaire ce qui n’est pas la chose à faire pour l’apprécier. Les entrées sont très courtes, elles vont à l’essentiel, mais tout se mélange. On passe sans cesse du coq à l’âne, puis on revient au coq… Il n’est pas toujours aisé d’y trouver ce qu’on y cherche et c’est dommage.
Hygge, l’art de vivre à la scandinave demeure toutefois un très bel ouvrage, un de ceux qu’on aime offrir à Noël ou aux anniversaires et feuilleter de temps en temps chez soi, au calme, justement lors d’un moment hygge. À réserver aux amoureux des pays nordiques ou des voyages.

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Un roman de Jeanne-A Debats, publié chez ActuSF.

Troisième et dernier volume de la série Testaments.

Mes billets sur les tomes précédents :
L’Héritière
Alouettes

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Présentation de l’éditeur :

Je m’appelle Agnès Cleyre et je suis une sorcière. Une vraie cette fois. Ignorée durant toute mon existence par mes consœurs, voilà que la Grande Mère a enfin décidé de m’intégrer dans un convent. Mais pas le temps de m’interroger sur cet étrange revirement de situation. Au même moment, tous les vampires du Cénacle Majeur viennent de périr dans un mystérieux attentat, laissant à l’étude notariale de mon oncle la délicate question de la succession à régler et la garde d’un étrange coffre qui attire bien des convoitises. Serait-ce à cause de lui d’ailleurs qu’une pieuvre géante de l’espace s’est mise en tête de nous rayer de la surface de la Terre ?

Ma parole, tout l’AlterMonde semble devenir fou au même moment. Il ne manquerait plus que la fin du monde…

ATTENTION, cette chronique contient un spoiler concernant le devenir d’un personnage du premier tome.

J’attendais ce troisième tome avec impatience (certaines personnes de mon entourage ont pleuré de joie quand je l’ai eu, se pensant enfin débarrassées de mes jérémiades. Haha, quelle naïveté… C’était sans compter la phase de lecture. Mais bref.) Ce roman s’inscrit parfaitement dans la lignée de ses prédécesseurs. L’autrice l’a saupoudré de son habituel humour incisif, de débats très actuels (écriture inclusive, consentement et féminisme, entre autres) et d’un peu de destruction de monuments parisiens (c’est en quelque sorte une tradition dans cette trilogie).
C’est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux personnages, dont les sœurs de coven d’Agnès que j’ai beaucoup appréciées. Leurs personnalités tranchées enrichissent le roman, malheureusement elles donnent parfois l’impression d’être là afin de justifier l’évocation de combats sociaux. J’aurais aimé qu’elles soient un peu plus développées.
Le récit est toujours conté du point de vue d’Agnès, ponctué par les commentaires d’Herfie (trop peu présent à mon goût. Je sais, j’ai mauvais goût, faites avec), mais surtout agrémenté de notes extraites des carnets de Navarre. Mais si, vous savez, ces carnets dans lesquels il écrit ses souvenirs afin de lutter contre la dégénérescence qui guette les vieux vampires. Dans ces passages, il nous conte sa vie d’avant la transformation, pour ce qu’il s’en souvient et ce qu’il a envie d’en dévoiler. Cette partie de sa vie, souvent évoquée dans d’autres ouvrages, n’en est pas moins intéressante et l’on regrette au final de s’arrêter en si bon chemin, même si c’est juste ce qu’il fallait à ce roman-ci.
Si ces souvenirs ne sont pas de tout repos, ces extraits permettent au lecteur de se poser un peu entre deux courses poursuites ou combats, ce qui n’est pas du luxe. Cependant, j’ai beau adorer Navarre et savoir qu’on ne doit pas regarder les dents d’un cheval gracieusement offert, j’avoue m’être demandé à plusieurs reprises quel rapport ses mémoires entretenaient avec le récit principal. Il s’avère qu’il y en a bien un en fin de compte, ténu mais réel, qui éclaire sous un autre jour l’idée que l’on s’est forgée jusqu’à présent des relations entre les personnages.
Néanmoins, le vrai secret que recèlent les pages d’Humain.e.s trop humain.e.s, celui après lequel le lecteur court depuis le premier tome, concerne les origines d’Agnès. On le sait, tout a conspiré pour nous mener à ce point précis de l’existence de la jeune femme, et l’autrice nous offre enfin les réponses tant attendues, démontrant, s’il en était besoin, toute la cohérence de son univers.
En lisant La Fontaine aux serpents, fabuleuse nouvelle au demeurant, je m’étais posé de nombreuses questions, que je n’ai eu de cesse de mettre en perspective de ce que je savais déjà de l’histoire d’Agnès. Humain.e.s trop humain.e.s a répondu à mes interrogations comme je m’y attendais.
Les romans de la trilogie Testaments peuvent se lire dans le désordre, mais quand même, je vous conseillerais de ne pas commencer par celui-ci. S’il se suffit à lui-même, il perdrait beaucoup de son charme à être lu sans avoir créé au préalable des attaches avec les personnages. Je l’ai trouvé un peu moins consistant que les précédents.
En toute franchise, ce troisième tome n’est pas mon préféré, en revanche il remplit bien son office. Je quitte à regret le personnel de l’Étude, mais j’ai bon espoir de retrouver Navarre dans d’autres aventures.

