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Posts Tagged ‘Vanessa Terral’

Un roman de Vanessa Terral publié chez Pygmalion.

 

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Présentation de l’éditeur :

« Puis elle le vit L’individu qui l’observait se tenait en retrait, à l’opposé de la pièce. Il ne cherchait pas à se fondre dans l’assemblée des gens bien nés. D’ailleurs, ceux-ci l’évitaient. C’était presque imperceptible, mais le flot des civilités s’écartait de lui dans une valse consommée. » En cet été 1814, Marie-Constance de Varages, marquise du bourg d’Allemagne, et son héritière, Anne-Hélène, sont conviées au bal du comte de Forcalquier. Si une telle invitation ne se refuse pas, la marquise est inquiète. Quelques mois auparavant, sa fille a souffert d’un mal funeste et été sauvée in extremis. Depuis, elle n’est plus tout à fait la même… Quelle est donc cette ombre qui plane sur Anne-Hélène ? Et pourquoi le mystérieux Lazare, baron d’Oppedette, semble-t-il soudain subjugué par la jeune débutante ?

Avec ce nouveau roman, Vanessa Terral nous propose une romance historique nimbée de fantastique. Les malédictions des personnages s’y entremêlent dans la trame tissée par la Masco, un groupe de trois sorcières rappelant à la fois les Moires et la puissante Hécate.
Le Gardien de la Source est une transposition au XIXe siècle du mythe de l’enlèvement de Perséphone. L’autrice s’est glissée entre les mailles de l’Histoire, faisant d’elle sa complice. Elle a su trouver la période parfaite pour y inscrire son récit. De la mode au climat, tout semblait prêt à accueillir le mythe et cela en renforce le charme.
J’ai un faible pour les mythes de descentes aux Enfers et particulièrement pour celui de Perséphone et sa romance avec Hadès. C’est une histoire que je connais bien, dans ses nombreuses versions comme son symbolisme. Le Gardien de la Source en est un parfait écho, une réécriture très fine et réfléchie qui, si elle a sa propre personnalité, ne laisse rien au hasard et reprend le moindre détail de l’histoire d’origine. Les noms des personnages sont très significatifs, leurs occupations et caractères en parfait accord avec les dieux qu’ils incarnent. Leur histoire familiale et le biais permettant de les réunir sont à la fois très logiques et évocateurs. Tout ici rappelle le mythe et ce fut un plaisir d’attraper les références au vol. L’auteur fait preuve d’une grande érudition, en plus de la poésie de son écriture. Pour ne citer qu’un exemple, les détails botaniques, pour anodins qu’ils puissent paraître, sont eux aussi très importants pour qui sait les décrypter.
Le déroulement complet du mythe est repris et étoffé. On voit clairement l’évolution d’Anne-Hélène, de Koré, la jeune fille, à la vénéneuse Perséphone. De l’agnelle à la nielle, en somme… Et la personnalité de Lazare rappelle en tous points celle du dieu qu’il incarne. Même les personnages secondaires ne sont pas oubliés. On croise entre ces pages, entre autres déités, Hermès, Dionysos, Adonis… Tous fidèles à leur nature.
On sent que cet ouvrage a demandé beaucoup de recherches et de méthode. Dans les romances historiques, le contexte n’est bien souvent qu’un grossier décor de carton-pâte qui ne convainc personne. Ce n’est pas le cas ici, bien au contraire. Vanessa Terral a respecté les codes et les événements de la période qu’elle a si justement choisie et en a nourri son intrigue. Elle a su se servir de toutes les possibilités que lui offrait ce début de XIXe siècle et les doser afin que son roman ne devienne ni une illusion falote ni un ennuyeux guide historique.
Cependant, si la transposition à l’époque napoléonienne est réussie, je ne suis pas parvenue à me détacher du mythe d’origine. Je le cherchais derrière les mots, dans les détails et les multiples références qui sous-tendent le récit. Au final, je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose. Il est tout à fait possible de lire ce roman sans connaître du tout, ou alors bien peu, l’histoire de Perséphone et Hadès, cependant je trouve que ce serait fort dommage tant la réécriture est pointue. Cette connaissance du mythe offre une double lecture très intéressante. Mais, en s’attachant trop à celui-ci, ne met-on pas de côté la personnalité propre du roman ?
Quoi qu’il en soit, le Mystère de Perséphone s’accomplit dans ce récit et c’est déjà beaucoup. Si vous aimez ce mythe, je ne peux que vous encourager à lire Le Gardien de la Source.