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Découvrez également les avis de Boudicca et Mariejuliet.

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Une nouvelle de Xavier Portebois, disponible en numérique chez Realities Inc.

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Futur lointain, la surpopulation n’est plus qu’un vieux souvenir, la médecine soigne ou régénère sans souci, le travail est assuré par des robots et les humains peuvent tranquillement voguer à travers l’univers, menant une existence oisive et exempte d’inquiétude. Ne serait-ce pas l’idée que la plupart des gens se font du Paradis ? (Sans les cantiques, c’est tout bénef.)
Sur notre bonne vieille Terre, Esteban est pris d’une lubie : fêter el dia de los muertos. Mais sa soirée ne va pas se passer comme il l’escomptait… Alors que la Mort n’est plus qu’un concept désuet dans ce monde parfait, Esteban la rencontre pourtant au détour d’une sépulture qui n’est même pas celle de ses aïeux… Si l’après-vie qu’elle lui propose ne le séduit pas, il n’a plus qu’une option : négocier pour sauver sa peau et réussir l’épreuve qu’elle lui imposera.
J’aime caler mes lectures sur la saison et celle-ci tombait à point nommé, d’autant que Xavier Portebois me surprend toujours par ses récits originaux. ¡Santa Muerte! ne déroge pas à la règle. C’est un texte très agréable à lire, un peu fantasque, amusant et léger, mais pas dénué d’une certaine réflexion sur l’humanité.
Esteban est un personnage plutôt sympathique, un gars lambda, ni bon ni mauvais, qui n’a pas fait un choix très judicieux. On s’identifie facilement à ce type. Malgré lui, Il doit subir un passage initiatique mis en scène avec subtilité et très symbolique. Heureusement, son parcours est agrémenté de quelques notes d’espoir et d’humour.
Tout en soulignant nos petits travers et nos contradictions, cette nouvelle est toujours empreinte de bienveillance. C’est tout à fait le genre de textes que j’aime lire à cette époque de l’année.

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Pour d’autres lectures halloweenesques, je vous conseille :
L’Arbre d’Halloween de Ray Bradbury
Le Carnaval aux corbeaux d’Anthelme Hauchecorne
La boîte de Schrödinger spéciale Halloween (anthologie)
Maisons hantées (anthologie)

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Et puisqu’on parle de charger votre pile à lire… L’an dernier, les éditions Realities Inc ont publié une nouvelle de Noël que vous devriez garder sous le coude pour décembre : De Rouille et de Glace de Manon Bousquet.

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Crazyhead

J’ai disparu pendant un petit moment, mais je reviens (un peu rouillée, désolée) avec les chroniques en retard, dans le désordre le plus total.

Je commence avec une série télévisée.

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C’est à Lullaby que je dois ma curiosité à l’égard de cette série. Elle en a parlé dans son top ten des génériques de séries fantastiques. Comme nous avons des goûts similaires en la matière et que, pour ne rien gâcher, j’avais aimé la chanson, j’ai gardé ça dans un coin de ma tête.
Ce fut une bonne pioche.

Cette série ne paie pas de mine. Quand on lit le résumé sur Netflix, on se dit qu’elle envoie tellement de kitsch que même les années 80 n’en auraient pas voulu. Et pourtant… ce n’est pas un énième ersatz de Buffy, sans saveur ni relief, bien au contraire. Drôle, jouant avec les clichés, un peu trash aussi, Crazyhead et ses personnages déjantés vont vous surprendre.
Tout commence avec Amy, jeune femme un peu paumée qui a des hallucinations mais dont le psychiatre souhaite arrêter le traitement. Elle voit des gens qui semblent se consumer de l’intérieur et c’est ainsi qu’un soir, prenant peur, elle signale sa présence à l’un d’eux et fait du même coup la connaissance de Raquel, une fille qui semble avoir le même don mais qui est aussi complètement barrée.
Cette première saison est plutôt courte : six épisodes, un concentré d’humour noir, de sarcasme et de dinguerie à haute dose. J’ai passé un excellent moment à chasser du démon avec ces personnages tous plus cinglés les uns que les autres. Aucun cliché ne nous est épargné, mais ils sont détournés, trollés, explosés… Les retournements de situation sont multiples et il y a peu de temps morts. De surcroît, la bande-son est vraiment pas mal.
Crazyhead est une bonne série pour se distraire, elle fera surtout marrer les habitués des genres SFFF qui attraperont les références au vol. L’épisode final laissait présager une suite, mais la série a été annulée. C’est vraiment dommage. Cependant, elle ne se termine pas sur un cliffhanger de folie, vous pouvez donc la regarder sans risque d’être frustré par la fin. Crazyhead a été une vraie bonne surprise pour moi, j’espère qu’il en sera de même pour vous.

P.S. : Si vous n’avez pas lu Watership down, mais que vous comptez le faire, gros spoiler dans l’épisode 2.

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Un roman de Joseph Fink et Jeffrey Cranor, disponible en grand format chez Bragelonne et en poche chez Le Livre de Poche.

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J’ai gagné mon exemplaire grâce à l’équipe des Valnuitains qui traduisait bénévolement le podcast en français. Pour cela et pour le super boulot qu’ils ont accompli, je les remercie.

La version française, qui allait jusqu’à l’épisode 23, n’est malheureusement plus disponible, il faudra donc vous rabattre sur l’originale.

Vous pouvez découvrir ici mon avis sur le podcast.

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Pour commencer, posons les bases…
Night Vale est une ville étrange où toutes les théories du complot et les bizarreries en tous genres se télescopent sans que cela ne fasse ni chaud ni froid à ses habitants. Les épisodes du podcast sont présentés comme les extraits d’une émission diffusée par la radio locale et animée par Cecil Palmer. Nous observons donc toujours Night Vale et les gens qui y vivent par le regard de cet homme, résolument enthousiaste et optimiste. Or, s’il fait quelques incursions dans le roman sous forme d’intermèdes, il n’est qu’en arrière-plan et, pour une fois, limité à la perception que les autres ont de lui.
Ce récit va plutôt s’attacher aux pas de Jackie, dix-neuf ans depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvienne, qui tient le mont de piété et de Diane Crayton, que les auditeurs du podcast connaissent pour son poste dans l’association des parents d’élèves.
Outre ces deux femmes, on retrouve des personnages connus : La vieille Josie et ses anges, l’homme à la veste fauve ou encore Steve Carlsberg, la bête noire de Cecil, et on en apprend davantage à leur sujet.
Grande fan du podcast, j’étais ravie de lire ce livre, mais il m’a fallu un certain temps pour trier mes impressions. Cette chronique a été particulièrement ardue à écrire. Je ne voudrais pas vous dégoûter de l’univers si riche et fascinant de Night Vale, cependant je me dois d’être honnête : le roman n’est pas à la hauteur du podcast. Il a de grandes qualités, mais aussi quelques défauts qui peuvent rendre la lecture très fastidieuse.
Si je n’avais pas écouté le podcast avant, j’aurais eu du mal à entrer dans cette histoire. Il est de prime abord difficile de situer l’intrigue ou les personnages. On part d’un côté, puis de l’autre, sans que l’intérêt soit tout de suite accroché. Le style est aussi haché que le scénario, déconnecté je dirais. C’est voulu, pour que les bizarreries qui débaroulent soient encore plus saugrenues, cela est censé désarçonner le lecteur. N’oubliez pas que les situations les plus étranges et absurdes sont banales à Night Vale. Mais ce qui passe très bien à l’écoute devient assez vite pénible à la lecture.
Cela étant, il y a de très bons passages et une exploration des personnages différente puisque non soumise à l’appréciation de Cecil. Pour autant, le rythme pèche. L’intrigue piétine énormément. J’ai souvent eu l’impression d’être engluée et que chaque pas en avant me coûtait.
C’est dommage car quand on sort de ces boucles léthargiques, l’histoire est intéressante et j’ai même fini par m’attacher aux personnages (Dieu sait que Diane m’exaspérait pourtant). Ce roman parle d’identité, de la difficulté de grandir et d’être fidèle à soi-même, de famille et d’amour maternel-filial aussi.
Je reste mitigée mais une chose est sûre : je vous conseille d’écouter le podcast, beaucoup plus fun, avant de tenter cette lecture.