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Une nouvelle de Vanessa Terral publiée en numérique aux éditions Láska.

Pour l’instant, cette nouvelle est uniquement accessible aux abonnés du site de l’éditeur, mais sera disponible via les librairies numériques dès le mois de décembre.

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Résumé de l’éditeur :
Sandra est reporter free-lance. Son sujet actuel la conduit à voyager à la frontière de l’Inde et de la Birmanie, en compagnie de quelques écologistes. Cependant, l’un d’entre eux fait tache, autant par son physique — du genre à ne pas s’y frotter — que par sa vigilance : Joachim. Sandra le soupçonne d’être un agent secret. Lorsqu’une fusillade éclate, elle n’a plus de doute. Et, désormais, elle lui doit la vie…

Mortellement blessé, Joachim ne peut plus dissimuler la vérité à Sandra. Elle seule est en mesure de le sauver, à une condition : qu’elle unisse son existence à la sienne.

Que deviendraient certains êtres mythiques dans notre monde actuel ? Que feraient-ils de leurs pouvoirs ? Pour l’un d’entre eux, Vanessa Terral apporte avec cette nouvelle une réponse aussi adaptée qu’elle est intéressante.
Sandra est une journaliste, une femme de caractère aux convictions fortes qui s’est donné pour mission d’attirer l’attention des autres sur des faits méconnus et néanmoins horribles qui se déroulent de par le monde. Partie en Inde aux côtés d’un groupe d’activistes, elle n’a pas la moindre idée de la véritable identité, et encore moins du but, de l’un de ses compagnons, mais va l’apprendre à ses dépens.
Par ton regard est un très beau texte, alliant une jolie romance et un message écologique fort qui m’a beaucoup émue. Je suis une lectrice pragmatique, peu sensible à la prêche, et plutôt agacée par elle de manière générale, d’autant plus quand le sujet m’est cher à la base, mais ici cela reste subtil, pas moralisateur, même si l’auteur fait appel à la sensibilité de chacun. On peut ressentir la sincérité avec laquelle elle délivre son message et c’est cela qui, en plus de la nature de celui-ci, le rend aussi triste qu’émouvant.
Pour ce qui est de la romance, tout de même la trame principale de cette nouvelle, il faut savoir que j’y suis peu sensible en général. Or, celle-ci m’a séduite, même si elle avance un peu rapidement à mon goût. Les personnages sont attachants, très attendrissants dans leurs maladresses et leurs incompréhensions mutuelles qui les rendent très humains et accessibles. Ce sont tous ces petits détails qui m’ont fait les aimer.
Le récit est parsemé de pointes d’humour bienvenues qui l’ancrent un peu plus dans notre réalité et en font une histoire très agréable à découvrir.
Cette nouvelle se lit trop vite. L’auteur réussit en peu de pages à mettre en place une belle romance, tout en partageant quelque chose qui lui tient à cœur. J’aurais préféré quelques pages de plus, pour donner un peu plus de consistance à ce récit, mais bon, j’aime toujours me plaindre que chaque histoire qui m’a plu est trop courte…

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Challenge mauvaise influence

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Une nouvelle de Vanessa Terral publiée aux éditions du Petit Caveau.

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Attraction solaire est une nouvelle qui fait suite à Cinq pas sous terre.
Elle est disponible en bonus dans la version papier ou toute seule en numérique au même prix qu’un des épisodes du feuilleton, à savoir 0,99€.
Le sujet de la nouvelle a été choisi par les lecteurs, elle est donc centrée sur la romance.

Vous pouvez trouver mes avis sur les différents épisodes du feuilleton grâce au tag Cinq pas sous terre.