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Découvrez également les avis de Chani et Acr0.

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Une nouvelle de Thierry Fernandez, publiée en numérique dans la collection e-courts chez Voy’el.

Cette nouvelle est disponible gratuitement sur les librairies numériques jusqu’au 31 décembre 2016.

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Présentation de l’éditeur :

JDT : prototype porté par un nouveau type de *******, basé sur l’agencement d’un ***** et de *******. Sûr à 100 %. Aucune raison de se crasher, et pourtant.

Les suspicions de l’état-major étasunien se portent immédiatement sur les ******.

Paule Langevine : Scientifique française.

Fait une découverte qui pourrait bouleverser la physique : la loi d************ aurait changé.

Le Jour des Tartines est un rapport scientifique codé décrivant des expériences basées sur les lois de la physique… Non en fait pas du tout, cependant c’est de cette façon que le texte est mis en scène.
Comment diable pourrais-je vous parler de cette nouvelle sans éventer l’intrigue ? Comme toujours avec la collection e-courts, on ne sait pas où on met les pieds et c’est ça qui me plaît. Ce serait dommage de vous gâcher la découverte. Je n’ai jamais été déçue par ces textes poétiques ou déjantés, voire les deux.
Cette fois on fonce joyeusement vers la SF, ses paradoxes, ses bizarreries, son côté pulp. Le récit éclaté mélange les pistes ainsi que les points de vue et rend la lecture très attrayante, le tout étant assez insolite pour aiguiser tout de suite l’intérêt. On ne voit pas les pages filer.
J’ai eu l’impression de m’être égarée dans le songe de quelqu’un d’autre, mais une pub m’a également trotté en tête durant toute ma lecture (ce qui n’est pas une mauvaise chose, avoir l’image à l’esprit m’a fait marrer). Le Jour des Tartines est un texte amusant, qui joue avec des références que nous avons tous et qui se lit très, très vite. Vous y trouverez des prototypes révolutionnaires, des extraterrestres et des tartines beurrées, ça devrait vous suffire. Il ne reste qu’à embarquer. Allez quoi, il y a aussi des chats, vous ne pouvez pas résister à ces sales bêtes.

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Une anthologie publiée chez Realities Inc, en numérique et à tout petit prix.

 

quantpunk

Présentation de l’éditeur :

Qu’est-ce que le Quantpunk ? C’est la question à laquelle les douze auteurs de ce recueil ont eu à répondre, dans une tentative de créer un nouveau genre, dérivé du cyberpunk et du steampunk, faisant appel aux découvertes de la physique quantique et des technologies qui en découlent, sans oublier la philosophie propre au mouvement punk.
Le résultat ? Onze textes plutôt disparates, preuve s’il en faut que l’exercice n’a rien d’évident. Le « Quantpunk », tout comme la mécanique quantique, résiste à la compréhension. Vouloir le définir, c’est laisser s’effondrer une foule de possibilités pour n’en conserver qu’une. Le regard de l’auteur influe sur son univers, et c’est particulièrement flagrant dans les textes qui constituent ce recueil.
Le Quantpunk est-il science-fiction, fantasy ou fantastique ?
Il est tout cela à la fois.
Est-il facétieux ou sérieux ?
Tout cela à la fois.
Jusqu’à ce que vous ayez tranché.