J’ai la très jolie version papier, mais j’ai néanmoins lu la nouvelle en numérique pour une bonne raison. On m’a dit qu’il y avait beaucoup de coquilles, un souci dû à l’envoi du mauvais fichier à l’imprimeur. Ce sont des choses qui arrivent. Pour compenser cela, les éditions du Petit Caveau ont offert l’epub aux acheteurs de la version papier. Et comme les coquilles ont tendance à vraiment gâcher ma lecture (je suis une emmerdeuse, faut le savoir) je n’ai pas cherché à comprendre. Il faut dire que j’attendais de lire cette nouvelle depuis un bon mois et elle a été ma récompense du week-end dernier, après deux semaines chargées, sachant que je n’avais pas lu une ligne au cours des dix jours précédents.
Vous vous rendez bien compte que j’attendais beaucoup de cette lecture…

ATTENTION :
Si vous n’avez pas encore lu Cinq pas sous terre ET Attraction solaire, vous ne devriez pas lire cette chronique.

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Mon avis :
Mettons d’abord une chose importante au clair. Je n’avais pas voté pour la romance, c’est un genre qui ne me plaît pas. Ceci dit je peux tout à fait comprendre pourquoi le choix se justifie particulièrement dans ce cas-là. En effet, la fin de Cinq pas sous terre pouvait laisser le lecteur dans l’expectative. Personnellement ça ne me gênait pas, la vie est faite ainsi, tous les problèmes ne se règlent pas d’un coup au même moment, par la grâce d’une formule magique. Jabirah et Muriel avaient des choses à remettre en ordre chacune de leur côté et c’est ce qu’elles ont fait.
Pour autant, j’avais quand même envie de savoir ce qui avait bien pu leur arriver.
Attraction solaire nous propulse deux ans après les événements qui se sont produits dans Cinq pas sous terre. Muriel a tenté de réapprendre à vivre, voyageant sans cesse pour éviter son ancien familier et la malédiction qu’elle s’est elle-même jetée. Jabirah, quant à elle, s’est fait une place dans la faction toulousaine des Morts-qui-marchent. Elles auraient pu ne jamais se revoir si une affaire, concernant directement les vampires et plus spécifiquement notre Jabirah, n’avait pas ramené Muriel à Toulouse. Or, l’enjôleuse a bien conscience qu’il est temps de régler ce qui est resté en suspens entre elles.
Je vous ai prévenus, je ne suis pas une lectrice de romance. Les histoires d’amour ne me gênent pas quand elles s’intègrent sous forme d’intrigue secondaire à une autre histoire plus élaborée, mais quand elles sont l’essentiel du récit, ça passe plutôt mal. Celle-ci n’a pas échappé à la règle et j’en suis la première désolée.
J’étais prévenue ceci dit, mais au-delà de mon aversion naturelle pour le genre, j’ai trouvé cette romance trop abruptement menée. Cela se justifie parce que le texte est court et que les personnages ont déjà un passif commun. Or, justement, ce passif me laisse penser que ça ne pouvait pas être aussi simple entre ces deux femmes.
Si Jabirah n’a jamais caché son attirance pour l’enjôleuse, Muriel est, disons-le clairement, une putain de sociopathe, et même si deux ans ont passé, j’ai du mal à croire qu’elle ait pu s’améliorer au point d’envisager aussi facilement une relation sérieuse, d’autant qu’elle ne voulait clairement pas de Jabirah.
J’ai eu beaucoup de mal à croire à ce revirement, or j’ai besoin de croire à ce que je lis. C’est ce qui détermine vraiment si j’apprécie ma lecture ou non.
Heureusement il y a une autre histoire en filigrane. Même si elle est relativement restreinte, elle m’a plus intéressée et m’a semblé plus cohérente. Dans cette nouvelle on apprend pourquoi les vampires grillent (j’ai bien dit grillent et non brillent) au soleil et ce choix m’a parlé. En outre, l’histoire de Jabirah et son frère trouve également sa conclusion. L’auteur répond aux questions qu’on pouvait encore se poser à ce sujet et ça c’est plutôt positif. De manière assez subtile, Vanessa Terral renoue avec le chamanisme et la mythologie qui m’ont plu dans Cinq pas sous terre et leur offre une nouvelle place dans ce récit.
Je suis quand même un peu déçue au final, mais ça ne tient qu’à moi et à mes attentes. Néanmoins, si je n’ai pas été convaincue par une partie de l’histoire, j’aime tout de même la fin. C’est aussi un point important pour moi. Jabirah et Muriel me laisseront un bon souvenir.

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Une anthologie de saison (oui quand je l’ai lue c’était encore la saison, vous n’allez pas chipoter !) publiée chez Walrus et uniquement disponible au format numérique.

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La boîte de Schrödinger - spéciale Halloween

Halloween est de retour !

Comme chaque année, monstres, vampires, goules, fantômes et momies vont venir perturber votre nuit du 31 octobre. Attention aux mauvais sorts ! Pour vous mettre dans l’ambiance, Walrus vous propose une « Boîte de Schrödinger » spéciale Halloween. Au programme, des fantômes amoureux, des rencontres impromptues, des souvenirs perdus, des cimetières habités et… de la soupe à la citrouille. Aux manettes de cet épisode de mi-saison un peu spécial, une ribambelle d’auteurs prêts à vous faire frissonner : Jacques Fuentealba, Anthony Boulanger, Benoit Giuseppin, Vanessa Terral, Laurent Riatto et avec la participation exceptionnelle et gracieuse de George Sand, spécialement revenue d’entre les morts le temps d’une nuit de terreurs délicieuses.

De quoi faire hurler de frayeur les enfants comme les plus grands, et passer une nuit d’Halloween riche en émotions !

Cette petite anthologie est, comme son titre l’indique, composée de nouvelles s’articulant autour du thème d’Halloween. C’est vraiment une lecture sympa pour la saison. Les textes sont variés, offrant au lecteur diverses ambiances. On passe ainsi de textes sombres, à faire frissonner, ou de récits plus glauques qui mettent mal à l’aise, à des histoires plus légères, jouant d’un humour assez noir, mais toujours savoureux. C’est tout ce dont on pourrait rêver (ou cauchemarder) pour Halloween.
C’est une nouvelle de Jacques Fuentealba qui ouvre l’anthologie. Elle nous permet, grâce à un début assez lent, très évocateur de ces mois de novembre enveloppés de brouillard, de nous glisser lentement dans l’ambiance avant de nous emmener beaucoup plus loin qu’on l’aurait imaginé.
Ce récit fantastique oscille entre réel et imaginaire d’une façon très subtile. Il ramènera le lecteur averti vers l’univers habituel de l’auteur, mais pourra tout autant plaire à celui qui ne le connaît pas.
J’ai beaucoup apprécié ce texte.
Ensuite, Anthony Boulanger nous offre de très courtes nouvelles à chute, distillant l’effroi ou l’humour selon l’envie. On se laisse facilement piéger et, si j’en ai préféré certaines, je les ai toutes lues avec plaisir.
La ronde des morts de Benoît Giuseppin m’a vraiment plu. Ce texte court, un rien grinçant, est parfaitement dans l’esprit de la saison et j’ai beaucoup aimé la chute.
Si j’ai également apprécié la nouvelle de Vanessa Terral, je trouve tout de même que c’est la plus glauque du recueil, bien que pas du tout horrifique, contrairement à celles de certains de ses petits camarades. Cette nouvelle est par contre très originale car elle nous parle de la fête des morts mexicaine ce qui, en soi, est vraiment un excellent choix, d’autant que l’auteur a bien développé ce thème.
L’esprit de l’eau de Laurent Riatto est un texte plus classique, un tantinet mélancolique, qui aurait manqué à cette anthologie s’il ne s’y était pas trouvé. Il explore à sa façon un thème récurrent des histoires de fantômes et c’est un agréable moment de lecture. Il commence dans la légèreté, mais ce sera à vous de voir s’il continue sur sa lancée ou pas.
Enfin le texte George Sand clôt cette excellente anthologie. Vous connaissez peut-être déjà ce « récit d’un récit » très typique de son époque et qui est surtout appréciable pour son ambiance de fantastique un peu suranné.
La boîte de Schrödinger spéciale Halloween est une bonne lecture automnale, pour se faire un peu peur, se rappeler que notre imagination n’a que les limites que nous lui imposons, pour rire de nos fantômes en s’amusant à les craindre, tout en avivant un peu cette part de nous qui a envie de croire, même si c’est un jeu.