Sommaire :
– L’Homme au cerveaunivers d’Anthony Boulanger
– Le chat, les punks et la photocopieuse quantique de Lucie Pierrat-Pajot
– Cas de conscience de Sylvain Boïdo
– No past, no future, no Proust de Manon Bousquet
– Guanyin du sutra électrique de Jérôme Cigut
– Le chat ne s’est pas échappé de la boîte, il n’y a jamais été de Guillaume Parodi
– Mémoires mortes de Xavier Portebois
– Le prince est mort, vive le prince de Tesha Garisaki
– L’homme fractal de Fabien Clavel
– Conflux de Mathieu Rivero
– Transition d’André Woodcock & Thierry Fernandez

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Toi aussi découvre le quantpunk, ce qu’il est et n’est pas, ce qu’il pourrait être… Le concept en lui-même m’a intéressée car il promettait originalité et diversité ; des IA et des chats (forcément), des punks et des mondes parallèles déployant l’éventail des possibles, des problématiques humaines, voire humanistes, des réalités qui s’épanchent, se mêlent, se contaminent et des récits allant du désenchantement du cyberpunk à l’incertitude migraineuse du fantastique. Qui ne serait pas tenté ?!
Je me suis très vite prise au jeu. Le premier texte, L’Homme au cerveaunivers, nous plonge tout de suite dans le bain. On y découvre un monde où les capacités psychiques des humains ont évolué. Classique, me dira-t-on, mais non, pas tant que ça. J’ai beaucoup aimé le background ainsi que le personnage et ai regretté la brièveté du récit.
Le deuxième texte est très drôle. Rien que le titre – Le chat, les punks et la photocopieuse quantique – est tout un programme. La fin, par contre, m’a semblé très abrupte.
Cas de conscience de Sylvain Boïdo est plus sombre et désenchanté. D’une certaine façon, il m’a rappelé la situation politique actuelle. On anticipe la fin, mais cela participe à l’envie de tourner les pages toujours plus vite. Je parlais avec ma liseuse, mais bizarrement les personnages ont refusé de m’écouter…
No past, no future, no Proust est une nouvelle plus légère qui m’a tout de suite séduite. Il faut dire qu’à partir du moment où on a une bibliothécaire psychorigide et un certain type de créature (faut lire, je ne vais pas tout dévoiler !) je suis conquise.
Guanyin du sutra électrique est un récit complexe qui mêle science-fiction, mythologie et philosophie, avec une narration puzzle comme je les aime. Je ne suis pas sûre d’en avoir intégré toutes les subtilités et il mériterait sans doute une seconde lecture. C’est néanmoins un très bon texte.
Le chat ne s’est pas échappé de la boîte, il n’y a jamais été se situe entre le fantastique et l’anticipation. Je n’ai pas été touchée autant que je l’aurais dû par les déboires du personnage, peut-être parce que le point de bascule était trop franc, trop tranché, et la fin pas très crédible. J’ai cependant apprécié le contexte qui donne à réfléchir.
La nouvelle suivante nous entraîne dans un univers virtuel, ou pas. La problématique de Mémoires mortes est particulièrement intéressante. Qu’est-ce qui fait notre conscience ? Est-elle copiable, numérisable ?
Dans Le prince est mort, vive le prince, le protagoniste explore des univers parallèles en quête de vengeance. J’ai apprécié l’aspect psychologique du récit, la façon dont l’auteur nous démontre l’importance des détails et dont elle analyse les nuances de la personnalité de ses personnages ainsi que la construction de celle-ci.
Avec L’homme fractal, Fabien Clavel prouve une fois de plus – s’il en était besoin – son talent de bâtisseur. Il n’écrit pas, il construit. Je suis toujours admirative de la qualité stylistique qu’il met entièrement au service de ses intrigues. Les deux s’équilibrent parfaitement. Et, bien sûr, j’ai beaucoup aimé cette nouvelle.
Conflux de Mathieu Rivero est un rien convenu, mais demeure un très bon texte malgré tout. J’ai déploré les coquilles (qui sont plus nombreuses dans cette nouvelle-ci), mais apprécié le propos.
Enfin Transition, le dernier texte, est celui qui m’a le moins plu. J’ai aimé les références, cependant je ne suis pas fan des scènes de combat à rallonge. Je n’en voyais plus la fin.
J’ai été conquise par cette anthologie décalée qui dépoussière les codes et métisse les genres. On est plus du côté cyber de la Force que du côté steam, mais ce n’est pas un mal car cela va à contresens de la mode actuelle. La grande variété des thèmes et des styles est indubitablement son point fort. C’est un ouvrage à découvrir absolument.

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Màj : On me dit dans l’oreillette que les coquilles que j’ai mentionnées ont été corrigées.

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sfff-diversite

Cette lecture compte pour le challenge SFFF et diversité dans la catégorie suivante :
– Lire un livre dans lequel une IA ou des robots ont un rôle prépondérant.

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