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Cinq pas sous terre est un feuilleton numérique en cinq épisodes (un par mois depuis avril,) écrit par Vanessa Terral et publié par les éditions du Petit Caveau.

Une version papier est prévue pour octobre 2013. Elle sera augmentée d’une nouvelle dont le thème a été choisi par les lecteur au cours d’un vote sur le site de l’auteur.

La présentation de l’éditeur et mon billet sur le premier chapitre sont par-là.
Le billet sur le deuxième chapitre suit ici
Le billet sur le troisième chapitre est quant à lui par-là.
Et vous trouverez celui qui porte sur le quatrième épisode ici.

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J’ai essayé de ne pas spoiler, mais à ce stade de l’histoire ce n’est pas évident et si vous n’avez pas lu les chapitres précédents vous devriez vraiment éviter de lire cette chronique.

Ce que j’apprécie avec Cinq pas sous terre, c’est que même après un mois d’attente entre chaque épisode, on ne se sent pas perdu à la lecture, sans pour autant avoir une histoire simpliste en retour. Les chapitres s’équilibrent les uns les autres, entre action vive et temps d’introspection plus riches, mais aussi plus lents. L’histoire est maîtrisée et cohérente, même les détails ont leur importance et ceci est, de mon point de vue, très plaisant.
Cet épisode voit le retour de Jabirah comme narratrice. Ceci à ma plus grande joie car c’est ma préférée. Je trouve néanmoins que le trait est un peu forcé en ce qui concerne les personnages dans ce chapitre, mais ça passe. Après tout c’est une novella et surtout un feuilleton. Des personnages un peu stéréotypés laissent une impression plus marquante et c’est aussi ce qui aide à mieux rentrer dans le récit après un long temps de pause.
Avant que les chemins de nos deux principaux protagonistes se croisent de nouveau, nous apprenons ce qu’il est advenu de notre mâchonneuse rebelle et surtout comment son voyage spirituel va trouver sa résolution. Si toutefois résolution il y a, car avec Jabirah rien n’est jamais simple. J’ai apprécié ce passage « mythologique », comme tous les autres qui l’ont précédé et ont amené Jabirah à ce carrefour dans sa destinée. L’aspect quête initiatique et chamanique de ce récit est probablement ce qui m’a le plus charmée, d’autant que cela nous réserve toujours des surprises.
Pour le coup, j’ai trouvé cet épisode un peu plus fouillis quant à ce qu’il nous apprend sur la nature des mâchonneurs. Les informations arrivent un peu à l’arrache. Ceci dit, ça reste la partie que j’ai préférée et ça ajoute quelques rebondissements à une fin qu’on voyait un peu trop venir.
C’est à la moitié de l’épisode que se fait la jonction entre ce chapitre et le précédent, nous permettant de voir la scène par le regard de Jabirah, ce qui apporte du relief à l’histoire et aide le lecteur à mieux reprendre le cours du récit.
J’ai moins apprécié le passage qui a suivi. C’est principalement à cause du combat qui, je l’avoue, m’a vite lassée. La qualité de l’écriture n’y est pour rien, ça vient de moi. Je ne m’intéresse aux combats que quand ils apportent quelque chose d’autre à côté et si celui-ci était évidemment nécessaire (ça ne pouvait se terminer que par une baston) je l’ai plus subi qu’autre chose.
Quand tout se tait reste néanmoins un bon épisode et la meilleure conclusion possible (enfin ça c’est particulièrement subjectif, je vous l’accorde) pour cette novella. Les questions en suspens ont trouvé leurs réponses, mais la fin reste ouverte, de manière à laisser une place à la nouvelle bonus que contiendra la version papier.
Globalement, c’est une très bonne novella, qu’on prend plaisir à lire. Les personnages sont attachants et la mythologie, mélange de croyances grecques, de chamanisme et de légendes est intéressante. De surcroît, ce n’est pas tous les jours que vous trouverez un mâchonneur de linceul comme personnage et cela change des vampires habituels.

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Cinq pas sous terre est un feuilleton numérique en cinq épisodes (un par mois depuis avril,) écrit par Vanessa Terral et publié par les éditions du Petit Caveau.

La présentation de l’éditeur et mon billet sur le premier chapitre sont par-là.
Le billet sur le deuxième chapitre suit ici
Le billet sur le troisième chapitre est quant à lui par-là.

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La bonne nouvelle, c’est que Cinq pas sous terre va sortir en version papier vers la fin de l’année. C’est bien pour ceux qui sont réfractaires au numérique, mais aussi parce que c’est une chouette histoire et qu’elle le mérite. Pour fêter ça, l’auteur vous invite à voter pour choisir le sujet de la nouvelle bonus qui accompagnera la version papier. C’est sympa, n’est-ce pas ?
Vous pouvez voter jusqu’au 7 juillet et c’est par ici.

Enfin, en attendant, revenons à l’épisode 4.

Alors que l’épisode précédent a vu une partie de l’histoire de Jabirah s’éclaircir, pour le plus grand plaisir de la lectrice frustrée que je suis, le quatrième, quant à lui, change de cible pour rééquilibrer un peu la donne.
Ce chapitre est centré sur Muriel qui, à son tour, se dévoile, mais tout en gardant un peu de distance avec le lecteur grâce à une écriture à la troisième personne. Jabirah, quant à elle, nous contait les événements de manière plus intime dans les épisodes précédents, en s’exprimant à la première personne, en ne nous cachant rien de ses angoisses et coups de colère. Ce que nous ne savions pas, elle l’ignorait de même, alors que Muriel dissimule volontairement sa personnalité, ses motivations et ses buts. Pour quelle raison ? Vous le saurez en lisant ce chapitre.
Le récit est ici empreint de pudeur, il distille de quoi générer de l’empathie sans trop en faire et c’est ce que j’ai apprécié. La novella, qui plus est sous forme de feuilleton, tend toujours à grossir le trait quant au caractère des personnages et si on ne peut nier que ceux de Cinq pas sous terre n’échappent pas à la règle, l’auteur essaie au moins de colorer leur personnalité d’un peu de nuance. Ainsi le lecteur découvre, ou refuse de comprendre, une autre Muriel qui, tout en étant tellement opposée à Jabirah par certains points, lui ressemble aussi. Le parallèle entre les deux jeunes femmes est frappant, mais lui aussi nuancé. Il donne à réfléchir.
Depuis le premier épisode, je me demande ce qui se cache vraiment sous la froideur de cette très antipathique jeune femme. Celle-ci peut en effet se montrer adorable avec les esprits de son jardin, mais détestable avec… n’importe qui d’autre. En plus d’avoir un sens des priorités plus que personnel, elle est plutôt fuyante et n’a clairement pas la force de caractère de Jabirah. Ses maladresses n’ont eu de cesse de m’étonner, mais elles se comprennent aisément par la suite. Évidemment, on a tous deviné que Muriel a une histoire, qu’elle n’est pas simplement un mur d’indifférence et de détermination, et je n’ai pas été plus surprise que cela de l’apprendre. Découvrir ce qui a amené l’engeôleuse à ce qu’elle est à ce jour faisait clairement partie des promesses de ce récit et ça ne manque pas d’intérêt. Néanmoins, je suis restée un peu à l’écart.
Ce n’est pas un secret, ma préférence va malgré tout à Jabirah, son acolyte ne m’étant pas le moins du monde sympathique, malgré toutes les justifications qui peuvent être fournies à ses actes. Et de Jabirah il n’est que peu question dans ce chapitre, malheureusement. Ne reste plus qu’à attendre la fin, qui se devine prometteuse.

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De Vanessa Terral, uniquement paru au format numérique dans la toute nouvelle collection e-courts des éditions Voy’[El]
Il s’agit d’un petit ouvrage constitué de deux nouvelles, Les vagues de Clamatlice et Saison de pluie sur Clamatlice.

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Clamatlice, un monde bien loin de notre Terre, surprend les voyageurs par ses plages de sable vert, ses deux lunes, sa végétation singulière et son surnom : la Planète aux Mille Pensées. Les premiers colons évoquent parfois, à mi-voix, des créatures gigantesques et une nature guidée par une forme de conscience. Bien entendu, les nouveaux arrivés – tel Noota, un jeune surfeur – ne croient pas à ces superstitions…
Jusqu’à ce que Clamatlice murmure à leur esprit.

Ce sont donc deux textes de planet opera qui inaugurent la collection e-court. Pour ceux qui ne sauraient pas de quoi il s’agit, le planet op est un sous-genre de la science-fiction dans lequel l’auteur nous emmène à la découverte d’une planète via le regard et l’expérience de personnages qui l’explorent. Clamatlice, la planète aux mille pensées, ne nous est pas entièrement dévoilée pour autant. Il s’agit de nouvelles, après tout, et elles sont plus axées sur la quête identitaire de leurs personnages ; même si celle-ci est, plus qu’ailleurs, liée à leur environnement et à la découverte de celui-ci, de ce qui, en lui, leur ressemble.
Dans le premier récit, Noota, un adolescent qui vient tout juste d’arriver sur la planète aux mille pensées, cherche sa place dans ce nouveau monde. Sur cette planète qu’il n’a pas encore apprivoisée, ses habitudes se voient en quelque sorte décalées par un environnement qui est familier sans l’être. Lui qui est un surfeur voit ses techniques complètement inutiles sur les mers de Clamatlice. En essayant de s’intégrer, il va trouver bien plus que ce qu’il cherchait au départ…
Dans le second texte, Luccine, une petite fille malmenée par les autres enfants et délaissée par les adultes, est amenée à faire un choix, peut-être encore plus difficile que celui de Noota. Ce texte-ci est doux-amer comparé au premier, mais également plus poignant.
Sur Clamatlice, votre nature pourrait vous apparaître d’une bien étrange façon… Je ne vous dévoilerai pas le principe, mais il m’a vraiment plu, d’autant qu’il est traité avec sensibilité et poésie. Si le style de l’auteur est toujours aussi plaisant que ce à quoi elle nous a habitués, sa façon de raconter s’adapte néanmoins aux événements. Dans la première nouvelle, la fluidité du récit dépend de la façon dont Noota parvient ou non à s’adapter aux caprices de l’océan. Dans le second, le récit se fait plus hésitant, comme Luccine, tournoyant en spirale il revient sur certains points, s’éloigne encore, revient toujours… C’est fait avec délicatesse, si bien qu’on pourrait presque passer à côté de ces détails. Cependant, si on n’en prend pas forcément conscience, on le ressent à la lecture. Cela fait partie de l’harmonie qui se dégage de ces textes, dans le fond comme dans la forme.
Ces nouvelles évoquent la différence, mais aussi l’appartenance à un groupe, à un monde, elles parlent de ce qui est en soi et que l’on choisit d’écouter ou de réprimer, pour soi-même ou pour les autres. J’ai aimé ces deux histoires pour ce qu’elles ont de terriblement humain. Et si la cynique que je suis est un peu dubitative face à tant de bienveillance, je me dis quand même : pourquoi pas ? C’est, après tout, la meilleure manière qu’a pu trouver la nature de cette planète pour éduquer l’humain. Et même si je trouve que ces deux jeunes gens s’en sortent plutôt bien au final, il ne leur en a pas fallu moins de courage. C’est bien aussi de montrer qu’il est parfois récompensé. L’ambiance est douce, mais tout n’est pas forcément rose et les choix des personnages ne sont pas aisés ni une fin en soi.
Ce sont deux très beaux textes, qui, à leur manière, sont plus riches en émotions qu’en action. C’est le second récit qui m’a le plus touchée car, émotionnellement parlant, c’est une histoire qui sonne terriblement vrai.
Je vous invite donc à découvrir ce qui se cache sur Clamatlice, au-delà de ses plages de sable vert et de ses routes pavées.

Pour finir, j’aimerais vous parler de l’initiative de l’auteur que je trouve particulièrement intéressante. En effet, Vanessa Terral propose à ses lecteurs d’écrire des textes portant sur l’univers de Clamatlice, de partager avec elle cette planète riche de possibilités. Les éditions Voy’[El] lancent donc un appel à textes permanent dans leur collection e-courts.
Mais, au-delà de la possibilité de publication elle-même, c’est cette notion de partage qui me touche car je la trouve aussi généreuse qu’enthousiasmante.

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